• Cet ouvrage offre une plongée encore inédite dans la richesse de la vie médicale et scientifique qui se déploie autour des questions hygiéniques, orthopédiques et gymnastiques dans la première moitié du XIXe siècle. En effet, à ce moment, une nouvelle modernité médicale voit le jour et nous nous trouvons dans un véritable « moment orthopédique » au regard de l'engagement des médecins autour de l'élaboration d'une gymnastique médicale. Dans ce cadre, les luttes sont alors au moins aussi nombreuses que les accords thérapeutiques. Réalisé dans le cadre d'une consultation exhaustive de la production discursive des médecins francophones, ce livre est également une introduction à une histoire sociale de la médecine et une invitation à des réflexions plus large sur les liens entre exercices du corps et santé.

  • Cet ouvrage s'inscrit dans le sillage des historiens et sociologues qui, après Philippe Joutard et son maître-livre sur L'Invention du mont Blanc (1986), ont exploré la profession, l'origine sociale, l'âge et le genre des alpinistes, leurs traditions d'écriture, et les enjeux politiques et diplomatiques attachés au contrôle des espaces sommitaux et frontaliers. Il élargit aussi le propos vers le goût de l'aventure et de l'exploration, les progrès des sciences et des techniques ou l'expansion des loisirs. Mais, il veut surtout contribuer à explorer de nouvelles voies du côté des pratiques, des émotions et des imaginaires.

    Une attention particulière est ainsi accordée au renouvellement des sources : manuscrits des clubs alpins, objets, peinture, photographie, poésie. Les sciences du corps et de la montagne sont également mobilisées pour dialoguer avec l'histoire : physiologie et thanatologie, géochimie et paléoclimatologie, géographie. De nouveaux éclairages sont proposés sur les conquérants des sommets longtemps invisibilisés que sont les femmes, les ouvriers, les guides. Cet ouvrage résonne, enfin, comme un appel à dépasser l'histoire de l'alpinisme en envisageant une histoire mondiale des ascensionnismes qui soit davantage interconnectée et transnationale.

  • Considérée parfois comme la "Petite Angleterre" du football pour son rôle dans sa diffusion sur le continent européen dès la fin du 19e siècle, la Suisse est sans doute l'une des nations dont la place dans l'histoire du football est la plus méconnue, y compris auprès de ses habitants. Etonnant constat en regard du rôle occupé par ce pays dans le développement des structures du jeu. Avec ses premiers clubs fondés dès les années 1880, une fédération mise en place en 1895 et l'introduction précoce du professionnalisme, le football suisse fait office de pionnier. Pourtant, dès les années 1940, il s'en distingue en revenant à un modèle amateur, qui va subsister jusqu'aux années 1980, lorsque la professionnalisation croissante du jeu l'oblige à se réformer à nouveau.

    Cet ouvrage propose une analyse de la manière dont s'est structuré le football d'élite swiss made qu'il ne faut pas uniquement considérer sous le prisme national : la présence sur le sol suisse des deux principales instances internationales a largement contribué à l'influence des dirigeants du football helvétique dans les processus de structuration et de développement des échanges internationaux. Au final ce livre révèle les enjeux politiques, économiques et culturels importants de l'histoire contemporaine de la Suisse, à l'aune du sport national le plus populaire.

  • La place croissante qu'occupent la médecine et la pharmacologie dans la préparation physique des sportifs a engendré une confusion entre une médecine soignante et une médecine d'amélioration, entre des méthodes licites et illicites. C'est en 1964, lors de la session du CIO réunie à Tokyo, que la décision est prise de créer une commission médicale chargée de mettre au point, en même temps que des «?contrôles antidopage?», des «?contrôles de sexe?».

    Ces confusions trouvent leur paroxysme au jeux Olympiques de Mexico, qui vont susciter des recherches en médecine du sport dans de nombreux pays, à la fois pour répondre aux exigences de l'altitude et pour compenser la nouvelle donne sportive, induite par la participation accrue des pays de l'Est.
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    Géopolitiques, diplomatiques, scientifiques, médicaux, sportifs, les enjeux de la «?révolution de 1968?» sont nombreux et dépassent de loin les symboles du poingt ganté sur le podium ou du massacre de Tlatelolco.

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