• Le premier ouvrage de Jean Pataut « Le sacré à l'épreuve de la modernité » avait pour principal objet l'entropie - ou la dégradation - collective du sacré dans nos sociétés occidentales. Dans « Le chemin initiatique », partant de la dégradation du sacré, cette fois individuelle, l'auteur nous parle en fait de négentropie, c'est-à-dire de la reconstruction personnelle. Le premier livre visait l'éloignement collectif de la Source traditionnelle du sacré, alors que le second envisage ici les diverses voies qui conduisent au chemin individuel et personnel du retour à cette Source.

  • En cette fin de cycle où les valeurs et les structures les plus stables s'effondrent, la désacralisation n'a-t-elle pas désormais tout submergé ?
    Qu'est-ce encore que le sacré - Jusque dans l'Eglise ?
    Qui sait quel est désormais le domaine naturel du sacré, s'il en exite un qui lui soit propre - bien différent de celui réservé au psychologique, auquel on se réfère tant, puisque nos contemporains ont une certaine tendance à confondre systématiquement le spirituel avec le psychique ?
    Cet ouvrage, aux formulations denses et originales, souvent percutantes, apporte bien des éléments de réponses, en général ésotériques, sur ce sujet de nature pourtant si "sociologique". Il a le raremérite d'utiliser, tout à la fois et de façon fort synthétique, la Kabbale, l'alchimie, la symbolique, tout en se référant aux psychanalyses freudienne et jungienne par exemple, à René Guénon, ou, par des parallèles éclairants, aux traditions véridique, bouddhique, taoïste, hébraïque, chrétienne et islamique, et parfois aux données de l'Histoire la plus profane.
    "Le Sacré à l'épreuve de lamodernité" Question au centre des interrogations parmi les plus essentielles et les plus aiguës de notre temps, propose une clarification, voir une remise en cause fondamentale concernant la place et la nature de notre époque, appliquée à ses perspectives d'évolution, comme le rôle bien sûr irréductible du sacré dans l'Eglise.

  • Aloysius

    Fabrice Pataut

    La guerre d'Espagne finit sous les yeux du jeune Aloysius dans un port des Baléares où les franquistes ont organisé un massacre pour l'exemple, le jour de la chute de la République. Aloysius s'enfuit avec son chat, confident et alter ego. Un autre le remplace, qui prend son nom, sa famille, son avenir. C'est à Barcelone, au terme de sa vie, qu'Aloysius, le vrai, refermera la boucle un demi-siècle plus tard.

  • Nourri de l'accumulation d'expériences personnelles et collectives, le travail photographique de Marc Pataut (né à Paris en 1952) traite du rapport des individus à eux-mêmes et à la société, faisant apparaître à l'image des visages, des corps, des appartenances, des parcours de vie. S'élaborant chacun sur une longue durée et sur un territoire spécifique, les projets menés par l'artiste sont fondés sur la collaboration. Les formes d'expérimentation qu'il instaure avec les personnes qu'il associe à la conception de ses oeuvres varient selon le contexte dans lequel il intervient.
    Son processus de travail demeure ainsi en lien étroit avec un domaine d'activité, avec une situation sociale, avec l'histoire d'un lieu, avec une époque.
    Constituée d'une sélection d'une quinzaine d'essais photographiques réalisés entre 1981 et aujourd'hui, cette publication montre l'oeuvre documentaire de Marc Pataut dans la relation politique qu'elle développe au temps, à la société, à l'espace et au territoire.

  • Neuf patients des unités psychiatriques, trois soignants et un animateur de l'hôpital Albert Chenevier de Créteil, ainsi qu'une dizaine d'intervenants extérieurs - un écrivain, un danseur, des étudiants des Beaux-Arts de Paris et leur enseignant Marc Pataut -, ont mené une activité artistique collective, de septembre 2014 à juin 2015. Celle-ci a donné lieu à une chorégraphie et à une exposition présentée à l'été 2015 à Créteil, et à cet ouvrage, conçu entre 2016 et 2018.

    Ce livre vise à rendre compte, à travers un montage de documents mêlé à un récit, du mouvement de cette activité, de l'esprit d'expérimentation qui l'a conduite, de l'imaginaire et des formes auxquels elle a donné corps.

  • Ils sont deux : William et Patrick.
    Sans parents. Leurs familles, indifférentes, les ont confiés à Mme Evans. Ils vivent dans son pensionnat des années d'adolescence douces et incertaines entre pelouse érotique, confitures maison, expéditions punitives et rêves d'empires financiers. Puisque le passé de Patrick n'existe pas, celui de William prend ses aises : la tante Sherry, partie pour les Etats-Unis, son amie Margaret, le grand-père, sir Peregrine, reclus dans sa fabuleuse maison de Londres où s'élève un citronnier au parfum d'Orient...
    Adultes, les deux amis vont s'associer et feront de la Bourse une arme fratricide. Suspense et trahisons, ces pages ont le charme d'un roman anglais où les complets sur mesure cachent d'étranges zones obscures.

  • Objet de débats théoriques anciens, la notion même d'extraterritorialité est aujourd'hui en plein renouveau dans tous les domaines du droit international et européen, public comme privé. La notion même d'extraterritorialité évolue en effet parce que les notions même de territoire et de rattachement territorial ont beaucoup changé et parce que les domaines de l'intervention publique se sont largement diversifiés.
    D'une part, certains états ont aujourd'hui recours à des modes unilatéraux d'application de certaines de leurs lois nationales, associés à des critères de rattachement particulièrement libéraux. D'autre part, les droits fondamentaux et le dense tissu de conventions internationales ont progressivement développé des champs d'application propres, forçant à s'interroger à nouveau non seulement sur le champ d'application des normes mais encore sur l'étendue et les limites des pouvoirs des États en la matière. Enfin, le développement, notamment dans le domaine économique, d'autorités administratives à l'activité internationale soutenue, impose de repenser la question du champ d'application des lois et des autorités.
    Dès lors, alors que l'extraterritorialité paraissait dans certaines branches du droit comme un concept inutile et dépassé, il semble au contraire essentiel de croiser à nouveau les regards des différentes disciplines du droit international et européen sur le sujet.
    C'est à l'analyse de ces mutations que se sont attelés professeurs et doctorants du département de droit international et européen de l'Ecole doctorale de droit de la Sorbonne.

  • Los Angeles, août 2004.
    Dorothy Cunningham, veuve sans histoires, fait la une des journaux. On lui reproche la forme de sa propriété, qui reproduit exactement la carte des Etats-Unis. Faut-il y voir la marque d'un patriotisme insolent en pleine guerre d'Irak? Ou le signe plus profond d'une mélancolie américaine nourrie d'hédonisme et de nonchalance sous le soleil californien? Les décapitations d'otages se poursuivent au Moyen-Orient.
    L'Amérique envoie ses troupes et se replie à l'intérieur. Bush sera bientôt réélu. Un lien étrange et inespéré va unir Dorothy à ceux qui mènent l'enquête. Quand ressurgissent, peu à peu, tous les visages qui hantent ces sans famille ni patrie...Visage de Lewis, le fils de Dexter fauché sur la route à l'âge de treize ans. Visage d'Hannah, la grand-mère dont Rachel se remémore les traits si frêles, son dernier lien avec Tel-Aviv.
    Visage de la soeur perdue de Kurzinovski, confondu avec une Russie légendaire et fantasmatique. De deuil en deuil, c'est la volonté de repartir à zéro pour tout reconquérir qui triomphera ici, remettant à chacun sa part d'Amérique en héritage. Fabrice Pataut recueille les confessions de ses personnages et reconstitue leur mémoire intime avec le sang-froid d'un chirurgien nostalgique de l'american dream.

  • Humaine

    Marc Pataut

    Ce livre est issu d'une résidence, initiée par le Centre régional de la photographie Nord-Pas-de-Calais (CRP), à Douchy-les-Mines entre 2008 et 2011. Le texte de Pia Viewing, directrice du CRP, et l'entretien conduit par l'historien Philippe Roussin rendent compte de l'évolution du projet en fonction du territoire, du temps passé, des personnes impliquées. Ces interactions sont au coeur du travail de Marc Pataut. Ainsi, se trouve aussi décrite une démarche poursuivie depuis une trentaine d'années.
    Le livre met en rapport le projet de Douchy avec un travail réalisé, il y a dix ans, dans la ville proche de Sallaumines. L'enjeu est à la fois intellectuel, politique et esthétique : dans cette ancienne région industrielle touchée par la précarité, comment représenter aujourd'hui le « peuple » ? Dans son texte, l'anthropologue Véronique Nahoum-Grappe, qui a travaillé avec Marc Pataut à Douchy et à Sallaumines, s'interroge sur la manière de traduire une atmosphère, des manières d'être, sans recourir à des catégories sociologiques préétablies.
    Pour Marc Pataut, ces questions ont une acuité particulière. Ses projets s'élaborent souvent dans des lieux marginalisés socialement, avec ceux qui y vivent. Ils constituent autant d'engagements ; non parce qu'ils témoigneraient d'une situation, mais parce qu'ils en participent, sont modifiés par elle. En distinguant le travail de Marc Pataut de la « photographie sociale », l'historien d'art Jean-François Chevrier insiste sur sa valeur expérimentale, particulièrement sensible ici.
    Pour la première fois en effet, Marc Pataut s'est intéressé au genre du portrait en travaillant avec trois femmes de Douchy. Il s'est concentré sur leur visage en évacuant tout décor, jusqu'à réaliser des nus avec l'une d'entre elles. Le livre manifeste une relation, indissociablement artistique et humaine, entre le photographe et celles qu'il a photographiées.

  • Objet de rêverie poétique et de spéculation philosophique, symbole de grandeur politique, incarnation d'universalité puis de fragilité après sa destruction par le feu, la Bibliothèque d'Alexandrie, antique ou moderne, fascine.
    L'Unesco et la république arabe d'Egypte ont lancé en 1988 un concours pour la construction d'une bibliothèque dans la ville qui abrita la plus grande collection d'écrits du monde antique.
    Inaugurée en octobre 2002, la nouvelle Bibliothèque d'Alexandrie cumule les fonctions de bibliothèque publique, de centre d'archives, de musée et de centre de formation des bibliothécaires.
    Sont rassemblés ici les acteurs du projet architectural et culturel et des contributeurs concernés par ses aspects esthétiques, historiques, mythologiques et littéraires. Luciano Canfora propose l'hypothèse d'un Aristote fondateur de l'ancienne Bibliothèque.
    Christoph Kapeller observe en détail l'architecture du nouveau bâtiment. Fabrice Pataut dévoile ses aspects sensibles et sensuels et Gérald Grunberg les caractéristiques physiques et symboliques de la plus grande salle de lecture du monde. Gamal Ghitany nous ramène à la lecture à travers l'histoire récente de l'Egypte en matière de censure religieuse et politique. Alberto Manguel revient à Babel pour commenter les difficultés conjuguées du désir d'universalité et du devoir de mémoire.
    Jean-Yves Empereur suit les traces de l'ancienne Bibliothèque dans l'archéologie souterraine de la ville. Le dernier mot est laissé à Ismail Serageldin, le directeur de la nouvelle Bibliothèque d'Alexandrie, autrement dit aux promesses et à l'avenir.

  • Un employé sans histoire se métamorphose chaque soir en caissière de cinéma ; jusqu'au jour où un collègue de bureau le reconnaît.
    Un homme se fait greffer les mains d'un chef d'orchestre qu'il jalouse pour son art.
    Un jeune garçon est attiré par une dame de compagnie qui ne se prive pas de lui révéler son désir pendant que la vieille qu'elle garde boit du sang de taureau.
    Une huître, en route pour Rungis, a pour ambition de finir dans la bouche d'une célébrité...

  • Le Rhin fait référence à l'Anneau des Nibelungen. Kipling la nuit rend hommage au cinéma muet américain. Mademoiselle Salinas brosse le portrait d'une lectrice.

  • Deux camarades de classe, naguère prostitués, se retrouvent comme dans un miroir, chacun mariés a une poupée Barbie appelée Kyle, au City Hall du comté de Los Angeles qui distribue les unions par tranche de 1. Deux latinos aux mères usées par les ménages, qui sont de la "jeune chair" à vendre et se souviennent du "pays natal", la chambre d'enfant où ils ont grandi et de leur côté "ombre". Avant de sombrer dans la prostitution, ils ont été initiés par Dolores Salinas, une cliente pas comme les autres, descendue un beau jour dans un hôtel de Santa Monica, et qui lisait, relisait et déclamait dans la pénombre de sa chambre Lorca, Gongora and son.
    Hélas, la misère veille et le motel de Ben, leur souteneur et ancien camarade de classe, va bientôt les dévorer. Du moins jusqu'à son meurtre. Puis c'est la fuite au Mexique hors la loi, hanté par un précédent Voyage Sur les traces d'Artaud en pays Tarahumaras aux côtés d'un prêtre tout droit sorti de Don Quichotte, une fuite après meurtre, transformée en sarabande improbable par la grâce de la "Muchacha", une prostituée mexicaine qui ouvre toutes les portes et semble parler la langue des Oiseaux au point de les attirer à l'intérieur.
    Cette ambiance Mulholland drive, on l'a dans la peau comme le rythme subtil de l'envoûtement qui a frappé nos deux compères. On en suit avec émerveillement le leitmotiv sulfureux et magique : ce secret des chambres fermées qui semble communiquer avec le secret des mots enfermés au fond des livres.

  • Dix-sept nouvelles, donc, proches et même parentes de celles de Trouvé dans une poche (2005) et de Le Cas Perenfeld (2014). Bien que « Trois fenêtres » n'en soit pas une à proprement parler, j'ai choisi de l'inclure dans ce recueil parce qu'elle contient les autres en germe et que cet état latent leur donne rétrospectivement une couleur différente, en quelque sorte par diffraction, comme si à son contact et même seulement à son voisinage, les seize nouvelles en bonne et due forme s'en trouvaient déviées et conduites obliquement vers un destin qui dévoile, mais seulement à distance, leur fidélité aux trois fenêtres. « Trois fenêtres », nouvelle par abus de langage, les apaise et les dirige en même temps qu'elle leur fait don d'une sincérité amusée.
    Les dates de publication et l'ordre chronologique de leur composition sont, comme il se doit, fantaisistes. Le hasard, l'incurie, la paresse et les aléas de l'édition ont fait que les plus anciennes ont souvent été publiées en dernier. On pourrait peut-être dégager des lois de l'enchaînement, mais peu importe. Ce qui compte est qu'il y a des affinités, des concordances, des incestes. Les contempteurs de toutes sortes voyagent de l'une à l'autre. S'ils changent ainsi de domicile avec tant de facilité, souvent sans y prêter attention, c'est que ces nouvelles ne sont pas si différentes les unes des autres et que la stupeur immatérielle à les voir s'interpeller et se répondre avec autant d'aisance est factice. Quelque chose nous cache le fait que les histoires qu'elle racontent ont une vie parallèle et secrète. C'est pourtant la même chose que nous retrouvons à chaque fois, la même jalousie, la même erreur, le même regret, le même amour déformés par les changement de temps, de lieu et de décor. Car l'erreur et l'amour sont uniques, de même la jalousie et tout le reste avec. L'oeuvre utile et néfaste de l'oubli donne une explication à nos déconvenues, met de l'intelligence dans la douleur pour qu'elle disparaisse, démultiplie ce qui est le seul de son espèce.
    Le rôle de ces textes est de remonter à contre-courant, de contrarier le travail de l'intellect et de réveiller ce que la réflexion, en infirmière bienveillante, avait tenté de diminuer. D'où les efforts ininterrompus du narrateur de « Coups de feu et pommes de terre » pour rester fidèle à cette contradiction : la survivance de la tendresse sans faille face à son effacement mécanique et répétitif.

  • Catalogue de l'exposition Satellite, l'observation provoquée au Laboratoire artistique international du Tarn à Albi, fruit d'un séminaire-atelier conduit par Gérard Azoulay, responsable de l'Observatoire de l'espace (Centre national d'études saptiales, Paris) et Marc Pataut, artiste et enseignant aux Beaux-Arts de Paris. Sept artistes ayant participé au séminaire présentent les oeuvres qui leur ont été inspirées par la diversité des activités qu'engendre le projet spatial et à laquelle ils ont été confrontés.

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