• Paul Morand pouvait être antipathique, infatué de sa personne, insultant envers ses collègues écrivains, avec des bouffées d'antisémitisme, de misogynie ou d'homophobie. Sa défense du colonialisme et, sous l'Occupation, de la politique collaborationniste de Vichy fut délibérée et constante. La publication de son Journal inutile avait fait scandale, et la reprise de ses oeuvres en Pléiade en 2005 fit de même. Et pourtant Paul Morand est indéniablement un grand écrivain. L'un de ceux qui sont capables, en une formule concise, de retrouver un style, d'évoquer un univers ou une atmosphère. Poursuivie sur près de soixante ans, l'oeuvre littéraire de Paul Morand est considérable et embrasse tous les genres. Trente ans après la mort de son auteur, en 1976, elle n'a pas encore fait l'objet d'une étude d'ensemble. Les quatorze chapitres qui composent cet ouvrage associent étroitement l'étude de la biographie et celle des oeuvres littéraires, en faisant appel à des correspondances et des documents inédits ; ils apportent des mises au point précises sur divers aspects controversés de Morand, tout en s'efforçant de replacer sa production littéraire sous l'éclairage des grands débats idéologiques qui furent ceux de son temps.

  • La réflexion critique sur les rapports entre la littérature et la guerre avait longtemps privilégié, en France, les oeuvres portant sur la Seconde Guerre mondiale. La commémoration du Centenaire de la Grande Guerre a permis de rattraper ce retard en faisant éclore un grand nombre de publications et, surtout, en croisant l'approche littéraire avec celles des sciences humaines. Cocteau ne pouvait être oublié par ces travaux, lui qui voulut participer à la lutte dès le premier jour bien qu'il fût exempté, et qui, devenu mobilisable en 1916, passa six mois comme infirmier sur le front belge.

    De son côté, la perception publique de ses années d'Occupation est largement saturée par le regrettable "Salut à Breker", en 1942, que beaucoup voulurent lire comme un insupportable "Salut à Hitler" valant profession de collaboration. Ce volume voudrait corriger cette image simplificatrice en privilégiant l'approche par les discours et les oeuvres : le journal Le Mot, Parade, les grands poèmes de guerre (Le Cap de Bonne-Espérance, Discours du grand sommeil), Thomas l'imposteur ; les adresses aux jeunes écrivains, les textes sur la chanson, Allégories, La Machine à écrire, L'Éternel retour... En temps de guerre, la critique tend à surpolitiser le champ culturel et à en observer les effets sur l'inspiration des écrivains et leurs comportements publics, notamment médiatiques.

    Le cas de Cocteau montre qu'il n'est pas moins intéressant d'étudier les résistances d'un écrivain à cette surpolitisation, ses retraits, ses dilemmes, voire ses refus, lien ressort l'image d'un homme assez esthète pour voir la guerre comme un théâtre, assez marqué par la Grande Guerre pour approuver la "paix honteuse" des accords de Munich, assez anarchiste pour se tenir à l'écart des idéologies totalitaires, assez humain pour s'indigner du racisme d'État, assez pacifiste pour s'accommoder de la "paix honteuse" des années d'Occupation, assez Français pour défendre les "territoires de l'Espril" contre Vichy, et assez individualiste pour défendre plus que tout sa création.

  • La fin des années 1980 voit l'émergence d'un nouvel ordre mondial caractérisé par l'avènement de la globalisation. le système capitaliste devient alors la réponse la plus satisfaisante - mais aussi la plus controversée - aux défis politiques, économiques et culturels à venir. aujourd'hui, trente ans plus tard, les cartes sont de nouveau redistribuées : crise économique, inégalités sociales, exigences environnementales... Comment les entreprises doivent-elles réagir face à ces nouvelles contraintes ? peut-on concilier impératif de croissance et croissance durable ? Capitalisme et humanisme ?
    Plongée claire et pertinente dans le monde de l'entreprise, plaidoyer pour l'entreprise nous propose une réflexion optimiste sur le rôle des entreprises en période de crise ainsi que sur la capacité de ces dernières à construire le monde de demain.

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