Fayard

  • Non seulement le plus grand (et le plus radical) des réformateurs a été un Français, Calvin, mais encore le protestantisme a eu dans notre pays un très vif succès, notamment auprès des élites, avant que le pouvoir, loin de basculer dans la religion nouvelle, ne décide de rester fidèle à Rome, et les Français avec lui, fût-ce contre leur gré. S´ensuivra une longue et inexpiable guerre civile, l´intervention des puissances étrangères. Jamais un protestant n´a joui en France des mêmes droits, de la même bienveillance que les catholiques, même entre l´édit de Nantes (1592) et sa révocation (1685). Y compris lorsqu´il n´est pas persécuté, il se trouve persécuté.
    La Réforme n´en imprime pas moins une forte marque sur la société française ; elle touche à peu près toutes les catégories, de certains princes du sang à d´humbles agriculteurs.À l´occasion de l´assemblée du désert qui a lieu cette année le 2 septembre, l´un des tout meilleurs historiens du protestantisme évoque avec la science la plus sûre et la plus récente les destinées d´une partie du peuple français qu´on oublie encore trop souvent.

  • Y a-t-il eu, face aux juifs, des chrétiens différents, capables de soeextraire plus vite de cet antijudaïsme pluriséculaire dont on sait quoeil a frayé la voie à loeantisémitisme dans loeAllemagne luthérienne comme dans la France catholique ? Il semble que ce fut le cas des protestants français. Calvin a été le premier à parler autrement des juifs et de leur salut et, en dépit doeexceptions, ses héritiers loeont suivi, parfois sous les traits doeun millénarisme philosémite.


    Loehistoire a fait le reste. Marquée par les tribulations, loeexil et la fidélité, elle a rendu les huguenots français, nourris de loeAncien Testament, exceptionnellement proches des juifs. Les deux minorités se croisaient dans le Livre, dans la diaspora européenne, dans la modernité. La Révolution française a fait des uns et des autres des citoyens de plein droit, la République laïque les a vus actifs dans plusieurs de ses chantiers. Expérience unique de judéo-protestantisme, que les antisémites et les maurrassiens ont violemment dénoncée. Les protestants ont été dreyfusards. Noeavaient-ils pas eu leur affaire Calas ? De même, pendant les années noires, les replis secrets des Cévennes ont accueilli par centaines les nouveaux parias de Vichy, tandis que loeEglise réformée rappelait publiquement la solidarité des chrétiens et des juifs. Il y a désormais une mémoire partagée, même si le conflit israélo-palestinien est venu troubler les choses.


    Ce sont ces affinités électives entre deux minorités situées tantôt à la périphérie, tantôt au coeur de loehistoire de France, que ce livre a entrepris de décrire.

  • Mise en lumière du rôle des protestants pendant la Seconde Guerre mondiale et leur engagement aux côtés de la population juive.

empty