• Notre-Dame-des-Plantes

    Gilles Clément

    • Bayard
    • 14 Avril 2021

    Le jardinier paysagiste, voyageur du monde et écrivain Gilles Clément imagine : puisque, après l'incendie qui a détruit la toiture de Notre-Dame, la lumière est enfin entrée dans ce lieu, on pourrait en faire un jardin ! « La dernière aventure de Notre-Dame est un envol du chapeau par la force des flammes. Et brutalement, on y voit clair. Pourrait-on bénéficier de cette offre en ce siècle délicat des gestions de l'énergie ? Alors installons une serre, un jardin et, pourquoi cultivons-y une vigne grimpante pour en tirer un vin de messe unique au monde ! » Dans un texte drôle, roboratif et poétique, Gilles Clément montre avec brio que Notre-Dame-de-Paris est un roman et que l'incendie en est un chapitre. Un édifice en perpétuelle transformation qui bouleverse la notion de patrimoine en lui donnant un statut d'oeuvre changeante. Et aujourd'hui, si un tel projet venait à se réaliser, l'auteur en serait le monde vivant non-humain, un ensemble végétal et animal aux imprévisibles décisions.

  • « Qui suis-je ? Si je le savais, cela réglerait un certain nombre de questions que je continue à me poser ! Mais heureusement, j'ai commencé par refuser d'être celui que l'on voulait que je sois. J'ai renoncé très jeune à rentrer dans une catégorie, case, obligation, ou bienséance. Finalement, j'ai exploré deux pistes : l'émerveillement, lorsqu'on observe les insectes on est dans l'étonnement, et le faire, parce que fabriquer de ses mains m'a toujours paru très important ».

    Gilles Clément a vécu son enfance entre la Creuse et Oran, où s'est ancré son goût du voyage et de l'observation. Jardinier, paysagiste, botaniste, entomologiste, enseignant et écrivain, il n'a qu'une passion : le vivant ! Il est à l'origine de nombreux sites (privés et publics, en France et dans le monde) : le jardin de l'Arche de la Défense (Paris), le parc Matisse (Lille), le Domaine du Rayol (Var). Il en a dégagé certains concepts florissants (le Jardin en Mouvement, le Jardin Planétaire et le Tiers-Paysage) sur un principe de base : « Faire le plus possible avec, le moins possible contre » la nature, les énergies, la vie.


    Entretiens menés par Sophie Lhuillier

  • Paru il y a près de 20 ans, ce manifeste n'a pas pris une ride, tout comme la pertinence de son propos. Il est complété d'un texte plus récent de l'auteur qui revient 10 ans après sur le chemin parcouru. Il est préfacé par Alexis Pernet, paysagiste et maître de conférences à L'École nationale supérieure de paysage de Versailles.

    " Si l'on cesse de regarder le paysage comme l'objet d'une industrie on découvre subitement - est-ce un oubli du cartographe, une négligence du politique ? - une quantité d'espaces indécis, dépourvus de fonction sur lesquels il est difficile de porter un nom. Cet ensemble n'appartient ni au territoire de l'ombre ni à celui de la lumière. Il se situe aux marges. "

  • Nuages

    Gilles Clément

    Nuages est un journal de bord tenu entre Le Havre et Valparaiso, du 18 septembre au 18 octobre 2004.
    Nuages aborde les relations entretenues entre le jardinier et le ciel des météores. De tous les phénomènes agissant sur la nature, la météorologie demeure le plus insaisissable, celui que l'homme, en dépit de ses tentatives, ne parvient pas à orienter à sa guise.
    Il est aussi celui qui façonne les climats, les flores, les paysages.
    Il est enfin celui qui couvre la planète d'un seul élan, nous assure d'une réalité encore chancelante dans les esprits :
    Gaïa la Terre, notre maison, fonctionne comme un seul et unique être vivant.
    La relation du voyage et du ciel s'articule autour d'une figure : Jean-Baptiste Lamarck, naturaliste, savant, penseur universel, le premier à oser sérier les nuages et leur donner un nom. Le premier à concevoir une liaison intime entre les êtres vivants, les milieux, les climats, l'espace et le temps. Le premier, en conséquence, à nous donner les clefs du mécanisme de l'évolution et à en fixer les bases.

  • Vingt-cinq ans après la première édition les propos développés dans cet ouvrage n'ont fait l'objet d'aucune modification sur le fond ou sur la pratique d'un « jardinage en mouvement ». Les urgences écologiques, aujourd'hui mieux ancrées dans les consciences qu'elles ne l'étaient à la fin du XXe siècle, tendent à valoriser ces pratiques à toutes les échelles et à les affiner. Certaines légendes d'illustrations reformulées, plusieurs images ajoutées, le texte concernant le jardin du musée du Quai Branly-Jacques Chirac développé, telles sont les ajouts de cette édition.
    Vingt-cinq années de croissance végétale modifient les paysages, elles ne modifient pas forcément l'état d'esprit dans lequel ils se développent. Le message essentiel de ce livre « faire le plus possible avec et le moins possible contre la nature » demeure à tous les stades de l'évolution d'un espace incluant le vivant.
    Toutefois on peut faire deux remarques importantes que seul le recul du temps nous permet d'établir :
    - La première est technique et concerne la biodiversité.
    La fermeture des espaces par la strate arborée en développement progressif diminue la présence visuelle des espèces herbacées pour majorité héliophiles. Un des aspects importants de la maintenance du jardin en mouvement porte sur la nécessité de maintenir l'équilibre de l'ombre et de la lumière. Parfois il faut supprimer des arbres devenus trop grands faisant disparaître la clairière, la lumière et la biodiversité qui lui est associée. Ces arbres trop présents peuvent appartenir à une série que l'on a soi-même planté quelques années plus tôt. Les éliminer n'est pas tâche facile, on peut se contenter de l'ombre et dire que la diversité désormais invisible sous les frondaisons continue de vivre à l'état de graines et de dormir en attendant les conditions de la germination : le soleil et l'eau. On peut aussi donner place à la composition paysagère et choisir les espèces que l'on peut soustraire à l'espace trop dense pour retrouver l'équilibre cherché. Ce travail serait à faire aujourd'hui dans la partie dédiée au jardin en mouvement du parc André Citroën et bientôt dans le jardin du musée du Quai Branly.
    Cette remarque sur la diversité héliophile dans la strate herbacée concerne les climats non tropicaux. Sous les tropiques la diversité botanique s'exprime très bien dans la strate arborescente. Un jardin en mouvement en zone tropicale serait celui des singes et des oiseaux dans l'enchevêtrement des canopées, il n'y aurait rien d'autre à faire que d'édifier des passerelles en suspens pour s'y promener. Nous parlons ici des forêts primaires rélictuelles, celles que le Stupidocène oublieux a laissées çà et là, éparses et perdues sur la planète anthropisée.
    - La seconde est culturelle et concerne la composition dans l'espace.
    À l'exception des cultures animistes et totémistes pour qui le jardin est un territoire naturel pourvu des richesses que l'on va glaner ou chasser, les sociétés humaines ont organisé le jardin en donnant aux formes, aux lignes, aux perspectives et à la scénographie générale un droit absolu de composition. Cette façon de dessiner le jardin place la question du vivant en second rôle.
    Le jardin en mouvement se positionne à l'opposé de cette perception du monde, il ne doit aucune de ses formes à une vision cultuelle idéalisée de l'espace mais à une préséance donnée au vivant. Si les formes sont changeantes c'est précisément parce que « toujours la vie invente ».
    Ces pratiques se multiplient et placent les concepteurs au-devant d'une question à laquelle aucune école ne les a préparé : comment accepter l'abandon ou le partage de la signature de l'espace qu'ils pensent avoir dessiné avec maîtrise ? Comment déplacer le rôle de la forme pour la mettre en position de résolution esthétique temporaire sous la dynamique du vivant et non en dispositif inchangeable telle une architecture sacrée ?
    Il est à prévoir que l'enseignement dispensé pour atteindre ces objectifs s'orienterait alors une connaissance approfondie du vivant. Ceci afin d'initier un processus de conception des espaces qui nous lient à notre environnement, non en se soumettant à une dictature formaliste ou fonctionnaliste, mais en développant un dialogue avec le vivant par un accès à la compréhension et à l'acceptation du génie naturel.

  • Les plantes vagabondes n'ont pas bonne presse : on les appelle mauvaises herbes, fleurs sauvages, et elles sont trop souvent interdites de culture ! Pour prendre la défense du brassage planétaire, Gilles Clément, le plus célèbre paysagiste français, inventeur du Jardin en mouvement, a choisi de nous raconter d'abord l'histoire de quelques-unes de ces plantes exotiques que nous retrouvons aujourd'hui dans nos jardins et dans les friches : rhubarbe du Tibet, pavot de Californie, armoise de Sibérie, grande berce du Caucase... Un livre polémique et poétique, passionnant et passionné, pour voir enfin réconciliés l'homme et la nature. " Au nom de la diversité - trésor à préserver pour d'inavouables calculs : n'y aurait-il pas quelques sous à tirer, quelques brevets à prendre ? -, les énergies se mobilisent contre l'intolérable processus de l'évolution. Pour commencer, on s'en prend aux êtres qui n'ont rien à faire ici. Surtout s'ils y sont heureux. D'abord éliminer, après on verra. Régler, comptabiliser, fixer les normes d'un paysage, les quotas d'existence. Déclarer ennemis, pestes, menaces, les êtres osant franchir ces limites. Introduire un procès, définir un protocole d'action : partir en guerre. Cet ouvrage s'oppose à une attitude aveuglément conservatrice. Il considère la multiplicité des rencontres et la diversité des êtres comme autant de richesses ajoutées au territoire. "

  • Le premier jardin est celui de l'homme ayant choisi de faire cesser l'errance. Il n'y a pas d'époque pour cette étape dans la vie d'un homme ou d'une société. Le premier jardin est vivrier. Le jardin potager est le premier jardin. Il est intemporel car il fonde l'histoire des jardins mais la traverse et la marque profondément dans toutes ses périodes. Le premier jardin est un enclos. Il convient de protéger le bien précieux du jardin ; les légumes, les fruits, puis les fleurs, les animaux, l'art de vivre, ce qui, au fil du temps, ne cessera d'apparaître comme le " meilleur ". C'est la façon d'interpréter le meilleur qui, en fonction des modèles de civilisation, va déterminer le style des jardins. La notion de meilleur, de bien précieux, ne cesse d'évoluer. La scénographie destinée à valoriser le meilleur s'adapte au changement des fondamentaux du jardin mais le principe du jardin demeure constant : s'approcher le plus possible du paradis.

  • L'effaceur

    Gilles Clément

    Les mots apparurent. Ils se multiplièrent, crûrent, s'enflèrent.
    Certains devinrent gênants pour les uns et/ou pour les autres, pas toujours d'accord sur le sens à leur donner, sur leurs usages et utilités. Ils remplirent le disque dur de l'existence, devinrent parfois étouffants.
    Alors un Grand moralisateur décide d'en effacer certains, il créa, pour ce faire, l'effaceur.
    La tâche n'est pas sans risque.

  • Le blanc

    Gilles Clément

    Je ne me serais pas intéressé au blanc s'il n'apparaissait constamment comme une anomalie du paysage, tantôt le valorisant, tantôt le dégradant.

  • Abécédaire

    Gilles Clément

    Cet Abécédaire est le prolongement d' une conversation de l'auteur avec le philosophe Gilles A. Tiberghien.
    Autonomie - Brassage planétaire - Continent théorique - Désobéissance - Étonnement - Faire avec - Génie naturel - Herbe - Initiative - Jardin - Kangourou - Lisière - Mouvement - Nuage - Optimisme - Patience - Q.I. - Résistance - Silence - Troc - Utopie - Variable - Wikipédier - X - Ying-yang - Zizanie

  • Gilles Clément, paysagiste français créateur du parc Citroën, des jardins de l'Arche et du parc du musée des Arts premiers - quai Branly - à Paris, du domaine du Rayol en Provence et du jardin de l'abbaye de Valloires en Picardie, parmi beaucoup d'autres, préfère se présenter comme un simple jardinier. Car du rapport vécu et vivant avec la Terre et ses écosystèmes émerge toute une vision de bonne gestion mondiale qui passe de la notion de "Jardin en Mouvement" au "Jardin Planétaire" et au "Tiers Paysage". Et l'herbe ? Le regard - et la main - que nous portons sur elle témoigne de notre place dans une biosphère qui nous dépasse et nous submerge souvent, mais que nous avons le pouvoir de détruire.

  • « Pendant q ue l'éc olo g ie radical e, arc- boutée à ses préceptes de rigueur , tente de résis ter, pendant q ue le Green business s'organise pour r éc upérer l e marché bio, une trois ième voie, sans no m, et qu'ici j 'appelle "L 'alt e rna tiv e ambiante", naît d es rumeurs entremêlées - analyses c ontradictoi re s, b i lans de catastrop he , prédi cti ons ha sard eu ses - mais auss i de vé rit ables const ats, d' e xpériences et de r e cherches s é rieuse s. [ ... ] L'alternative ambiante regarde du côté de la dé croissante sans y adhérer tout à fait, se détourne du Green business jugé excessif et, plutôt que d'espérer un quelconque salut venant des élus de la République, se place dans l'expectative en interrogeant les incidences possibles de l'Effet papillon. Oui, le jardin est planétaire, plus personne ne peut en douter mais tous ceux dont l'esprit alerté mesure les dimensions d'une si ample question se demandent comment on devient jardinier dans ce jardin-là. Aucune réponse ne parvient formulée d'un bloc. L'humanité incrédule, tour à tour endormie par les médias et réveillée par la crise, tente de nouvelles pistes de vie en terrain inconnu. Tout est à inventer, tout semble nouveau. »

  • " Pour qui veut bien regarder, tout fait art. La nature, la ville, l'homme, le paysage, l'air du temps, ce qu'on appelle humeur et sur toute chose enfin, la lumière.
    Par ailleurs, chacun connaît l'art des artistes, celui qui porte signature. Peintres, sculpteurs, musiciens, écrivains, cinéastes, danseurs etc. sont convoqués sur la question de l'art à propos de laquelle, on le sait, il y a toujours beaucoup à dire.
    Il existe cependant une plage indéfinie où se croisent le champ brut de la nature - les circonstances - et le territoire authentifié de l'homme.
    Ce terrain de rencontre produit des figures à la fois éloignées et proches de l'art suivant les définitions que l'on en donne. Pour ma part je considère comme art involontaire le résultat heureux d'une combinaison imprévue de situations ou d'objets organisés entre eux selon des règles d'harmonie dictées par le hasard. " De la confrontation de la nature et de celle de l'homme se dégage une synergie qui crée accidentellement des tableaux souvent d'une terrible beauté. Gilles Clément a, au long de ses voyages, décelé dans ces signes du croisement la présence d'un art involontaire.

  • Toutes les instances, tous les citoyens sont avertis de l'absurdité du mode de vie entraîné par l'économie de marché. À aucun moment il n'est question d'en changer. Le projet humain, conscient ou inconscient, se définit en peu de mots : mourir sous les richesses.
    Un jardin : enclos destiné à protéger le meilleur. Meilleur des fruits et des légumes, meilleur des arbres et des fleurs, de l'art de les disposer.
    L'art des jardins a exprimé son excellence à travers l'architecture et l'ornement. Ces critères ne suffisent plus. La vie qui s'y développe, parce qu'elle est menacée, devient l'argument principal des aménagements. Cette charge efface, sans les interdire, les préséances d'autrefois : manier la perspective, disposer les paysages en tableaux, composer les massifs, organiser les fêtes et les distractions. Il faut désormais s'occuper du vivant. Le considérer, le connaître. Avec lui se lier d'amitié.
    Regarder pourrait bien être la plus juste façon de jardiner demain.

  • Possible récit d'un futur hélas crédible, «Le grand B.A.L.» aborde la question de la privatisation du bien commun au seul bénéfice du marché par une maîtrise de la «nature» ou, plus exactement, par une illusion de cette maîtrise que Gilles Clément dénonce, à la manière d'un Voltaire, en présentant le théâtre du monde comme un jeu de performances absurdes. Par la mise en dérision des situations, des personnages, des institutions et, d'une façon générale, des règles de la bienséance et de l'ordre établi, son roman inverse certaines valeurs considérées comme immuables, mais la nature profonde des personnages reflète une sensibilité humaine intemporelle sans aucun rapport avec l'évolution de la technologie. C'est donc avec leur fragilité et non comme des êtres robotisés que les «danseurs» de ce B.A.L. apparaissent.

  • Le salon des berces

    Gilles Clément

    • Nil
    • 19 Février 2009

    La maison perdue.
    . c'est d'abord l'évocation d'un deuil difficile, celui d'une maison dans la Creuse où l'auteur ne peut plus aller, chassé, interdit de séjour à cause de déchirures familiales, de remariage du père. On a changé les clefs de la Grange, ce paradis de l'enfance où flotte le souvenir d'une mère très aimée et trahie.

    La nouvelle maison, une cabane de pierre dans une vallée isolée.
    Là-bas, dans la Vallée des papillons où, enfant, il allait faire ses premiers pas d'entomologiste non loin de la maison de famille interdite, Gilles Clément construit, avec une petite bande d'amis, une maison de pierres. Dans le rêve post-soixante-huitard des années 1970, il imagine un jardin en mouvement, un observatoire des espèces, un laboratoire de la nature où se retrouvent déjà toutes les préoccupations environnementales qui feront de lui un paysagiste mondialement célèbre et respecté.

    Scènes de la vie de province dans les années 1970.
    En retournant dans le pays de son enfance, Gilles Clément pensait trouver la nature. Il trouve d'abord la campagne, un monde paysan violent et bourru qui va bientôt disparaître. À cette occasion, il nous offre une extraordinaire galerie de portraits où la tendresse pour ses voisins se mêle à l'humour quand il raconte, pince-sans-rire, ses démêlés avec les instances bureaucratiques locales pour obtenir les autorisations de construire, d'aménager. Il est moins tendre mais cruellement drôle lorsqu'il décrit, au passage, l'univers étriqué d'une petite- bourgeoisie de notables qui regardent sans bienveillance l'installation du jeune jardinier poète.

  • Pavot de californie, rhubarbe du tibet, grande berce du caucase, renouée du japon.
    Portées par le vent, par les animaux ou sous la semelle de nos souliers, les plantes vagabondes ont conquis, avec témérité et vitalité, nos jardins, nos talus, nos friches. elles n'ont pas bonne presse. on les appelle mauvaises herbes, fleurs sauvages et elles sont trop souvent interdites de jardin. au nom de la diversité ou au nom du passé, écologistes intégristes et conservateurs extrémistes se retrouvent pour les déclarer ennemies, pestes, envahisseuses.
    Sont-elles si dangereuses et, surtout, à qui la faute ? gilles clément, un de nos plus célèbres paysagistes, inventeur du jardin en mouvement oú il cultive avec bonheur ces plantes aux noms exotiques, a choisi de faire ici leur éloge. il nous raconte leur histoire, leurs origines, comment il les a rencontrées. il nous explique aussi comment l'homme, les désherbants, le béton, les défrichages et les cultures industrielles, ont permis à ces vagabondes de s'installer et de se développer.
    Conjuguant les talents du jardinier et de l'écrivain, il nous offre, pour prendre la défense du brassage planétaire, un livre oú la polémique, la botanique et la poésie se mêlent.

  • Depuis trente ans, Gilles Clément a largement remis en cause notre relation de domination face à la nature, prônant la coopération et l'observation, conduisant le jardinier à « observer plus et jardiner moins » pour garantir la sauvegarde de notre planète. Toujours la vie invente est un livre qui nous introduit au coeur de sa pensée visionnaire, fondée sur une écologie humaniste et déclinée autour des concepts : Jardin Planétaire, Jardin en Mouvement et Tiers-Paysage.
    Ouvrage très pédagogique et graphique, conçu en chapitres courts et très illustrés, à la fois de dessins, de plans paysagers, de détails et de photos de plantes, arbres et jardins. Le paysagiste nous fait ainsi partager la singularité de son métier qui doit prendre en compte la transformation de l'espace dans la durée, sous l'action du vivant, lequel agit en toute liberté et en toute inventivité, d'où le titre du livre... Ses réalisations et ses voyages sont présentés, retraçant le parcours d'un créateur hors norme, et livrant le portrait d'un jardinier artiste du vivant.
    à noter : Les exemples et photos du livre présentent de nombreux sites en France : Paris, Saint Nazaire (44), Melle (18), la Creuse, les deux-Sèvres, et à l'étranger...

  • Découvrez Jardins, paysage et génie naturel, le livre de Gilles Clément. Tout au long de son évolution architecturale et stylistique, le jardin n?a cessé de refléter une vision du monde en s?approchant d?un idéal de vie. À l?origine espace enclos, le jardin change d?échelle au xxe siècle, mû par la conscience d?une finitude écologique : il devientplanétaire.Pour préserver cet espace soumis aux lois du marché et de la croissance à tout prix, le jardinier doit se mettre à l?écoute du génie naturel : imaginer, réaliser et entretenir le jardin dans son aspect dynamique, en respectant le développement des espèces et leurs migrations.

  • Toutes les instances, tous les dirigeants, tous les citoyens sont avertis de l'absurdité du mode de vie entraîné par l'économie de marché.
    Le projet humain, conscient ou inconscient, se définit en peu de mots : mourir sous les richesses. un jardin : enclos destiné à protéger le meilleur. meilleur des fruits et des légumes - flore nourricière, diversité exploitée - meilleur des arbres et des fleurs, de l'art de les disposer. l'art des jardins a exprimé son excellence à travers l'architecture et l'ornement. ces critères ne suffisent plus. la vie qui s'y développe, parce qu'elle est menacée, devient l'argument principal des aménagements.
    Cette charge efface, sans les interdire, les préséances d'autrefois manier la perspective, disposer les paysages en tableaux, composer les massifs, organiser les fêtes et les distractions. regarder pourrait bien être la plus juste façon de jardiner demain.

  • Dessiner le jardin planétaire ? Projet fou, démesuré, aux limites du possible. Telle est pourtant l'entreprise à laquelle Thomas, le peintre retiré dans sa propriété close de Saint-Sauveur et son ami le Voyageur ont décidé de s'atteler. Parcourant les terres australes, des Andes chiliennes à l'Australie, le Voyageur envoie à Thomas des données que celui-ci interprète. Observations des plantes, animaux, reliefs, horizons, ciels nourrissent leur relation épistolaire poétique et savante. Peu à peu se dessine une nouvelle vision, dans le surprenant chatoiement de leur évolution, de la nature et du monde dont l'homme ne serait plus le centre, mais le scribe et le gardien. Avec ce récit lumineux et sensible, Gilles Clément, paysagiste de renommée internationale, initiateur de la notion de " jardin en mouvement " réhabilitant la friche comme laboratoire et lieu de liberté, nous propose à la fois un traité de géographie vagabonde, une forme inédite de pédagogie encyclopédique et le roman à énigme d'une vérité sans cesse différée. L'un de ces livres rares et précieux qui surprennent par la magie de leur style et l'inattendu de leurs considérations.

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