• Les procès de sorcellerie en Alsace aux XVIe et XVIIe siècles. Dans la lignée du livre précédent sur la Lorraine par le même auteur (A mort la sorcière !) et des succès dans la même série à La Nuée Bleue (Décapole, Guerre des Paysans, L'Alsace au Moyen Âge.).
    Avec la liste des 1600 sorcières brûlées en Alsace (âge et commune d'origine).

  • "Un document passionnant sur l'une des plus grande traque meurtrière de l'histoire en Lorraine."

    A partir de le fin du XVIe siècle et jusqu'au milieu du XVIIIe - dans cette période que l'on a appelé la Renaissance - des milliers de pauvres gens de Lorraine sont brûlés, alors que des dizaines de milliers le sont également dans toute l'Europe pour crime de sorcellerie. Pourquoi cette folie et cette éradication ? Les sorciers et les sorcières sont-ils si nombreux en ce temps-là et si dangereux qu'il faut s'en débarrasser comme la pire vermine ? Les sabbats auxquels ils participent sont-ils vraiment le rendez-vous nocturne et clandestin des messes sataniques, le pandémonium des orgies érotiques ? Le Diable, jusqu'alors simplement brocardé, devient avec le début des Temps modernes, l'ennemi public qu'il faut mettre hors d'état de nuire. Mais comme on ne peut l'atteindre directement, on s'en prend à ses suppôts de la Terre qu'on torture avec soin avant de les faire disparaître dans les flammes des bûchers, qui préfigurent de la sorte les tourments de l'Enfer. Cette période et les exactions qui la caractérisent ont connu de nombreuses dérives. Les accusations de sorcellerie n'ont-elles pas servi de prétexte à éliminer des personnes gênantes, à régler des contentieux privés... comme le laissent penser parfois les archives consultées ? Pourquoi la traque des sorcières et des sorciers en Lorraine fut-elle aussi impitoyable, et notamment pour les femmes ? Autant de questions que l'auteur examine à la lumière d'une longue fréquentation des archives et des témoignages qui furent recueillis au cours de cette période de terreur et de mystère. L'ouvrage se conclut par la publication d'un document exceptionnel : la liste des victimes lorraines - plus de deux milles - éliminées au cours de cette période au prétexte de sorcellerie (lieu de résidence et d'exécution, métier, nature de leur condamnation et date de l'exécution).

    Historien vivant à Remiremont (Vosges), Jacques Roerhig mène depuis de nombreuses années des recherches sur la sorcellerie et la chasse aux sorcières dans l'Est de la France. Il a publié des articles sur le sujet ainsi que des nouvelles et de la poésie.

  • Les manuels d'histoire n'en font que peu de cas, mais à la fin du Moyen Âge, des bûchers sont dressés dans toute l'Europe chrétienne et consument des milliers de femmes condamnées pour sorcellerie. En suivant le fil de ses recherches historiques, Jacques Roehrig met au jour un épisode sombre de notre histoire, dont il se fait l'écho retentissant, et qui résonne jusqu'à nos jours par sa saisissante et effroyable actualité. Après avoir analysé le contexte qui a vu naître ces grands procès de sorcellerie des XVIe et XVIIe siècles, l'auteur se consacre au territoire correspondant aux actuelles régions emblématiques d'Alsace, de Lorraine et de Franche-Comté, pour y mener son enquête. Dans cette période trouble marquée par les crises économiques et les guerres, les autorités tant laïques que spirituelles stigmatisent, sous le règne de la peur, un pan marginalisé de la société sous prétexte qu'il pactise avec le Diable, responsable de tous les malheurs d'ici-bas. Est ainsi créé le crime mixte de sorcellerie qui permettra aux institutions judiciaires d'aggraver une simple querelle de voisinage en acte de sorcellerie dont l'enjeu devient la condamnation à mort. En dévoilant le déroulement de ces procès, et en allant jusqu'à rapporter le récit détaillé de trois d'entre eux, Jacques Roehrig nous permet de découvrir les rouages et les ravages du système inquisitoire pour mieux comprendre ce que l'on appellera, des siècles plus tard, « la chasse aux sorcières ». En fin d'ouvrage et au-delà de son rôle d'historien, Jacques Roehrig prend position pour que soit honorée la mémoire de ces femmes persécutées. Obéissant au désir de leur redonner corps, il dresse ainsi, sur la base des archives consultées, un « Mémorial des sorcières », riche de plus de 5 000 noms, qui intéressera les chercheurs, les généalogistes comme tous les autres curieux.

  • La morévie

    Jacques Roehrig

    Sous le pseudonyme de Florent Lelou, il avait publié quelques poèmes et nouvelles, car mon ami s'adonnait à l'écriture et ne manquait pas de me présenter le fruit de son inspiration.
    Mais c'est à ses récits que mon imagination s'exaltait. Combien de fois l'ai-je prié de me conter de nouveau Le Feu, Mazelure ou bien Le Chemin perdu, ou quelque autre récit. Curieusement, ces histoires qui m'enfiévraient jusqu'à troubler mes nuits, il ne les a jamais écrites ; du moins, il ne m'en a jamais montré les manuscrits.
    Dans chacune d'elles, on décelait sans peine le trait commun qui marquait les protagonistes : apparente ou discrète, la Mort était leur fidèle compagne. M'étonnant de cet aspect morbide, je ne pus m'empêcher de le questionner pour en connaître la raison. « Non, Jacques, me répondit-il, ce n'est pas la simple mort que j'évoque ; c'est une chose bien plus subtile ! C'est l'infini de ces instants indéfinis où la Mort et la Vie se fondent en un baiser plus voluptueux que celui des amants. Cet euphorisant aux lèvres d'ombre et de feu nous fait découvrir un monde qui n'est plus celui des vivants, et pas encore celui des morts ; ce monde, c'est... c'est la Morévie. » En 1968, un soir de mai, mon ami partit de chez lui et plus jamais je ne le revis.
    Florent, me pardonneras-tu de révéler au grand jour le monde de la Morévie où, vraisemblablement, tu es à cette heure présente.

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