• « Il existe d'innombrables quêtes du père, de non moins innombrables cultes de l'image du père, et des travaux très exégètes sur le souvenir du père... je vais apporter ma petite pierre à l'édifice : j'entreprends aujourd'hui d'écrire le roman qui va faire de mon père disparu le personnage qu'il mérite. Je ne cherche pas à connaître la vérité, je serai contrainte d'inventer car tous ceux qui le connurent ont disparu, seul Javier, son frère aîné, s'il vit encore, ce dont je doute, pourrait témoigner de choses vraies, et alors je pourrais enjamber les ponts entre les époques, choisir et ordonner les faits pour établir une vérité, biaisée mais plausible. » Successivement berger, évadé de France, prisonnier des franquistes, marin, ouvrier... Amant, mari, accessoirement père de famille... disparu de la circulation un beau jour de 1982... de la France à l'Argentine, via l'Espagne et l'Indochine, Pablo Guttiérez constitue une véritable énigme. Marie Guttiérez et son compagnon, Daniel Cordon, mènent une enquête qui les conduit du Pays Basque en Argentine à la recherche de cet homme insaisissable. Une véritable quête où l'on retrouve le goût de l'auteur pour le roman choral.

  • Les Amis devenus

    Marie-Claire Mir

    Hélène a constaté des ressemblances entre les personnes qu'elle rencontre dans sa vie d'aujourd'hui et des gens qu'elle a connus jadis, au cours de ses nombreuses pérégrinations. Ces ressemblances réveillent peu à peu sa mémoire. Au fur et à mesure qu'elle avance dans ces rapprochements au départ fortuits, anodins, elle s'approche de violents secrets tapis au fond de l'oubli.

  • Après la lettre

    Marie-Claire Mir

    « Les grands-parents sont morts, Papa est mort, quand Maman disparaîtra, plus personne ne pourra révéler la véritable identité du père d'Antoine, le secret de famille disparaîtra dans son essence même, plus personne ne pourra rien faire, rien dire, et ses filles et ses petits-enfants ne pourront jamais répondre à la question des antécédents familiaux, des maladies héréditaires, du génie génétique et tout le toutim. » À l'occasion du décès de son père adoptif, Antoine apprend par sa mère le nom de son vrai père. Il décide de lui écrire. En attendant la réponse, il essaie de reconstruire une histoire à laquelle vont contribuer, sans qu'il le sache, deux autres protagonistes. L'auteur juxtapose trois regards qui montrent que la vérité sur les êtres n'est pas immuable. Encore une fois, Marie-Claire Mir nous propose des personnages fouillés dans ce récit à trois voix qui explore avec beaucoup de sensibilité les ressources de l'écriture. Celle-ci pourra-t-elle sauver la vie ?

  • L'embellie

    Marie-Claire Mir

    « Elle prit l'habitude de penser à lui et il se mit à incarner un idéal. Sans rien savoir de lui, elle décida d'en faire un but, de consacrer toute son énergie à le conquérir. Elle n'était pas absolument certaine qu'il soit dans la même disposition d'esprit, mais qu'à cela ne tienne elle en vint à croire qu'il y avait entre eux une entente tacite pour qu'un jour ils envoient promener leur existence respective, la vie respective que chacun avait construite et vivait de son côté, elle pensait à lui, rêvait de lui avec véhémence, elle ne savait pas s'il s'agissait d'amour parce qu'elle n'avait jamais bien su définir en quoi l'amour consistait, elle avait jeté son dévolu sur lui, et rien d'autre ne comptait plus pour elle. Il devint une idée fixe. » Yves est sorti de sa vie il y a trente ans, et pourtant elle n'a jamais cessé de penser à lui depuis. Osera-t-elle l'inviter à la fête d'anniversaire de ses soixante ans ? Ce roman en forme de dialogue intérieur, aux couleurs vieillies des souvenirs pourtant vivaces, donne lieu à une intense et intime réflexion sur l'amour et le sens que chacun y donne dans sa vie. Avec beaucoup de sensibilité et d'abnégation, M.-C. Mir livre ici ses doutes, ses rêves et ses regrets, dans une sorte d'autopsie de son histoire d'amour passée. Un livre touchant de réalisme et d'introspection.

  • « Il jugeait sa femme, La Mère, injustement, bête, soumise, elle n'avait pas su, elle, profiter de cette distance dans le rapport avec les hommes qui confère aux femmes une certaine acuité d'observation acquise dans l'obligation de réserve qui leur est imposée, ou qu'elles s'imposent elles-mêmes, tellement convaincues d'être persona non grata qu'elles ne prennent pas part aux conversations ou se réfugient dans un mutisme dont tout le monde ignore qu'il nourrit une distance ironique par rapport aux hommes. Cette distance ironique eût paradoxalement sauvé La Mère du mépris dans lequel la tenait son époux. Elsa avait su sortir du nombre et voilà qu'elle rentrait dans le rang, c'était incompréhensible [...] » Mosaïque de qui et de quand, porté par une plume fluide et sans temps mort, le roman choral de Marie-Claire Mir navigue des années soixante à nos jours, par flash-back, comme autant de touches impressionnistes. Dépeignant avec sensibilité une galerie de personnages fouillés et plus vrais que nature, elle observe avec justesse les désaccords, les heurts et les noeuds qui lient et délient les destins.

  • Amis mystérieusement disparus, secrets de famille, choix de vie reconsidérés, blessures anciennes, mythes fondateurs, deuils inaccomplis... Plusieurs femmes se souviennent tour à tour de ces vieilles histoires qui surgissent inopinément dans la mémoire et dont la charge émotionnelle s'accentue à mesure que le temps passe. L'écriture leur procure la finition qui leur manquait dans le désordre du souvenir sans toutefois en résoudre l'énigme... L'auteur prête à ses neuf narratrices une mémoire sans concessions qui fait renaître dans le présent les souvenirs que l'on croyait enfouis. Parfois désabusée, toujours touchante, cette galerie de portraits incarne la féminité sous ses multiples visages et frappe par son authenticité.

  • « Je me demandais si je n'étais pas en train de me perdre dans une histoire qui ne m'appartenait pas, un peu comme on reste sur le plongeoir pour se donner du temps avant de sauter, je me demandais aussi s'il était bien dans l'intérêt de Sandrine de continuer à se cacher, enfin, j'avais la désagréable impression d'avoir été alpaguée, le mot n'était pas trop fort, à cause de ma générosité maladive, et de me retrouver plus ou moins dans l'obligation de recueillir cette fille. Au moins, si j'en savais un peu plus, aurais-je l'impression de maîtriser davantage la situation... » Comme une seule femme propose huit portraits de femmes dans le regard d'Hélène qui recueille en huit récits huit femmes qu'elle a bien connues. Chacune d'elle est saisie à un moment de son histoire qui révèle un aspect de « la difficulté d'être femme » dans certaines situations. Ces histoires sont graves parfois, mais la narratrice reste nourrie d'empathie pour ses personnages.

  • Tout cela

    Marie-Claire Mir

    « C'est un silence qui désespère la parole. Ou bien son silence est une sorte de machine de guerre, ou bien sa langue n'a pas de mots pour me parler, à moi. Peut-être s'agit-il d'un amour qui ne sait pas se dire. Peut-être s'agit-il simplement d'une sorte de paresse de son âme à dire l'indicible ».

    Affronter Le silence des siens, refuser de fuir et de ne pas comprendre. Remuer Le passé et lui faire face, à défaut de pouvoir interroger ceux qui en détiennent Les clés. Essayer coûte que coûte de Lever le voile, ne serait-ce que par bribes, pour donner un sens à Tout cela.
    En quête de réponses, l'auteur progresse dans la construction d'une vérité plausible en s'appuyant sur des recherches, mais aussi en formulant des hypothèses qui l'amènent aux confins de la fiction, avec les risques que cela comporte. C'est un véritable travail d'écriture, un récit qui marquera le lecteur par sa pudeur et sa sincérité désarmante

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