Langue française

  • Le filet d'un pêcheur sur le Nil a remonté une tête coupée. A en juger par les scarifications sur le front, c'est celle d'un Dinka de la région de Bor : un Soudanais du Sud. Encore un réfugié, pense la police cairote qui s'en désintéresse. Car ils sont plus de deux mille, entassés sur une place de Mohandessin, qui se plaignent de leurs conditions de vie. Ici, le roman rejoint l'Histoire : on est en 2005, à la veille des émeutes de décembre.
    Exilé soudanais mal intégré dans la société du Caire, le privé Makana se sent particulièrement concerné. Mais il doit privilégier la mission dont l'a chargé Hossam Hafiz, propriétaire du restaurant les jardins de Verdi : retrouver son fils étudiant, disparu depuis trois semaines. Le problème, c'est que d'autres jeunes manquent à l'appel...

  • Makana, l'ex-officier de police soudanais devenu détective privé en exil au Caire, est abordé par le patron d'une agence de voyages déclinante, l'Ibis bleu : l'homme a reçu une lettre menaçante, où est cité un passage d'une sourate faisant allusion à l'étoile de Sirius. Peu après, Meera, employée copte de l'agence, est abattue sous les yeux de Makana. A première vue, il s'agit d'une opération de propagande des services secrets égyptiens, qui vient renforcer l'impact qu'ont eu peu auparavant sur l'opinion plusieurs meurtres sauvages de jeunes garçons musulmans : l'objectif serait de discréditer les coptes dans l'esprit des populations.
    Mais l'affaire se complique lorsque Makana enquête sur les activités assez louches de l'Ibis bleu : les liens entre la police secrète, l'agence de voyages et une banque cairote aux transactions douteuses semblent dessiner une équation vieille comme le monde : pouvoir, argent et corruption. Une poésie tout orientale, dans les descriptions de paysages et de rues en particulier, vient tempérer des scènes dont la violence et le réalisme font écho à ce qui se passe dans le monde aujourd'hui.

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