Le Manuscrit

  • L'étude des rapports entre traduction et culture littéraire et théâtrale constitue un objet pertinent pour une histoire des traductions qui prenne en compte aussi bien l'histoire des mentalités que la nature des stratégies et des procédés mis à l'oeuvre. Quels textes furent traduits et par quels traducteurs ? Quels effets ont-ils produit sur les systèmes littéraires et culturels portugais et espagnols ? Quels rapports de force s'instaurent entre des mouvements d'affirmation de la culture nationale et des vagues d'imitation de la culture littéraire et théâtrale françaises ? Les études qui intègrent ce volume contribuent à une meilleure connaissance des rapports qui se sont entretenus entre la France et la Péninsule ibérique, par la traduction, entre le XVIIIe et le XXIe siècles.

  • Les contributions réunies dans ce volume explorent la question du toucher au croisement de la littérature, des arts et de la médecine, l'interrogeant d'un point de vue historique, symbolique et social, dans ses dimensions physique (le kinesthésique) et communicable à autrui (le kinésique). Si l'haptologie a de tous temps interpellé les formes et les pratiques, il s'avère intéressant de voir de quelles manières elle répond à une démarche pluridisciplinaire et prospective, à une époque où les notions de rapport, de contact, de sensation et d'expérience se redéfinissent sans cesse. Précieux dans la compréhension d'un faire artistique qui confère au geste et au corps un rôle primordial, le toucher est également associé à la maîtrise d'une technique médicale, clinique et relationnelle, qu'il convient de mettre en perspective.
    Avec les contributions de Maria Cabral, Guillemette Bolens, Jean-Pierre Bertrand, José Domingues de Almeida, Arlette Bouloumié, Alain Schaffner, Amélie Sarniguet, Julia Pröll, Claire Charrier, Marco Menin, Martine Dumont, Marie Schiele, Bilge Ertugul, Anne-Marie Picard, Isabelle Galichon, Gérard Danou, Élise Ricadat et François Villa, Chloé Tisserand et Jacques Rodriguez, Marie-France Mamzer, Nejma Batikhy et Francine Barouch.

  • Lire est arpenter, et remémorer, explorer des endroits, des espaces, que l'on visite et revisite, avec l'émerveillement qui convient, des loci memoriae.
    Le présent volume invite le lecteur à se promener sur les pas de, entre autres, Baudelaire, Claudel, Modiano, Claude Simon, Sylvie Germain, Michel Houellebecq, Monique Proulx, Jan-François Daucen, Selim Nassib. Urbi et orbi. La ville est un univers.

  • Admiré par Baudelaire et Mallarmé, Théophile Gautier n'est plus vu aujourd'hui comme le « génie limité » décrit par Lanson au  début du XXe siècle. L'effervescence des études critiques de ces  dernières décennies a bien rendu justice à l'oeuvre d'un écrivain à la fois reconnu et marginalisé par ses contemporains. Cet essor des études gautiériennes et la présence de son oeuvre et de sa  pensée au  Portugal, soit par la circulation de ses oeuvres en version originale ou en traduction, soit par la prégnance de son imaginaire sur les artistes lusophones, justifie pleinement que l'on s'y attache et que l'on accorde à cet écrivain une place au sein de la collection Exotopies. À l'occasion du centenaire de la naissance de l'auteur de Mademoiselle de Maupin, les études réunies dans ce volume s'intéressent au sujet majeur des rapports de Gautier avec l'art, certains concepts gautiériens comme celui de « l'autonomie de l'art  » étant révélateurs d'une nouvelle esthétique ancrée sur l'unité et l'historicité du Génie. Placé sous l'égide de sa diversité créative - poésie, récit, théâtre, danse, peinture -, c'est surtout la verve et l'esprit résolument poétique de Théophile Gautier comme critique d'art, critique littéraire et critique dramatique qui sont mis en avant dans ce volume. Une  étude des   sources picturales de ses oeuvres tout comme de son esthétique ainsi qu'une approche de ses écrits critiques pourront éclairer d'un jour nouveau les contours de la vision du monde de l'écrivain et de ce qu'il appela lui-même la « transposition de l'art ».

  • "Les liens entre littérature et pathologies sont extrêmement riches. La maladie est un carrefour polyphonique signifiant, qu'une lecture biomédicale ne saurait circonscrire. Elle est une épreuve singulière mettant en jeu le vivre dans sa double dimension physique et psychique. Elle s'inscrit également dans un rapport aux autres et aux problématiques du tissu socio-culturel du moment. On comprend alors que les maux qui ont accompagné le fil de l'histoire représentent un terrain de prédilection pour la littérature. Les textes publiés parcourent certains axes importants des rapports entre médecine et littérature et ce que leurs multiples rencontres nous disent sur l'homme et le monde."

  • Se sentir étranger (à soi-même ou aux autres) ou être perçu comme tel relève d'un jeu de perception et de regards multiples que l'art et la littérature ont souvent étudiés : toute une partie de l'histoire littéraire prend assise sur la notion d'étranger, parfois ambiguë. Les contributions regroupées ici étudient les diverses formes que prend la dimension étrangère et son impact sur le champ culturel français et francophone, dans lequel la figure de l'écrivain-artiste, en tant que médiateur, assure le passage entre une culture étrangère et la culture nationale. Il s'agit alors d'acclimater l'étranger et le rendre nouveau. L'ouvrage jette un nouveau regard sur le processus de déconstruction des anciennes binarités ici/ailleurs, étranger/national, centre/périphérie, où s'affirment des composantes comme l'hybridité, la polyphonie et la diaspora.

empty