• Datazone

    Philippe Chancel

    Datazone est le nom qui désigne un espace imaginé, ponctué de villes immenses ou de déserts, reliés les uns aux autres par la promesse d'un destin compromis. Cette galaxie terrestre est la nôtre. C'est là que Philippe Chancel se rend, reporter sans journal, informant son imaginaire, recueillant des vues vertigineuses du futur.
    Durant quinze ans, il a exploré des sites sensibles pour ausculter le monde et observer les symptômes les plus alarmants de son déclin. De la Chine aux États-Unis, en passant par l'Afrique et l'Europe, il dénonce des réalités souvent contradictoires de notre époque - cynisme des pouvoirs, saccages écologiques, fléaux naturels, spectacularisation du capitalisme, contrôle des individus, aveuglement religieux et ethnique, conflit de territoires. Faire oeuvre de telle manière ne correspond à aucun genre identifié dans les pratiques photographiques.
    Philippe Chancel nous offre ainsi une exploration sans précédent et une critique constructive du monde dans lequel nous vivons.

  • Kim happiness

    Philippe Chancel

  • Avec Workers, Philippe Chancel vient révéler l'existence de ces milliers d'ouvriers qui travaillent sans relâche à l'édification des métropoles de l'hyper-capitalisme aux Emirats arabes unis.
    Dubaï, Abu-Dhabi sont devenues en peu de temps les cités de la surenchère, du commerce et du luxe : plages, musées somptueux, galeries marchandes... un univers artificiel où l'irréel devient plus réel que le réel.
    Ce rêve possède un envers du décor où une armada de travailleurs indiens, philippins, chinois...triment sans interruption, traversant furtivement cette scène de façon invisible, sans consistance et sans histoires aussi. Un esclavage moderne dont les actualités ne parlent pas.
    Philippe Chancel pointe cette situation et nous offre la vision d'hommes saisis dans leur activité : sous le soleil, enturbannés de pièces de tissus, portant casquettes ou fichus afin de se protéger de la chaleur et de la poussière. Ces travailleurs n'ont aucun autre choix, cherchant les salaires là où ils se trouvent, acceptant, en victimes consentantes, les conditions d'un travail asservissant.
    La magie de Philippe Chancel fait qu'on hésite, on ne sait pas qui sont ces hommes exactement : leurs tenues laissent un instant supposer que ces workers sont tout autant de possibles émeutiers prêts à renverser un ordre finalement précaire que de simples ouvriers...

  • Depuis ses débuts, Philippe Chancel photographie les sociétés autoritaires. En
    1981, il est le premier à se rendre en Pologne où a lieu l'état de siège
    proclamé par le général Jaruzelski. S'ensuit une longue série de reportages
    jusqu'à cette année 2005 où il obtient un visa de près d'un mois pour la Corée
    du Nord. Ce reportage donnera lieu à une publication chez Thames & Hudson sous
    le titre « DPRK ». En 2008, il se rend aux Emirats Arabes Unis. Dans ce
    gigantesque chantier à ciel ouvert, il découvre des point communs avec les
    dictatures communistes : utopie, culte de la personnalité donnant lieu à une
    iconographie envahissante, concentration du pouvoir, contrôle sur les individus
    et surtout déni de l'humain. Philippe Chancel s'intéresse à la manière dont ces
    sociétés mettent en scène leur pouvoir. Aux Emirats Arabes Unis, la course à la
    démesure n'en finit jamais. Dans cette société façonnée par l'idéologie du
    capitalisme, luxe et divertissement remplacent l'ordre et l'austérité
    socialistes : les monuments sont toujours plus hauts, plus clinquants, la
    consommation, et son lot de placards publicitaires, est omniprésente et les
    loisirs frisent l'absurde quand il s'agit de skier en plein désert. Là-bas,
    rien n'est trop beau ni trop grand pour se construire une identité, quitte à
    sacrifier des centaines d'ouvriers immigrés. Les photographies de Philippe
    Chancel cherchent à briser ce miroir aux alouettes contemporain. L'esthétique
    documentaire, les cadrages frontaux et distanciés, l'absence de tout affect
    pointent précisément le lieu où la propagande des idéologies agit, c'est-à-dire
    dans les apparences et les faux-semblants. Avec un texte de Quentin Bajac, chef
    du cabinet de la photographie au Musée national d'art moderne, Centre Pompidou.
    Ce travail, présenté à la Biennale de Venise en 2009, sera présenté dans le
    cadre de l'exposition Dreamlands au Centre Pompidou (5 mai - 11 août 2010), à
    la galerie Bleu du ciel à Lyon (11 mai - 15 juillet 2010), et la galerie
    Philippe Chaume à Paris (25 mai - 15 juillet 2010).

  • DPRK

    Philippe Chancel

    C'est par un travail sur le style que Philippe Chancel tient à distance l'exotisme d'un réalisme
    socialiste de carnaval, et en même temps qu'il le présente avec une absence d'affect qui lui permet
    de ne pas glisser dans l'image politique. Michel Poivert
    La Corée du Nord est une nation à part, secrète et quasi impénétrable. De ce pays où la
    propagande idéologique et le culte de la personnalité ont été érigés en véritable esthétique, le
    photographe Philippe Chancel a rapporté des images inédites et fascinantes.
    D'immenses statues de feu Kim Il-sung, le Grand Leader, et de son fils Kim Jong-il, le Cher Leader,
    dominent les grandes places de la capitale, Pyongyang. Partout, dans les lieux publics comme dans
    les espaces privés, et jusque sur la poitrine des Coréens, on retrouve leurs portraits. Partout,
    drapeaux, affiches, slogans, monuments et musées célèbrent le Parti des Travailleurs de la Corée
    du Nord et la victoire de la Révolution. A Pyongyang, nous découvrons des avenues vastes et vides,
    le cimetière des Martyrs de la Révolution, l'Arc de Triomphe, le palais des Enfants et cet immense
    stade du Premier Mai dans lequel, à l'occasion des célébrations du 60e anniversaire du parti, plus
    de 150 000 personnes ont assisté à une succession d'extraordinaires tableaux vivants à la gloire du
    pays, un spectacle inouï montré ici pour la première fois.
    Le style infiniment précis, neutre et frontal des photographies de Philippe Chancel révèle une
    réalité scénographiée dans ses moindres détails par un régime totalitaire qui aime à faire peur au
    reste du monde.

  • Ce livre présente une centaine de portraits couleurs d'artistes plasticiens que le photographe Philippe Chancel a rencontré aux quatre coins du monde au cours de ces quinze dernières années.
    Il s'agit des stars de la scène artistique mondiale à l'instar de Jeff Koons, Frank Stella, James Turrel, Matthew Barney ou encore Pierre Soulages, Christian Boltanski, Giuseppe Penone, Miguel Barcelò, Christian Combas pour ne citer qu'eux. Mais ce choix n'écarte pas pour autant des figures de l'art moins connues mais aux pratiques artistiques tout aussi intéressantes. On passe ainsi tous courants confondus, de représentants proches de l'art brut aux icônes vivantes des néo avants-garde les plus en vues de la scène contemporaine.

    "Loin de vouloir montrer l'oeuvre en train de se faire mais l'auteur dans son lieu de création ou non, les portraits de Philippe Chancel s'inscrivent dans la logique du portrait contemporain qui vient chez lui de la photographie documentaire : il fait le portrait des artistes d'aujourd'hui dans une position archi modeste; des artistes tout particulièrement parce que, s'il a photographié toutes sortes de gens, les artistes sont encore à ses yeux la position la plus libre et la plus intéressante " au coeur des choses "" écrit à son propos l'historienne de l'art Laurence Bertrand Dorléac dans le texte accompagnant l'ouvrage ainsi que celui de Marc Dachy.

    Ce livre au rythme vif dans lequel chaque photographie suffisamment belle et mystérieuse rend le sujet souverain tout en nous projetant dans un univers singulier et toujours surprenant, montre finalement le regard d'un photographe et celui des artistes sur le monde d'aujourd'hui : l'homme qui est à la source de l'oeuvre. Ses rides, ses soucis, ses envies, ses peurs, ses désastres.

  • Arirang est le titre d'une chanson populaire coréenne qui a donné son nom au plus gigantesque spectacle vivant que le monde ait sans doute connu. Pour la première fois, Philippe Chancel révèle l'intégralité de ce spectacle organisé depuis 2002 dans le stade du ler Mai qui compte 150 000 places à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. A l'issue de plusieurs mois de répétitions, jusqu'à 100 000 participants - enfants transformés en pixels vivants dans les gradins, et gymnastes sur la pelouse - exécutent des scènes chorégraphiques impressionnantes au son des chants révolutionnaires, qui reconstituent par des tableaux successifs l'histoire de la Corée, de ses origines à l'occupation japonais, jusqu'à la réunification souhaitée. Le photographe se concentre sur ce seul sujet, comme symbole et métaphore de l'ensemble du système nord-coréen et adopte le point de vue exceptionnel de l'autorité en se plaçant en lieu et place du " cher leader " Kim Jong Il. Philippe Chancel rend compte, dans la stricte lignée de l'esthétique documentaire et une logique d'inventaire, de l'emphase de ces célébrations.

  • Depuis le début de sa carrière, Jean-Pierre Raynaud entend créer « un projet qui résiste aux modes et au temps ». Résister au temps grâce à l'art, tel est son projet artistique.
    La nouvelle série, Cible, est chez l'artiste en écho avec son célèbre Pot, les Stèlesde carrelage blanc en céramique, ou encore les Sens Interdits... Elles correspondent à une nouvelle étape de l'oeuvre de Raynaud, et sont associées à un nouveau lieu : Campagne Première. Car, Raynaud est également un bâtisseur, dont les constructions parcourent l'oeuvre : La Maison, détruite en 1996, Le Mastaba, devenu lieu de culture à la Garenne Colombe, ou encore La Maison jardin/atelier de Barbizon. Chacune de ces entités, oscillant entre la maison privée et le musée, lieu de monstration, sont inscrites dans l'oeuvre de Raynaud, comme autant d'évènements, d'expositions personnelles dont il est le commissaire. Évènements, qui font l'objet de livres.
    Chacune des publications, ont été théorisées par un historien de l'art, ici, Laurent Lebon, directeur du Musée Picasso. Les oeuvres dans leur environnement ont été photographiées par Philippe Chancel, sous l'oeil vigilant, expert, de l'artiste lui-même. Il en résulte un ouvrage d'une forte plasticité, où seule la lumière, les blancs - espaces mentaux - semblent révéler les oeuvres en parfaite osmose avec leur environnement, leur complétude.
    Enfin, ce livre devrait révéler au lecteur, la persistance d'un créateur à vivre son oeuvre différemment, hors des circuits communément admis, afin de mieux questionner le rôle que s'est assigné l'art dans notre société, mis à mal depuis le tournant du siècle.

  • Ce livre est une déambulation photographique dans le Paris des boutiques et magasins aux vitrines et décors étonnants, poétiques et décalés.
    Perec disait qu'il fallait « interroger l'habituel même si nous y sommes habitués » : c'est ce que font ces images dans leur quête poétique de l'ordinaire, de l'infraordinaire.
    Ces lieux existent. Les cartes de visite en vis-à-vis en attestent. Ils sont là, au coin de la rue, mais notre regard a cessé de les voir, ne sachant plus s'arrêter sur les choses simples, émouvantes, parfois drôles, mais toujours riches de notre quotidien urbain. Valérie Weill et Philippe Chancel ont su garder cette capacité à voir et ils nous donnent en partage, grâce à cet ouvrage, leur regard un regard toujours généreux, curieux et pertinent.
    Que voit-on ? Que révèle ce regard ? Des juxtapositions incongrues, des accumulations improbables, des agencements graphiques, des décorations étranges, des univers privés pourtant hautement publics, des lieux d'une vie entière destinés à disparaître avec leur propriétaire.
    Que nous racontent ces décors et vitrines ? Une multitude de récits possibles. Ces images en disent long sur les propriétaires des lieux, mais elles nous racontent aussi ce que nous projetons sur elles. Chacun peut y glisser son
    histoire, une histoire. Quelle fut donc la réaction du cordonnier lorsqu'un client est venu lui déposer des bottes en caoutchouc ? On les aperçoit, tout en haut, discrètement perchées sur une étagère. Leur propriétaire les a-t-il oubliées, se doutant de l'impossibilité de la tâche ? On voit bien là qu'à partir d'une seule image et d'un seul détail peuvent naître toutes sortes de récits, des interrogations certes futiles mais qui font ces petits moments de bonheur où l'on sourit des incongruités du genre humain.
    Ce livre s'adresse aux amoureux de Paris, aux touristes qui veulent en garder un souvenir authentique, aux amateurs de photographie ainsi qu'aux passionnés d'art contemporain qui ne manqueront pas d'y voir autant d'installations trouvées.
    Livre tendance, livre cadeau, livre témoignage, livre d'artiste, Souvenirs de Paris sera un incontournable de la rentrée et des fêtes de fin d'année.

  • Avec ce nouvel ouvrage consacré à New York, Valérie Weill et Philippe Chancel nous convient à poursuivre notre déambulation visuelle dans les rues d'une ville que nous croyons connaître.
    S'inscrivant à la fois dans la tradition de la photographie documentaire et de l'art conceptuel, les images de ces vitrines et commerces new-yorkais tissent peu à peu l'étoffe non pas d'une ville imaginaire ou idéalisée, mais d'une vraie ville dans toute sa splendeur ordinaire et authentique.
    De Manhattan au Bronx en passant par le Queens et Brooklyn, nous découvrons un véritable melting pot d'objets, de styles et d'ambiances à l'image des gens qui y habitent. Après Paris et Londres, c'est ici l'âme de New York qui nous est révélée.
    /> Dans son texte écrit spécialement pour ce livre, Harry Mathews s'inspire de chacune des images pour créer un récit poétique et personnel, récit de voyage à l'intérieur d'un New York inédit.

    Après avoir travaillé dans la mode aux côtés du créateur Dries Van Noten, Valérie Weill est aujourd'hui styliste photo pour la presse magazine et quotidienne (Le Monde, Citizen K, Marie Claire, Cosmopolitan, Biba, Hermès...).

    Philippe Chancel est photographe. Après de nombreuses collaborations dans la presse française et étrangère et divers travaux de commande pour de grandes institutions telles que le Centre Pompidou ou la Fondation Cartier, il travaille aujourd'hui pour des revues d'art, notamment Connaissance des Arts, tout en menant parallèlement un travail plus personnel. Il a publié récemment DPRK, un ouvrage rassemblant ses photographies de la Corée du Nord, aux Editions Thames & Hudson.

    Harry Mathews est un poète et écrivain américain, qui partage sa vie entre la France et l'Amérique. Il est membre de l'Oulipo depuis 1973. Il a publié plusieurs ouvrages, dont Cigarettes et Le voyage des verres.

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