Filigranes

  • Depuis une quarantaine d'années, Françoise Huguier est une rapporteuse d'images reconnue. Des images capturées dans les coulisses des défilés de mode, dans les bagages d'un reportage au Japon, dans les limbes de l'Afrique fantôme, dans les soutes de la Sibérie, dans les arrière-boutiques de la société coréenne. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle est aussi une insatiable glaneuse d'objets, la plupart ramenés de ses tribulations, dont la collection transforme sa maison en un gigantesque cabinet de curiosités. Rendez-vous insolite et inédit, l'exposition Les curiosités du monde de Françoise Huguier invite à se laisser surprendre par la découverte de son univers, une incroyable collection d'objets bigarrés, des plus mystérieux aux plus étrangement familiers.Des tableaux, des bijoux, des bibelots, des affiches de cinéma, des vêtements, des fanzines, de la vaisselle, des masques, des livres, des poupées, des tapis, des coquillages... Autant d'objets, qui, grands ou petits, spectaculaires ou discrets, prennent tout leur sens lorsque Françoise Huguier raconte leur histoire. « Ça c'est une étoile rouge en tôle que j'ai trouvée sur une tombe dans un goulag de Sibérie. » Et ça ? « Une poupée vaudou que je suis la seule à pouvoir toucher. Sinon gaffe à la malédiction ! » Et ça ? « Une théière que j'ai achetée à un jeune Touareg à Tombouctou.» En regard de son travail photographique, Françoise Huguier présente une sélection d'objets insolites et poétiques qu'elle a glanés dans le monde entier.

  • En général la vision que l'on a de la Colombie est une vision de violence les enlèvements, la drogue, les Farc. Lors des premiers séjours à Bogota, j'ai su que ce ne serait pas dans cette direction que je dirigerai mon travail. En visitant les Eglises baroques et dans la rue, j'ai constaté que malgré le conclave de 1961, les religieuses étaient vêtues de la même façon qu'à l'époque de mon adolescence. Il y avait un parfum de l'imagerie de Sainte Thérèse de Lisieux, des images pieuses du missel de ma grand-mère que l'on donnait à la communion solennelle. Pour pouvoir rentrer dans les couvents, j'ai rencontré le père Jésuite Luis Guillermo Sarasa (directeur du département de théologie à la faculté Pontifica Universidad Javeriana) et l'évêque de Bogota ; ce fut le sésame. Ils m'ont donnés l'annuaire des couvents et des congrégations de Bogota et de Cali, je fus frappée par leur nombre. Je connaissais les carmélites, les dominicaines, les franciscaines et les clarisses puisqu'elles sont toujours présentes en France mais grâce à cet annuaire j'ai découvert qu'il existait d'autres congrégations venues d'Espagne dont je n'avais jamais entendu parler. Mon projet était de faire systématiquement le portrait des novices et des soeurs qui ont fait leurs voeux perpétuels. C'est une série de portraits faite dans les couvents de recluses et de non recluses mettant en scène la prière et la spiritualité.

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