• Comment résister aux stigmatisations ? Ce classique de la sociologue afro-américaine Patricia Hill Collins est une des principales références pour qui s'intéresse aux thèmes associant féminisme, genre et race, et donc à l'intersectionnalité.

  • Malgré le double fardeau de la discrimination raciale et sexuelle, les Africaines-américaines ont développé au fil du temps une riche tradition intellectuelle qui reste aujourd'hui très mal connue. Dans La pensée féministe noire, Patricia Hill Collins offre une interprétation rigoureuse de l'oeuvre des penseures féministes noires de premier plan comme Angela Davis, bell hooks, Alice Walker et Audre Lorde. S'inspirant de la fiction, de la poésie, de la musique et de l'histoire orale, ce livre fournit la première synthèse des incontournables de la pensée féministe noire, en plus d'offrir un solide socle à partir duquel penser l'enchevêtrement des oppressions.
    « Cependant, tant que la pensée féministe noire, ou peu importe le terme choisi pour décrire ce travail intellectuel, demeure vouée à promouvoir tant l'empowerment des femmes noires que la justice sociale, je compte utiliser ma voix pour la soutenir. La lutte pour la justice n'est pas l'affaire d'un seul groupe, d'un seul individu ni d'un seul mouvement social. Cela ne saurait être accompli par un seul livre, y compris le mien. À mon avis, l'injustice sociale est un problème collectif qui nécessite une solution collective. Quant à mon travail, tout ce qui compte c'est qu'il participe de ce mouvement. »

  • Intersectionnalité : une introduction Nouv.

    Lieu commun dans les sciences sociales et dans certains cercles militants, féministes et antiracistes en particulier, la notion d'intersectionnalité alimente dernièrement l'une des grandes paniques morales dont notre époque est coutumière : elle serait synonyme de « communautarisme », de « séparatisme ». Ce n'est absolument pas le cas, comme le montre ce livre riche, synthétique et vivant, qui a pour ambition d'introduire le concept auprès d'un large lectorat. Il s'agit d'un outil d'analyse des situations de tort, généralement constituées d'oppressions imbriquées. L'analyse intersectionnelle ne consiste pas à plaquer des notions génériques (la triade « race, classe, genre ») sur des faits, mais à développer une perception fine et située du caractère relationnel des oppressions.
    L'intersectionnalité est en outre une pratique critique ayant la justice sociale pour horizon. En ce sens, elle ne se réduit pas au champ académique, loin de là. Les autrices font commencer son histoire dans les années 1960-1970, avec les pratiques intellectuelles et politiques de femmes non blanches et, plus spécifiquement encore, avec le féminisme noir et chicano de cette période. Puis elles expliquent comment cette approche s'est institutionnalisée et mondialisée à partir de la fin des années 1980. La pédagogie critique inspirée de Paulo Freire constitue un autre axe généalogique, plus inattendu, développé dans l'ouvrage. Ni communautariste, ni individualiste, ni victimaire, l'approche intersectionnelle souligne donc le caractère social et concret des identités, individuelles comme collectives, dans une perspective émancipatrice.

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