• A Paris, dans les banlieues, Monet, Sisley, Pissarro, Renoir, Caillebotte, Morisot, Manet... deviennent les chantres des effets de la météorologie sur le paysage, mais aussi sur les activités humaines. Leur quête introduit dans la peinture la notion d'instant. Le temps qu'il fait devient le temps qui passe. Puis, à mesure qu'ils s'éloignent de Paris et de la modernité, les impressionnistes essaient, chacun à sa manière, de suspendre le temps en un éternel été.
    La vision impressionniste trouve de nombreux échos dans la littérature de cette époque : Goncourt, Flaubert, Daudet, Maupassant, Zola... et surtout Proust, dont l'oeuvre est imprégnée de cette recherche du temps météorologique et chronologique.

  • Quatre pionnières, Berthe Morisot, Mary Cassatt, Marie Bracquemond et Eva Gunzalès, contribuent activement au développement de l'impressionnisme. Au cours des années 1880, alors que Paris s'impose comme capitale artistique internationale, cette esthétique nouvelle fait des émules parmi les artistes nordiques, britanniques, nord-américains ou australiens. Un peu partout dans le monde, il en résulte des tensions entre académies et mouvements d'avant-garde, sur fond de lutte pour la légitimation d'identités nationales.
    Pour les femmes qui participent à ces mouvements, le combat se double d'une dimension supplémentaire : la reconnaissance du statut d'artiste à part entière et, plus généralement, l'obtention de droits équivalents à ceux des hommes.

  • Sujet très spectaculaire, permettant d'aborder des thèmes très visuels, très variés et parfois porteurs d'émotion. La représentation de la nature est bien sûr omniprésente, mais de nombreuses ?uvres évoquent les bateaux et marins en difficulté, le sauvetage.
    Un auteur Laurent Manoeuvre (auteur des Pionnières en 2016)

  • "La lumière de la baie de la Seine, je la vois où que je sois" dira Dufy. Né au Havre, haut lieu de l'impressionnisme, il suivra les pas de Boudin et de Monet, avant de passer par le fauvisme et le cubisme. De ces expériences naîtra le principe de la lumière-couleur, que Dufy développera tout au long de sa vie, dans des oeuvres inspirées par la Normandie.

  • La peintre

    Laurent Manoeuvre

    Comment s'imposer sur la scène artistique, quand on est une femme, alors que tous les leviers sont tenus par des hommes soucieux de maintenir leur hégémonie, et lorsque même votre propre destinée semble s'opposer à la réalisation de cette ambition ? Du Havre à Paris, c'est le défi que relèvera Virginie Fleury, découvrant un milieu culturel foisonnant, où se côtoient, sur arrière-plan de crise économique, écrivains (Goncourt, Flaubert...) et peintres (Manet, Renoir, Degas...), affrontant de multiples épreuves, dont la moindre n'est pas sa vie sentimentale.

  • Evoquer Mary Cassatt revient bien souvent à parler de son ami, le peintre Edgar Degas. Quelle injustice pour cette femme farouchement indépendante, au caractère bien trempé, toujours plongée dans de nouvelles recherches artistiques, mais déterminée et sûre de son chemin de créatrice !
    Américaine, certes, impressionniste, certes... mais ce portrait réducteur ne doit pas faire oublier l'essentiel :
    Mary Cassatt est avant tout une femme hors du commun, reconnue par ses pairs, pour laquelle l'art s'est imposé comme une nécessité vitale. Laurent Manoeuvre donne ici à voir tant la femme que l'artiste.

    Mary Cassatt, une femme indépendante

  • Diego de Silva Vélasquez (1599-1660), maître absolu de l'Ecole espagnole, a voué sa carrière au roi Philippe IV et à sa cour. Génie plein d'aisance, sa droiture, sa finesse d'esprit et surtout son acharnement dans el travail ont forcé l'admiration d'un des plus grands monarques du Siècle d'or. Les 38 peintures présentées ici révèlent à la fois un vigoureux réalisme du regard et une désinvolture aristocratique dans le maniement du pinceau.

  • Connu pour ses marines et ses scènes de plage, Eugène Boudin (1824- 1898) fut l'un des premiers artistes français à poser son chevalet hors de l'atelier pour réaliser des paysages. Dans ses nombreux tableaux, il s'est tout particulièrement attaché au rendu des éléments et des effets atmosphériques. Il a ainsi été l'un des initiateurs d'une vision renouvelée de la nature, précédant dans cette démarche les impressionnistes et son ami Claude Monet, qui écrivait à la fi n de sa vie : "Je dois tout à Boudin".
    Au fil des années, sa palette s'éclaircit et sa touche s'allège pour mieux restituer les reflets du ciel et de l'eau. De la Normandie à Venise, qu'il découvre à la fin de sa vie, en passant par les plages du Nord, de la Bretagne, et du Midi, il peint des paysages en mouvement, dans une subtile harmonie de gris colorés. Véritable « roi des ciels », Eugène Boudin a su transcrire à la perfection des éléments aussi changeants que la lumière, les nuages et les vagues.

  • Eugène boudin (1824-1898), né à honfleur, élevé au havre, a puisé dans le ciel et la mer l'essentiel de son inspiration.
    A travers les oeuvres présentées dans cet ouvrage, nous suivons les itinéraires de ce précurseur de l'impressionnisme qui, de la hollande à venise, en passant par la normandie ou le midi, voulut saisir les infinies variations de la lumière: "je regarde cette lumière qui inonde la terre, qui frémit sur l'eau, qui joue sur les vêtements je sens que la poésie est là. ".

  • Natif d'honfleur, mort à deauville, boudin (1824-1898) est à la fois peintre normand et le peintre de la normandie dont les ciels et les lumières lui fourniront la quintessence de son art.
    " vous êtes le roi des ciels ", lui disait corot. " vous êtes un séraphin, il n'y a que vous qui connaissiez le ciel. " renchérissait courbet. moins lyrique, mais définissant bien son art, boudin préférait dire " les bourgeois qui se promènent sur la jetée vers le coucher de soleil n'ont-ils aucun droit d'être fixés sur la toile, d'être menés à la lumière. " cela a débouché sur cinquante ans de peinture en normandie, au coeur de la révolution picturale d'un siècle dont l'art d'aujourd'hui est issu.
    Ce livre en est le témoin.

  • être et paraître Nouv.

    être et paraître

    Laurent Manoeuvre

    Les années 1850-1918 voient la naissance de la haute couture, grâce à des personnalités telles que Worth ou Poiret. Dans le même temps, les grands magasins de confection, Bon Marché, Printemps? se développent. Ces années sont un véritable âge d?or de la mode féminine. A la fois art et industrie, celle-ci prend une dimension internationale et infuse une grande partie de la société. On danse, on applaudit au théâtre ou aux Ballets russes, on parade sur les champs de course où l?on travaille laborieusement pour la confection. Les artistes et les gens de lettres témoignent de ce phénomène et y contribuent.  Pourtant, sous prétexte d?esthétique, la femme est encagée, corsetée, entravée, socialement réduite au statut d?idole silencieuse, uniquement vouée à paraître. Issues de différents milieux, chef d?entreprises, actrices, demimondaines, riches américaines? revendiquent le droit d?être. Les profonds bouleversements liés à la Première guerre mondiale vont précipiter ce mouvement. La prise en main des divers rouages de la société par les femmes s?accompagne d?une évolution de la toilette féminine qui préfigure la mode actuelle.
    On illustre dans ce livre l?évolution de la femme avec des tableaux, dessins et photographies.

  • Eugène Boudin (1824-1898), peintre de la Normandie, fut un des premiers artistes à peindre dans la nature bien plus qu'en atelier. C'est un précurseur, souvent méconnu, de l'impressionnisme, qui refusa toute appartenance à une école.
    Laurent Manoeuvre, qui a largement contribué à donner à Eugène Boudin sa juste place dans la peinture du XIXe siècle, poursuit ici cette redécouverte par une démarche originale : un dictionnaire alphabétique qui donne la parole à l'artiste. En effet chaque article se fonde sur des extraits de la correspondance et du journal d'Eugène Boudin.
    Les articles - certains très longs, d'autres brefs, selon le propos - traitent aussi bien du travail du peintre que de sa vie quotidienne, souvent difficile. Les paroles croisées de l'historien d'art et du peintre lui-même livrent un portrait inédit de l'homme qu'était Boudin. Ce dictionnaire brosse aussi un tableau de la société et de la vie artistique de l'époque ; il est riche d'informations sur le marché de l'art et les collectionneurs et nous éclaire sur la naissance de l'impressionnisme.
    De nombreuses illustrations (peintures et photographies) alternant pleines pages et vignettes.

  • Quinze ans au moins séparent la naissance de boudin de celle des principaux représentants de l'impressionnisme : les peintres de sa génération ne s'appellent pas monet, pissarro et renoir, mais bouguereau, cabane et ziem.
    Issu d'un milieu provincial très modeste, boudin se consacrera tardivement à la peinture. tout au long de sa carrière il voudra pallier son absence de formation par un travail acharné. ce handicap apparent lui apportait pourtant un avantage considérable. contrairement à la plupart de ses confrères, boudin était libre de tous les préjugés inculqués par un enseignement académique plus ou moins rétrograde.
    Ses leçons, il les demandait directement aux maîtres anciens et à la nature. baudelaire remarquera la richesse d'une telle démarche, et le jeune monet (il a dix-sept ans quand il rencontre boudin) comprendra auprès de cet esprit indépendant l'importance de la spontanéité du regard.
    Nul doute que les lignes consacrées par baudelaire à ses pastels et la reconnaissance affirmée à plusieurs reprises par monet sauvèrent boudin de l'oubli.
    L'oeuvre de boudin est célèbre. mais quel oeuvre ? sa production peinte, dans laquelle il se sent parfois obligé de démontrer son habileté, et ses aquarelles de plage destinées à la vente, bien souvent fanées par de trop longues expositions à la lumière, nous sont familières. il en va tout autrement pour ses études discrètement conservées dans l'atelier puis aux musées de france. cet ensemble révèle un boudin indifférent aux exigences commerciales comme à celles de la critique.
    Ici, on le voit se diriger très méthodiquement vers l'abstraction. ici encore, nous assistons à l'abandon progressif de la couleur et à la conquête du blanc et du noir, pour, en de subtiles variations, traduire les multiples avatars de la lumière. ici enfin, nous suivons l'artiste au gré de ses promenades " par les champs et par les grèves ", lorsqu'il capte en quelques traits allusifs l'essence d'un lieu ou d'un instant, un peu à la manière des maîtres du haïku japonais.

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