• La Pierre, sujet aride (s'il en est!), dense, pesant, mais, également, fondamental, originel, premier.
    Roche, minerai, minéral, joyau, pierre cubique, qu'est-elle vraiment? Voilà le fruit de la Terre mère, lentement mûri dans ses entrailles fécondes, ou le météore produit par quelque feu ouranien. Lia Fail, reine pétrifiée, émettait des sons quand un roi venait s'asseoir près d'elle. Entre le rocher ou le bloc aux vertus curatives et magiques, et la pierre cubique, y a-t-il seulement une différence? L'un est brut et l'autre taillée ou recomposée.
    Celui qui ne mortifie pas sa matière, peut-il espérer parvenir à la pierre philosophale? Le curieux, avide, recherche vainement le lien qui associe le porphyre, le cristal, le lapis-lazuli ou le marbre et l'or potable. Perdu dans le miroitement de pierreries étincelantes, aussi vaines que dispendieuses, il ne sait plus s'il faut broyer du cinabre ou avaler du diamant pour gagner l'immortalité. Pourtant, le principe actif du règne minéral est la meilleure des médecines.
    L'âme de la pierre égare les imprudents ou les sots. Quant au carrier, il se demande où il va quérir sa première pierre, ou sa pierre d'angle. Il a oublié, tout simplement, que la pierre principe existe de toute éternité, au centre du monde. Pour quelques-uns, la pierre suppose une vie entière d'études.

  • Magie blanche

    Myriam Philibert

    Myriam Philibert nous propose un ouvrage consacré aux arts magiques, pour comprendre la magie blanche.
    Car la magie n'a rien de ténébreux, mais appartient à ces mondes non visibles ou non perceptibles par nos cinq sens. La magie blanche suppose, quant à elle, un total désintéressement et procède d'une démarche d'amour. C'est ce qui la sépare de la magie noire à but égoïste ou égotique. Naturellement aucun travail ne peut se concevoir sans la connaissance de soi-même. Pas d'entrée dans l'art magique sans harmonie personnelle.
    L'auteur nous entraîne dans les divers arts magiques : métaphysique, occultisme, numérologie, symbolique, astrologie, alchimie, magnétisme, onomastique, musique... Mais le lecteur sera fort intéressé par tous les aspects pratiques permettant d'avancer dans le domaine. Invocation, évocation, exorcisme, divination, alchimie opérative, pentaculaire (pentacles, talismans, amulettes), thérapeutique (pierres, couleurs, potions, élixirs de longue vie), maîtrise des éléments.
    Tous ces aspects sont traités de façon concrète. Ainsi, par exemple, serez-vous guidé dans la confection d'un talisman, le choix du jour et de l'heure d'action, le rituel à employer, le cabinet où oeuvrer, le miroir à utiliser, la lampe de sagesse à employer, la baguette ou l'épée à accepter, le pouvoir du cercle et de l'anneau, celui de la clé... Mais jamais le lecteur ne devra oublier que l'essentiel de la magie tient dans la puissance de la volonté de l'opérateur qu'il est lui-même.

  • " Les hommes qui ont bâti Stonehenge n'ont pas contemplé la même étoile Polaire que nous.
    Pour eux, elle se trouvait dans la constellation du Dragon. Et si le Pôle Nord de l'époque différait du nôtre, le soleil ne se levait pas, aux solstices et aux équinoxes, aux mêmes endroits qu'aujourd'hui. La conclusion s'imposait, limpide : au temps de la construction de Stonehenge, le soleil ne pouvait pas se lever, le jour du solstice d'été, sur la Heel Stone. Ici était le secret de Stonehenge : la Heel Stone indiquait le nord.
    " Myriam Philibert, docteur en préhistoire à l'université de Paris I, pose un regard neuf sur le site mégalithique le plus fascinant de tous : Stonehenge. Elle évoque la genèse du site et les aménagements successifs, son caractère de terre sacrée, son rôle de calendrier et son message symbolique. Elle s'interroge sur la dérive des pôles. Mais celle-ci n'aurait-elle pas aussi une importance symbolique liée à la perte de l'unicité primordiale ? Avec le ballet inversé du soleil et de la lune, la dualité s'est imposée.
    Mais le moment n'est-il pas venu de préparer la fête de la récréation du monde ?

  • L'art pariétal ou rupestre livre d'étonnants messages à qui cherche à le décrypter. La naissance du monde met en exergue une Déesse mère divinement attirante ou un oeuf cosmique souvent double. La hiérogamie prend ensuite le relais avec la Vache sacrée et le Taureau divin, ou avec l'iguane et le serpent. Parfois, à l'âge du fer, les scènes deviennent réalistes et frôlent l'orgie. Descend-t-on vers l'humain ? La création va bientôt revaloriser le travail de l'artisan, qu'il soit forgeron, potier ou bâtisseur. Dès lors, l'écriture entre en jeu. Des poèmes chantent le temps où l'univers n'existait pas, puis sa venue au jour. L'espace et le temps entrent en action et, périodiquement, il convient de le recréer - le Soleil généreux joue alors un rôle moteur. Il arrive qu'un combat ou un sacrifice soient nécessaires à cette restauration : des héros zélés ou des dieux compatissants se livrent à la lame du prêtre. Ainsi la roue des cycles peut-elle poursuivre son destin. Les formulations les plus anciennes sont souvent les plus simples : elles se passent de mots. Cet ouvrage se propose d'établir les liens qui unissent les plus anciens textes de la Tradition et l'art pariétal et rupestre le plus archaïque, et de mettre en lumière les bases fondamentales de la cosmogonie.

  • Dans toute civilisation, le centre est le fondement du sanctuaire. Tout plan a certes pour base la géométrie. Toutefois, l'image du monde n'est pas dans ce point idéal tracé au compas. S'il séduit ceux qui tiennent à donner une expression graphique aux nombres, les rêveurs cherchent ailleurs un coeur. Analysant de nombreux édifices sacrés à travers le monde (pyramides, temples, églises médiévales), Myriam Philibert montre que le cercle suppose des extensions, un sommet comme axe vertical et la magie du plan comme développement horizontal. Le carré et ses dérivés lui donnent alors une concrétisation. Ces édifices se lancent à l'assaut du ciel, centres manifestes ou révélés. Mais encore... L'île, intemporelle et vague, la grotte des origines à l'obscurité propice, la montagne sainte et altière, ou la triple enceinte refermée sur un oppressant secret, toutes ces images du monde peuvent prétendre au titre de centre. Certains existent vraiment : Borodur, Jérusalem, Machu Picchu, Babylone, Rome, Pékin ou Delphes. D'autres ne se révèlent qu'aux yeux de l'esprit, en quête de quelque Atlantide ou Graal, fixés sur un autel de sable balayé par le temps, le vent ou la volonté, ou sur quelque roue sacrée de leur propre corps. Cette étude érudite et passionnante nous fait pénétrer au coeur même des symboles fondamentaux.

  • Depuis la découverte, par l'homme de Neandertal, de la scission entre vie et mort, entre corps et esprit, chaque grande civilisation a tenté de répondre aux interrogations suscitées par la mort, le plus souvent par le mythe de l'immortalité.
    Mais est-ce vraiment un mythe ? A certains moments, les hommes ont vraiment espéré qu'ils pourraient devenir " dieu ", justement en franchissant les portes de la mort. Mort et Immortalité nous invite à découvrir toute la variété des idées et des rites attachés à la mort et à l'immortalité. Car des premières tombes garnies d'offrandes du paléolithique aux pratiques liées à la réincarnation dans les sociétés agricoles, ces conceptions n'ont cessé de se modifier.
    Ainsi l'Egypte antique inaugure la foi en un pharaon devenant étoile dans la mort, au prix de la conservation intacte de sa momie, tandis que certains peuples du Proche-Orient, plus pessimistes, estiment que même les dieux sont mortels, déclenchant une grave crise dans les idéaux. Des Celtes aux Grecs, des Chinois aux Européens du Moyen Age, ces différentes visions vont s'enrichir encore, s'opposer parfois, jusqu'aux croyances qui nous animent aujourd'hui.
    Passionnant voyage à travers le temps, cet ouvrage, par sa clarté et son érudition, permet de mieux penser un des derniers grands tabous de notre civilisation.

  • Ce numéro 51 se préoccupe du Graal, si souvent évoqué dans nos colonnes, mais le Graal dans nos Pyrénées ! Pour nos abonnés de longue date, je ne peux que conseiller de rapprocher cette étude de Myriam Philibert à celles de Georges A.D Martin et de René Descazeaux, le tout constituant un jeu de piste passionnant, voire étonnant !

  • Le labyrinthe apparaît, tout d'abord, comme un graphisme ornant les parois rocheuses de nombreuses régions, dès la fin du Néolithique.
    C'est également un mot étrange et l'un des mythes les plus fameux de l'humanité, enjolivé par les Grecs. On s'y égare, sans fil d'Ariane ! Au temps des cathédrales, cet archétype universel reçoit une résonance mystique. Aujourd'hui encore, on peut le concevoir et le matérialiser d'une manière totalement ludique ou selon les règles immuables de l'architecture sacrée. Enfin, une partie des labyrinthes obéit à un propos hermétique et signe le Grand oeuvre alchimique.
    Après une série d'approches expérimentales pleinement réussies, on peut dévoiler trois niveaux de perception de la structure. Le héros ou le pèlerin, émules de Thésée, errent sur un chemin complexe et trompeur. Le bâtisseur est susceptible de réaliser une aire sacrée. Mais il s'efface devant le concepteur, maître absolu du jeu.
    Ce livre est le fruit d'une longue recherche sur l'archéologie, l'architecture sacrée, l'alchimie opérative.
    Il fait suite à une série d'ouvrages sur la mythologie, les mégalithes, la symbolique (Le Grand Secret des pierres sacrées, Les Mythes préceltiques, Les Quatre Eléments, Dictionnaire des symboles fondamentaux...). Il offre surtout une approche originale, qui tente de repousser les limites de la connaissance.

  • De karnunos au roi arthur

    Myriam Philibert

    • Rocher
    • 22 Février 2007

    cet ouvrage porte sur l'évolution de la culture celtique, depuis ses origines jusqu'aux bouleversements induits par le christianisme.
    le point de départ est un dieu de nature igné, karnunos, tantôt diurne et tantôt tourné vers l'autre monde, et le point d'arrivée, le plus grand enchanteur de tous les temps, merlin, père spirituel d'arthur. entre ces deux extrêmes s'est produite une mutation culturelle. des écoles à mystères druidiques, le haut moyen age a retenu les écoles bardiques, réputées pour leur faconde. dans un tel contexte, qui est arthur ? a-t-il vraiment existé ? le fondement de la tradition celtique, la foi en la réincarnation et en son aboutissement, le monde blanc, a-t-il survécu au christianisme, à travers le mystère de la table ronde et du graal ? un voyage érudit et passionnant aux sources de la culture celtique.

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