• La sécularisation de nos sociétés et la fin de la religion seraient-elles un effet inéluctable de la modernité ?
    Hans Joas, proche de la pensée de Paul Ricoeur, expose ici une conception alternative à cette théorie si souvent mise en avant. Pour lui, le phénomène religieux n'a pas disparu du paysage - surtout en dehors de l'Europe.
    Il faut aussi savoir reconnaître le rôle joué par le catholicisme dans la modernisation, dont le protestantisme n'a pas le monopole. Revenant en particulier sur le pluralisme religieux, la sécularisation, la violence religieuse, la place du sacré ou le rôle des intellectuels, Hans Joas indique notamment quatre défis majeurs pour l'avenir du christianisme :
    L'éthos de l'amour, la question de la personne, le statut de la spiritualité et l'affirmation forte de la transcendance issue du prophétisme de l'Ancien Israël et du premier judaïsme.
    La foi chrétienne n'a pas dit son dernier mot et demeure une option toujours crédible.

  • Les Pouvoirs du sacré pose une question brûlante : celle de la place persistante du sacré et de la religion dans la vie sociale contemporaine. Ni une vision linéaire de la sécularisation comme déclin progressif et mondial de la religion, ni une compréhension mystique du « retour du religieux » ne conviennent pour appréhender ce phénomène complexe. Hans Joas parcourt, synthétise et discute les grands paradigmes qui ont été élaborés par la philosophie et la sociologie, depuis le xviiie siècle, pour penser la vie religieuse.
    En discussion critique avec Max Weber, Joas construit une alternative au récit du « désenchantement du monde ». Il estime qu'une compréhension du devenir de la religion ne peut se séparer d'une interprétation des tensions entre le politique et le religieux, l'État et les Églises, qui ont paradoxalement créé des interstices dans lesquels les individus ont pu construire leur liberté et redéfinir leur vie en commun.

    Il s'agit aussi d'un livre engagé en faveur d'un universalisme des droits de la personne qui se traduirait, au plan théologico-politique, par le double rejet des théocraties et des dictatures laïques, et par une mise en garde contre la tentation d'une « auto-sacralisation de l'Europe » contre l'islam.

  • Sociologue allemand de renommée internationale, Hans Joas propose ici une généalogie des droits de l'homme qui dépasse la dichotomie traditionnelle entre héritage des Lumières et continuité issue du judéo-christianisme. Il propose ainsi de comprendre les droits de l'homme comme la « sacralisation », c'est-à-dire l'appropriation par des expériences subjectives intenses et affectives, de la personne humaine.

    Loin d'une conception philosophique qui postulerait la préexistence de valeurs, Hans Joas souligne la contingence historique de l'apparition des droits de l'homme et les expériences à la fois négatives (tortures, meurtre de masse) et positives (reconnaissance du bien) qui en sont à l'origine.

  • Georges Herbert mead

    Hans Joas

    L'intérêt renouvelé pour la tradition pragmatiste , telle qu'elle s'est manifestée en France depuis une dizaine d'années, a placé l'oeuvre de Georges Herbert Mead au centre de l'attention.
    Cet ouvrage explore pour la première fois une oeuvre complexe, ramifiée et souvent mal connue, en la parcourant dans sa totalité. Hans Joas y propose une analyse rigoureuse des divers aspects de la pensée de Mead - sociologique, psychologique, politique, éthique, métaphysique - pour les faire converger dans un projet cohérent. L'ouvrage propose au lecteur à la fois une biographie intellectuelle et politique de Mead, la restitution d'un parcours dans son époque et des débats qui l'agitèrent, et une confrontation systématique de la théorie de Mead avec les grandes figures de la sociologie et de la théorie sociale contemporaine.
    Se dégage de cette étude un projet ambitieux et novateur, indissociablement politique et sociologique, que la notion d'intersubjectivité pratique vient résumer. Hans Joas propose d'en restituer les coordonnées, d'en pointer aussi parfois les limites, et dégage progressivement les linéaments d'une théorie de l'action originale qui s'édifie sur une oeuvre dont l'actualité demeure vive.

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