• En acceptant, en cas d'accouchement difficile, de composer avec la médecine biomédicale, les matrones montrent que leur pratique s'inscrit dans une perspective d'évolution. Les rites qui ponctuent le "pendant" et "l'après" de l'enfantement font de celui-ci un phénomène social et culturel porteur de sens pour la famille et la communauté. Ils représentent dans une certaine mesure une alternative face à l'hégémonie des méthodes d'accouchement moderne.

  • Par cette nouvelle publication, le scientifique social qu'est Obrillant Damus, se révèle être aussi auteur de fiction romanesque. Dans cet ouvrage l'auteur nous conte l'histoire de Dieudonne, une fillette issue d'un couple canado-haïtien résidant à Lomont, ce « grand village bohien situé à quelques kilomètres de la ville de Miraguane ». Le regard d'un loup-garou haïtien est une fiction documentalisée à lire absolument pour se faire une bonne idée de la réalité historique et socioculturelle d'Haïti.

  • "Cet ouvrage est d'abord conçu comme une pédagogie, alimentée par les théories du « care », théories anglo-saxonnes de l'éthique de la sollicitude. L'auteur souligne ici la nécessaire articulation entre la disposition physiologique, l'aptitude animale au soin mutuel, et l'activité, la pratique concrète du « care » que l'on peut considérer comme le fondement de l'amour dans l'acception large que lui donnent les auteurs de ce « dictionnaire »."

  • "Ce livre donne la parole à plusieurs femmes victimes de viol. Il peut avoir des conséquences sur tous les aspects de la vie d'une victime, et laisser des stigmates physiques, psychiques et psychologiques que le temps n'efface pas facilement. À travers les histoires de Ruth, Léonise, Mata et d'autres, on entre dans l'univers de terreur qui entoure la vie de ces femmes jusqu'à leur possible délivrance, qui se fait, en partie, par la parole."

  • Cet ouvrage se fonde sur une approche transdisciplinaire et sur une conception tragique et optimiste de la condition humaine. Il constitue une introduction à l'éducation à la réflexion sur la nature et la condition de l'homme. Où que nous vivions, nous avons tous un destin commun. Nous ne sommes pas les champions de la longévité. Étant donné que notre vie est courte, nous devons réfléchir sur notre finitude tout en cessant de nous accrocher aux valeurs qui nous détruisent. Des valeurs comme le principe de non-violence, la solidarité, l'interdépendance, l'entraide, le bénévolat, l'hétéronomie, l'amour, le pardon, le bien, la paix,?etc., doivent être survalorisées au détriment de l'individualisme forcené, du darwinisme social, économique et politique, du narcissisme, du vandalisme, de l'exploitation ouverte ou insidieuse de l'homme par l'homme, de la barbarie, du mal, de la vengeance, du racisme, de la prétendue domination de soi, de la nature et du monde. «?Au faux humanisme des victoires programmées, naïvement confiées à une technologie dévastatrice, Obrillant Damus oppose la temporalité véritable de l'homme, qui est celle de la mortalité, et sa nature irréductible : il est religieux, rituel, mythologique ; l'imaginaire est son lieu naturel, l'espérance son besoin le plus vital. C'est ce que la tradition africaine, d'ancestrale sagesse, sait dire et faire autant qu'elle sait le dire. Sans les liens familiaux, sans la foi dans l'inséparabilité de l'homme et de Dieu, sans le sens donné à la souffrance, sans la transmutation du malheur individuel en solidarité collective, les Haïtiens n'auraient pu revenir à la vie, les uns par les autres, les uns grâce aux autres. La profondeur des liens compense le manque de soins, d'argent et d'abri, et révèle la dimension nécessairement spirituelle de la vie proprement humaine.?» Monique Castillo, professeure à l'université Paris-Est.

  • Anthropologie de l'accouchement à domicile : les mères, les matrones et les sages-hommes traditionnels d'Haïti prennent la parole Nouv.

    L'accouchement à domicile est un événement biologique et social qui fait appel à la solidarité entre femmes dans les communautés rurales haïtiennes technomédicalement démunies. Les naissances difficiles sont traversées de conceptions nomologico-causales et de conceptions exocausales. Dans le premier cas, elles sont perçues comme des phénomènes procédant de lois naturelles et relevant de ce fait des compétences des matrones (mais rien n'empêche un homme de réaliser un accouchement dont le « blocage » est dû à la lenteur de la nature). Dans le second cas, elles sont considérées comme des phénomènes bloqués par une personne malveillante, un lwa ou un mauvais esprit obligeant les matrones et les proches de la parturiente à céder tout ou partie du terrain de l'accouchement à des hommes appelés houngans exerçant occasionnellement le métier de sajès ou fanm chay gason (sages-hommes traditionnels), à des médecins-feuilles qui s'y connaissent un peu en vodou, ou à des mambos. En Haïti, la transition d'une pratique obstétricale traditionnelle prétendument dangereuse à l'industrialisation toute-puissante du phénomène de la naissance n'est pas souhaitable, d'après les témoignages que nous avons collectés auprès des mères et des matrones.

  • Cet ouvrage a été produit à partir d'une analyse de données qualitatives recueillies auprès des guérisseurs haïtiens de la djok, une maladie infantile relativement spécifique à Haïti. Il décrit et interprète non seulement les représentations des praticiens traditionnels à propos du diagnostic, de la cause et du traitement de cette maladie, mais également des rites de prévention de celle-ci, réalisés pendant la période de grossesse, à la naissance de l'enfant et après le traitement.

  • "En Haïti, le paysage médical traditionnel est complexe. Des hommes et des femmes ont développé des savoirs et des savoir-faire pour prévenir les problèmes de santé de leurs semblables et pour apporter des réponses pratiques à leurs maladies. Ces figures thérapeutiques proposent des réponses explicatives du mal et contribuent à l'amélioration de la qualité de vie des personnes les plus pauvres. Ils jouent donc un rôle essentiel dans un pays où l'accès aux pratiques biomédicales est difficile et inégal."

  • "Des hommes et des femmes des quatre coins du monde s'engagent volontairement dans des organisations humanitaires ou des ONG pour offrir leurs services professionnels. Leur engagement à l'égard de tous les êtres humains, sans tenir compte de leurs différences, montre que la solidarité peut prendre une dimension humaniste. Ce sont des solidarités humanistes, choisies pour la seule raison qu'un être humain, quel qu'il soit, mérite d'être aidé lorsqu'il vit une situation de détresse."

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