• Ce cosmos industriel fait de poutres en acier Corten, s'inspire du caractère spontané du développement du monde végétal pour s'affranchir de toute influence de la volonté humaine. Une expérience physique et artistique de l'espace, de la poésie, et de l'imprévisible, analysée avec maestria par l'historien de l'art et conservateur du patrimoine Maurice Fréchuret dans un essai inédit.

  • La conciliation de l'art et de la vie, au coeur de la réflexion et de la pratique de nombreux mouvements de l'époque moderne et contemporaine.

    Concilier l'art et la vie, tel est le projet de nombreux artistes depuis le XIXe siècle. Enrichir l'existence par de nouveaux apports artistiques ou faire se confondre art et vie est au coeur de la réflexion et de la pratique de nombreux mouvements de l'époque moderne et contemporaine. Ainsi, les protagonistes d'Arts & Crafts et les autres artistes influencés par la pensée de John Ruskin travaillent au décloisonnement des pratiques artistiques. Les dadaïstes critiquent les valeurs établies et remettent en cause la notion même d'art, rejetant une activité pour eux dépassée. D'autres mouvements d'avant-garde comme le néoplasticisme, le suprématisme, le constructivisme, le productivisme..., en phase parfois avec les mouvements révolutionnaires naissants, visent eux aussi à accorder l'art et la vie Après la seconde guerre mondiale, et sans doute parce que jamais autant la personne humaine et son existence même ont été niées, le rapport de l'art et de la vie revient au centre de tous les questionnements. Les lettristes révolutionnaires engagent une réflexion que les situationnistes vont poursuivre et développer de manière exemplaire. Au même moment, en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Asie, des mouvements se constituent avec comme objectif de dépasser la pratique artistique en la transformant en autant de séquences de vie. Les propositions de Gutaï, de Fluxus, du groupe Ecart, du groupe Untel, comme celles de créateurs plus individuels, trouvent aujourd'hui encore à résonner dans l'oeuvre de jeunes artistes qui, renonçant à produire de nouveaux objets, privilégient la richesse des échanges et la qualité de la relation.

  • Une typologie de l'effacement comme geste artistique au cours du XXe siècle.

    Effacer, dans le domaine artistique, est synonyme de correction ou de modification. Appelée communément « repentir », cette intervention exprime la maladresse voire la faute et qualifie l'oeuvre dans ce qu'elle a de faible et d'inadéquate. Dans le domaine de la politique ou de la publicité marchande, la pratique de l'effacement est indéniablement liée au mensonge et à la dissimulation. L'histoire, depuis des décennies, a présenté maints exemples de ces frauduleuses interventions qui ont pour but de corriger son cours. Transformer cette action, si fondamentalement négative, en une pratique susceptible de déboucher sur des ouvertures nouvelles, voilà ce à quoi, au cours du XXe siècle et aujourd'hui encore, les artistes ont abouti. En pratiquant l'effacement, c'est-à-dire en travaillant à rebours, ils ont su enrichir exemplairement la création artistique. Le geste historique de Robert Rauschenberg effaçant, en 1953, un dessin de Willem De Kooning, les propositions exemplaires de Marcel Broodthaers, Claudio Parmiggiani, Roman Opalka, Gerhard Richter croisent, celles plus récentes d'Hiroshi Sugimoto, d'Ann Hamilton, de Jochen Gerz, de Felix Gonzalez-Torres mais aussi celles des artistes de la génération actuelle comme Zhang Huan ou Estefanía Peñafiel Loaiza... Autant d'exemples qui invitent à reconsidérer ce geste paradoxal et à l'appréhender dorénavant comme une pratique véritablement artistique.

  • Maurice Fréchuret s'intéresse ici à la " débandade " de la sculpture il suit les manifestations d'une matière qui n'est plus taillée, dressée, érigée mais laissée à ses propres tendances.
    II s'intéresse à un art qui n'édifie plus mais laisse tomber, couler, pendre, s'amasser les matériaux. Une étude approfondie de quatre oeuvres de Marcel Duchamp (notamment le célèbre Trois stoppages-étalon) lui permet de réfuter l'idée d'un Duchamp simplement iconoclaste et de dégager ce que ces oeuvres ont d'exemplaire, que ce soit par l'utilisation et la " mise en conserve " du hasard ou par l'introduction de l'élasticité des formes.
    Maurice Fréchuret propose de regrouper un vaste ensemble d'oeuvres du XXe siècle, et plus particulièrement des années 1960 et 1970, sous trois catégories entasser, laisser pendre et nouer. La puissance opératoire de ces catégories permet des rapprochements inédits et significatifs. Le livre inaugure une nouvelle histoire de l'art, diagonale, transversale, plus attentive aux objets qu'à la simple chronologie des mouvements et aux classifications habituelles.
    Un nouveau regard sur la fin de l'art moderne. Ce livre publié pour la première fois en 1993 a suscité un fort intérêt; c'est pourquoi nous avons voulu le rendre à nouveau accessible aux lecteurs. Nos éditions ont déjà publié de Maurice Fréchuret La machine à peindre.

empty