• Rubayat

    Omar Khayyâm

    « Si les Rubayat, par les voeux qu'il forment, par les doutes qu'ils expriment, par les sentences désinvoltes ou désabusées qu'ils profèrent, livrent peu à peu les clés d'un art de vivre, ils manifestent surtout l'implacable lucidité de leur auteur. Ils rappellent que Khayam n'est pas un théoricien du laisser-aller, que s'il est libertin, c'est à la façon des philosophes et, en tout état de cause, plus proche des sceptiques que des hédonistes. Devant la fable du monde, il campe, incrédule, rebelle, irréductible. Un verre à la main, il se divertit de l'agitation et des mirages alentour. Il compose litanie sur litanie autour du mot "rien". Il rit aux étoiles. N'est pas vraiment triste. Le silence des espaces infinis ne l'effraie pas. Il joue avec son nom en guise d'épitaphe :
    Khayam, qui cousait les tentes de l'intelligence, [...] Le brocanteur de destins le mit en vente contre du vent. » André Velter.

  • Omar Khayyam célèbre ici les femmes et la beauté, l'ivresse et la poussière du néant. Ennemi de l'esclavage de la pensée, il s'élève aussi dans ces vers contre l'imposture religieuse et politique. Mystique en apparence, débauché en réalité, préférant les jouissances de l'éphémère aux vérités érigées en dogmes, Khayyam ne souhaite à l'humanité qu'ivresse et amour. Le manteau des explications mystiques couvre, dans ses poèmes, toutes les hardiesses.
    Qu'un pareil livre ait pu circuler librement dans un pays musulman ne laisse pas de surprendre : la littérature européenne peut-elle citer un ouvrage où toute croyance soit niée avec une ironie si fine et si amère ?

  • «Gardons-nous bien des leçons qu'aux écoles on professe ;
    Plus sagement caressons les boucles de nos maîtresses, Et, sachant qu'un jour le Temps fera couler notre sang, Versons celui du flacon dans la coupe de l'ivresse».

    Dans une langue simple et sublime, une invitation à jouir de l'instant présent d'une étonnante modernité, par un immense poète persan du Moyen Âge.

  • Parmi une myriade de grands auteurs dont l'oeuvre compose le patrimoine culturel de l'Iran, Omar Khayyâm est l'un des plus populaires, en tout cas le poète persan le plus lu à travers le monde. Cette large audience, le sage de Nichâpour la doit d'abord au poète irlando-britannique Edward Fitzgerald, qui le premier, en 1859, en adaptant ingénieusement les Robâiyât en vers anglais, fut à l'origine de sa consécration en dehors de son pays natal. Elle tient ensuite au caractère toujours actuel et vivace des quatrains, dont maints aspects trouvent des échos dans la sensibilité de l'homme moderne.
    Cette édition, débarrassée de l'usuel cortège de vers apocryphes qui défigurent l'oeuvre du poète, offre, d'après les manuscrits les plus anciens, une traduction neuve et originale en quatrains, qui transpose le rythme du texte original des Robâiyât. Une belle façon de redécouvrir et d'apprécier le rationalisme teinté de pessimisme de Khayyâm, son «indifférence à la foi et au doute» et ses vibrants appels au carpe diem.

    Traduit du persan par Hassan Rezvanian.

  • omar khayyam (1048-1122) est l'un des
    représentants les plus marquants de la poésie
    musulmane.
    né en iran, ce mathématicien et
    philosophe est surtout connu pour ses quatrains, vers sensuels et mystiques qui ont inspiré plusieurs générations de poètes. au fil des siècles, le nombre de quatrains attribués à omar khayyam n'a cessé de
    croître, brouillant l'identité de l'oeuvre originale et donnant de son auteur l'image d'un poète libertin et irrévérencieux. omar ali-shah, maître soufi installé en angleterre, propose ici une édition critique des 111 quatrains originaux, d'après un manuscrit familial datant de 1153.
    de langue maternelle persane, il offre une nouvelle lecture d'omar khayyam, débarrassé de sa gangue orientaliste. le poète apparaît alors comme un sage soufi, usant d'une symbolique transgressive mais précise pour appeler les hommes à connaître l'ivresse de dieu au-delà de la religion instituée.

  • Omar Khayyâm (1048-1131) est un grand mathématicien, astronome et philosophe dont les travaux comptent dans l'histoire des sciences. La tradition a aussi conservé sous son nom un abondant recueil de quatrains poétiques. Est-il l'auteur du tout ? Sûrement pas. L'est-il seulement d'un noyau originel ? C'est possible, mais non certain. Quoi qu'il en soit, les plus anciens quatrains sont l'oeuvre d'un grand poète dont l'inspiration est étonnamment proche de la sensibilité moderne. Le scandale de la mort obsède le poète et obscurcit les instants les plus lumineux. " Tant d'êtres de beauté, quel amour les a créés, quelle rage anéantis ? " L'univers de Khayyâm n'est pas un monde bien ordonné dont l'homme occupe le centre et où il chemine sous le regard bienveillant de la Providence divine, en attendant, s'il est vertueux, de jouir de la félicité éternelle. L'homme n'y est que le jouet de forces incompréhensibles comme une marionnette, on l'y fait paraître, puis disparaître arbitrairement. " Bois ", dit le poète. Le thème bachique est traditionnel dans la poésie persane, où il prend toutes sortes de significations symboliques. Chez Omar Khayyâm, l'invitation à boire est un appel à vivre pleinement et à chercher l'éternité dans l'instant. " À ce qui fut et s'en fut ne pensons plus, ma beauté : il n'est d'autre vérité que nos plaisirs éphémères. " Cette nouvelle traduction s'efforce de faire sentir au lecteur français l'esprit de l'original persan et aussi de lui donner quelque idée de sa forme.

  • Quatrains a odeur de vin et de rose Nouv.

    Omar Khayyâm, poète persan du XIIe siècle, est l'un des savants les plus célèbres de son temps. Ce personnage, dont la vie est entourée de mystères, était mathématicien, astronome et philosophe. Mais la tradition a également conservé de lui un recueil de quatrains poétiques, qui n'ont pas été publiés de son vivant en raison du fanatisme et de la superstition de l'époque. Qu'il soit l'auteur de tous ces quatrains ou non, les plus anciens, publiés en 1341 sous le titre Compagnons des hommes libres, sont l'oeuvre d'un grand poète dont l'inspiration est étonnamment moderne et avant-gardiste.
    Sans cesse, Omar Khayyâm prêche la jouissance et l'oubli de tout sauf de l'instant, bien avant le carpe diem de Ronsard ou le memento mori que l'on retrouve chez Beaudelaire. Si les quatrains d'Omar Khayyâm tiennent du prodige, c'est qu'ils ne parlent que de mirages.
    Nouvelle traduction ou comment ne pas être persan. La difficulté de la traduction tient à toujours vouloir être dans la ressemblance. Or le persan, enclin à la préciosité, aux allitérations, aux jeux de mots, aux calembours ou aux non-dits, est difficile à traduire. D'où le choix de cette nouvelle traduction. Des poèmes, oui mais en français. Une nouvelle traduction comme une invitation à retrouver l'ivresse des quatrains à l'odeur de rose - où le vin même avait cette odeur - qui enchantèrent la première jeunesse du traducteur, Patrick Reumaux, né sur les hauteurs d'Alger. Écrivain, poète, il a reçu de nombreux prix notamment pour ses traductions de la poésie du monde entier.

  • Omar Khayyâm est un grand poète, mathématicien et philosophe de la Perse du Moyen-Age.
    Les robâïâts (ou quatrains) d'Omar Khayyâm chantent les plaisirs éphémères de la vie, du vin et des femmes. Ils ont suscité d'innombrables imitations et commentaires. La version présentée ici est due à la collaboration du professeur Lazare, spécialiste du persan, et du poète Jacques Gaucheron, qui fut compagnon d'Eluard et de Tzara.

  • Les quatrains ou robaïyat d'Omar Khayyam ont une renommée universelle.
    Ils ont fait l'objet de maintes transcriptions plus ou moins libres au fil des siècles. Celle que nous propose ici Jean Rullier a voulu répondre au quatrain persan - quatre vers de treize pieds - par son équivalent le plus naturel, le quatrain français, mais avec des vers de douze pieds, c'est-à-dire des alexandrins. Quelques exceptions, ici et là, confirment la règle.
    Par ailleurs, Jean Rullier s'est attaché à suivre avec rigueur les traductions littérales des orientalistes, en n'introduisant aucune idée nouvelle étrangère au quatrain d'origine.
    Enfin, il a considéré comme essentiel de présenter ces 180 quatrains dans un ordre aussi logique que possible, correspondant, dans les grandes lignes, aux différentes époques de la vie de l'auteur.
    Les éditions précédentes les donnaient à lire plutôt dans le désordre ou regroupés par thèmes. Ces trois exigences font que cette nouvelle édition est sûrement la plus poétique et la plus agréable, tout en restant fidèle à la pensée de Khayyam.

  • Omar Khayyâm, mathématicien et poète persan mort en 1132, a laissé un grand nombre de robâ'iyât (quatrains), dont on a toujours admiré en Orient la construction rigoureuse et le ton sceptique. Les deux paraphrases anglaises de Fitzgerald (1859 et 1868) les ont fait connaître en Europe, mais il restait à leur rendre justice par une version française rimée et rythmée. C'est le pari que réussit ici Vincent-Mansour Monteil qui en a choisi cent soixante-douze.
    Les Quatrains sont suivis de neuf ghazal (ballades) de Hâfez de Shirâz, mort en 1389, dont Goethe, dès 1819, dans son Divan d'Occident et d'Orient, a célébré l'immense génie poétique.

  • Roubayiet

    Omar Al-Kayyâm

    • Bachari
    • 4 Octobre 2010

    Omar al-Khayyâm, Philosophe, mathématicien, astronome et, surtout poète, naquit le 18 mai 1048 à Nichapûr.
    Il fut l'élève du grand docteur Muwaffîq ad-Dîn du Khorasan et eu pour compagnons d'études Nidhâm al-Mulk, celui qui allait devenir, plus tard, le grand vizir du sultan Alp Arslân, puis de Malîk Shah, fils et petit-fils du Tartare Toghrul Bey, fondateur de la dynastie seldjoukide, et Hassan es-Sabbâh, plus connu sous le titre de " Vieillard de la montagne ", le fameux chef de la secte hérétique des " Hashishines ".
    En 1074, âgé de vingt-six ans à peine, il fut appelé par le sultan du royaume de Merv, pour construire un observatoire astronomique, en compagnie de huit autres astronomes, et eu la tâche de réformer le calendrier musulman. Il bénéficia de nombreuses faveurs accordées par le sultan Jalâl ad-Dîn Malîk Shah. Durant cinq années (1074-1079), il élabora ses tables astronomiques " Ziji-I-Malîk Shâhi ", grâce auxquelles une nouvelle ère " jalâli " fut instaurée, à partir de 1079, puis il écrivit l'essentiel de son oeuvre scientifiques : un Traité sur des problèmes d'algèbre, qui fit sa célébrité à travers tous les royaumes musulmans.
    Sur le plan religieux, certains prétendent que les soufis modernes proclament que Omar al-Khayyâm pratiquait les principes de leur doctrine, alors que d'autres affirment que sa croyance était fondée sur les principes d'équité, de liberté et sur les idées générales de la religion universelle. Il eut à subir les critiques de ses contemporains qui voyaient en lui un " hétérodoxe ", à cause de sa poésie au ton libertin, créée par un esprit non moins libertin.
    Il mourut le 04 décembre 1131.

  • À notre époque du "politiquement correct", alors que l'indignation se substitue à la révolte, lire Laurent Tailhade (1858-1919) est on ne peut plus revigorant.

    Esprit libre, allant à travers les siècles à la recherche de son ami, de son frère, il nous révèle un Omar Khayyam, (1048-1131) né à Nichapour en Perse (actuel Iran) et auteur des Roubaïyat, traduit par Quatrains, qui aurait pu vivre au temps des Lumières, et qui nous apprend que la liberté d'esprit n'est pas une "invention" récente.

    "Khayyam devant la bêtise propagée par les mollahs, écrit Tailhade, méprisant le jeûne et la privation des liqueurs fortes, dédaigneux du Coran, des surates canoniques et de tout l'éré-mitisme juif propagé par la conquête arabe, chanta, le verre en main, cette douceur éternelle de vivre, le plaisir de l'heure fugitive, les parfums de la coupe, le charme d'oublier ce que l'envol des heures apporte à l'homme d'amertume quotidienne, de dé-senchantement et de pâles regrets." Mais si Laurent Tailhade fait l'éloge de la douce ivresse, il dénonce l'alcoolisme et d'autres drogues qui sont : les poisons de l'intelligence.

    Nous avons repris la traduction des Roubaïyat que Charles Grolleau a réalisée en 1902, à partir d'un manuscrit de la Bodleian Library d'Oxford, plutôt qu'une autre, car c'est celle à laquelle Tailhade fait référence.

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