Gallimard

  • Mais qui est cet immigré clandestin dont on n'arrive pas à déceler ni l'origine ni la langue ? Qui se cache derrière son silence ? Quelle est l'histoire qu'il ne veut pas (ou ne peut pas) raconter ?
    En deux cents pages inoubliables, Jesús Díaz met en scène l'incroyable destin de Manuel, le plus brillant des chercheurs cubains de l'Institut International de Basses Températures d'Ukraine, et le seul qui refusa de rentrer à Cuba en 1991, au moment de l'effondrement de l'Union Soviétique. Pendant les douze mois vertigineux qui commencent avec le coup d'État contre Michael Gorbatchev et conduisent à l'interdiction du Parti Communiste, il essaie d'échapper à la police de Castro en changeant de pays, de langue et d'identité, mais en restant toujours fidèle à ses rêves. C'est ainsi que son odyssée devient la métaphore d'un monde à la dérive où tout soudain peut arriver : « L'Histoire est une erreur ! », lui confie sa maîtresse, Ayinray, la communiste chilienne qui l'accueille dans son appartement moscovite ; « La liberté est proche ! », lui annonce d'un air triomphal son ami Sacha, le nationaliste ukrainien ; « Je ne vois rien de bon dans l'avenir, Manuel, rien », lui dit son directeur de recherches, le vieux et sage Derkatchev. Et il ajoute aussitôt : « Il m'arrive de me demander si l'histoire de l'humanité a un sens ».
    En réalité, elle n'en a ni plus ni moins que la vie d'un homme. Après maintes aventures et mésaventures plus rocambolesques les unes que les autres, le destin du jeune prodige devient celui d'un sans-papiers dans l'Europe de la fin du XXe siècle. Mais une surprise attend encore le lecteur dans les dernières pages et elle est de taille : ce roman d'apprentissage, cette histoire à multiples rebondissements, est aussi un chant d'espoir et un appel à la solidarité entre les hommes, peut-être le plus beau témoignage sur notre époque que nous ait laissé Jesús Díaz.

  • En 1877, la ville de mequinensa, sur les rives de l'ebre, fut le théâtre d'un fait divers retentissant : l'assassinat d'un percepteur royal et de son escorte, puis l'arrestation et la rapide exécution des présumés coupables au terme d'un procès bâclé.
    A mi-chemin entre l'enquête policière et la recherche historique, frémissante mémoire est une passionnante reconstitution du crime qui met subtilement en lumière une autre vérité. on découvre, en effet, que les quatre suspects passés par les armes ont été les victimes d'une espagne où les forces de la modernité sont battues en brèche après la chute de la première république et la restauration de la monarchie.
    A ce moment de l'histoire, qui sonne l'heure du réveil du nationalisme catalan, le petit port de l'ebre devient le centre d'une intrigue où se nouent et se dénouent les destinées des accusés, les ambitions des notables, la peur des villageois et l'intransigeance des autorités. la remarquable structure de ce roman, la beauté de l'écriture et la manière dont les faits dramatiques sont progressivement révélés contribuent à une réussite littéraire qui place jesus moncada parmi les figures les plus importantes du nouveau roman catalan.

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