• Raconter Freud, au jour le jour, entre feu et cendre, bonheur et souffrance ; peindre, sur le vif, le petit Juif errant dans la maison natale de Freiberg, puis, chez lui, à Vienne ; camper le jeune ambitieux au lycée, à l'Université, puis dans son cabinet médical, où il découvre l'Inconscient et invente la psychanalyse...
    Ecrire l'histoire affective et intellectuelle d'un créateur qui se veut au-delà de Goethe et de Nietzsche, mais aussi de Darwin et de Charcot ; préciser ses enjeux et décrire ses combats, ses alliances et ses ruptures ; montrer comment il ouvre son esprit aux pulsions de vie, puis de mort ; dire sa judéité, son combat contre l'antisémitisme, contre la maladie, et sa mort... Voici quelques traits majeurs de cette première biographie psychanalytique de Freud.
    Soixante-dix ans après sa mort, cette vaste enquête qui croise les souvenirs, les lettres, les archives, les textes autobiographiques, les biographies de nombreux auteurs et toute l'oeuvre publiée à ce jour, fait tomber les clichés. Elle tient compte de nombreuses informations et documents que les précédents biographes n'avaient pas exploités... Dans cette biographie, chaque article, chaque essai de l'oeuvre de Freud est situé dans la structure de sens qui domine sa vie affective et intellectuelle, au moment où il l'écrit, ce qui la fait apparaître comme une création accompagnée d'une auto-interprétation, comme un roman psychanalytique à visée universelle.
    Dans le même temps, l'ensemble de ses écrits est relu comme une anticipation et une construction des principales questions de notre temps qui vont de l'avenir de la mémoire à la maîtrise de la technique, en passant par la division intérieure de l'individu, l'avenir de la sexualité et de la mort, la protection de la petite enfance et la survie de l'espèce humaine.

  • L'oeuvre de Sigmund Freud (1856-1939) est traversée par l'étude des interactions qui existent entre les pulsions, le sujet et la loi.
    Tout commence par ces questions : pourquoi y a-t-il du sujet (Ich), plutôt que seulement des processus pulsionnels (Ça) ? Pourquoi de la pulsion (Ça) devient-elle du sujet (Je) ? Pourquoi du cannibalique, de l'incestueux et du meurtre se transforment-ils en interdits assurant la cohésion sociale ? Pourquoi le sujet de l'inconscient s'auto-constitue-t-il en sujet de la loi ? Héritier spirituel des bâtisseurs d'un droit jadis arraché à la violence, le sujet de la loi est, en effet, cette instance qui réécrit au propre la loi naturelle (individuelle et collective), la loi morale, la loi juridique et la loi politique, auxquelles tout individu est confronté, dès qu'il existe pour lui-même et se fait reconnaître par autrui.
    Tant que ces lois sont des référents aisément identifiables, la critique freudienne du sujet, du droit et du travail de la loi appuie, et parfois précède la doctrine des droits de l'Homme. Mais, lorsque du fait du développement des sciences et des techniques, la loi de la nature vient à manquer lorsque, après le déferlement du crime contre l'humanité, la faculté de discerner le mal est ébranlée lorsqu'enfin, les débats juridico-politiques et éthiques s'attachent à définir l'existence d'une nouvelle personnalité démocratique, comme c'est le cas aujourd'hui, alors s'engage, pour la psychanalyse, une profonde réflexion sur sa pertinence et sa réactualisation.

  • A la lumière des récentes découvertes archéologiques, égyptologiques, linguistiques, mythologiques et psychanalytiques, cet essai éclaire de façon originale les textes de la Bible hébraïque et la Bible araméenne, du Talmud, du Midrash et du Zohar qui sont consacrées à Moïse. L'ouvrage tente de reconstituer les éléments de la querelle théologico-politique qui opposa Moïse à Pharaon et qui se situent à la naissance de ce qu'on a appelé le "monothéisme".

  • En 1895, la découverte d'une stèle célébrant la victoire du pharaon Mineptah sur des peuplades en révolte permettent aux deux égyptologues F. Petrie et W. Spiegelberg de la nommer "Stèle d'Israël", traduisant ainsi le nom d'une de ces peuplades "Isiriar" par "Israël". Or, le récit biblique dit d'"Israël" "qu'il n'a plus de semence". L'auteur, comprenant la contradiction de cette dénomination, pose alors la question des origines d'Israël et y répond dans l'esprit de la "science du judaïsme" renouvelée, depuis Spinoza et Freud.

  • Luther, kant, marx, heidegger : autant de figures majeures de l'esprit allemand dont la caractéristique est de penser le rapport au vivant en mettant le juif à la place du mort.
    L'hallucination du fantôme juif devient le moteur interne d'un discours qui, progressivement, tente de donner ses lettres de noblesse à la détestation, l'euthanasie, la dissolution puis à l'abolition du judaïsme. il n'en faut pas plus, mais pas moins non plus, pour que l'extermination des juifs se prépare dans les universités allemandes. après hitler, la shoah, puis la chute du iiie reich, le fantôme court toujours.
    Chez les néo-marxistes et les post-heideggeriens, mais aussi chez les islamistes : inexistence des juifs, utopie du peuple juif, évidement du signifiant " juif " et destruction de l'état d'israël convergent dans la tête de ceux qui -négationnistes et anti-négationnistes ici étrangement réunis - ne s'expliquent pas que le judaïsme ne soit pas mort. des penseurs qui refusent de soumettre l'esprit allemand à une critique, radicale, tentent d'arraisonner le fantôme et même de lui dire adieu : levinas, lyotard, derrida, badiou, baudrillard, nancy.
    Mais en vain, car ils évitent l'essentiel du problème : expliquer pourquoi il était dans la nature acritique de l'esprit allemand de justifier le meurtre, et comment il faut y renoncer. une nouvelle fois, c'est à l'esprit du judaïsme, à nouveaux frais, de donner le courage de ce détournement.

  • Dans la continuité de son travail de recherche sur la condition post nazi , ce dernier essai de Gérard Huber analyse ce qui se révèle lorsque l'on met en scène aujourd'hui Le Marchand de Venise. En s'appuyant sur la signification cachée des noms des personnages ( Shylock/ Shakespeare ), il montre l'existence d'un double marranisme (au XVI siècle est marrane tout juif converti de force au catholicisme et qui pratique en secret sa religion) chez Shakespeare qui sera déterminant dans l'évolution de sa pulsion théâtrale.

  • L homme duplique

    Gérard Huber

    En février 1997, l'annonce de la naissance de la brebis Dolly bouleverse les esprits, suscitant fascination ou indignation.
    Un mot nouveau fait irruption dans notre vocabulaire : " clonage ". Cette technique de reproduction, inédite dans l'histoire, sera-t-elle bientôt appliquée à l'homme ? Cela constituera-t-il une transgression, et de quelle nature ? Faudra-t-il la permettre ou l'interdire, et au nom de quelles valeurs ? Autant de questions nouvelles pour les religions, les sciences, la philosophie et la psychanalyse.
    Pour certains, le clonage représente un espoir médical.
    Il permettrait de lutter contre la stérilité et de guérir des maladies aujourd'hui incurables. Mais, en détruisant les notions d'hérédité et de filiation, en réveillant le spectre de l'eugénisme, le clonage ne risque-t-il pas de donner corps aux cauchemars préfigurés par le mythe de la mort de Narcisse ou le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley ?
    A travers le clone, l'homme se trouve confronté à un nouveau " stade du miroir ".
    Qu'il tente de le traverser, et l'humanité se divisera peut-être en de nouvelles espèces. Saura-t-elle surmonter cette épreuve ?

  • « Ces textes de psychanalyse critique se proposent d'identifier les mécanismes à l'oeuvre - la projection notamment - dans le champ psychanalytique autour du nom-corps Lacan à partir d'une étude sur le Séminaire I, et dans le champ politique autour du mot-corps Camp à partir d'une étude sur l'institutionnalisation des camps de la mort nazis.
    Face à la dramatisation ambiante, le mouvement psychanalytique français se donne un corps dans l'urgence, corps/enfant dont la mère adoptive est la langue française et le père emprunté Lacan.
    Il n'en faut pas plus - mais pas moins non plus - pour qu'une conception apocalyptique se mette à travailler la psychanalyse en tant qu'institution et en tant qu'interprétation.
    La psychanalyse française est-elle dans le désir de Lacan ? » G. H.

  • L'Illusion métabiologique

    Gérard Huber

    • Puf
    • 2 Février 1994

    S'interrogeant sur les conditions psychiques d'une ralit neuronale et dgageant les principales rponses de l'humanisme philosophique contemporain face aux avances de la biologie, l'auteur dtecte en celles-ci les formes de mconnaissance des apports de la mtapsychologie freudienne.

  • Rappelons les faits : le 30 septembre 2000, la chaîne française France 2, diffuse 50 secondes d'un document terrible : la mort, en direct, dans les bras de son père, d'un petit enfant présenté par les uns comme Mohamed al-Dura, par les autres comme Rami el Dura. Etrange : alors que des dizaines de journalistes sont présents sur les lieux, au carrefour de Netzarim, seul un cameraman palestinien, Talal abu Rahmé, filme la scène. Charles Enderlin qui fera le commentaire n'est pas sur place ! Ces 50 secondes font le tour du monde. Israël a tué l'enfant. Le petit al Dura devient le symbole de la seconde intifada. La propagande arabe joue sur du velours. Les Palestiniens ajouteront, dans le film, pour faire plus vrai, un soldat israélien supposé être celui qui a tiré ! Mais des questions demeurent. L'enfant aurait pu être victime de tirs croisés. Il aurait pu être, plus vraisemblablement dans la ligne de mire des Palestiniens. Mais il n'y a pas de sang. Pas d'impact de balles sur le mur. L'enfant, soi disant touché de plusieurs projectiles, ne baigne pas dans son sang. Le père, blessé lui aussi, ne saigne pas. C'est une horrible mise en scène le père, l'enfant seraient des acteurs ! L'auteur n'accuse pas, se contente de souligner les invraisemblances, de donner les faits, bruts, froids, précis. Un livre salutaire pour comprendre que la guerre ne se gagne plus désormais sur les champs de bataille mais devant le petit écran. Un livre indispensable pour comprendre ce qui se passe sur le terrain de la guerre médiatique et de la désinformation.

  • Le " devoir de mémoire " est un travail psychique entrepris pour guérir de l'antisémitisme.
    Trait majeur d'une conscience occidentale qui veut se libérer de la condition post-nazie, il est, cependant, davantage orienté vers la réparation du mal que les Juifs ont subi lors de la Shoah que vers l'acceptation pleine et entière d'une identité juive qui affirme, aujourd'hui et pour demain, sa différence comme individu et peuple-nation. La raison tient au fait que le fantasme de tuer l'autre en soi, qui est au coeur de la maladie antisémite et qui atteint parfois l'antiantisémitisme, ne fonctionne pas selon le registre de la mémoire temporelle, mais de la construction hallucinatoire intemporelle.
    De ce fait, aussi loin que l'on se souvienne des spécificités " antisémites " (anti-hébraïsme gréco-alexandrin, anti-judaïsme chrétien, antisémitisme racial nazi, anti-yahoudisme musulman...), ce fantasme peut rendre la mémoire vaine. C'est pourquoi, dans ce livre, Gérard Huber ne se contente pas de raconter l'inscription historique ancienne et récente de ce fantasme qui survient lorsque des individus et des Etats sont dépassés par leurs pulsions meurtrières et veulent en guérir par déplacement et projection sur les Juifs.
    Il tente aussi de répondre à la question qui hante les esprits : comment faire en sorte que le travail de mémoire débouche sur une anticipation et une prévention de ses métamorphoses à venir. Sortir de la condition post-nazie et guérir de l'antisémitisme sont ainsi devenue des tâches vitales pour l'esprit.

  • Dans La Résistance comme alibi de la résistance à Israël, Gérard Huber déconstruit les sophismes de trois champions de l'anti-israélisme primaire : Edgar Morin, Stéphane Hessel et Alain Badiou. Il démontre notamment comment, chacun à sa manière, instrumentalise le discours de la « Résistance » pour tenter de saper les fondements de la légitimité de l'État d'Israël.
    Outre l'originalité du sujet, il situe aussi la controverse dans l'histoire des idées qui mit en présence la Résistance et la Résistance juive, dès 1940, ainsi que dans l'histoire politique qui, au lendemain de la guerre de 39-45, vit les Résistants accompagner l'Etat d'Israël (dans lequel ils voyaient bien souvent une continuation de l'action de « Résistance ») jusqu'en 1967, date à laquelle, certains prirent de la distance, pour, finalement, se parjurer, au prétexte qu'Israël devenait une puissance d'occupation.

  • La société moderne découvre que le travail rend fou : raisonnements qui tournent le dos au bon sens, décisions qui veulent faire mal, chantage, injures, passages à l'acte violents, jeux d'alliance visant à atteindre l'autre dans sa dignité... La violence se constitue en non-dit de l'organisation. La conséquence est que n'importe quel individu peut en venir à retourner cette violence contre lui. Les auteurs décrivent les mécanismes psychiques et intellectuels qui expliquent comment la société en est arrivée là.

  • La société moderne découvre que le travail rend fou.
    Les raisonnements qui tournent le dos au bon sens, les décisions qui veulent faire mal, le chantage (harcèlement moral, sexuel, menace de licenciement pour rien...), les injures, les passages à l'acte violents, les jeux d'alliance qui visent à atteindre l'autre dans le sentiment qu'il a de sa dignité, sont devenus monnaie courante au sein des entreprises, des associations et des administrations. Du même coup, les conflits professionnels ne sont plus construits comme des oppositions à surmonter ensemble, mais comme des affrontements à l'issue desquels l'un s'efforce de faire " disjoncter " l'autre.
    La violence psychique se constitue en non-dit (secret, amnésie, exclusion) de l'organisation. La conséquence est que, quelle que soit sa place dans l'organigramme, n'importe quel individu peut en venir à retourner cette violence contre lui (actes manqués, maladies, troubles psychiques graves, agressions, démissions...). Dans ce livre, les auteurs décrivent minutieusement les mécanismes psychiques et institutionnels qui expliquent comment la société en est arrivée là.
    De nombreux exemples révèlent comment l'organisation (entreprise, administration) crée du trauma et détermine le destin psychique des individus qui en souffrent. Ils identifient également les fondements symboliques et psychoéthiques qui peuvent prévenir ces situations psychopathologiques et ouvrir, lorsqu'elles se produisent, la voie de la mémoire, du deuil, du rebond et du changement.

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