Sciences humaines & sociales

  • De l'esprit libre

    Mario Tronti

    Vaste et érudit commentaire sur la modernité, notamment sur le vingtième siècle, cet ouvrage mélancolique et poétique de Mario Tronti dresse le bilan des échecs des expériences du siècle passé. Alors qu'aujourd'hui on peut dire que la liberté de pensée est garantie, il n'est accordé aucune pensée de la liberté. Le capital a conquis le monde entier, et il est parvenu à conquérir l'homme lui-même.

    Oeuvre de lutte et traité de philosophie politique, De l'esprit libre est aussi et avant tout un chef-d'oeuvre de résistance : une oeuvre composée de fragments, car "on ne peut plus penser et écrire qu'en fragments, le monde d'hier ayant éclaté en milles morceaux."

  • L'auteur, sociologue et historien, traque dans les correspondances, carnets et autres témoignages d'Henri Barbusse, Marc Bloch, Maurice Genevoix, Apollinaire, Georges Duhamel ou Léon Werth... toutes les mentions, jusqu'aux plus infimes et apparemment anodines, qui racontent l'état des rapports sociaux dans les tranchées. Ce sont elles qui composent l'essentiel de la matière de ce livre. Car en décrivant le monde des tranchées, et l'épreuve de la boue ou des bombardements, ces intellectuels livrent un témoignage sur leur découverte des classes populaires, leurs perceptions des soldats côtoyés, qu'il s'agisse de « camarades » ou de « leurs hommes », et donc sur les écarts et les différences sociales à la fois maintenues et déplacées durant le conflit.

    Une profonde remise en cause de la Grande Guerre comme creuset d'une osmose entre groupes sociaux.

  • Au début des années 1990, Mario Moretti, principal dirigeant des Brigades rouges pendant les années 1970, est incarcéré à Milan. Il accorde alors un long entretien à deux célèbres journalistes italiennes, Carla Mosca et Rossana Rossanda, ancienne dirigeante du Parti communiste italien. Ce témoignage unique restitue au plus près l'histoire italienne des « années de plomb », la situation d'exception qui régnait alors, ainsi que le mouvement massif d'insubordination révolutionnaire qui secouait la péninsule transalpine. Tout au long de cette période, l'ordre existant semblait à chaque instant près de vaciller.
    De la formation politique des premiers brigadistes dans les usines milanaises à l'arrestation de Moretti, plus de dix années se sont écoulées. En 1978, les Brigades rouges ont organisé l'un des événements majeurs de l'histoire italienne contemporaine : Aldo Moro, chef de la Démocratie chrétienne, promoteur d'un « compromis historique » entre cette dernière et le Parti communiste, est enlevé et exécuté... par Moretti lui-même, qui le reconnaît ici pour la première fois.
    Tout au long de cette décennie, les Brigades rouges se sont évertuées, à travers la terrible radicalité du choix politique de la lutte armée, à combattre l'État, le capitalisme et l'exploitation, au nom de la liberté et de l'égalité. Sans compromis ni compromissions.
    Mais à quel prix ?
    À l'heure où le monde semble s'installer de nouveau durablement dans une ère de turbulences et où partout les États mettent en place des législations d'exception au nom de la lutte contre le terrorisme, il importe plus que jamais de revisiter l'histoire italienne des « années de plomb ».

  • Au printemps 2020, les autorités ont imposé, en France comme dans d'autres pays, un confinement de la population pour lutter contre la pandémie de Covid-19. L'épisode a bouleversé nos habitudes, nos liens à autrui, nos rapports aux autorités aussi. Il a touché en même temps, le fait est assez rare pour être souligné, tous les milieux et territoires de notre société. Comment avons-nous expérimenté ces nouvelles règles de vie ? Comment avons-nous fait face aux épreuves qu'elles nous ont imposées ? Que peut-on dire des conséquences sociales de cet événement hors norme ? Ce livre propose des réponses à partir d'une enquête réalisée au coeur même de l'événement. Durant quatre semaines, plus de 16 000 personnes ont accepté de répondre à un long questionnaire, et pour près de 4 000 d'entre elles, de raconter avec leurs mots les manières dont elles ont vécu et ressenti ce temps suspendu. Ce sont leurs cadres de vie et leurs conditions de travail, leurs réactions et leurs sentiments qui constituent la chair de ce livre.

  • Le Dr Mario Montessori, petit-fils de la pédagogue italienne, psychologue de profession, a donné au cours des années 1960 et 1970 de multiples conférences (et ce dans plusieurs pays) pour mieux faire comprendre la proposition éducative révolutionnaire de Maria Montessori.Ce livre reprend ses communications, afin de répondre aux questionnements des enseignants et des parents, en exposant de façon remarquable les relations entre Montessori, la psychologie moderne et les concepts psychanalytiques, ainsi que le rôle du travail et du jeu dans le développement de la personnalité humaine.
    Mario Montessori (1921-1993) a exercé à Amsterdam en tant que psychanalyste et a été vice-président de l'Association internationale psychanalytique. Il a aussi été le gardien des idées de sa grand-mère et de son père Mario Montesano Montessori. Il a fondé le Stichting Montessori Centrum (SMC) afin d'améliorer la qualité de l'éducation Montessori aux Pays-Bas.
    Traduit de l'anglais par Catherine Barret et adapté par Charlotte Poussin, éducatrice Montessori AMI, auteur d'ouvrages de référence sur Montessori et membre du conseil d'administration de l'association Montessori de France.

  • Cette Légende dorée, c'est d'abord l'histoire mythologique des douze grands dieux de l'Olympe et celle des principaux héros de l'Antiquité grecque. Mais c'est ensuite la narration continue de tous les événements mémorables qui depuis le jugement de Pâris, aboutirent à la chute de Troie et au retour au foyer, après maintes aventures, des illustres guerriers qui y avaient pris part. On retrouve L'Iliade et L'Odyssée d'Homère, mais aussi des épisodes - Penthésilée, Memnon, la mort d'Achille, la ruine de la sainte et infortunée Ilion... - tirés du long poème épique de Quintos de Smyrne, ainsi que des poèmes de Coluthos (L'Enlèvement d'Hélène) et de Tryphiodore (La Prise de Troie). Enfin, un résumé de L'Énéide de Virgile prolonge, jusqu'à la fondation de Rome, le cycle épique des légendes inspirées par la guerre de Troie.

  • Le livre de Mario Tronti est le texte philosophique le plus ambitieux produit par la « séquence rouge » italienne des années 1960.
    Il formule les positions de l'opéraïsme, en particulier celle de la centralité ouvrière incarnée par la figure de l'ouvrier-masse. Il y affirme le primat des luttes ouvrières sur l'histoire du développement capitaliste, l'irréductibilité de la classe ouvrière aux structures sociales propres au capitalisme moderne, la partialité assumée du « point de vue » ouvrier qui, seule, rend possible d'appréhender le système social du point de vue de son renversement.
    Alors qu'aujourd'hui la classe ouvrière passe de la centralité à la marginalité, il reste de cet ouvrage emblématique une véritable pensée de l'action dans le conflit, une « politique du conflit ».

  • Nous, opéraïstes est le récit, à la première personne, de ce que fut le mouvement opéraïste entre les années 60 et 70, et qui a imprégné la plupart des mouvements de la gauche extra-parlementaire en Italie et en Europe. Histoire d'une aventure politique et intellectuelle, de ses ouvertures comme de ses errements, de ses avancées comme de ses retentissants échecs, elle est d'un enseignement exemplaire pour la refondation d'une pensée critique en ce début du XXIe siècle, et se double, avec l'écriture de Mario Tronti, d'un petit chef d'oeuvre de 'style', où prime le « critère de l'honnêteté ».

  • L'exil, la solitude, l'amour et l'amitié traversent les quatre nouvelles contenues dans ce recueil. Elles ont un lieu en commun, Paris, celui des années soixante et septante, et décrivent l'espace d'une ville que les exilés tentent de s'approprier.

    Dans Géographies, deux amis cherchent à reconstituer leur ville d'origine, mais leur mémoire tantôt fidèle, tantôt infidèle, va être confrontée aux souvenirs douloureux d'une femme, aimée par l'un d'eux, retrouvée par hasard.
    Cinq ans de vie, c'est le temps de l'exil, qui passe sans se faire sentir et, en filigrane, une réflexion sur l'écriture et la nostalgie.
    Le petit hôtel de la rue Blomet est le théâtre de retrouvailles impossibles et Par pure distraction parle de l'errance et de l'oubli, alors que la fuite en avant de l'exilé le ramène inexorablement à son pays natal.

  • Bibliothécaire adjoint d'un club de Lima dans sa jeunesse, Mario Vargas Llosa fut possédé très tôt par ce vice impuni qui ne l'a jamais quitté : la lecture.
    Il nous en donne encore la preuve en analysant ici plus de trente chefs-d'oeuvre romanesques du XXe siècle et en scrutant la figure de ces romanciers majeurs que furent Joyce et Faulkner, Camus et Bellow, Nabokov et Hemingway, et bien d'autres encore. Sa complicité de plume lui fait entrevoir l'alchimie particulière du roman contemporain, qui repose notamment sur ce "mentir-vrai" cher à Aragon. Le mensonge de la fiction, développe-t-il dans ces pages, nous renvoie la vérité de nos manques et de nos désirs, celle de nos propres démons; et nous permet ainsi de vivre en "intelligence" avec eux.
    Mais ce faisant, l'écrivain prolixe et infatigable lecteur qu'est Vargas Llosa ne trace-t-il pas son autobiographie littéraire? Il nous transmet en tout cas son enthousiasme pour la littérature et nous invite à lire et à relire passionnément les grands maîtres de notre temps.

  • "Qui veut tout défendre ne défend rien".
    Cette célèbre maxime de Frédéric le Grand revient souvent dans les conversations sur le mur de l'Atlantique, qui est la dernière grande ligne défensive construire en Europe, si l'on excepte le Rideau de fer, plus marginal. De plus, contrairement à ces prédécesseurs immédiats, la ligne Maginot et la ligne Siegfried, il est unique par son ampleur : plus de 5 000 kilomètres de longueur, s'étendant du cap Nord en Norvège à la frontière espagnole en France, de multiples types d'ouvrages, l'emploi d'une masse de travailleurs, des millions de tonnes de béton et d'acier utilisées, et une longue durée de construction, de 1940 à 1945.

    Le fait qu'il en reste tant de vestiges aujourd'hui montre clairement la façon dont il a été construit : aucune dépense n'a été épargnée, parce que toutes les ressources venaient des pays occupés. Il y avait des ouvriers payés, mais la majorité de la main-d'oeuvre était des travailleurs esclaves, prisonniers ou déportés, forcés de travailler pour les nazis et l'organisation Todt. Le but de ce mur était d'empêcher tout débarquement allié en Europe du Nord-Ouest.

    Lorsque l'attaque est finalement venue, le 6 juin 1944, la vérité de la maxime de Frédéric le Grand s'est imposée : le mur n'a même pas tenu une journée. Certaines forteresses individuelles ont livré une résistance solide, mais sont finalement tombées assez vite : Cherbourg, Saint-Malo, Brest et les points d'appui de la Manche. D'autres ont tenu jusqu'à la capitulation allemande : Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle, Dunkerque et les îles Anglo-Normandes.

    Le Mur de l'Atlantique d'Hitler examine d'abord la stratégie défensive allemande, les différents types de fortifications et de blockhaus, avant de présenter, pays par pays, la totalité des sites les plus importants, depuis la côte du sud-ouest de la France, en passant par la Bretagne, la Normandie, le Pas-de-Calais, puis la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège, où les défenses les plus septentrionales ont été attaquées par l'Armée rouge fin 1944.

    Le livre compte plus de 500 illustrations : photographies, cartes, diagrammes, plans, etc.

    Le Mur de l'Atlantique d'Hitler compte plus de 500 illustrations, dont 60 cartes et diagrammes, des photographies aériennes prises spécialement ainsi que des images d'archives et des photographies contemporaines du mur de l'Atlantique prises du sud-ouest de la France au nord de la Norvège, en passant par la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark.

  • Quel rôle jouèrent au cours de la Guerre froide le Mexique, la RDA, l'Ukraine ou encore Cuba ? Ces pays ne furent-ils que des partenaires mineurs des deux Grands, objets passifs aux mains de Moscou ou de Washington et soumis à leur entière volonté ? Les réponses apportées à ces questions ont été profondément renouvelées depuis les années 1990 grâce à une approche désormais mondiale de la Guerre froide qui, par le dépassement du strict cadre de la rivalité américano-soviétique, en a considérablement enrichi la compréhension.

    Ce numéro, en "décentrant" le regard du centre (les deux Grands) vers les périphéries de la Guerre froide, se propose ainsi d'éclairer les visages locaux du conflit et de montrer combien les pays d'Europe et du Tiers- monde ont su devenir au cours de ces décennies de véritables acteurs internationaux capables de défendre leur intérêt national et d'influencer les grandes puissances.

    Avec les contributions de Mario Del Pero, Justine Faure, Sabine Dullin, Etienne Forestier-Peyrat, Matthieu Gillabert, Vanni Pettinà, David Engerman, Amélie Regnauld, Sacha Markovic, Piero Gleijeses, Emmanuel Droit, Laurence Badel, Pierre Grosser, Odd Arne Westad, Jessica Hendrick.

  • Sous le titre Un barbare chez les civilisés, Mario Vargas Llosa reprend, une fois de plus, sa longue quête de la vérité par le dialogue.
    L'expérience de l'écrivain et de l'homme politique dans un pays du tiers-monde - Le Pérou - est ici lue et relue à la lumière des modèles de l'Occident libéral, mais sans tomber pour autant dans l'habituelle logique du centre et de la périphérie, du reflet et du miroir. L'auteur passe, en effet, au crible d'une critique aussi sévère qu'élégante les fausses idées qu'on se fait en Europe et aux Etats-Unis sur les problèmes de l'Amérique latine.
    Il dénonce avec force cette incapacité à comprendre une réalité autrement plus vaste et plus complexe, souvent dissimulée sous des préjugés. Homme de raison et homme d'action, Mario Vargas Llosa nous emmène sur les hauteurs des Andes et nous fait partager les difficultés d'une enquête émouvante sur le massacre de huit journalistes. Il nous parle aussi du terrorisme et du pouvoir de la drogue, en essayant de cerner, chaque fois, la réelle portée de ces phénomènes très exploités et bien mal compris par l'opinion internationale.
    Mis il ne manque pas non plus de signaler l'espoir : la révolution silencieuse de la société civile qui, au Pérou comme dans d'autres pays d'Amérique latine, est en train de redéfinir les formes de la vie communautaire.

  • Un livre visionnaire qui fascine tous les amoureux de la nature !
    Mario Mercier, en véritable chaman, aime se plonger dans la nature comme dans une source ; il la ressent par tous ses sens, il la vit de toutes ses fibres, il la pénètre en amoureux, en amant passionné, il la chante comme un barde antique. Aujourd'hui la nature en de nombreux lieux se meurt. Le témoignage de ce livre précieux dévoile une petite part de l'univers secret de la création, une image merveilleuse de la trame même de notre univers mouvant.
    Toute la beauté, l'énergie de la vie se trouvent dans le moindre brin d'herbe. Il suffit de s'ouvrir et de regarder, respirer, entrer en osmose. Le contact avec les bois et belles clairières revivifie l'être, le dépollue, le grandit.
    Toute marche dans la nature décrasse le corps et l'esprit, fait scintiller la lumière de l'âme. Mario Mercier assis au pied de Noïark, cet arbre géant qui veille toujours sur une forêt de France, recueille un trésor. un enseignement qu'il nous fait partager.

  • Le physicien et philosophe Mario Bunge a attendu 2015 et sa 96e année pour rédiger ses mémoires. C'est dire si la fresque qu'il nous propose ici est riche en idées, en événements (emprisonnement, exil, échecs et succès, honneurs et adversité), en prises de position, en troubles de l'Histoire, en jaillissements de savoirs, en ferments pour un matérialisme du XXIe?siècle. L'" entre deux mondes " que le titre évoque se comprend de multiples façons.
    Bien sûr, d'abord par la position singulière de Mario Bunge, aussi scientifique que philosophe, véritablement à l'interface de ces deux mondes savants. Savoirs scientifiques et culture humaniste sont liés et Bunge voyage d'un monde à l'autre, sans se soucier d'une dichotomie courante qui contribue à un inutile conflit des savoirs. C'est aussi un entre-deux-mondes géographique et social : une première vie en Amérique du Sud, puis le départ définitif pour l'Amérique du Nord.
    Une telle autobiographie se doit de revenir sur les aspérités de la vie comme sur ses bonheurs, tout comme elle doit tracer les trajectoires des rencontres avec des centaines d'éminents savants, amis ou adversaires. Avec une franchise inhabituelle dans ces milieux feutrés, au détour des pages fusent les concepts, les théories, les leçons pour les temps présents, les appels à la raison, les mises en garde contre les obscurantismes et les vaines promesses.
    Encore des entre-deux-mondes... L'auteur nous convie à l'exposé d'une vie de travaux incessants dans presque tous les grands domaines savants, permettant ainsi aux lecteurs francophones d'aborder les rives d'un vaste continent de connaissances, alors qu'il existe très peu de livres de Bunge en français, moins encore de biographie... Et si l'on adhère à ses idées, à sa démarche, à sa méthode, à son humour parfois cinglant, c'est avec un plaisir rare que l'on peut se sentir appartenir à une sorte de confrérie, celle des amoureux de la pensée rationaliste et humaniste, et de son partage.

  • La prévalence du trouble de la personnalité borderline est importante, estimée à environ 2% de la population générale et aux alentours de 10% de la population générale des adolescents. En 2008 a été créé un réseau borderline européen d´Etude de la Personnalité Borderline à l´Adolescence qui a mené une enquête s'appuyant sur la plus importante cohorte de personnalités adolescentes borderline. Les résultats de cette étude sont présentés dans cet ouvrage qui traite de l´identification des caractéristiques psychopathologiques, le diagnostic, les modalités thérapeutiques, les causes. Un futur ouvrage de référence pour tous les soignants confrontés à cette pathologie.

  • Trois reves freudiens

    Mario Cifali

    • Georg
    • 20 Octobre 1999

    Les résistances auxquelles Freud se heurte dans l'interprétation de trois rêves, conduisent l'auteur de ce livre sur la voie d'une mise en lumière nouvelle de l'Oedipe, - le conflit inconscient -, qui dramatise le désir d'amour.
    Entre la fiction investie d'affect et la vérité refoulée de l'inceste premier, une question surgit de l'analyse originelle de Freud : "Ne vois-tu pas le cauchemar le la chose bien étrange ?" La réponse à cette question, l'auteur la découvre dans l'arrière-pays de la vie psychique.

  • L'orthographe, un carcan?

    Mario Périard

    En effet, les personnes qui ne manient pas suffisamment bien les règles orthogra-phiques en payeront le prix fort.

    Si on vous disait que tout ce que vous croyez essentiel à l'écriture du français n'est qu'un ramassis d'idées préconçues auxquelles vous n'êtes pas tenues d'adhérer ? Au fond, qu'est-ce qui vous empêche d'écrire éléfan au lieu d'éléphant, ou de laisser les participes passés invariables ?

    L'orthographe n'est-elle pas aujourd'hui une sorte de dogme, tant il est malaisé d'oser la contester ou la réformer sans se faire pratiquement accuser de sacrilège ?
    Mario Périard s'attèle à déconstruire les principales idées reçues sur l'orthographe. Il vous convie à revisiter ces lieux communs mille fois répétés, ces prétextes pour maintenir le plus grand nombre dans un carcan normatif inaccessible, contradictoire, trop souvent illogique, farci d'exceptions à n'en plus finir, un carcan qui conforte les privilégiées de l'expression dans leur chasse gardée.

  • Dans ce dictionnaire hors normes, conçu dans une perspective humaniste et scientifique, ontologie, épistémologie, méthodologie sont les domaines privilégiés par Mario Bunge. Si des entrées proposent un jubilatoire tir aux pigeons conceptuel(s) - loin de l'austérité érigée en canon du savoir -, d'autres exposent certaines des idées les plus constantes et fructueuses que l'auteur a développées durant des décennies, au point qu'il n'est pas exagéré de voir cet ouvrage comme un pan majeur de l'édifice bungéen, à savoir le matérialisme émergentiste qu'il a systématisé dans les huit volumes de son Treatise on Basic Philosophy (1974-1989). Ce dictionnaire, souvent insolent et subversif, n'est donc pas un banal exercice standardisé de compilation de définitions usuelles et consensuelles? mais un exercice de référence plutôt que de déférence. La pléthorique philosophie que Bunge désigne par le terme d'«?industrie de la philosophie?» est ici bousculée avec un allant qui nous fait sortir de la torpeur du conformisme de ce magasin de porcelaine, où les concepts déposés sur des étagères sont délicatement époussetés depuis des lustres par des coupeurs de cheveux philosophiques en quatre. Alors quand un éléphant - dont on sait qu'il est doué d'une intelligence et d'une mémoire peu communes - pénètre ce cocon, les bris de mots sont à redouter si l'on est à la recherche d'un énième manuel de bachotage, au contraire à espérer si l'on demande à la philosophie d'autres fruits que ceux de la ratiocination stérile ou du psittacisme de concours. Dès lors, lectrices, lecteurs, ce dictionnaire roboratif est pour vous. Comment mieux résumer en si peu de place la perspective de Bunge ici, sinon en reprenant une partie de sa définition de la passion?: «?Le complément de la raison. Ce qui alimente la raison ou ce qui la fait vaciller. Il n'y a pas de grande entreprise sans la passion et rien de bien ne se fait avec la passion seule.?»

  • Guerre, certainement; mais paix? L'image que l'on a aujourd'hui de l'Empire assyrien est celle d'un Etat cruel, voué à la guerre et pratiquant cet art avec une cruauté raffinée. Comme beaucoup de clichés, celui-ci ne rend pas vraiment compte d'une réalité autrement nuancée : s'il est vrai que les Assyriens affichent constamment une politique de conquête, il est tout aussi vrai que leurs souverains préfèrent les solutions pacifiques. Que les peuples affirment leur allégeance à l'Empire, et ils restent libres d'honorer leurs dieux, de respecter leurs traditions culturelles et d'organiser leur vie politique. Ces conférences concernent la période dite 'néo-assyrienne' (IX -VIIe s. av. J.-C.), dont la documentation abondante, fournie aussi bien par les textes que par les monuments, est exploitée avec rigueur : l'idéologie qui préside au jeu entre guerre et paix est soigneusement analysée, l'ouvrage accordant une part importante à l'étude technique des armements et des stratégies militaires.

  • De toutes les grandes idéologies du XXe siècle, la fasciste est la seule à naître avec le siècle. Troisième voie entre le libéralisme et le socialisme marxiste, elle propose une autre solution aux problèmes que posent la révolution technique et la révolution intellectuelle à la société européenne du tournant du siècle.
    Cette idéologie a nourri un projet non conformiste, avant-gardiste et révolutionnaire, capable de monter à l'assaut de l'ordre établi et de concurrencer efficacement le marxisme dans l'esprit et la faveur des intellectuels aussi bien que des masses.
    Le berceau du fascisme, c'est en France qu'on le trouve, dans le nationalisme intégral, la droite révolutionnaire, mais aussi le révisionnisme révolutionnaire sorélien, composante première du fascisme. Lancé en France, le révisionnisme révolutionnaire devient en Italie une force intellectuelle, politique et sociale. Alliés aux nationalistes et aux futuristes, les révisionnistes révolutionnaires italiens trouvent, en été 1914, les troupes, les conditions et le chef qui leur permettront de transformer en force historique la longue incubation intellectuelle commencée au début du siècle.

  • Franco basaglia

    Mario Colucci

    • Eres
    • 17 Juin 2005

    Franco Basaglia (1924-1980), psychiatre, fut l'une des figures majeures de la psychiatrie dite alternative, non seulement en Italie, où sa mise en cause de la condition des malades mentaux dans les hôpitaux psychiatriques fut ratifiée par la loi 180 (couramment appelée " loi Basaglia ") décidant de la fermeture de ces hôpitaux et de l'organisation de réseaux soignants au coeur des cités, mais aussi dans le monde, où il amena à une interrogation sur les " traitements " généralement " infligés " aux " fous ". Il fut aussi un grand intellectuel. La complexité et la richesse de sa pensée sont présentées ici sans caricature et sans que le lecteur soit sommé de prendre parti. Cette première véritable monographie consacrée à Basaglia situe le personnage et son action dans le panorama culturel et politique de l'Italie et de l'Europe du XXe siècle (dont la première moitié a vu la psychiatrie dominée par l'organicisme et une certaine violence institutionnelle), faisant apparaître, au bout du compte, que la façon dont une société traite la folie, c'est aussi la façon dont elle se traite elle-même. Les questions soulevées par la psychiatrie alternative italienne non seulement n'ont rien perdu, avec le temps, de leur pertinence, mais elles s'avèrent même, dans la situation de crise que traverse aujourd'hui la psychiatrie, d'une brûlante actualité.

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