• Quand elle n'a pas été négligée, voire occultée, la traduction a souvent été considérée comme un simple vecteur de diffusion dans un espace linguistique autre, ou comme une altération du sens, une adaptation souvent assimilée à une trahison. L'oeuvre se construit aussi avec le traducteur qui contribue à l'appropriation culturelle du texte, à son enrichissement et à sa critique.Centrale dans la circulation des savoirs, la traduction est ici également envisagée par la matérialité de l'objet (le texte et son support), par ses divers acteurs et leurs outils. Outre les dispositifs linguistiques (apprentissage de la langue, traitement du texte), elle passe surtout par la production textuelle, la circulation matérielle des livres, les échanges épistolaires, les voyages.Avec le lent déclin du latin, accentué au XVIIIe siècle, les langues des échanges culturels dans l'espace européen se diversifient. La traduction devient alors un outil voire un dispositif de communication incontournable que les études réunies dans ce volume mettent en lumière au travers des cas choisis dans des contextes scientifiques, intellectuels et politiques variés, et articulant des échelles différentes (locale, nationale, internationale).

  • Mme d´Arconville appartient tout à la fois au monde des lettres et à celui des sciences. Elle aime Rousseau et Voltaire, mais déteste les philosophes. Elle s´adonne à la botanique, à l´anatomie et à la chimie, puis à l´histoire. Enfermée dans son laboratoire ou penchée sur des manuscrits de la Bibliothèque royale, elle n´en fréquente pas moins les cercles littéraires, artistiques, politiques, scientifiques et médicaux. Tout en traduisant le Traité d´Ostéologie de Monro et les Leçons de chymie de Shaw (1759), elle mène un ambitieux programme de recherches (Essai pour servir à l´histoire de la putréfaction, 1766). Elle traduit tous les genres littéraires de l´anglais et de l´italien (éducation, roman, théâtre, poésie...) et publie des romans et des ouvrages de morale, avec un succès tel qu´ils sont attribués à Diderot... et qu´un essai de Frédéric le Grand lui est attribué ! Pour bien marquer sa propriété sur une oeuvre éclectique, elle la réédite, sans dévoiler son identité (Mélanges de littérature, de morale et de physique, 1775-1776, 7 vol.), et se consacre à l´écriture de l´histoire.
    Qu´est-ce que faire de la science pour une femme de la haute société sous Louis XV ? Que signifie cette soif de savoir et d´écriture qui la pousse à reprendre la plume vingt ans après avoir renoncé à publier ? L´éclectisme et l´anonymat fournissent des clés pour mieux comprendre l´insertion du champ scientifique dans la culture des Lumières et la place de la traduction dans une ambition qui refuse de s´exposer dans l´espace public.
    Ce premier ouvrage consacré à Mme d´Arconville invite à revisiter « l´ambition féminine au XVIIIe siècle », à la suite d´Élisabeth Badinter, et à dépasser la figure traditionnelle des salonnières pour découvrir des femmes plus discrètes et des oeuvres oubliées qui ont compté en leur temps.

  • Au mois de juillet 1798, les troupes françaises commandées par le général Bonaparte débarquent à Alexandrie. Cette confrontation avec l'Egypte constitue un véritable choc culturel.  Pendant trois ans, les Français découvrent le désert, ses mirages et ses Bédouins, le labyrinthe de la ville orientale et la crue du Nil. L'armée rencontre des ennemis plus implacables que les mamelouks : la peste et le typhus. Savants et ingénieurs dressent la carte de la région, préparent le percement de l'isthme de Suez et font l'inventaire systématique du pays ; ils explorent les monuments pharaoniques, les dessinent et les relèvent dans des conditions difficiles.  En ville, la petite communauté s'installe, avec ses quartiers, ses ateliers et  manufactures, ses journaux, ses cafés. son théâtre... L'ordre français règne dans la rue mais, pour le peuple égyptien, c'est un pouvoir étranger à sa religion, qui dérange ses règles et ses routines. Si les contacts entre les Français et la population sont nombreux, ils restent superficiels, parce que les rapports sont inégaux et qu'il faudrait apprendre les coutumes de l'autre.

    L'expédition laisse pourtant des traces profondes et, une fois les Français partis, les relations franco-égyptiennes se font plus étroites. La modernisation germera dans l'Egypte de Muhammad'Alî.


    PATRICE BRET Historien, spécialiste de la communauté scientifique, de la fin de l'Ancien Régime au milieu du XIXe siècle, Patrice Bret travaille regulièrement à l'Institut français d'archéologie orientale du Caire. Il est actuellement chercheur au Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques de la Cité des sciences et de l'industrie et chargé de cours à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. 

  • Avant-propos de Henri Kagan En 1789, la sortie du Traité élémentaire de chimie et des Annales de chimie signe la victoire de Lavoisier et annonce le début du ralliement de l'Europe à ses doctrines, tandis que la Révolution française lance la réforme des poids et mesures et une réforme non aboutie de l'Académie des sciences. En 1791, Lavoisier est pleinement impliqué dans la réforme de l'État, en particulier dans la création de la Trésorerie nationale, et dans la vente des biens nationaux, dont il est l'un des grands acquéreurs, au prix d'une correspondance active avec son cousin Parisis. Avec ses dernières recherches sur la respiration, en collaboration avec Seguin, Lavoisier revient à la chimie du vivant. Réalisé avec le concours du Centre national de la recherche scientifique, du Centre national du livre et de la Fondation Singer-Polignac.

  • Avant-propos de Henri Kagan Durant la dernière phase de la monarchie constitutionnelle, en 1792, et celle de la Convention, jusqu'à son procès en 1794, Lavoisier se désengage de la vie politique, mais sa correspondance est plus que jamais liée aux organes du pouvoir, comme trésorier de l'Académie, comme membre du Bureau de consultation des arts et métiers, pour la phase centrale de la préparation du système métrique. Au travers de lettres et mémoires, il s'attache à défendre le fonctionnement et l'existence de l'Académie des sciences, puis celle de la commission des poids et mesures. Ses dernières lettres sont liées à son arrestation, sa détention et au procès des fermiers généraux. Réalisé avec le concours du Centre national de la recherche scientifique.

  • Comment ce genre éditorial que constituent la presse et les périodiques techniques se constitue et se développe-t-il ? Sur quels moyens de production et de diffusion repose-t-il ? Quels en sont les initiateurs et les auteurs, les publics et les espaces de réception ? Quels effets a-t-il produit sur une discipline, une spécialité, sur l'identité d'un milieu technique ? Ce livre se situe au carrefour de l'histoire des techniques, de l'histoire de l'édition et de la lecture et de l'histoire de groupes professionnels.

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