Langue française

  • Interroger le fanatisme de la vérité qui gouverne la philosophie, reconnaître la vie seule pour source de toute valeur, l'indépendance pour la vertu suprême du philosophe, et rechercher une réconciliation inédite de l'art et de la science : tel est pour Nietzsche le sens du gai savoir.

    Publié en 1882, réédité et augmenté en 1887, cet ouvrage met en oeuvre les principaux thèmes de lapensée de Nietzsche, dont celui de l'éternel retour, qu'il introduit ici pour la première fois. L'auteur y déploie le projet d'une guérison de l'humanité, d'un regain de force et d'amour de la vie : « suprême espérance » qui ne saurait se conquérir que dans la douleur... et dans l'ivresse.

  • Nietzsche Ainsi parlait Zarathoustra Ainsi parlait Zarathoustra est une oeuvre philosophique magistrale. Elle a bouleversé la pensée de l'Occident.
    « Nietzsche démolit, il sape », disait Gide. Il remet définitivement l'homme en question.
    Poète-prophète, Zarathoustra se retire dans la montagne et revient parmi les hommes pour leur parler. Sa leçon essentielle : « Vouloir libère. » Son leitmotiv : rejeter ce qui n'est pas voulu, conquis comme tel, tout ce qui est subi. C'est le sens du fameux : « Deviens celui que tu es. » La vertu est souvent le droit du plus faible, elle paralyse tout, désir, création et joie. Le surhomme nietzschéen est celui qui a la plus grande diversité d'instincts qui s'opposent puissamment mais qu'il maîtrise. La pensée de Nietzsche est un défi permanent. Elle échappe à tout système politique.
    La ferveur de sa poésie, sa vigoureuse drôlerie ont donné à Nietzsche une célébrité universelle. Nos contemporains n'ont le choix qu'entre lui et Marx.

    Traduction, présentation et notes de Georges-Arthur Goldschmidt.

  • Nietzsche Le Gai Savoir Ce livre [.] semble être écrit dans le langage d'un vent de dégel : on y trouve de la pétulance, de l'inquiétude, des contradictions et un temps d'avril, ce qui fait songer sans cesse au voisinage de l'hiver, tout autant qu'à la victoire sur l'hiver, à la victoire qui arrive, qui doit arriver, qui est peut-être déjà arrivée. La reconnaissance rayonne sans cesse, comme si la chose la plus inattendue, ce fut la guérison.
    « Gai savoir » : qu'est-ce sinon les saturnales d'un esprit qui a résisté patiemment, sévèrement, froidement, sans se soumettre, mais sans espoir, - et qui maintenant, tout à coup, est assailli par l'espoir de guérison, par l'ivresse de la guérison ? [.] « Incipit tragædia » - est-il dit à la fin de ce livre d'une simplicité inquiétante : que l'on soit sur ses gardes ! Quelque chose d'essentiellement malicieux et méchant se prépare : incipit parodia, cela ne laisse aucun doute.
    Friedrich Nietzsche.

    Ecrit entre 1881 et 1887, publié une première fois en 1882, dans une version incomplète, repris et parachevé ensuite, Le Gai Savoir confirme et renforce le radicalisme nietzschéen. Les grands thèmes de sa réßexion sont désormais parvenus à leur pleine maturité. L'idéal, la nécessité de l'héroïsme en philosophie, l'analyse de la décadence, mais aussi le principe de l'éternel retour, le mythe de Zarathoustra, la connaissance, la religion : c'est un véritable bréviaire du « nietzschéisme » qui apparaît au fil des pages.

    Traduction de Henri Albert, revue par Marc Sautet.
    Introduction et notes par Marc Sautet.

  • Quatrième de couverture C'est d'abord à une radicale remise en question de la vérité que procède Nietzsche (1844-1900) dans Par-delà le bien et le mal (1886). Ce texte dune écriture étincelante, férocement critique, met en effet au jour, comme un problème majeur jusque-là occulté, inaperçu, celui de la valeur. Il y destitue les positions philosophiques passées et présentes (autant de croyances), et stigmatise, en les analysant un à un, l'ensemble des préjugés moraux qui sous-entendent notre civilisation. L'entreprise, pourtant, n'est pas uniquement négative : elle débouche sur l'annonce dans le prolongement d'Ainsi parlait Zarathoustra, de " nouveaux philosophes " - " philosophes d'un dangereux peut-être " qui devront désormais assumer l'inflexible hypothèse de la vie comme " volonté de puissance ".

  • « À première vue, ce problème de la valeur de la pitié et de la morale de la pitié semble n'être qu'une question isolée, un point d'interrogation à part ; mais à celui qui s'arrêtera ici, qui apprendra à interroger ici, il arrivera ce qui m'est arrivé : une perspective nouvelle et immense s'ouvrira devant lui, la foi en la morale, en toute morale s'en trouvera ébranlée - enfin une nouvelle exigence se fera entendre. Nous avons besoin d'une critique des valeurs morales, il faut commencer par mettre en question la valeur même de ces valeurs, et cela suppose une connaissance telle qu'il n'en a pas existé jusqu'à présent et telle qu'on ne l'a même pas souhaitée. » Friedrich Nietzsche.

  • Que de sang et d'horreur au fond de toutes les bonnes choses.
    La Généalogie de la morale applique ce principe désacralisant : l'idéal moral (ascétique) a désormais un prix, payable non en monnaie de singe, mais en livre de chair, en unité de désir ; principe cynique, qui découvre les pieux mensonges et l'hypocrisie de la belle apparence (les bons sentiments et saintes intentions). Les hommes " modernes ", de " progrès " ont là un miroir pour leurs tabous, leurs impuissances, leurs malentendus : la mièvrerie du consensus démocratique, la moraline du troupeau, les passions tristes, émondeuses des aspérités de la vie, le tabou du pouvoir (le misarchisme), la névrose généralisée du salut, par l'art (Wagner), par la science (le scientisme), la religion (le christianisme).
    Mesurons ce que l'animal humain a perdu dans l'affaire (l'innocence et la joie de l'affirmation première de la force, la vraie méchanceté, la distance, la noblesse) et son nouvel infini : réinventer un sens fort après des millénaires de sens faible.

  • En quoi la philosophie est-elle demeurée jusqu'à présent prisonnière de préjugés ? Pourquoi le projet même de recherche du vrai est-il suspect ? C'est l'examen de ces deux questions qui conduit Nietzsche, dans Par-delà bien et mal, à récuser la problématique de la vérité pour lui substituer celle, plus radicale, de la valeur. Et c'est pourquoi ce texte de 1886 - <> ainsi que le présente Nietzsche - constitue sans doute l'ouvrage le plus propre à faire saisir la logique spécifique, déroutante autant que rigoureuse, de la réflexion nietzschéenne, tout comme il est celui qui en détaille le plus clairement les aboutissements : la définition nouvelle du philosophe, du <>, comme créateur de valeurs, et l'interprétation de la réalité comme volonté de puissance.

  • Il est peu question du Christ dans cet ouvrage tardif (écrit en 1888, quelques mois avant que Nietzsche ne sombre dans la folie, il ne sera publié qu'en 1895), mais beaucoup du christianisme. Illusion, fiction, Idéal négatif parce que nourri de la faiblesse et du ressentiment, le christianisme désigne, pour Nietzsche, le pouvoir du mensonge. Il escamote la réalité et c'est pourquoi il ne faut pas seulement le réfuter ; il faut aussi le combattre. D'où une nécessaire violence à l'encontre des " malades " : Ce qui est chrétien, c'est la haine contre l'esprit ; contre la fierté, le courage, la liberté, le libertinage de l'esprit ; ce qui est chrétien, c'est la haine contre les sens, contre les joies des sens, contre la joie tout court. " Livre injuste et méchant donc, qui veut être un hymne à la belle humeur, à l'innocence et à la grâce, au bonheur et à la plénitude ; livre d'équivoques aussi, écrit par celui qui signera plus tard " le Crucifié "...

  • À sa parution en 1878, Humain, trop humain laisse les lecteurs perplexes : on n'y reconnaît pas l'auteur de La Naissance de la tragédie. Pourtant, la rupture entre les deux ouvrages n'est pas aussi radicale qu'on a voulu le penser. C'est bien plutôt un mouvement d'affirmation de soi, profond et déterminant, qui se manifeste dans ce nouveau livre. Libéré de ses influences passées, Nietzsche réinvestit ses interrogations sur un mode nouveau et, ce faisant, consolide sa propre manière de philosopher.
    L'évolution la plus frappante est stylistique : Nietzsche adopte pour la première fois la forme aphoristique, conforme à sa pensée, anti-dogmatique, qui procède par essais, hypothèses, multiplication des points de vue. D'où un changement de méthodologie : à rebours de la tradition philosophique, il rejette les perspectives fixistes de la métaphysique et prône une logique interprétative. Se plaçant sur le terrain de la psychologie, il enquête sur les méandres de l'âme humaine, reconnaissant que tout ce qui se produit dans la réalité n'est pas entièrement imputable à la raison, mais bien davantage à des processus infra-conscients - instincts, pulsions, valeurs -, qui constituent le « trop humain » de l'humain.

  • Les deux innovations définitives du livre sont d'abord l'interprétation du phénomène dionysien chez les Grecs - il en donne pour la première fois la psychologie, il y voit l'une des racines de l'art grec tout entier ; et ensuite l'interprétation du socratisme. Socrate y est présenté pour la première fois comme l'instrument de la décomposition grecque, comme le décadent type. La « raison » s'oppose à l'instinct. La « rationalité » à tout prix apparaît comme une puissance dangereuse, comme une puissance qui mine la vie. Friedrich Nietzsche. Premier livre publié de Nietzsche (1872), La Naissance de la tragédie porte l'empreinte massive de la complicité intellectuelle qui, à l'époque, unissait le philosophe avec Richard Wagner, mais aussi de l'inßuence de Schopenhauer. Comme l'écrira André Gide, « dès ce premier ouvrage, l'un des plus beaux, Nietzsche s'affirme et se montre tel qu'il sera : tous ses futurs écrits sont là en germe ». A partir de sa réßexion sur l'art, où il distingue entre l'apollinien et le dionysien pour définir les grandes catégories du rêve et de l'ivresse, de la parole et de la musique, du serein et du mélancolique, de l'optimisme et du pessimisme, le penseur fixe le cadre général de sa réßexion et amorce les grands développements de la thèse - qu'il affinera encore par la suite - d'un Socrate, agent de la décadence grecque.Révision de la traduction, notes et commentaires par Angèle Kremer-Marietti.

  • " je ne croix pas que personne ait jamais regardé le monde avec une suspicion aussi profonde, non seulement en avocat du diable, mais tout autant en ennemi et accusateur de dieu ; et qui devinera ne serait-ce qu'une part des conséquences entraînées par toute suspicion profonde, quelque chose des glaces et des angoisses de l'isolement auxquelles toute différence de vue condamne quiconque en est affecté, celui-là comprendra aussi que j'aie si souvent cherché refuge n'importe où pour me délasser de moi-même (...) pourquoi aussi il m'a fallu, quand je ne trouvais pas ce dont j'avais besoin, l'obtenir par force et artifice.
    Et c'est ainsi que j'ai inventé, un jour que j'en avais besoin, les " esprits libres " auxquels est dédié ce livre et de courage et de découragement : de ces " esprits libres ", il n'y en a, il n'y en eut jamais, - mais c'est leur société qu'il me fallait alors pour garder ma bonne humeur au beau milieu d'humeurs mauvaises.
    "

  • Collection « Classiques de la philosophie » dirigée par Jean-François Balaudé Nietzsche Par-delà le bien et le mal Le problème de la valeur du vrai s'est présenté à nous, - ou bien est-ce nous qui nous sommes présentés à ce problème ? Qui de nous ici est Oedipe ? Qui la Sphinx ? C'est, comme il semble, un véritable rendez-vous de problèmes et de questions. - Et, le croirait-on ? Il me semble, en fin de compte, que le problème n'a jamais été posé jusqu'ici, que nous avons été les premiers à l'apercevoir, à l'envisager, à prendre le risque de le traiter. Car il y a des risques à courir, et peut-être n'en est-il pas de plus grands.
    Friedrich Nietzsche.
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    C'est d'abord à une radicale remise en question de la vérité que procède Nietzsche dans Par-delà le bien et le mal (1886). Ce texte d'une écriture étincelante, férocement critique, met en effet au jour, comme un problème majeur jusque-là occulté, inaperçu, celui de la valeur. Il y destitue les positions philosophiques passées et présentes (autant de croyances), et stigmatise, en les analysant un à un, l'ensemble des préjugés moraux qui sous-tendent notre civilisation. L'entreprise, pourtant, n'est pas uniquement négative : elle débouche sur l'annonce, dans le prolongement d'Ainsi parlait Zarathoustra, de « nouveaux philosophes » - « philosophes d'un dangereux peut-être » qui devront désormais assumer l'inflexible hypothèse de la vie comme « volonté de puissance ».

    Traduction de Henri Albert, revue par Marc Sautet.
    Présentation et notes de Marc Sautet.
    Index établi par Véronique Brière - Nouvelle édition.

  • Quatrième de couverture Textes et variantes établis par G. Colli et M. Montinari Traduit de l'allemand par Robert Rovini.
    « Il ne faut parler que si l'on ne peut se taire; et ne parler que de ce que l'on a surmonté, - tout le reste est bavardage, "littérature", manque de discipline. Mes ouvrages parlent uniquement de mes victoires : c'est "moi" qu'ils contiennent, avec tout ce qui me fut ennemi, ego ipsissimus, et même, si l'on me permet une expression plus fière, ego ipsissimum. On le devine : j'ai déjà beaucoup de choses - sous moi... La sérénité nécessaire pour pouvoir parler de longues années de transition, toutes de solitude et de privations intérieures, ne m'est venue qu'avec le livre Humain, trop humain. Livre "pour esprits libres", il tient quelque chose de cette froideur, non sans gaieté ni curiosité, du psychologue qui note encore après coup pour elle-même et fixe pour ainsi dire à la pointe de quelque épingle une foule de choses douloureuses qu'il a surmontées, qu'il a dépassées: -quoi d'étonnant si, au cours d'un travail aussi piquant et mordant, il coule aussi un peu de sang, si le psychologue s'y trouve du sang au bout des doigts et pas toujours au bout des doigts seulement?... » F . N.

  • Maître de la pensée invectivante, Nietzsche ne cherche pas à démontrer, il assène, tranche, cogne.
    L'enjeu est de taille : il s'agit de réveiller un Occident englué dans plus de deux millénaires d'épais fourvoiement moral et philosophique. Ecce Homo, " Voici l'Homme ", titre le plus insolent de l'histoire de la philosophie. " Voici le plus homme des hommes, Nietzsche en personne, ou Dionysos, son double, son modèle, son frère, et cet homme s'est construit la plus redoutable des santés. ".

  • " inactuelle, cette considération l'est encore parce que je cherche à comprendre comme un mal, un dommage, une carence, quelque chose dont l'époque se glorifie à juste titre, à savoir sa culture historique ; nous sommes tous rongés de fièvre historienne, et nous devrions tout au moins nous en rendre compte.
    Certes, nous avons besoin de l'histoire, mais pour vivre et pour agir, non pas pour nous détourner commodément de la vie et de l'action, encore moins pour embellir une vie égoïste et des actions lâches et mauvaises. nous ne voulons servir l'histoire que dans la mesure où elle sert la vie. toute action exige l'oubli, de même que toute vie organique exige non seulement de la lumière, mais aussi l'obscurité.
    Un homme qui voudrait sentir les choses de façon absolument et exclusivement historique ressemblerait à quelqu'un qu'on aurait contraint à se priver de sommeil ou à un animal que ne devrait vivre que de ruminer continuellement les mêmes aliments. il est donc possible de vivre, et même de vivre heureux, presque sans aucune mémoire, comme le montre l'animal ; mais il est absolument impossible de vivre sans oubli...
    : il y a un degré d'insomnie, de rumination, de sens historique, au-delà duquel l'être vivant se trouve ébranlé et finalement détruit, qu'il s'agisse d'un individu, d'un peuple ou d'une civilisation ".

  • Nietzsche Humain, trop humain Humain, trop humain, avec ses deux continuations, est le monument commémoratif d'une crise. Je l'ai intitulé : un livre pour les esprits libres, et presque chacune de ses phrases exprime une victoire ; en l'écrivant, je me suis débarrassé de tout ce qu'il y avait en moi d'étranger à ma vraie nature. Tout idéalisme m'est étranger. Le titre de mon livre veut dire ceci : là où vous voyez des choses idéales, moi je vois... des choses humaines, hélas ! trop humaines ! [...] On trouvera ce livre sage, posé, parfois dur et ironique. On dirait qu'un certain « intellectualisme » au goût aristocratique s'efforce constamment de dominer un courant de passion qui gronde par en dessous.
    Friedrich Nietzsche.

    Commencé en 1876, et achevé au début de 1878, le premier livre de Humain, trop humain, qui comporte 638 aphorismes, a été pour l'essentiel dicté à Peter Gast, alors étudiant à Bâle. Il paraîtra le 30 mai 1878, pour saluer le centième anniversaire de la mort de Voltaire, « l'un des plus grands libérateurs de l'esprit ». Le second livre contient deux écrits distincts, Opinions et sentences mêlées et Le Voyageur et son ombre, qui seront quant à eux publiés l'un en 1879 et l'autre en 1880. Nietzsche s'est désormais libéré des influences qui pesaient sur lui et son radicalisme trouve enfin son expression la plus ferme. Il pourfend la métaphysique traditionnelle, affronte le problème de l'éthique, développe sa critique du christianisme, renforce sa réflexion sur l'art et aborde des sujets aussi divers que le mariage, la femme, les rapports humains, la violence entre les hommes...

    Révision de la traduction, notes et commentaires par Angèle Kremer-Marietti.

  • Dans ces pages datées du 10 juin 1887, Nietzsche conçoit un nihilisme européen : concept daté et circonstancié, historique et géographique, philosophique, et tout à la fois moral et politique, bien plus que métaphysique ou mystique. Analysant les valeurs sacrées et éternelles, il prononce la parole déraisonnable de l'imprécateur. Mais son intention est de purifier la société européenne.

  • Ce livre quasi mythique, qui passe pour le couronnement de l'oeuvre de nietzsche, a connu plusieurs versions en allemand, car son auteur n'avait fait qu'en esquisser différents plans de 1885 à 1888.
    La première traduction française, due à henri albert et fondée sur la version allemande de 1901, est parue au mercure de france. elle comporte seulement quelque cinq cents aphorismes. la présente version, élaborée par friedrich würzbach, est beaucoup plus étendue, et c'est à elle qu'on s'est référé en france, depuis 1935. les aphorismes qui y sont rassemblés couvrent une période très large : des premières réflexions de nietzsche sur la nature du sentiment et du désir, contemporaines d'aurore et du gai savoir, jusqu'aux derniers livres de la fin 1888, l'antéchrist et le crépuscule des idoles qui sont l'aboutissement du projet de " conversion de toutes les valeurs ".

  • Nietzsche s'est exprimé sur tout, par des formules cinglantes et des invectives lapidaires. Incisifs, féroces, et parfois très poétiques, ses écrits n'ont rien perdu de leur puissance et témoignent d'une exceptionnelle liberté de pensée.
    Présenté par Louis Van Delft, professeur à l'université Paris- X, cet ouvrage se veut une introduction vivante et accessible à l'oeuvre d'un très grand philosophe qui n'a pas fini d'ébranler nos convictions les plus intimes, qu'elles soient sociales, politiques, familiales ou religieuses...

  • Ajouté en 1887 aux 4 livres déjà publiés en 1882, le 5e livre du Gai Savoir s'intitule Nous autres hommes sans crainte. De quelles peurs Nietzsche s'est-il donc libéré ? Notamment de celle qui terrassait l'insensé du §125. Annonçant la mort de Dieu ce dernier invitait avec angoisse à en prendre la mesure. Si le déicide signifie la victoire de l'athéisme, elle présente le redoutable danger du nihilisme. De sorte que la mort du pouvoir spirituel se solderait par le culte de l'instant.
    Voilà pourquoi Nietzsche fait valoir les conséquences délétères de la politique contemporaine pour la culture, à l'heure où l'art ne prend plus racine dans le temps long des cristallisations symboliques, mais s'éparpille sous la pression d'une époque histrionique qui ne sait plus à quel saint se vouer.

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