• Recueil d'une cinquantaine de textes critiques écrits par Luc Moullet : introduit, composé, annoté, amendé, chapeauté par le cinéaste lui-même, ce volume d'érudition et de drôlerie, de passion et parfois de prophétie, reprend les grands articles des Cahiers du cinéma, mais aussi certains des textes parus dans Arts, Bref, Trafic, etc., auxquels s'ajoutent près d'une demi-douzaine d'inédits, dont une attaque contre Pedro Almodovar et une défense de l'écrivain américain James Ellroy.

    "Ce sont cinquante textes choisis parmi mes nombreuses critiques écrites au cours de mes soixante premières années d'activité, aux Cahiers du cinéma et ailleurs.

    Mon dogme n°1, c'est de toujours faire rire le lecteur.

    Dogme n°2 : chaque film intéressant engendre une approche critique spécifique au film en question : pas de grille.

    Dogme 3 : le critique doit toujours partir d'un exemple précis, avant de généraliser, et non pas du Général (et encore moins s'y cantonner).

    Pour moi, l'Austérité, la Grille et le Général sont les trois Cancers de la critique. "

    LUC MOULLET

  • Emmanuel Burdeau et Jean Narboni ont longuement interviewé Luc Moullet. Comment vendre un film sur son titre, comment attendrir Jean-Luc Godard, pourquoi la barbe, pourquoi les roubines, d'où vient son comique, d'où vient sa méthode documentaire, quels budgets, quelles recettes? tels sont quelques-uns des secrets révélés ici par Luc Moullet. La partie centrale du livre est un bonus d'une valeur inestimable : en une cinquantaine de points, de la lumière au montage, de l'écriture aux acteurs, Moullet livre son petit guide du parfait cinéaste.

    Au cours d'un entretien avec Luc Moullet, on apprendra :

    - que sa plus grande peur était de devenir un autre Claude Berri

    - que le monde d'aujourd'hui et le « progrès » constituent une parenthèse dans l'histoire de l'humanité

    - qu'il est un cinéaste anglais d'origine arabe

    - mais que le trekking est son vrai métier

    - que le rythme d'un film doit être dynamisé par un nouveau départ aux deux cinquièmes de sa durée

    - que les sphaignes comptent parmi ses lieux favoris

    - qu'il faut cent grammes d'idées avant de commencer un scénario, changer de table quand on tourne, avoir un baron et dire du mal de ses propres films

    - que la meilleure cuisine au monde, c'est celle du Pérou

    - que les films engendrent l'essentiel de leur chiffre d'affaires après un moratoire de 24 ans

    - que l'on retrouve la petite mort des amoureux dans les courtes descentes des cols à vélo

    - que Mikhaël Hers est le grand cinéaste français de demain,

    et beaucoup d'autres choses encore.

  • L'Américain Cecil B. DeMille (1881-1959) est peut-être le cinéaste classique hollywoodien le plus connu du grand public. Mais il est aussi le plus méconnu. L'image de marque officielle "Le grand spécialiste du péplum religieux" ne correspond nullement à ce qu'il y a de meilleur dans son oeuvre. Et sur soixante-dix films, il n'a réalisé, en comptant large, que huit péplums. Il se révèle en fait infiniment plus proche de Jacques Becker et de Lewis Carroll que de Daniel-Rops ou du peintre David.
    En France, il n'y a sur lui aucun livre, à l'exception de deux courtes publications dépassées : leurs auteurs ne connaissaient de lui qu'une quinzaine de films, quand il est aujourd'hui possible d'en voir soixante et un.
    L'empereur du mauve, en analysant sa carrière et ses films, est un vibrant hommage à l'empereur des blockbusters, par le prince du cinéma de bouts de ficelle et le plus drôle des critiques français.

  • Le rebelle (1948) de king vidor est pour beaucoup de cinéastes le film de chevet.
    L'architecte qui dynamite des hlm conçues par lui, parce que les commanditaires ont défiguré son projet, évoque évidemment le cas de tous ces cinéastes qui n'ont pu bénéficier du fameux final cut. le dynamitage du rebelle a profité d'un nouveau regain d'actualité avec les implosions récentes de hlm en banlieues. ou : gary cooper à la courneuve. c'est un film malin, savant, glacé, hyperpro, mais aussi un film abrupt, brutal, cinglant, condensé, convulsif, déchiqueté, déjanté, délirant, discrépant, érotique, étourdissant, fascinant, frénétique, grossier, haché, hystérique, mal poli, romantique, surréel, torride, trépidant.
    Un objet barbare, un météorite. s'il ne fallait conserver de toute la production hollywoodienne qu'un seul film, ce serait celui-ci. je l'ai vu une bonne douzaine de fois, et j'ai peur de le regarder à nouveau, tant il m'émeut. en évoquant le comment, je dirai pourquoi le rebelle demeure l'une des plus sublimes créations du génie humain.

  • Mémoires d'une savonnette indocile Nouv.

    : Il a vu son premier film à 5 ans, est devenu cinéphile à 9. Il est entré à 18 ans aux Cahiers du cinéma. Il a réalisé 43 films, longs ou courts ou entre les deux. Un parcours de 65 ans. Dans l'univers du cinéma français, presque tout le monde le connait, parfois sans avoir jamais vu un de ses films.
    Dans ce livre, on verra que Luc Moullet est un maverick, un self-made man, à la fois très niais et très rusé, un auteur autiste apraxique, tirant avantage de ses défauts, faisant rire tout le monde, un homme à tout faire, réalisateur, producteur, scénariste, acteur, conseiller juridique marron, petit pro de l'immobilier, fou du vélo, un escroc et un pygmalion, un marathonien ou même un mage, comme l'a qualifié un jour le grand cinéaste King Vidor.

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