• Écrire l'histoire de la consommation en France, c'est raconter l'histoire de tous les Français : celle de nos grands ancêtres, de nos parents, de chacun d'entre nous. C'est aussi raconter l'histoire de la révolution matérielle qui s'est opérée sous l'influence des innovations techniques et commerciales, des avancées sociales, de nouvelles moeurs, etc. Ce sont toutes ces transformations depuis le milieu du XIXe siècle que ce livre retrace en articulant production et consommation, conditionnements sociaux et libre-arbitre du consommateur, culture matérielle et représentations symboliques. L'historien Jean-Claude Daumas décrit les usages de la société française - dites-moi quel canapé vous avez choisi et je vous dirai qui vous êtes -, montre comment les consommateurs s'approprient les objets - de la lessiveuse au smartphone en passant par la bicyclette, le presse-purée et le blue jean -, dans une savante dialectique où le hasard n'a pas de place.
    Cette histoire de la consommation se lit aussi comme celle de la conquête progressive du bien-être, avec ses victoires - le triomphe de la consommation de masse pendant les Trente Glorieuses - et ses défaites - la hausse des niveaux de vie n'a jamais aboli les inégalités sociales -, sans oublier ses nouveaux mandarins, qui prônent la rupture et la décroissance au nom de la protection de la planète...

  • Depuis la fin du XVIIIe siècle, il y a toujours eu des commerçants pour expérimenter de nouvelles manières de répondre à la demande des consommateurs. C'est cette histoire que cet ouvrage retrace pour la France, du magasin de nouveautés jusqu'au e-commerce en passant par le grand magasin et l'hypermarché. L'analyse s'intéresse autant aux innovations de détail qu'aux révolutions commerciales en démêlant les interactions entre les transformations du commerce et les évolutions de la consommation. Cette approche met en perspective la crise actuelle de la distribution qui se concentre dans les difficultés de l'hypermarché et s'interroge sur la capacité des distributeurs à le réinventer.

  • Longtemps ignoré ou méprisé, le patrimoine industriel fait aujourd'hui l'objet d'une reconnaissance institutionnelle : les vieilles usines sont réhabilitées, les puits de mine inscrits dans les circuits touristiques et les objets de l'industrie muséifiés.
    Après avoir beaucoup détruit, on rêve désormais de tout conserver car les vestiges de l'industrie sont perçus comme constitutifs d'identités professionnelles ou locales dignes d'être valorisées. Si les sciences sociales ne peuvent ignorer ce désir de patrimonialisation qui vient d'en bas, elles ne doivent pas cependant se laisser submerger par ces mémoires singulières. Aussi, dans une visée critique qui associe chercheurs et professionnels du patrimoine et fait voyager le lecteur de la Lorraine sidérurgique au Nord minier et de Turin à Billancourt, ce livre s'interroge sur le processus qui transforme l'usine en patrimoine, la seconde vie que lui donnent les nouvelles fonctions qui l'investissent et les conditions d'une histoire qui fasse toute sa place aux traces matérielles de l'industrie.

  • Quoi de commun entre Jean-Marie Messier, dit « Moi-Même Maître du Monde », fondateur d´un empire mondialisé de communication, et le directeur d´une fabrique de rubans de Saint-Étienne dans les années 1880 ? entre le dirigeant d´une société d´exportation basée en Indochine et Anne Lauvergeon ? entre la famille Rothschild et Jean Panzani ? Si leurs parcours et leurs vies n´ont rien en commun, ou presque, tous sont des patrons.
    Première somme consacrée à l´histoire du patronat français au XXe siècle, ce Dictionnaire en offre un tableau inédit. 300 biographies, individuelles ou collectives, mettent en évidence la variété des profils et des trajectoires ; 120 entrées thématiques explorent le monde des patrons, les saisissant dans leur vie privée comme dans leur vie professionnelle, retraçant leurs idées et leurs engagements, ainsi que leur constitution en force collective par le biais des organisations patronales, des années 1880 à nos jours.
    Réunissant les contributions de 168 historiens, sociologues, politistes et gestionnaires qui comptent parmi les plus grands spécialistes de la question, ce Dictionnaire passionnera quiconque s´intéresse à l´histoire économique de la France, mais aussi tous ceux qui, ayant mille fois croisé leurs patronymes dans les journaux, sur un panneau publicitaire ou au détour d´une allée de supermarché, sont curieux d´apprendre ce qui se cache derrière les noms de Bonduelle, de Citroën ou de Lacoste.

  • L'histoire économique ne jouit plus aujourd'hui en France du prestige qui était le sien du temps de Braudel et de Labrousse, mais loin d'être le refuge d'une poignée de nostalgiques, elle ne cesse de se renouveler. Fruit d'une initiative du CNRS, ce livre s'interroge sur sa situation actuelle et ses perspectives de développement: poids des héritages, crise des paradigmes, rapports avec les autres secteurs de l'histoire et les disciplines voisines, chantiers en cours et thématiques émergentes y sont étudiés par les meilleurs spécialistes. De surcroît, sortant de l'hexagone, il donne à découvrir des travaux qui, au niveau international, sont en train de renouveler l'histoire économique et représentent autant de défis pour les historiens français.Faisant justice des stéréotypes réducteurs, il montre enfin que l'histoire économique aide à penser la complexité et, en éclairant le présent par le passé, contribue à rendre intelligibles les problèmes de notre temps - des crises financières à la montée de la Chine en passant par la fin des campagnes ou l'accroissement des inégalités.

  • Trois grandes questions sont privilégiées dans cet ouvrage : l'impact des réquisitions de main-d'oeuvre du Service du travail obligatoire (STO) sur la structure du marché du travail, la vie des entreprises et les comportements des travailleurs ; les conséquences des exigences allemandes et de la politique de Vichy sur les conditions de travail et le niveau des salaires ; le rôle des formes nouvelles de représentation du personnel prévues par la Charte du travail, des syndicats à l'échelon des entreprises, et de l'idéologie corporatiste du travail.

  • L'ouvrage remet en cause les stéréotypes des historiens américains, notamment de l'historien qui signe la postface du livre, sur le conservatisme et l'inefficacité du capitalisme familial alors qu'il s'agissait de reconstruire la France après la seconde guerre mondiale et de rattraper les États-Unis. En retraçant des trajectoires entrepreneuriales (Béghin, Hersent, Bessonneau, etc.), les auteurs montrent que les firmes familiales doivent leur succès à une étonnante capacité d'innovation et à la force d'une gestion qui s'inscrit dans la durée.

  • Une commune culture technique est à l'origine, de part et d'autre de la frontière franco-suisse, d'activités industrielles aussi diverses que l'horlogerie, l'automobile, la mécanique, la lunetterie ou les microtechniques. Les historiens, géographes, économistes et praticiens qui ont collaboré au livre ont accepté le jeu de la confrontation interdisciplinaire pour s'interroger sur le rôle des élites économiques et de l'Etat dans l'industrialisation, les formes prises par les relations interentreprises, la place d'une grande firme leader au sein d'un réseau régional de PME, les mécanismes de l'innovation, et le rôle des institutions dans la cristallisation et le fonctionnement des territoires productifs. Cette exploration du passé, proche ou lointain, des systèmes productifs de l'Arc jurassien éclaire le présent d'une région où, sous les coups de la mondialisation, l'industrie connaît de grands bouleversements.

  • Ce livre analyse les structures, le fonctionnement et les trajectoires de nombreux districts industriels européens dans le temps long de l'industrialisation et s'interroge sur la nature du phénomène : alternative structurelle à la grande entreprise, solution à la crise du fordisme ou court épisode dans l'histoire du capitalisme. Il éclaire aussi son avenir, alors que les districts sont confrontés à une mondialisation qui menace de desserrer les liens des entreprises avec leur territoire

  • En un siècle, Roubaix et Tourcoing se sont transformées de petits bourgs ruraux animés par le battement des métiers à bras en un gigantesque complexe industriel.
    Comment expliquer que le " Manchester français ", alors même que rien ne l'y prédisposait, ait réussi à dominer toute la branche, quand les autres centres lainiers, souvent plus anciens et plus prestigieux, étaient impuissants à enrayer leur déclassement ? Poser cette question cruciale, c'est renoncer à faire une histoire de l'industrie lainière " par en haut " pour étudier les trajectoires des territoires qui la composent et forment autant de mondes industriels originaux.
    Les performances de Roubaix ne s'expliquent pas seulement par la qualité de ses tissus, la puissance de ses entreprises et l'abondance de sa main-d'oeuvre mais aussi par l'ambition dynastique, la forte solidarité et le projet industrialiste de son patronat qui a vraisemblablement constitué son avantage comparatif le plus important.

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