• Il existe un mythe de Molière édifié sur un monceau de légendes, approximatives, artificieuses, extravagantes : mari jaloux et malheureux ; d'humeur rêveuse et mélancolique ; versificateur maladroit ; acteur doué pour le seul jeu comique ; malade consumé par ses mauvais poumons...
    Des générations de biographes ont colporté ces fables qui composent encore aujourd'hui son portrait.
    Comment retrouver le vrai Molière, celui que ses contemporains ont connu et qui nous est largement dérobé ? Il ne subsiste de lui ni manuscrits ni lettres ni écrits intimes. Pour connaître au plus près la figure de l'homme, l'itinéraire de l'acteur, l'audace du directeur de théâtre, l'ingéniosité créatrice de l'auteur, il faut revenir aux témoignages méconnus, aux documents oubliés, aux traces matérielles - tout ce qui restitue, souvent par effraction, les travaux et les jours de l'homme, la vie d'une famille hors norme, les tribulations d'une troupe d'exception, la séduction de l'artiste-courtisan devenu le favori de Louis XIV, et qui éclairent les fulgurances du plus grand auteur comique occidental.
    Georges Forestier tente de se glisser dans l'intimité du créateur. Il en reconstitue la formation intellectuelle, révèle les secrets de fabrication de ses oeuvres et fait découvrir la logique qui préside à l'enchaînement des pièces en perpétuel renouvellement. Au fil des spectacles, à la Cour comme à la Ville, et d'un triomphe à l'autre, c'est le genre même de la comédie que Molière ne cesse de révolutionner. Voilà pourquoi cet alchimiste reste indéfiniment le contemporain de ses spectateurs et de ses lecteurs.

  • Cet ouvrage présente les règles sur lesquelles s'est fondée l'écriture des textes classiques. Il montre en quoi la connaissance de ces règles est nécessaire à l'étude des oeuvres du XVIIe. Or ces règles sont issues à la fois d'une technique générale du discours efficace inventée par les Grecs - la rhétorique - et des prolongements qu'ils ont donnés à cette technique en direction de la poésie et de la fiction - la poétique. L'ouvrage évoque enfin les liens qui unissent la rhétorique et la poétique classiques aux techniques modernes d'analyse des objets littéraires qui en sont les héritières. Cette nouvelle édition  apporte un nouveau chapitre: l'un sur la poétique moderne au service  de la dramaturgie; et une nouvelle proposition d'étude.
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  • Invention jaillie au coeur de ce qu'on appelle aujourd'hui " l'âge baroque ", le procédé du théâtre dans le théâtre a contribué à donner leur relief aux chefs-d'oeuvre de Shakespeare (Hamlet, La Tempête), de Calderon (Le Grand théâtre du monde), de Corneille (L'illusion comique) et de Molière (L'impromptu de Versailles, Le Malade imaginaire). Si la définition en est simple - enchâsser une pièce ou des fragments de pièce dans une autre -, la technique mise en oeuvre est autrement plus complexe que celle de l'ancien jeu romanesque du récit dans le récit. Le théâtre dans le théâtre est tout à la fois un exercice de virtuosité littéraire jouant sur les effets de miroir, une entreprise subtile de démontage des rouages de l'art dramatique, et une mise à distance réflexive de la condition humaine. La matière de l'examen est fournie par une quarantaine de pièces de Rotrou, Corneille, Molière, Scudéry et quelques contemporains.

  • Proposer un essai de génétique théâtrale appliqué à Corneille, et non une «poétique de Corneille» ou une «esthétique de la tragédie cornélienne », c´est tenter de mettre au jour la démarche créatrice du dramaturge, dans son mouvement particulier (comment s´élabore une tragédie), comme dans son mouvement général (comment se construit une poétique tragique).Produire un essai de génétique théâtrale signifie aussi qu´en l´absence de brouillons, il a fallu forger une méthode d´analyse originale pour dégager les strates constitutives d´une tragédie et retrouver les questions qu´a pu se poser le poète dans son travail créateur: méthode qui ne cache pas son statut d´hypothèse de travail, même si elle s´appuie sur les écrits théoriques de Corneille et de ses contemporains. Considérer Corneille à l´oeuvre apprend enfin que sa tragédie est une constante mise à l´epreuve du genre même de la tragédie, et non point du rapport de l´homme au monde; bref qu´il s´agit d´un art de la mise en forme d´une matière poétique, qui va de la forme au sens, et non l´inverse - ce que Corneille explique lui-même, mais que la critique, fascinée par la dimension politique de son théâtre, a toujours refusé d´admettre. Par là ce livre, quoique présentant nombre de pièces, y compris les plus célèbres, sous un jour différent, ne prétend pas apporter une interprétation supplémentaire de la tragédie cornelienne. Chercher à comprendre le travail créateur d´un écrivain exige de se limiter à la description des conditions mêmes d´une interprétation - à partir de quoi pourront se construire derechef les «lectures» que reclame une oeuvre dramatique aussi exceptionnelle que celle-ci.

  • Les auteurs et théoriciens français du XVIIe siècle, voulant que les spectateurs de tragédie oublient leur statut de spectateurs pour devenir les témoins hallucinés du déchaînement des passions ont rêvé d'abolir toute trace du code artistique pour faire croire aux spectateurs, durant le temps de la représentation, que les événements se racontaient d'eux-mêmes, comme s'il ne s'agissait pas d'une fiction inventée par un dramaturge. Mais pour effacer toute perception du code, ils ont paradoxalement instauré un nouvel ensemble de règles, les "règles classiques".  Pour éclairer cette spécificité paradoxale de la tragédie française, pour permettre de comprendre la nature des tragédies de Corneille et Racine, ce livre examine les fondements du système de la représentation classique, les caractéristiques de la dramaturgie propre à la tragédie française et les modalités d'intégration et de fonctionnement des caractères et des passions, avant de finir par interroger la notion de tragique elle-même. 

  • Cet ouvrage présente les règles sur lesquelles s´est fondée l´écriture des textes classiques. Il montre en quoi la connaissance de ces règles est nécessaire à l´étude des oeuvres du XVIIe. Or ces règles sont issues à la fois d´une technique générale du discours efficace inventée par les Grecs - la rhétorique - et des prolongements qu´ils ont donnés à cette technique en direction de la poésie et de la fiction - la poétique. Cette présentation évoque enfin les liens qui unissent la rhétorique et la poétique classiques aux techniques modernes d´analyse des objets littéraires qui en sont les héritières.  Georges Forestier est professeur à l´université Paris-Sorbonne (Chaire «Études théâtrales du XVIIe siècle») et membre senior de l´Institut universitaire de France (IUF).

  • Référence pour les candidats à l'agrégation de lettres modernes.
    Cet ouvrage offre les clés de l'évolution de la tragédie française depuis son apparition au XVIe siècle jusqu'à la fin du XVIIe siècle : comment et pourquoi passe-t-on d'une tragédie de la déploration des funestes conséquences des passions à une tragédie de l'action fondée sur l'affrontement des passions. Son originalité est de mettre en rapport cette évolution avec les débats sur les « règles classiques ». Sa nouveauté porte sur le jeu dialectique entre ce qui fait la violence de la tragédie et le carcan de règles de la tragédie à l'époque classique.

  • La collection est dirigée par Michel Delon, professeur à l'Université de Paris X - Nanterre et Michel Zink, titulaire de la chaire de littérature médiévale au Collège de France. Elle souhaite accompagner et rendre visible la transformation des études littéraires grâce à l'histoire des idées et des mentalités, il s'agit d'ouvrir des perspectives, de rendre possible de nouveaux objets de recherche.

  • Jean Racine

    Georges Forestier

    Est-il une vie plus difficile à interpréter que celle de Racine ? Orphelin issu d'une famille de petits notables implantée dans un bourg endormi de Picardie, La Ferté-Milon, il a fini, pourvu de la noblesse héréditaire, comme l'un des plus proches courtisans du Roi-Soleil. Admirateur passionné de celui-ci, dont il fut chargé d'écrire l'histoire, il n'en rédigea pas moins, secrètement, un Abrégé de l'histoire de Port-Royal, monastère si haï du monarque qu'il le fit raser dix ans après avoir accepté que Racine s'y fît inhumer. Éduqué par les jansénistes qui avaient le théâtre en horreur, il s'empressa de courir après la gloire procurée par la poésie dramatique. Puis, l'ayant obtenue, et avec elle la richesse, il chercha à faire oublier qu'il avait été un poète de profession, allant jusqu'à condamner la pratique même du théâtre comme les plus austères dévots de son temps, sans renier pour autant ses tragédies, qui lui avaient conféré de son vivant l'immortalité.
    Pour expliquer cet étonnant parcours, fait apparemment de ruptures, de paradoxes et quelquefois de trahisons, on a invoqué jadis la cruauté et la violence de ses tragédies, qui, sous des dehors policés, révéleraient une personnalité tourmentée et même sauvage. On a ensuite vu dans leur auteur un ambitieux sans scrupule, parce qu'il aurait été un orphelin pauvre, redevable de son exceptionnelle éducation à la charité des « Messieurs » de Port-Royal ; et il aurait fait une « carrière » exemplaire en ne considérant le théâtre que comme un moyen de parvenir.
    Loin d'échafauder une interprétation nouvelle, la présente biographie réexamine l'ensemble des documents originaux concernant Racine, en faisant la part entre ce qu'ils nous apprennent et les légendes qui se sont formées dès le lendemain de sa mort. En même temps, elle lie étroitement le parcours de l'homme à son activité d'écrivain. Non pour chercher ce qui dans l'homme éclaire l'écrivain ou ce qui dans ses écrits éclaire l'homme, mais pour montrer l'écrivain à l'oeuvre, à partir de ce que l'on peut reconstituer de la genèse de ses pièces. Et le lecteur découvrira des continuités là où l'on ne voit souvent que ruptures, des fidélités là où l'on ne voit qu'opportunisme, des cohérences sous les paradoxes apparents.

  • Notice sur les chemins de fer algériens / dressée par M. Forestier, inspecteur général des Ponts et chaussées... ; Exposition universelle de 1900, Algérie Date de l'édition originale : 1900 Le présent ouvrage s'inscrit dans une politique de conservation patrimoniale des ouvrages de la littérature Française mise en place avec la BNF.
    HACHETTE LIVRE et la BNF proposent ainsi un catalogue de titres indisponibles, la BNF ayant numérisé ces oeuvres et HACHETTE LIVRE les imprimant à la demande.
    Certains de ces ouvrages reflètent des courants de pensée caractéristiques de leur époque, mais qui seraient aujourd'hui jugés condamnables.
    Ils n'en appartiennent pas moins à l'histoire des idées en France et sont susceptibles de présenter un intérêt scientifique ou historique.
    Le sens de notre démarche éditoriale consiste ainsi à permettre l'accès à ces oeuvres sans pour autant que nous en cautionnions en aucune façon le contenu.
    Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.hachettebnf.fr

  • La dramaturgie « classique » française, qui s'est dessinée fermement au XVIIe siècle et a marqué le théâtre français jusqu'à l'époque romantique, a déterminé un ensemble de relations complexes entre la scène et les coulisses, lieu nécessaire à l'élaboration technique et imaginaire du spectacle. L'exploration de ces relations au XVIIe siècle est au coeur de ce livre.

    Elles sont d'abord envisagées sur le plan de l'élaboration concrète de la représentation : comment ce qu'on n'appelle pas encore la « coulisse » détermine le déroulement et les possibilités du spectacle ; et comment son aménagement est lui-même informé par les exigences de la représentation. Ensuite, par-delà le fonctionnement concret, ce sont les postulats esthétiques engagés par l'organisation matérielle des interactions entre scène et coulisse qui sont examinés. C'est enfin la tension permanente entre l'action représentée sur la scène et celle, construite et imaginée, du hors-scène qui est envisagée selon une perspective dramaturgique et poétique. Où l'on découvrira que cacher dans la coulisse revient à proposer aux spectateurs un monde infini de résonances imaginaires possibles.

  • en france, la seconde moitié du xviie siècle est marquée, sur le plan éditorial, par l'essor des éditions d'oeuvres complètes d'auteurs dramatiques.
    le phénomène, s'il n'est pas totalement nouveau, prend alors une ampleur tout à fait singulière.
    surtout, il s'étend à des dramaturges impliqués étroitement dans la production matérielle du théâtre, notamment les auteurs comiques - au premier rang desquels molière, consacré par une monumentale édition posthume publiée en 1682.
    faut-il voir dans cette forme de reconnaissance par le livre et la constitution de facto d'un répertoire dramatique écrit, l'avènement d'un " parnasse des auteurs dramatiques " ? ces éditions en tout cas semblent destinées à conférer aux écrivains spécialisés dans la production théâtrale un statut équivalent à celui des adeptes des genres nobles.
    comment interpréter ce soudain essor ? est-ce l'indice d'une dignité nouvelle de l'auteur dramatique ? faut-il plutôt y reconnaître le produit de stratégies commerciales inédites des éditeurs-libraires ? ce développement est-il propre à l'espace français ? comment s'accommode-t-il de la déperdition des "ornements" (musique, jeu scénique, dispositifs scéniques) qu'entraîne la fixation de l'oeuvre dans le texte imprimé oe
    cet ouvrage, fruit de la contribution de spécialistes des études théâtrales, de la bibliographie matérielle, de la sociologie de la littérature et de l'histoire de l'édition, parcourt le champ de ces questions inédites.
    il apporte un éclairage original sur la création théâtrale au xviie siècle, de ses protagonistes les plus humbles à ses figures les plus prestigieuses : molière, racine et, au-delà des marges françaises, giovan battista andreini, lope de vega et shakespeare.

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