• 18.3 : une année à la PJ Nouv.

    «Il est des crimes qui vous habitent; des crimes qui font plus mal que les autres. Vous êtes cueilli par surprise, au moment où vous vous y attendiez le moins, par un détail qui vous laissera le coeur en pièces. Ils se figent en vous comme une écharde dans la chair et tout autour la plaie ne cesse plus de s'infecter. Un jour, les tissus se reconstruisent enfin - ce mort-là fait désormais partie de vous.»Pendant un an, Pauline Guéna a vécu auprès des brigades criminelles de la police judiciaire de Versailles. Jour après jour, elle suit les équipes et leur quotidien:répression du grand banditisme, stupéfiants, crimes... Avec empathie et humour noir, elle restitue l'adrénaline, la férocité et l'accablement qui font le rythme de ces enquêtes. Un voyage au coeur de la part sombre des hommes.

  • Pannonica

    Pauline Guéna

    La vie flamboyante de Pannonica de Koenigswarter est un roman. Découvrant le jazz et la " vie nègre " dans le New York de l'après-guerre, la fantasque Nica quitte son mari et ses quatre enfants pour devenir la muse et la mécène des plus grands noms du jazz de l'époque.
    Fille de Charles Rothschild, Nica a vécu une jeunesse cosmopolite et dorée. Lorsqu'elle décide de tout quitter pour vivre sa passion à New York, son père la déshérite, ne lui laissant que deux Bentley et une Rolls. D'abord dans les hôtels de Manhattan, puis dans une superbe maison sur les rives du New Jersey, Nica accueille et protège les grandes stars du be-bop. Charlie Parker (qui meurt chez elle), Miles Davis et Thelonious Monk partageront sa vie. Elle a rayonné sur ses contemporains avec une passion et une générosité exceptionnelles.
    Trois fragments de l'histoire de Pannonica et Thelonious Monk, à travers les yeux de trois personnages féminins.
    Le premier relate leur vie de 1955 à 1957, juste avant que Monk ne devienne très célèbre. Il commence à souffrir de problèmes psychiatriques lourds et n'a pas le droit de jouer à New York (on lui a retiré sa carte pour une affaire de drogue), mais il est déjà l'idole des connaisseurs et des musiciens. Avec Nica, ils sont les rois des fêtes les plus folles de la ville. Le deuxième fragment raconte une semaine seulement, à Paris, au printemps 1954. Monk est encore considéré comme un extraterrestre ne sachant même pas jouer. C'est là qu'il rencontre Nica ; il est invité au festival de jazz à Pleyel et elle est venue l'écouter. Le troisième se déroule beaucoup plus tard, peu avant sa mort. Il vit chez Nica, il ne parle plus, ne joue plus.
    Pauline Guéna, dont le premier roman avait été fort remarqué par la critique et couronné du prix Edmée-de-la-Rochefoucauld du premier roman, confirme avec Pannonica l'ampleur de son talent.
    Une grande force d'évocation, des mots qui claquent, des personnages ardents, un charme indéfinissable : Pauline Guéna a su creuser les qualités du Fleuve pour les faire rayonner dans Pannonica.

  • Que de l'oubli

    Pauline Guéna

    Gabriel s'est engagé à vingt ans dans l'armée, sur un coup de tête. Quelques mois plus tard, le voilà en Afghanistan, par une nuit sans sommeil, essayant de tirer le fil de sa vie, de retracer les chemins qui l'ont mené là. Il ne parvient à fermer l'oeil qu'au petit matin. Quelques minutes avant que l'alarme sonne, qu'il prépare son barda et se précipite dans le camion pour une opération en green zone. Le véhicule démarre, emportant les soldats. Il entend nettement un clic, celui du chargement de la bombe. Trop tard pour crier. Son camion explose.
    Avec la déflagration, la vie de Gabriel, celle de ses proches, éclatent en une constellation de personnages, de lieux, de moments. Sur le devant de la scène, les protagonistes s'avancent puis reculent au gré des chapitres, entrent et sortent selon les époques : Géraldine, la mère de Gabriel, qui a rêvé une vie trop parfaite, Alice, sa tante, qui prend la vie comme elle vient, Harper, sa jeune belle-mère, qui a fait de sa personne une machine de guerre, Alex, qui n'écrira jamais le livre qu'il porte en lui.
    Pauline Guéna, jouant brillamment avec les lieux et les époques, avec les actes et les sentiments, dessine un réseau de destinées individuelles. À travers cette galerie d'individus reliés les uns aux autres, proches un jour, séparés le lendemain par la vie, les kilomètres ou l'oubli, elle nous dit comme le temps passe et comme il délite inéluctablement nos désirs et nos rêves.

  • Le fleuve

    Pauline Guéna

    " Quand le rideau se tire, la musique commence et les show girls, trois filles patibulaires, à moitié nues, apparaissent en se trémoussant.
    Elles ondulent des hanches en regardant le plafond d'un air ennuyé, se massent les seins comme elles attendriraient la pâte à pain, trébuchent sur leurs hauts talons, et si la musique n'était pas trop forte on les entendrait soupirer. Le spectacle est désolant. Un vieux se lève et se met à danser devant une des filles, en souriant de sa bouche édentée. Elle laisse tomber sur lui la coulée sombre de son regard haineux, et continue de se balancer d'une jambe sur l'autre.
    " Pour retrouver celle qu'il aime et qu'il a perdue, le narrateur remonte le cours du fleuve comme il remonte celui de sa vie. Tandis que resurgissent parmi les gens du bord de l'eau les ombres du passé, la jungle amazonienne, inquiétante et dangereuse, l'enserre de plus en plus étroitement.

  • Dieu était en vacances Nouv.

    « A Auschwitz, j'ai cherché ma mère partout dans le camp des femmes. Je demandais à toutes les Françaises. Je cherchais par date d'arrivée, j'allais voir dans les baraquements. Ma mère était très débrouillarde, très joyeuse. Elle avait une telle force de vie que j'étais certaine de la retrouver. Puis j'ai rencontré une femme qui se souvenait d'elle. C'est toi Julia ? m'a-t-elle demandé. Il paraît que ma mère parlait de moi sans arrêt.
    J'espérais que mon père, comme il savait travailler le cuir, serait employé dans un bon commando. Mais quelques jours après notre arrivée, je l'ai croisé sur le chantier du Revier, l'infirmerie des femmes. Il s'était porté volontaire parce qu'il voulait savoir ce qu'il était arrivé à sa femme. Qu'est-ce qu'on peut contre un grand amour ? C'est la dernière fois que je l'ai vu. On m'a dit qu'il avait été envoyé nettoyer le ghetto de Varsovie puis, avec tout son commando, assassiné.
    Au camp, pendant l'appel, on soufflait dans le dos de la femme devant nous et on frottait le tissu mince de sa robe. Celle qui était derrière nous faisait pareil. Quand on avait une journée sans travail, on s'asseyait par terre et on se racontait notre enfance. Et puis on chantait. ».

    Née à Paris en juin 1925, de parents polonais, Julia Wallach a quinze ans quand les Allemands entrent dans Paris, et dix-sept ans quand elle est arrêtée avec son père sur dénonciation d'une voisine, en 1943, puis déportés de Drancy vers Auschwitz-Birkenau... Julia connaît la faim, le froid, les coups, et la marche de la mort à travers la Pologne et l'Allemagne enneigées. Pendant quatre mois, sans plus rien à manger, ils avancent. En avril 1945, avec quelques femmes, Julia trouve encore la force de s'enfuir....
    Elle qui a survécu au typhus et aux sélections, aux coups, au froid et à la faim, aux deuils et au chagrin, va pas à pas, reconstruire sa vie, tomber amoureuse et fonder une famille dont les photos magnifiques ornent les murs de cet appartement qu'elle n'a jamais plus quitté. Son livre est le récit d'une longue marche vers la vie, ponctué d'éclats de rire et de colère, drapé, avec une élégance sans faille, dans la force de caractère qui n'a jamais cessé de l'animer.

  • L'ultra-droite est de retour, obsédée par la fin de la République. Des attentats se fomentent sur notre sol. Des groupuscules se montent partout ; gagnent la bataille idéologique ; pénètrent les principaux mouvements de contestations dans le pays, saccagent nos institutions, l'Arc de triomphe lors d'une manifestation des Gilets jaunes. Leurs relais sont médiatiques, littéraires, politiques. La thèse du « grand remplacement » de Renaud Camus a irrigué bien au-delà des rangs extrémistes, pour s'imposer dans le débat public.
    Ils sont de plus en plus nombreux, sur le territoire, à se radicaliser autour des thèmes du déclin de la France, des crises économiques et sociales, de l'abandon du pays aux musulmans, de la faiblesse de l'État, au point que les services de renseignement pensent désormais inéluctable un affrontement entre communautés, dessinant l'ébauche d'une future guerre civile. Y sommes-nous déjà ? La société craquelle, la « dissidence », elle, s'organise. Alain Soral, Dieudonné, Boris Le Lay et autre prêcheur de haine sont interdits de Youtube Facebook ou Twitter, avant d'être poursuivis en justice et de devenir des martyrs de leur cause. Leurs sites sont fermés, ils en ouvrent de nouveaux. Quand leurs mouvements sont dissous, ils se reforment sous un autre nom. Actions coup de poing contre les immigrés - « kebabs, mosquées, on en a assez ! », camps d'été survivalistes, projets d'attaques, fermes à trolls, propagande numérique, etc. La DGSI craint l'attaque de loups solitaires de l'ultradroite et relève avec inquiétude l'apparition d'une frange de militants identitaires qui leur étaient jusqu'alors inconnus.
    Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna et Marc Leplongeon les ont rencontrés et font parler ceux qui s'estiment être les « Grands remplacés ». C'est à une plongée inquiétante que nous invitent ici les auteurs de Mimi. Portraits, réseaux, généalogie du combat, entrée dans la clandestinité : le feu couve.

  • Quand Richard Ford ouvrit la porte, le vent du nord faisait tinter les grelots de glace dans les arbres du Maine et la mer rugissait dans la tempête. Sur les murs de son studio de Santa Monica, Dennis Lehane avait punaisé les plans des trois scénarios et des deux romans sur lesquels il travaillait. Les yearlings de l'année galopaient devant le ranch de Tom McGuane. Et dans la cabane de Russell Banks, perchée sur une colline des Adirondacks, un air très doux passait tandis qu'il se replongeait dans ses souvenirs.
    Pauline Guéna, romancière, et Guillaume Binet, photographe, sont partis un an en camping-car avec leurs quatre enfants, à la rencontre de vingt-six grands écrivains américains. À la recherche de l'esprit des lieux.

  • Quand Richard Ford ouvrit la porte, le vent du nord faisait tinter les grelots de glace dans les arbres du Maine et la mer rugissait dans la tempête. Sur les murs de son studio de Santa Monica, Dennis Lehane avait punaisé les plans des trois scénarios et des deux romans sur lesquels il travaillait. Les yearlings de l'année galopaient devant le ranch de Tom McGuane.
    Et dans la cabane de Russell Banks, perchée sur une colline des Adirondacks, un air très doux passait tandis qu'il se replongeait dans ses souvenirs.
    Pauline Guéna, romancière, et Guillaume Binet, photographe, sont partis un an en camping-car avec leurs quatre enfants, à la rencontre de vingt-six grands écrivains américains. À la recherche de l'esprit des lieux.

  • « Ma garde à vue a commencé il y a trente-cinq ans. J'avais quinze ans. Je suis cette gosse aux cheveux roux qui s'est retrouvée chez les gendarmes. Celle dont on a vu le visage dans les journaux, [...] celle dont les photos défilaient au journal télévisé. Je suis celle qu'on a appelée "la grosse", "la rouquine", "la belle-soeur", "la maîtresse", "la complice". Celle qu'on a traitée de menteuse, d'idiote, de sans-coeur. D'alibi et puis d'accusatrice.
    [...] Je n'ai jamais parlé de l'affaire, pas même à la maison. Pour la première fois aujourd'hui, parce que l'injustice est allée trop loin et que je n'en peux plus, j'ai décidé de raconter mon histoire, toute mon histoire. Pour que les gens sachent que nous, les Bolle, nous n'avons jamais fait de mal à personne d'autre qu'à nous-mêmes. Pour qu'on apprenne enfin la vérité. »

  • On l'appelle " Mimi " . Michèle Marchand, la papesse des paparazzis, la gardienne des rumeurs, des secrets de la politique et des affaires. Elle collectionne les scoops sur les puissants mais elle a compris que le plus utile n'était pas de les vendre. Les posséder suffit. Et en parler, ici ou là. Elle ne dispose d'aucun titre officiel mais " Mimi " se rend tous les jeudis à l'Elysée. Son agence de presse, Bestimage, a l'exclusivité de l'image de la Première Dame et de celles, privées, du couple Macron.
    Une manne. Et une première. Jamais un couple présidentiel n'avait concédé un tel passe-droit à une " Petite marchande de photos " . Comment " Mimi " a-t-elle pris le contrôle des secrets de Paris ? Pourquoi lui est-il accordé tant de privilèges ? Que sait-elle ? Que tait-elle ? Difficile d'enquêter sur cette femme, puissante et redoutée. Ses amis se taisent et ses ennemis ont peur. Garagiste, tenancière de boîte de nuit, mariée à des braqueurs puis à un policier, championne de ski, reine de la presse people...
    Avant d'arriver au coeur du pouvoir. La vie de " Mimi " est une énigme et un vertige. Voici le roman vrai d'une femme aux mille visages.

  • Quel est le rapport entre les Templiers et l'écologie, Robert le Bougre et le terrorisme, l'évêque de Worms et les sextoys ou alors Philippe le Bon et les drones ? À des siècles d'écart, les préoccupations des rois, de leurs chroniqueurs ou des grands savants s'avèrent étonnamment proches des nôtres.
    Violences religieuses, guerres, vagues migratoires, épidémies, place des femmes dans la société, écologie, famille, sexualité ou nouvelles technologies : ces sujets que l'on croit brûlants ne datent pas d'hier.
    Ce livre revisite le Moyen Âge pour en faire entendre la résonance résolument actuelle et mettre en perspective les débats qui agitent nos sociétés.
    Des chroniques mordantes qui empruntent les couloirs du temps pour nous faire décourvir l'étonnante modernité du monde médiéval.

  • Quand Richard Ford ouvrit la porte, le vent du nord faisait tinter les grelots de glace dans les arbres du Maine et la mer rugissait dans la tempête.
    Sur les murs de son studio de Santa Monica, Dennis Lehane avait punaisé les plans des trois scénarios et des deux romans sur lesquels il travaillait.
    Les yearlings de l'année galopaient devant le ranch de Tom McGuane.
    Et dans la cabane de Russell Banks, perchée sur une colline des Adirondacks, un air très doux passait tandis qu'il se replongeait dans ses souvenirs.
    Pauline Guéna, romancière, et Guillaume Binet, photographe, sont partis un an en camping-car avec leurs quatre enfants, à la rencontre de vingt-six grands écrivains américains. À la recherche de l'esprit des lieux.

    Gilles Archambault.
    Margaret Atwood.
    Russell Banks.
    John Biguenet.
    Joseph Boyden.
    T.C. Boyle.
    James Lee Burke.
    Craig Davidson.
    Patrick deWitt.
    Jennifer Egan.
    Richard Ford.
    James Frey.
    Ernest J. Gaines.
    Siri Hustvedt.
    Laura Kasischke.
    William Kennedy.
    Dennis Lehane.
    Thomas McGuane.
    Dinaw Mengestu.
    George Pelecanos.
    Ron Rash.
    Joanna Scott.
    Jane Smiley.
    David Vann.
    John Edgar Wideman.
    Martin Winckler.

  • C'est en banlieue parisienne que Sophie Kasiki, mère de famille de trente-trois ans, rencontre ceux qu'elle nomme les « gamins », trois jeunes musulmans qui vont progressivement la convaincre de se convertir à l'islam puis de partir pour Rakka, capitale du groupe État islamique, avec son fils de quatre ans.
    Sur place à partir de février 2015, Sophie travaille dans un hôpital ; elle est logée avec son fils dans un grand appartement. La ville est coquette, cosmopolite : on vient de tous les pays servir le califat. Mais les choses tournent mal quand les « gamins », qui ont aussi fait le voyage, veulent emmener le fils de Sophie à l'école coranique. Sophie refuse, elle reçoit de premiers coups, elle demande à rentrer en France et la voilà bientôt séquestrée avec son fils, sans papiers ni téléphone.
    Après plusieurs semaines d'enfer, Sophie est jetée en prison avec son fils. Elle parvient à s'évader, le petit caché sous sa burqa, mais ils n'ont nulle part où aller et sont en danger de mort. Leur salut vient d'une mère de famille syrienne qui les recueille au péril de sa vie, ainsi que d'une stupéfiante chaîne de solidarité, tissée de la France à la Turquie, quand les autorités françaises se sont révélées impuissantes. C'est un commando de l'Armée syrienne de libération qui organise leur exfiltration.
    Plusieurs fois, Sophie a joué sa vie et était prête à la perdre, mais la volonté de sauver son fils a été plus forte que tout.

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