• La société de la société

    Niklas Luhmann

    • Exils
    • 23 Février 2021

    Niklas Luhmann est le plus grand sociologue allemand de la fin du XXe siècle, à la hauteur d´un Jurgen Habermas en philosophie avec lequel il a d´ailleurs dialogué souvent. Jusqu´à présent, sa grande oeuvre, La Société de la société, n´était pas disponible en français. Voici cet oubli réparé grâce au travail de Flavien Le Bouter, enseignant en sociologie et traducteur. Dans ce très gos ouvrage, Luhmann explique comment nos sociétés modernes sont devenues de sociétés de sociétés, chaque sphère (religieuse, juridique, économique, etc.) étant une société en elle-même. Sa recherche fournit une archéologie des médias nouvelle, puisqu´à chaque ""société"" correspond un média symboliquement généralisé : le droit, l´argent, l´art, l´amour, etc.

  • Les médias de masse forment un système qui s'autoalimente indépendamment de toute intervention extérieure, dans lequel nous avons pris l'habitude d'évoluer sans le questionner. Niklas Luhmann propose une analyse minutieuse des modes de fonctionnement de ce système, de ses implications et des sélections simplificatrices qu'il opère au sein de la complexité et de la contingence définissant le monde. Selon lui, l'actualité émerge ainsi au sein des médias de masse en suivant des règles précises et en respectant les constructions que ceux qui l'écrivent ou la filment plaquent sur le réel. Ils façonnent la réalité tout autant qu'ils la décrivent. D'une actualité indiscutable, cet essai invite à reconsidérer la manière dont le monde se conçoit lui-même.

  • L'oeuvre majeure de Niklas Luhmann, Systèmes sociaux, se veut une pensée révolutionnaire, décidée à mettre fin aux ontologies de la «?Vieille Europe?» et à les remplacer par un nouveau projet théorique. Elle se donne pour objectif, négativement, la critique de la modernité telle qu'elle s'est comprise elle-même et, positivement, l'étude critique de cette modernité en proposant des outils d'analyse plus appropriés, selon lui, à une meilleure compréhension des problèmes que pose cette auto-compréhension de la modernité. L'oeuvre de Luhmann se caractérise, entre autres, par son caractère post-ontologique et posthumaniste, l'humanisme étant un des traits distinctifs de la pensée de la Vieille Europe. Par la conscience de la nouveauté et du caractère révolutionnaire de son entreprise, la théorie des systèmes se hisse, d'après son auteur, à la hauteur qu'avaient des penseurs comme Bacon avec le Novum Atlantis ou le Novum Organum, ou de Kant avec Critique de la raison pure, affirmant ainsi, sans l'ombre d'un doute, son caractère subversif, d'une part, et constructif d'une nouvelle théorie, de l'autre, en se comprenant comme un nouveau paradigme des sciences humaines, des sciences sociales et de la théorie de la connaissance tout court.

  • Selon Luhmann, de nombreuses tentatives, contradictoires entre elles, ont été faites pour ramener le phénomène du pouvoir à un concept théoriquement et empiriquement fécond. Une théorie du pouvoir ne peut se contenter d'une interprétation descriptive, d'une analyse de l'essence du pouvoir, laquelle présuppose plus ou moins ce qu'elle obtient comme résultat.

    Dans cet ouvrage, d'abord paru dans sa première édition en 1975, Luhmann se propose plutôt de porter le regard « sur une référence systémique macrosociologique particulière, notamment celle du système global de la société ». C'est à ce niveau qu'il étudiera la fonction des diverses formations du pouvoir, le traitant comme un média de communication symboliquement généralisé. Les analyses du pouvoir contenues dans cet ouvrage se situent donc dans le contexte d'une théorie globale de la société.

  • Comment penser aujourd'hui la légitimité de la pure légalité ? Telle est la question majeure qu'entend traiter cet ouvrage charnière dans la pensée sociologique et juridique de Niklas Luhmann. L'objectif est de soumettre à une impitoyable critique les philosophies politiques et juridiques issues de la modernité.
    Luhmann inaugure ici une façon inattendue et inédite de comprendre les différents types de procédures sur lesquels reposent le droit et les idéalités normatives des démocraties modernes. L'analyse se veut contemporaine du mouvement et de l'évolution même des systèmes juridiques et politiques modernes, qu'elle s'attelle à décrire, et remet radicalement en question tous les discours qui entendent les légitimer en recourant à des catégories extra-juridiques et politiques. Désormais, la sociologie et la philosophie politique et juridique, ou toute réflexion sur les devenir des sociétés modernes complexes, sont invitées à composer avec les thèses luhmanniennes, soit à se justifier de la distance prise avec elles.

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