• Nâzim Hikmet, partout célébré comme l'un des plus grands poètes de ce siècle, est aussi l'un des témoins majeurs des tourmentes, des révolutions, des tragédies et des combats de son temps.
    Treize années passées dans les prisons turques, avant de connaître l'exil, ont fait de lui un symbole, un porte-voix. Mais ce profil militant, loin de limiter l'espace de son oeuvre poétique, en assure au contraire l'élan, la vérité, la force. C'est qu'à la sincérité d'un engagement, à la générosité qui est chez lui une seconde nature, Hikmet ajoute la simplicité et la grâce : sa poésie traduit comme aucune autre, dans une langue directe, étonnamment pure, le rayonnement et les souffrances d'un destin individuel qui ne se tient jamais à distance des aventures collectives ni des sources de la mémoire populaire.Poète banni (l'État turc a attendu 1993, soit trente ans après sa mort, pour le réhabiliter), Nâzim Hikmet ne fut pourtant pas un poète maudit.
    Censurés dans son pays, ses poèmes ont couru le monde et rencontré un immense écho.
    Cette anthologie propose un parcours d'ensemble dans une oeuvre multiforme qui conjugue pièces lyriques, notations véhémentes, instants saisis au vol, élégies et vastes fresques épiques.
    La poésie de Nâzim Hikmet, sans jamais céder à la grandiloquence, participe d'une ambition immense : changer l'ordre des choses en changeant l'image qu'on en donne.

  • Cette nouvelle édition de C'est un dur métier que l'exilde Nâzim Hikmet reprend, outre les poèmes déjà contenus dans l'édition précédente, plusieurs poèmes qu'avait adaptés en français le poète Charles Dobzynski et qui figuraient dans l'Anthologie poétique publiée par les Editeurs français réunis, puis par les éditions Messidor.
    Figureront aussi dans cette édition nouvelle deux préfaces écrites pour les premières éditions d'Hikmet en français, une par Tristan Tzara, l'autre par Philippe Soupault. Ainsi qu'un entretien qu'avait eu Charles Dobzynski avec Nâzim Hikmet en 1958, à Paris.
    Cette anthologie est la seule dont les textes français aient fait l'objet d'une révision par Nâzim Hikmet.

  • Nâzim Hikmet, qui a passé une grande partie de sa vie en prison ou en exil, est l'une des très grandes voix de la poésie turque et de la poésie universelle. La première anthologie de ses poèmes avait été publiée en France, en 1951, alors qu'il venait juste d'être libéré de prison et qu'il s'apprêtait à fuir laTurquie (pour échapper à de nouvelles persécutions qui auraient certainement entraîné sa mort). Les poèmes étaient traduits en français par Hasan Gureh. L'anthologie que présente le Temps des Cerises a été composée et traduite en français par le poète Charles Dobzynski, qui a travaillé sur ces adaptations avec Nazim Hikmet lui-même, lors des rencontres qu'ils eurent dans les années 50 et 60 à Paris et Varsovie. Ce choix, ample et représentatif, donne à entendre la voix de Hikmet, chaude, fraternelle, profondément humaine, amoureuse de la vie et de la justice. D'Hikmet, Philippe Soupault disait qu'on ne pouvait pas le lire sans en être changé.

  • Ceci est un rêve est une surprenante opérette, dans laquelle l'auteur orchestre avec humour et fantaisie un vaudeville oriental, riche en impostures et quiproquos, intrigues amoureuses et situations burlesques. Les passagers d'une croisière, sous l'effet de quelques cigarettes très spéciales, sombrent dans un rêve tout aussi particulier...
    Ferhad et Sirin, écrit en prison, est une histoire d'amour inspirée d'une légende populaire. On y retrouve l'intérêt de l'auteur pour les contes et les thèmes épiques. Ferhad, peintre décorateur, doit, pour retrouver sa bien-aimée, la princesse Sirin, percer une montagne pour amener l'eau jusqu'à la ville, où le peuple meurt de soif.
    Ivan Ivanovitch a-t-il existé ? était jusqu'à présent la seule pièce de Nâzim Hikmet à avoir été publiée en français. L'auteur explore le réalisme socialiste, mais toujours avec le même regard critique, contre le culte de la personnalité et le régime stalinien.

  • Le texte de Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé oe, écrit entre 1930 et 1932, fut publié à cette dernière date à Istanbul. Il est l'oeuvre d'un jeune poète de trente ans qui a déjà publié plusieurs recueils de poèmes depuis 1929, dont La Joconde et Si-Ya-Ou. Mais il est surtout la conclusion, certes provisoire, d'un homme qui, tout au long des années vingt, a pris une part active à la vie politique de son pays.

    C'est quand il sort de prison qu'il entame la rédaction de Benerdji. Comment ne pas voir là l'influence plus que probable de l'expérience personnelle de Nazim Hikmet, vécue à l'intérieur du Parti Communiste Turc ? Mais l'année 1930 est importante pour l'auteur à plus d'un titre. Avec celui de Vladimir Maïakovski, le 14 mars 1930, le suicide acquiert une signification plus que symbolique, en dépassant le cadre d'un acte individuel.
    Quand on connaît les raisons de celui qui écrivit :
    " ...la mort est terrible
    II est terrible de ne plus oser, terrible de ne plus aimer. Je hais tout ce qui est mort. J'aime tout ce qui vit "

    Pourquoi Benerdji s'est-il suicidé ? est le résultat d'une double réflexion de Nazim Hikmet : sur l'importance de l'engagement dans un contexte général et sur le comportement de l'individu face à cet engagement. C'était une question capitale en 1930; elle reste essentielle aujourd'hui.

  • Cette semaine, après en avoir fini avec mes scénarios, j'ai lâché la philo - pour le moment - et je me suis lancé dans la poésie - au grand galop.
    Comme je te le disais dans ma dernière lettre, je fais passer à l'action mes personnages de l'encyclopédie des hommes illustres. je vais. te raconter quelque chose. quand j'ai lu l'encyclopédie à pirayé, elle m'a demandé si tous ces gens-là allaient devenir les personnages d'un. roman ou d'une pièce. à vrai dire, certains personnages sont décrits en pleine action, ils vivent ; certains au contraire ne sont que des pierres tombales, comme tu me le faisais remarquer dans l'une de tes lettres.
    Je vais tâcher, en leur adjoignant des centaines encore de personnages, et en m'efforçant de trouver un lien entre les vivants et les morts, de décrire en un tout, et en choisissant les spécimens les plus caractéristiques, les hommes d'une période bien définie de l'histoire de mon pays. j'ai déjà écrit trois cents vers. j'ai calculé qu'il y en aura dix mille.

  • Nâzim Hikmet, qui a passé une grande partie de sa vie en prison ou en exil, est l'une des très grandes voix de la poésie turque et de la poésie universelle.
    La première anthologie de ses poèmes avait été publiée en France, en 1951, alors qu'il venait juste d'être libéré de prison et qu'il s'apprêtait à fuir la Turquie (pour échapper à de nouvelles persécutions qui auraient certainement entraîné sa mort). Les poèmes étaient traduits en français par Hasan Gureh.
    L'anthologie que présente le Temps des Cerises a été composée et traduite en français par le poète Charles Dobzynski, qui a travaillé sur ces adaptations avec Nazim Hikmet lui-même, lors des rencontres qu'ils eurent dans les années cinquante et soixante à Paris et Varsovie.
    Ce choix, ample et représentatif, donne à entendre la voix de Hikmet, chaude, fraternelle, profondément humaine, amoureuse de la vie et de la justice. D'Hikmet, Philippe Soupault disait qu'on ne pouvait pas le lire sans en être changé.

  • - dis-nous donc un poème, me dit ziya.
    Je leur en lis un : je suis communiste, je suis amour des pieds à la tête amour : voir, penser, comprendre, amour : l'enfant qui naît, la lumière qui avance, amour accrocher une balançoire aux étoiles, amour : tremper l'acier avec mille peines. je suis communiste, je suis amour des pieds à la tête. j'ai traduit le poème en russe, pour anouchka et maroussa. ismail allume sa cigarette au feu de la mienne -un beau poème, me dit-il, puis il se lève, il ouvre la fenêtre, le soleil pénètre dans la pièce : -la vie est belle, mon vieux, dit-il.

  • A l'instant même où j'atterris en monoplan sur le toit du louvre la cloche de notre-dame de paris sonne minuit.
    Et moi curieusement sans peur aucune caressant l'encolure d'aluminium de mon avion je descends sur le toit. déroulant la corde de 50 toises enroulée autour de ma taille verticalement tel un pont de jugement dernier je fais couler la corde vers la fenêtre de la joconde trois fois je siffle fort à ces trois sifflements alors je reçois réponse immédiate. la joconde ouvre sa fenêtre toute grande. cette fille de jardinier pauvre sans hésiter se débarrasse de son cadre doré et grimpant à la corde elle monte sur le toit en tenue de vierge marie.
    Mon vieux si-ya-ou t'as vraiment d'la chance d'avoir déniché une nana comme ça.

  • Recueil de poèmes qui sont autant d'invitations au voyage et à l'évasion.

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