• LE LIVRE Rien ne nous empêche d'aimer Chagall, quand bien même nous ignorons la tradition où le folklore judaïques. À une période où la peinture proclame l'indépendance descriptive de la couleur et de la forme, l'imagination poétique du peintre, qui l'éloigne de toute imitation, la richesse chromatique de son univers pictural, son travail sur la légèreté et les transparences assurent à Chagall une place de choix dans le panthéon de la modernité.
    Le peintre n'a, du reste, jamais renié sa dette envers l'avant-garde parisienne et ses différentes expressions (fauvisme, cubisme, orphisme, futurisme).
    Ses fables dessinent un village juif, ancré dans ses traditions mais confronté à un monde russe en transformation. Un monde où la synagogue côtoie les clochers des églises, où des paysans robustes sont conviés à une cérémonie de noce célébrée selon les rites hébraïques. Des visions souvent  énigmatiques, où se mêlent la culture yiddish et l'art populaire russe, le judaïsme et le christianisme, le rationnel et l'absurde. 

  • Le présent ouvrage vise à cerner au plus près le style qui s'affirme entre 1905 et 1923 et qui a ses propres caractéristiques formelles et techniques. Rapidement, il sera associé à l'Allemagne qui y voit émerger ses deux mouvements principaux et fondateurs : la Brücke (le Pont) avec Erich Heckel et Ernst Ludwig Kirchner notamment, et le Blaue Reiter (le Cavalier bleu) avec, entre autres, Wassily Kandinsky et Franz Marc.
    Toutefois l'expressionnisme se propage également en Autriche mais aussi en Belgique et en France et laissera ses traces au-delà du début du XXe siècle, puisque l'on retrouve bien plus tard aux États-Unis l'appellation d'"expressionnisme abstrait" et celle, en Allemagne, de "néo-expressionnisme".
    L'ouvrage se propose de retracer l'histoire de ce mouvement en la replaçant dans un contexte artistique en mutation et en mettant en avant les parcours et les oeuvres de ses représentants.

  • Nombreuses reproductions couleurs.

  • Mal aimé et mal compris, le « lieu commun » constitue pourtant le ciment discursif indispensable à l'existence d'un lien social : il enregistre ce qui permet le partage. Sartre disait à ce sujet : « ce beau mot désigne sans doute les pensées les plus rebattues, mais c'est qu'elles sont devenues le lieu de rencontre de la communauté. Chacun s'y retrouve, y retrouve l'autre ». Les lieux communs ne sont pas l'expression d'un universel anhistorique, mais formulent au contraire des images et des constructions mentales qui prennent leur source dans un contexte donné : elles sont forgées par et pour une société déterminée qui parle d'elle-même et de son temps.
    Dans son acception courante, le terme a pris un sens péjoratif : celui de la banalité, du cliché et du stéréotype. Pour la création artistique qui vit, depuis l'époque romantique, sous le régime de la singularité, le lieu commun a longtemps été ressenti comme disqualifiant. Donne-t-il pour autant naissance à des représentations nécessairement préconçues et figées ? À partir des années 1960, un double renversement relance le débat : les artistes se révoltent contre la dictature de l'originalité et le concept se trouve replacé, par l'idéologie de l'avant-garde, au centre névralgique de la création. Alors que les lieux communs s'affichaient autrefois comme les idées reçues que l'art avait mission de révoquer en doute, ils s'affirment aujourd'hui, en tant que tels, comme le matériau crucial du geste créateur.

  • Installations

    Ithzak Goldberg

    • Cnrs
    • 16 Janvier 2014

    Installations Permanentes ou éphémères, sonores ou visuelles, souvent interactives, les installations stimulent la création artistique depuis plus d'un demi-siècle. Elles continuent pourtant à poser problème au public. Qu'est-ce qu'une installation ? La question n'est pas simple. Cette pratique n'est pas un genre en soi, mais elle tire sa force de la réunion, des hybridations et de la juxtaposition de différents horizons et modifie, parfois avec violence, nos habitudes visuelles. Parce qu'elles refusent toute séparation définitive entre le cadre muséal et la vie quotidienne, qu'elles abolissent les frontières entre l'oeuvre et l'espace qui l'environne, ces mises en scène ne se réduisent pas au face-à-face traditionnel de l'oeuvre d'art avec le regardeur, mais visent à produire une expérience sensorielle liée aux déplacements du spectateur. Englobé dans une oeuvre qui s'étend dans l'espace, le spectateur se mue en explorateur et se déplace sur un terrain plein de surprises. En dernière instance, la confrontation avec les installations est avant tout une rencontre perturbatrice. Itzhak Goldberg retrace la naissance et l'histoire de cette forme artistique, de son expansion et de l'attention qu'elle porte aux problèmes de société, devenant un véritable sismographe de la modernité.

  • Jérôme Delépine naît atteint d'un glaucome congénital. Une situation qui lui fermera la porte des écoles d'art parisiennes mais pas son désir de peintre.
    « la peinture est toute ma vie, je ne sais rien faire d'autre ! ». Une résilience et un acharnement à toute épreuve, à tout obstacle, lui permettront de figurer aujourd'hui dans de nombreuses collections privées internationales et d'être désormais représenté par des galeries de renom, française, belge et anglaise.
    En 2016, il a obtenu le prix de la fondation Banque Populaire ainsi que le prix Eddy Rugale Michailov de la fondation Taylor.

    Voilà désormais 20 ans que Jérôme Delépine se consacre à la peinture, qu'il peint pour voir, qu'il peint pour être.
    L'ouvrage propose, dans une sélection d'oeuvres, des plus anciennes au plus récentes, de retracer le parcours de l'artiste qui n'a de cesse de regarder et d'interroger le monde, ceux qui le peuplent et leur rapport au temps.

  • L'art du vide

    ,

    • Cnrs
    • 24 Août 2017

    Vide : absence de toute matière, dit le dictionnaire. Pendant longtemps, ce terme inquiétant - qu'y a-t-il dans le vide qui puisse nous faire peur ? s'interrogeait Pascal - s'est trouvé associé à l'idée de manque et de perte. Peur, horreur, mais aussi fascination pour l'inconnu. Dans le domaine artistique, au XXe siècle, le vide interpelle les créateurs et devient une part essentielle de l'oeuvre, quand ce n'est pas l'oeuvre-même (Klein, Kapoor, Turrell). Gérard Wajcman remarque qu'au lieu de remplir ou de chercher le trop-plein du visuel, l'art tente désormais d'exhiber le trou, quitte à le creuser délibérément. Les différentes études proposées ici montrent que les notions instables de vacuité, néant, rien se déplacent sur une échelle théorique qui peut aller de la perception à la métaphysique, de la psychologie à la phénoménologie, en courant le risque - crucial - de se croiser pour s'approfondir ou de se superposer pour élever le vide à sa plus haute puissance .

  • Né en 1937 à Marcq-en-Baroeul, Marc Ronet a été l'élève d'Eugene Dodeigne à l'institut Saint-Luc de Tournai en Belgique.
    Il présente sa première exposition personnelle en 1964 à la galerie Renar de Roubaix, connue pour son soutien aux artistes du groupe de Roubaix depuis 1958. L'originalité et la démarche exigeante de l'homme lui valurent la reconnaissance de ses aînés, parmi lesquels Eugène Leroy qui devint un proche. L'oeuvre de Marc Ronet développe une réflexion intime sur le devenir de la peinture. Depuis ses débuts en 1957, il est passé d'une quête de la lumière â travers autoportraits, paysages, natures mortes, au questionnement sur la place de l'objet et son rôle dans la peinture : " Qu'est-ce que la peinture ? Comment aujourd'hui peindre un vase sur une table ? ".
    Au-delà de la représentation, il fouille et retourne la matière de la peinture et du papier, écartant toute intention spectaculaire pour ne faire surgir que l'irréductible résultat de ses découvertes.

  • Les artistes participant à cette exposition ont pris comme point de départ une oeuvre étrangement paisible d'André Sivade - réalisée à l'été 1914 - alors que le monde était au bord de la guerre. Un siècle plus tard, ces artistes résolument postmodernes, expriment à leur tour cette inquiétude existentielle.

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