Lettres Vives

  • L'Auteur retourne sur son passé pour y chercher la source même de son écriture. La mort croisée dans l'enfance, celle du père, est demeurée chez l'Auteur plus qu'une lampe, la fondation même de l'aventure des mots, de la vie tout court : "En partant, mon père, sans le savoir, m'a transmis toute sa force, son génie d'homme invisible. J'ai toujours considéré que loin d'être banale, la vie ordinaire était la plus haute vie, que nous n'en aurions pas d'autre.
    Qu'il fallait faire avec, et parfois s'élever contre." Même la nuit la plus sombre ne parviendra pas à éteindre cette lampe que l'Auteur promène depuis ses premiers livres, et qui est la poésie même. Ecrits comme un peintre ferait des petits tableaux, ces fragments surgissent comme des instantanés, donnant toute sa place à l'inattendu.

  • Tout au long de ces années, les livres de Joël Vernet se sont écrits au-dehors, non loin de sa maison ou bien, tout au contraire, dans les pays de l'étranger. C'est en franchissant les seuils que les mots ont pu se lever en lui, accomplissant ainsi de lents détours. Une leçon de patience. Toute une vie pour la patience. Pour la traversée et l'échappée. Toute une vie à tenter de vivre au sommet, c'est-à-dire au plus près des choses, des visages et des éclairs de la lumière partout au coeur de l'humain.
    « Je suis allé, le plus souvent seul, à l'écart sur les sentes, les lisières, à la périphérie des villes. J'ai marché vers la steppe, au-delà des frontières, car le silence l'exigeait. Puis j'ai levé les yeux, j'ai contemplé et entendu [...] ».

  • Joël Vernet fait dans ces Petites heures le récit de son enfance et de son adolescence dans les années 60, dans la solitude d'une ferme isolée et d'une maison de village, un royaume où la pensée et l'imaginaire de l'auteur se sont élaborés avec ferveur. La mort du père annoncée sur le banc d'école fut une blessure qui l'ouvrira étrangement à la littérature. Cette enfance pauvre au coeur d'une nature initiatique s'est ainsi construite à travers ces petites épopées de la vie ordinaire qui feront plus tard le terreau même de sa sensibilité et de son écriture. Le récit de son enfance nous initie à son tour à la très haute poésie du ciel et de la terre.

  • « J'écris un petit livre qui n'est qu'une chanson, j'écris pour celle qui n'écrira jamais. Je reprends son enfance par la main et, pour la première fois, nous savons aller ensemble sur les chemins, cheminant côte à côte, devisant sous les nuages passagers. » Celle qui n'a pas les mots est sans doute le récit le plus autobiographique de Joël Vernet qui retourne sur les chemins de son enfance à travers le visage et la vie de sa propre mère, murée dans le silence d'une fin de vie douloureuse. Un parcours qui éclaire la vie et l'écriture de l'Auteur, sa vision du monde et son rapport à l'écriture. Texte poignant et magnifique par la justesse et la grandeur de sa modestie.

  • La journee vide

    Joël Vernet

    A l'instar de chacun, nous habitons la journée vide.
    Elle est le centre de notre vie, son pivot sur lequel tournent et tournent les jours. Ce n'est pas un état de mélancolie, un état où le ressentiment aurait tout submergé mais plutôt un état de ferveur, de vie incandescente.
    J. V.

  • La nuit errante

    Joël Vernet

    Au fond, je pars avec ma besace à la manière d'un vagabond, d'un colporteur et je ramasse tout ce que l'on jette, transformant ces rebuts en trésors.

  • L'abandon lumineux

    Joël Vernet

    Dans ce petit village de montagne où il a trouvé refuge et déposé ses errances le temps d'une saison, l'auteur retourne à sa solitude sur le chemin d'une vie tout entière tournée depuis l'enfance vers le dépouillement, la recherche de la perte, la pauvreté. En reconstituant le puzzle de sa vie, il retrace ce chemin initiatique où solitude, douleur mais aussi éblouissement et intensité accompagnent cette quête de la vérité de la vie, de la joie pure, du feu de l'absolu.

  • La lumiere effondree

    Joël Vernet

    Avec ce recueil de trois textes qui font référence à 30 ans de voyages et d'écriture, l'auteur referme une sorte de boucle, comme si sa vie, dit-il, pouvait s'arrêter là, sa vie d'écriture. Lettre à Marine évoque plusieurs voyages en Algérie. Le bruit des jours, tout ce que les enfants lui ont offert dans la ville. Un seul visage sur la terre, une sorte de lumière qui lui a été donnée et enlevée (référence à un voyage en pays dogon).

  • Lettre de Gao est le premier livre de Joël Vernet publié aux éditions Lettres Vives en 1988, et épuisé depuis maintenant plus de 12 ans. À sa relecture, à sa redécouverte, l'auteur écrit aujourd'hui : Ce livre, ramené des voyages, en particulier de plusieurs séjours dans le nord du Mali, de diverses oasis du Sahara, je l'ai écrit absurdement comme une fin, une sorte de totalité éblouissante : il contient la vie en feu, la vie brûlée, incandescente. Il est un hommage à l'enfant, aux enfants qui m'ont donné beaucoup, c'est-à-dire l'indicible, une dette à l'écrivain-frère François Augiéras dont la trajectoire a souvent éclairé ma route. Je l'ignorais alors. Mais ce livre, loin d'être une fin, à mon insu, créait la possibilité d'une aventure, dessinait l'ouverture d'autres pages. Aujourd'hui, puisqu'il est réédité, je constate que les phrases n'ont pas subi l'assaut des rides et cela me le fait considérer comme une sorte de miracle, une main tendue qui m'a sauvé dans la très belle lumière de Lettres Vives, de l'amitié impérissable.

  • A partir du plus minuscule, du plus intime, mettons une fourmi qui rôderait dans notre coeur, s'élèverait l'espérance du plus vaste : un périple aux quatre coins de la terre, sur le dos de la fourmi.
    Mais les nuages balaient si vite l'ombre de notre vie passagère. Qui n'est ni sombre ni lumineuse. Qui devient ce que l'on en fait : une flèche dans le néant, une source dans le désert, quelques bribes, pêle-mêle, que l'on recueille, que l'on accueille. J. V.

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