Les commandes sur le site internet sont suspendues jusqu'au : 14/02/2022

  • 1946, Michel Audiard revient au journalisme. Il signe alors une série de reportages sur le Paris de l'après-guerre, fortement marqué par les années de l'Occupation : tickets d'alimentation, marché noir et crise du logement n'ont pas disparu. Pour L' Étoile du Soir, il se rend aux quatre coins de la Capitale, mais n'ignore pas les banlieusards ou les habitués des bords de la Marne. Il « couvre » l'actualité politique, sportive ou culturelle, et ne manque ni les bals populaires ni les fêtes foraines. Jeune reporter infatigable, Michel Audiard prend aussi la plume pour écrire des contes et des nouvelles. Sombre avec « Deux hommes sur le quai », il se montre autobiographique et sentimental avec « La plus belle fille du monde », ironique et mordant avec les confidences fielleuses de la concierge qui en sait beaucoup sur le fou du quatrième, un existentialiste, ou sur la petite du second, une créature.

  • Requiem, complainte ou rêverie hallucinée, La nuit, le jour et toutes les autres nuits ressuscite le Paris populaire. On y croise Quenotte, fille d'un « charbon, vins, liqueurs » de la rue Saint-Jacques, tondue le dernier jour d'août 1944, et Myrette, la prostituée aux yeux couleur d'huître. On y retrouve la grosse Sophie Clodomir, ancienne championne de basket et joueuse de banjo, ou encore l'inénarrable Pamela de Sweerte, la femme du monde « aurifiée, emperlousée, sertie, damasquinée », dont le narrateur guette les fabuleuses apparitions.

    Une ballade autobiographique à travers Paris et ses personnages qui est aussi une promenade à travers la langue française. Michel Audiard plaçait la littérature au-dessus de tout, même du cinéma. Grand lecteur, ce fabuleux conteur, habile avec les mots et les images, se rêvait écrivain plutôt que scénariste.

  • Le chant du départ

    Michel Audiard

    • Fayard
    • 25 Octobre 2017

    Au Grand Vizir, bistrot donnant sur les miches verdâtres du lion de Denfert, on croise toute une galerie de personnages sur le retour. La grosse Clodomir, tout droit sortie de La Nuit, le jour et toutes les autres nuits, Vera Varlope, un boxeur, un comédien qui attend son heure et Monsieur Michel, cinéaste. Au son menaçant des Caterpillars détruisant le quartier, Audiard tisse sa trame nostalgique d'un Paris menacé de disparaître, en revenant sur des souvenirs encore brûlants de l'Occupation et de projets professionnels avortés.
    L'Instinct de mort, acheté par Belmondo pour être co-scénarisé avec Modiano, finira au placard lors de l'évasion de la Santé de Mesrine. On ne meurt pas d'amour aux Iles Borromées, scénario inédit de 67, sert de prétexte pour proposer à Vera un rôle de stripteaseuse. Ensemble ils écrivent le roman impressionniste d'une ville et d'une époque, où les promenades nocturnes d'une rive à l'autre de la capitale ont valeur d'épopée.

  • Le présent recueil a pour ambition de montrer les auteurs au travail : les scénarios, qui divergent parfois sensiblement du film, sont accompagnés d'un appareil critique et d'une présentation qui permettent de retracer le cheminement du projet, depuis le choix du roman jusqu'au film achevé.

  • Cette année, nous fêtons les 100 ans de la naissance de Michel Audiard. On le sait peu, mais l'auteur des «Tontons flingueurs »ou de «Mélodie en sous-sol »est celui qui a le plus adapté Georges Simenon au cinéma. Entre 1956 et 1961, il a collaboré à pas moins de six films tirés de l'oeuvre de l'écrivain belge, le père de Maigret, auquel il vouait une grande admiration, le tenant pour "le plus grand romancier vivant". Ce volume donne à lire les scénarios de trois de ces adaptations, dont Audiard fut à la fois le coscénariste et le dialoguiste : «Le Sang à la tête» (1956) de Gilles Grangier, «Maigret tend un piège» (1958) de Jean Delannoy et «Le Président» d'Henri Verneuil (1961). Trois films qui ont Jean Gabin pour acteur principal, à l'époque où Michel Audiard était son dialoguiste attitré et où l'acteur était devenu l'interprète simenonien par excellence.

empty