Bernard Chauveau

  • Membre de l'Arte Povera, Giuseppe Penone déploie depuis la fin des années 1960 un travail très spécifique confrontant l'homme et la nature, intervenant sur les végétaux pour en modifier la croissance, creusant le tronc d'arbres pour en révéler à la fois la structure interne, les courbes de croissance et la richesse plastique. Plus récemment, son travail s'est orienté délibérément vers une interrogation sur la position de l'humain face à l'histoire classique, ou sa place dans un environnement de plus en plus artificiel.

    La présente édition constitue une nouveauté : ses premières gravures. Suite à un travail en Ardèche en 2011, l'artiste avait imaginé frapper le tronc de quatorze essences d'arbres différents (chêne, cyprès, etc.) avec un maillet, enregistrant au passage la qualité de la vibration du bois même, sa résonance en quelque sorte. Par la suite, un long travail d'analyse en studio avait donné à cette matière sonore brute la forme de 14 partitions.

    Dans un second temps, Giuseppe Penone a sélectionné sept essences pour donner une transcription plastique de l'expérience qu'il a vécue sous la forme d'une série de sept gravures (65 x 50 cm). Chaque gravure cherche à donner un équivalent plastique de cette fameuse onde sonore, conduisant l'artiste à jouer sur les termes mêmes de la figuration. Ce travail très particulier a été exécuté directement sur plaque de cuivre sans repentir possible. Pour Penone, il était en effet indispensable de laisser ses souvenirs guider directement sa main.

    "Transcription musicale de la structure des arbres" se présente sous deux formes : une édition courante (800 exemplaires) présentant ces partitions et la reproduction des gravures, accompagnée d'un enregistrement sonore sur CD ; l'édition de tête quant à elle est complétée du tirage original des sept gravures, chacune étant numérotée et signée par l'artiste. Pour cette collaboration exceptionnelle, Giuseppe Penone a décidé de limiter le tirage à 25 exemplaires pour la vente, donnant à cette intervention un caractère précieux et rare.

  • Considéré depuis 1968 comme l'un des chefs de fil de l'« Arte Povera », Giuseppe Penone poursuit depuis une pratique artistique où l'artifice et la nature se mêlent étroitement.
    Il s'est fait connaître non seulement par des bronzes aux formes anthropomorphiques, mais aussi par des pièces où il intervient directement sur des végétaux. C'est notamment le cas avec la série des Arbres où, en creusant le bois d'une poutre, il retrouve le souvenir de la plante originale avec ses branches et ses noeuds. Ces dernières années, la présence humaine s'est faite plus présente dans ses sculptures, notamment par le biais de moulages de fragments de visage tels la bouche, le nez ou les oreilles.
    C'est dans ce processus de dialogue fertile entre un monde primordial et l'être humain qu'il faut comprendre l'actuel ouvrage produit par Bernard Chauveau Editeur et Le Néant éditeur : douze photographies, douze moments où deux mains tiennent, manipulent, enserrent et cachent un objet énigmatique.
    Ces images tirées en négatif composent une séquence intrigante qui en retour nous interroge sur notre relation aux choses, sur la manière dont les gestes du quotidien peuvent prendre une dimension métaphorique pour peu que l'on y prête attention. L'artiste a souhaité accompagner cette série de photographies d'un texte original écrit par lui-même en 2008.

empty