Hachette-antoine

  • Arabe Cage

    Joumana Haddad

    Tableau premier :
    Cinq cages pour cinq femmes : Lama, 60 ans, vieille fille ; Zeina, 50 ans, intégralement voilée, surnommée « Ninja » ; Hiba, 30 ans, pute ; Yara, 30 ans, lesbienne, et Abir, 20 ans, obèse.
    Et un homme vêtu de noir, 50 ans, qui serait l'interrogateur et le gardien des femmes.
    L'homme interroge et les femmes répondent.
    Elles font plus que répondre : elles révèlent leur condition de femmes dans une société patriarcale et conservatrice. Elles accusent et s'accusent, sans pitié ni parti pris.
    Tableau second :
    Un intérieur d'appartement avec l'époux, l'épouse, la fille et son amie. Ici, les rôles sont inversés : c'est l'homme qui manie serpillère et balai, et subit les quolibets.
    La fin est noire à souhait.
    Joumana Haddad, qui « a été prisonnière, puis geôlière, et qui s'est libérée des deux cages », se dédie sa pièce et la dédie à tous ceux pour qui, selon André Malraux, « la liberté n'est pas un échange, c'est la liberté ».

  • Joumana Haddad, voluptueuse féministe, a les mains pleines de sang, celui de l'astucieuse, inventive et immémoriale conteuse, Shéhérazade, qu'elle a en fait tuée deux fois.
    La première fois, dans sa tête, progressivement, comme une conséquence de son mépris du marchandage et de la compromission utilisés par la femme pour obtenir des droits qui devraient lui être acquis. Ce meurtre, l'auteure l'avait concrétisé dans l'écriture de Hâkaza qataltou Shahrazad, lors de sa première édition en 2010.
    La seconde fois, de nos jours, avec cette nouvelle édition qui s'est imposée puisque rien de vraiment concret n'est venu exprimer un changement ni une amélioration de la condition de la femme dans le monde arabe.
    « Aujourd'hui, dit Joumana Haddad, alors que nous sommes confrontés au massacre de la dignité humaine, comment rester indifférent au massacre de la dignité de la femme arabe ? Comment ne pas réagir face à la détestable déification du mâle qui entretient l'avilissement de la femme ? Une telle situation est une insulte qui porte atteinte à la dignité de tout homme véritable ».
    Joumana Haddad a donc, une fois de plus, les mains pleines de sang, mais elle ne s'en cache pas. Elle les brandit bien haut. Car si elle a tué Shéhérazade, c'est pour que celle-ci renaisse, une fois pour toutes, libre et maîtresse d'elle-même.

  • Faut-il vraiment du culot pour dire ce que je dis ? Faut-il du courage pour admettre ce qui nous fait peur, et parfois même ce qui nous fait honte ?
    Ça fait longtemps que je ne me pose plus cette question. Maintenant, quand j'écris, je cherche avant tout à m'éplucher, à mieux me comprendre, à explorer le plus grand nombre possible des couches multiples qui me composent. Je ne vois pas les drapeaux rouges, les signaux d'alerte, les panneaux « Danger. Ne pas franchir cette limite ». Je ne fais que me guetter, puis m'assaillir, et arracher mes différentes peaux jusqu'à être complètement nue sur le papier, enfin prête à faire don d'un morceau de ma chair aux lectrices et aux lecteurs.
    Ce morceau-là est ma vérité, mon humble cadeau pour vous, dans ce livre...
    Et il est, aussi, mon piège.

  • Anglais The third sex

    Joumana Haddad

    Avec sa langue habituelle qui n'est pas de bois et qui ne mâche pas ses mots, Joumana Haddad se livre de manière originale dans un ouvrage composé de sept chapitres, offrant chacun un thème et un récit différents.
    Chaque chapitre se divise en trois parties : un récit, une interprétation poétique du thème du récit et une discussion à deux voix. Dans le récit, Joumana Haddad revisite un épisode, une expérience, une période de sa vie, de l'enfance à l'âge de jeune adulte, centrés sur un état d'âme, une disposition de l'esprit, un trait de caractère, défaut ou qualité... Chaque fois, c'est une bataille pour aller de l'avant, ne pas régresser ni stagner, évoluer, s'épanouir...
    La deuxième partie reprend la thématique du récit et la développe avec lyrisme en un commentaire de portée philosophique et psychologique.
    Dans la troisième partie, Joumana Haddad débat avec son mauvais génie et livre au lecteur un dialogue aux répliques vives, fines, teintées d'humour, alternant arguments et contre-arguments.
    Le roman porte en sous-titre : Ce que Platon m'a confié avant de mourir. En effet, Joumana Haddad était au chevet d'agonie du philosophe. Après avoir avoué qu'il a eu tort de bannir les poètes et la poésie de sa République, Platon lui confie sept préceptes, que l'auteure a semés en fins de chapitre comme autant de chants annonçant la venue d'Al Insâne Al Insânawi, l'Humain humaniste.

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