• Keats est un météore du romantisme anglais finissant : mort à vingt-six ans, il est hanté, comme son oeuvre par la conscience de la brièveté de l'existence et par une mélancolie partout présente : «J'ai été presque amoureux de la mort apaisante, je lui ai donné de doux noms en plus d'un vers pensif pour qu'elle enlevât dans l'air mon souffle calme. Maintenant plus que jamais il semble délicieux de mourir...» Même si le poème n'est qu'un mirage, c'est la plus haute révolte que nous puissions souhaiter contre notre condition humaine, et c'est à l'art qu'incombe de maintenir ouverte la contradiction entre la présence de la vie dans l'instant et l'impossibilité d'arrêter ces instants - la poésie restant l'unique réponse à ce dilemme.

  • Si Keats demeure nimbé de son inaltérable aura de poète romantique, c'est qu'il a su, de son destin malheureux, nourrir un art à l'exceptionnelle beauté. Il a donné à sa prescience de la mort, aussi bien qu'à la tendresse et au bonheur d'aimer comme au renoncement sublimé, non seulement des chants parmi les plus parfaits de la poésie, mais des résonances que l'on peut entendre encore chez Rilke... Une immense richesse symbolique transparaît sous la lumière, nocturne ou solaire, de ce poète aux accents intemporels.

  • " Mon Enfant Chérie, J'ai entrepris, en ce moment, de mettre quelques vers au net. Mais je n'arrive à rien qui me satisfasse. Il faut que je vous écrive une ou deux lignes pour voir si j'arriverai ainsi à chasser votre image de mon esprit, pour un temps, si court soit-il. Sur mon âme, je ne puis penser à rien d'autre. Les temps sont loin où j'avais la force de vous mettre en garde contre l'aube sans espoir de ma vie. Mon amour m'a rendu égoïste. Je ne peux pas vivre sans vous. Rien ne m'importe que de vous revoir - là se borne ma vie - je ne vois pas au delà - vous m'avez absorbé".

  • BRILLANTE ETOILE!

    Brillante étoile! que ne suis-je comme toi immuable - / Non seul dans la splendeur tout en haut de la nuit,/ Observant, paupières éternelles ouvertes,/ Comme de Nature le patient Ermite sans sommeil,/ Les eaux mouvantes dans leur tâche rituelle/ Purifier les rivages de l'homme sur la terre,/ Ou fixant le nouveau léger masque jeté/ De la neige sur les montagnes et les landes - / Non - mais toujours immuable, toujours inchangé,/ Reposant sur le beau sein mûri de mon amour,/ Sentir toujours son lent soulèvement,/ Toujours en éveil dans un trouble doux,/ Encore son souffle entendre, tendrement repris,/ Et vivre ainsi toujours, - ou défaillir dans la mort.

  • Lettres à Fanny

    John Keats

    • Rivages
    • 14 Avril 2010

    Longtemps hésitant entre la médecine et la poésie, John Keats n'avait guère eu qu'ironie et méfiance pour les choses du sentiment lorsqu'il s'éprit de Fanny Brawne, la fille de ses nouveaux voisins de Hampstead.
    De cette liaison difficile - ils seront fiancés mais jamais époux-, il nous reste trente-sept lettres, rédigées au cours des deux dernières années de la vie de l'écrivain, juste avant et pendant la maladie qui devait l'emporter en 1821 à l'âge de vingt-cinq ans. Dans ce qui fut pour Keats un temps d'assombrissement et d'amertume, l'amour devient à la fois révélation et désastre, nectar et poison ; le poète trouve dans sa passion la réalisation possible d'un idéal de beauté qui le hantait, mais aussi la source d'une vulnérabilité qui l'éloigne encore davantage d'un monde dont il ne se satisfait plus.
    C'est-à-dire que l'amour, chez Keats, est autant le double que la limite de la poésie, et c'est pourquoi l'on retrouve dans la trajectoire brisée de cette correspondance, l'une des plus célèbres de la langue anglaise, le goût et l'exigence de l'impossible qui habitèrent toute son oeuvre.

  • Les odes

    John Keats

    Alain Suied est mort le 24 juillet 2008. Il se savait condamné depuis plusieurs semaines et consacra ce temps à la méditation d'un poète qu'il aimait depuis toujours entre tous : John Keats.
    Depuis l'hémorragie de février 1820, Keats lui aussi avait vécu sa dernière année comme une « vie posthume ». Et Keats lui aussi souffrait que ses poèmes ne rencontrent pas un accueil plus chaleureux et fera graver sur sa tombe l'épitaphe suivante : « Here lies one whose name was writ on water » (Ci-gît un dont la gloire fut écrite sur l'eau). Terrible répétition des choses à deux siècles de distance En 1990 avait paru aux Éditions Obsidiane la traduction de La Vigile de la Sainte-Agnès de Keats par Alain Suied, puis, en 1994, dans les Cahiers d'Arfuyen sa traduction des Odes, suivies de La Belle Dame sans Merci. Alain Suied avait souhaité que l'ensemble soit repris en un seul volume avec de nouveaux textes de présentation. Il avait eu le temps de relire le volume et ne cessa de l'enrichir des aperçus neufs que sa relecture passionnée des textes de Keats suscitait en lui durant sa propre maladie. La présente édition intègre ces dernier éléments.
    Grâce à Alain Suied, nous pouvons lire Keats non plus comme « le grand poète anglais » mais comme notre contemporain : « En modernisant (à outrance ?) ma traduction, écrit Suied, je ne fais que suivre l'exemple et l'injonction du poète.? N'est-ce pas à travers ses choix si «subjectifs» (et tellement moqués à son époque !) qu'il a ouvert la voie à toute la Poésie moderne ? » C'est le privilège du grand traducteur de donner à relire les classiques autrement. C'est le cas d'Alain Suied avec Keats.
    Lisons les premières lignes de sa préface des Odes : « «Puérile», «maladive», «vulgaire», «abstraite», «répétitive», «licencieuse», «insensée» : on ne saurait citer tous les qualificatifs qui accueillirent, au XIX° siècle, en Angleterre, la publication des poèmes de Keats. Cette oeuvre vouée à la beauté et au malheur du vivant, à la quête d'une allégorisation vivace de la brièveté et de la disparition d'une existence, à l'éloge d'Homère et de Dante et à la remise en question des conceptions poétiques de ses contemporains et désormais tenue pour la plus influente dans l'univers si riche et si varié de la poésie moderne de langue anglaise, fut l'objet des sarcasmes et des insultes de nombre de ses contemporains. » Parlant de Keats, il est évident que Suied parle aussi de lui-même. Si pudique, n'est-ce pas sa propre analyse qu'il nous livre en poussant la lecture de Keats dans les zones de l'inconscient ? « Quelque chose, écrit Suied, se cache derrière ce rejet presque unanime. Et si Keats, mort à 26 ans, avait à la lettre incarné la pensée (ou l'impensé) romantique? (...) Avec les Odes et avec la Vigile, quelque chose d'autre a lieu. (...) Loin du ''mâle'' byronien, hanté par la femme-soeur, Keats abolit le féminin par cette brisure même : répondre à l'Archaïsme, à la figure maternelle intériorisée, non par la célébration romantique, mais par l'identification qui annulera, apaisera l'infinie différence. (...) Le féminin n'est pas le ''faible'', le ''yin'', l'abandon - mais la lutte avec l'Archaïque, le jeu cruel et vital avec le naturel. Le mouvement des Odes est le mouvement même du Romantisme : le retour à la Mère, le refus de l'ordre socio-politique, de la révolution industrielle mais amené jusqu'à ses ultimes limites, jusqu'à ses fins dernières. »

  • Hypérion

    John Keats

    • Dogana
    • 1 Janvier 1999

    Né le 31 octobre 1795, John Keats a 22 ans lorsqu'il publie Endymion, poème narratif en quatre livres, puissamment inspiré.
    Il n'en a pas 23 lorsqu'en septembre 1818, à Hampstead, il commence à écrire l'une de ses oeuvres les plus ambitieuses, Hypérion, au chevet de son frère cadet, Tom, que terrasse la tuberculose. Tom meurt le 1er décembre. Les deux premiers livres d'Hypérion sont alors probablement écrits ; ce qui vint au jour du troisième aurait été rédigé en avril 1819. Dix mois plus tard (février 1820), c'est l'hémoptysie, l'impossibilité de travailler, les déchirantes lettres à la fiancée, Fanny Brawne.
    Cette quasi-agonie, dans la pleine lucidité, se prolonge durant un an, plus douloureuse de se conjuguer avec l'exil lorsque vient l'inévitable prescription de l'Italie, antidote aux progrès de l'affection pulmonaire. Arrivé à Rome le 17 novembre 1820, John Keats y meurt le 23 février 1821, dans le petit logement de la place d'Espagne où il est assisté jusqu'à la fin par l'inlassable dévouement du peintre Severn, qui l'a accompagné en Italie.
    C'est durant la maladie de Keats, huit mois avant sa mort, qu'avait paru son recueil Lamia, Isabella, The Eye of St Agnes, and Other Poems, qui contenait des pièces appelées à la plus grande célébrité : les odes À un rossignol, Sur une urne grecque, À la mélancolie ainsi que notre poème Hypérion. Les poèmes, choisis sur manuscrit par les éditeurs, Taylor et Hussey, étaient précédés d'un avertissement dans lequel ceux-ci prenaient sur eux l'entière responsabilité de la publication d'Hypérion (" A Fragment "), malgré son état d'inachèvement et bien que l'auteur n'ait pas souhaité le voir figurer dans le livre.
    " Le poème devait être aussi long qu'Endymion ", affirmaient-ils, " mais l'accueil réservé à cet ouvrage découragea l'auteur de le mener à bien. " Sur son exemplaire personnel, Keats biffa cet avertissement, dont il n'était pas responsable, et nota que la dernière affirmation était un " mensonge " (Hypérion avait été entrepris après l'échec d'Endymion : donc en dépit des rebuffades essuyées lors de cette publication).
    Les raisons pour lesquelles Hypérion fut abandonné sont effectivement à chercher en de tout autres directions : dans sa correspondance le poète évoque un mouvement de révolte contre l'emprise exercée alors sur lui par le vers de Milton ; certains ont mis en avant le fait qu'Hypérion est un poème d'une inspiration particulière au sein de l'oeuvre de Keats, un moment qu'il ne voulut pas prolonger artificiellement.
    Toujours est-il que le poète s'efforça de traiter à nouveau, et d'une tout autre façon, le thème d'Hypérion : ce fut The Fall of Hyperion. A Dream (été 1819, jamais terminé) - poème qui n'occupe pas dans son oeuvre, tant s'en faut, une place aussi exceptionnelle que celle du premier Hypérion. Il faut dire enfin qu'il s'est trouvé un critique éminent, John Middleton Murry, pour voir dans le premier Hypérion un poème complet, auquel Keats aurait volontairement donné un aspect inachevé.
    Admiré par Byron, Hypérion sera le poème de Keats que Shelley préférait. Leigh Hunt rapporte, à ce propos : " On a tiré parti, de manière fort habile et apologétique, de l'attachement bien connu de M. Shelley pour la Bible, afin de le représenter comme en ayant une sur lui au moment où il fut noyé. Rien n'était plus vraisemblable ; et il est vrai qu'il avait, dans sa poche, un livre, dont les restes ont été enterrés avec lui à la demande de l'auteur de cet article, mais c'était le volume des poèmes de M.
    Keats, contenant Hypérion, dont il était un grand admirateur. Il me l'emprunta quand je partis, et sachant quelle valeur il avait aussi à mes yeux, il me dit qu'il ne s'en dessaisirait pas jusqu'à ce qu'il me revît. " P. de R. La traduction de Paul de Roux a été faite d'après le texte publié dans The Complete Poems, edited by John Barnard, second Edition, Penguins Books, London 1977.

  • Selected poems

    John Keats

    John Keats is regarded as one of the greatest poets of the Romantic movement. But when he died at the age of only twenty-five, his writing had been attacked by critics and his talent remained largely unrecognized. Part of the Macmillan Collector's Library; a series of stunning, clothbound, pocket sized classics with gold foiled edges and ribbon markers. These beautiful books make perfect gifts or a treat for any book lover. This edition is edited and introduced by Dr Andrew Hodgson.This volume, Selected Poems, reflects his extraordinary creativity and versatility, drawing on the collections published during his lifetime as well as posthumously. He wrote in many different forms - from his famous Odes to ballads such as 'La Belle Dame Sans Merci', and the epic Hyperion. Together, they celebrate a poet who wrote with unsurpassed insight and emotion about art and beauty, love and loss, suffering and nature.

  • John keats

    John Keats

  • John Keats n'est pas seulement comme le souligna Mallarmé l'auteur de maint poème pur, ardent, musical. Il

  • A collection of John Keats' poems.

  • The eve of st agnes

    John Keats

    'Hoodwink'd in faery fancy...' This volume contains a selection of Keats's greatest verse - including his gothic story in verse, 'The Eve of St Agnes', and the mysterious 'Lamia' - exploring themes of love, enchantment, myth and magic. Introducing Little Black Classics: 80 books for Penguin's 80th birthday. Little Black Classics celebrate the huge range and diversity of Penguin Classics, with books from around the world and across many centuries. They take us from a balloon ride over Victorian London to a garden of blossom in Japan, from Tierra del Fuego to 16th-century California and the Russian steppe. Here are stories lyrical and savage; poems epic and intimate; essays satirical and inspirational; and ideas that have shaped the lives of millions. John Keats (1795-1821). Keats's works available in Penguin Classics are Selected Poems, So Bright and Delicate: Love Letters and Poems of John Keats to Fanny Brawne, The Complete Poems and Selected Letter s .

  • Poésies

    John Keats

    Notre collection « L'Anthologie poétique » vous propose de découvrir la biographie ainsi que les plus grands poèmes d'écrivains célébrés ou injustement tombés dans l'oubli, venant d'horizons multiples et variés.

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