• Kierkegaard, penseur du désespoir, de l'angoisse et de la foi, est un perpétuel contemporain, comme Nietzsche auquel il fut souvent mesuré. Chrétien en devenir, rétif à tout système, il est cette ombre sur la pensée moderne qui ne cesse de l'inquiéter. Malgré son importance, les introductions en langue française à l'oeuvre de l'énigmatique Danois sont rares, et c'est bien le premier mérite de cet essai : offrir un guide de lecture à jour, attentif au contexte où l'oeuvre a éclos et à son style singulier. En se concentrant ensuite sur la question du rapport à soi, dans ses aspects éthiques et religieux, il en propose une interprétation originale qui entre en résonance avec d'autres grandes oeuvres (Jean-Paul Sartre, Henrik Ibsen, Lewis Carroll, etc.) et interroge notre actualité, en particulier l'injonction qui nous est faite d'être nous-mêmes - se trouver pour se réaliser. Si Kierkegaard a fait sien ce souci qui demeure le nôtre, c'est pour en bouleverser les termes et ouvrir des horizons inédits de pensée et de vie. En dépassant la question classique « Qui suis-je ? » en celle, plus exigeante, de « Que suis-je appelé à être ? », Kierkegaard s'affirme comme le philosophe essentiel de nos temps incertains.

  • Suite aux récentes controverses sur les questions de l'expertise psychiatrique, de la responsabilité pénale des malades mentaux et de l'évaluation de la dangerosité, des personnalités du monde psychiatrique, judiciaire et philosophique, interrogent cette évolution du droit (modification de l'article 64, suivi sociojudiciaire, rétention de sûreté, etc.) avec l'ouvre de Michel Foucault comme horizon de réflexion. En effet, les questions posées par le philosophe au savoir psychiatrique et au pouvoir judiciaire restent d'actualité : à quelle légitimité prétend l'expertise psychiatrique ? Jusqu'où la justice doit-elle se préoccuper de la psychologie des individus ? A quelles stratégies répond le suivi sociojudiciaire des malades jugés « dangereux » ? Ces trois questions sont ici abordées non dans l'objectif de commenter Foucault, mais dans celui d'utiliser certaines de ses grilles de lecture pour analyser l'inquiétude actuelle des professionnels et des usagers de la psychiatrie.

  • La concentration de talents qui a rendu possible la variété française des années 1960-1970 est l'un des secrets les mieux gardés de la musique du siècle dernier. Les arrangeurs et musiciens de cette époque - formés au conservatoire ou au jazz - ne se préoccupaient pas des distinctions car ils les avaient déjà toutes raflées à vingt ans. Ils cherchaient seulement le public, cette instance si difficile à rejoindre et à convaincre. De cet âge d'or des variétés, Claude François (1939-1978) est la figure la plus célèbre et la plus difficile à juger : admiré par la profession, méprisé en dehors, il fait rire les uns, danser les autres.
    Par sa précision métronomique, ce batteur de formation a porté la chanson populaire à un niveau d'excellence qui brouille les partages et demande de repenser ces choses idiotes et rythmées auxquelles l'esthétique n'a jamais su accorder leur juste place. Il est assurément plus difficile de penser Alexandrie, Alexandra que La Symphonie héroïque.

  • Être soi, se connaître, devenir soi, telles sont les grandes injonctions qui pèsent sur l'individu moderne. Il doit se trouver et se réaliser. Formidable promesse.
    Sauf que, depuis quelques décennies, l'on prend conscience de la démesure de l'ambition. Sous le poids d'un projet qui excède ses propres forces, le voilà qui désespère, qui « déprime », ce qu'on appelle justement « la fatigue d'être soi ».
    L'antidote : que quelque chose, quelqu'un, une voix, un appel, l'arrache à luimême et le porte au-delà. C'est le remède proposé il y a un peu plus d'un siècle par le philosophe danois Søren Kierkegaard. Souvent présenté comme le père de l'existentialisme, l'auteur du Journal d'un séducteur et du Concept de l'angoisse avance une objection provocante au souci de soi qui habite l'individu moderne: il faut un appel venu du dehors, une parole à moi adressée et à laquelle je ne peux me dérober, pour que je trouve mon chemin dans l'existence. En parcourant la vie très ombrageuse et mouvementée de Kierkegaard, Philippe Chevallier livre une interprétation très originale de son oeuvre.

  • Des premiers rites baptismaux à la confession moderne, les références au christianisme sont constantes dans l'oeuvre de Michel Foucault.
    Cette constance s'inscrit dans un questionnement philosophique plus large sur notre actualité : comprendre le rapport que nous avons aujourd'hui à nous-mêmes demande de s'interroger sur les actes de vérité que l'Occident a instaurés depuis les premiers siècles chrétiens. Que faut-il dire et manifester de soi pour être transformé dans son être, pardonné, sauvé, jugé ou guéri ? Ce livre propose une étude critique de l'ensemble des lectures chrétiennes de Foucault, avec une attention particulière portée au cours Du gouvernement des vivants (1979-1980).
    Ni chronologique ni thématique, le parcours suivi espère retrouver la logique d'un travail à la fois philosophique et historique : quand et comment le christianisme a-t-il été constitué par Foucault en objet de recherche, avec quelles pratiques de lecture et quelles conséquences sur l'interprétation ? Attentif aux mots plus qu'aux choses, le philosophe repère les glissements sémantiques successifs qui annoncent, entre le IIe et le IVe siècle de notre ère, le passage du monde antique à un univers inédit : celui de la perfection impossible et des fidélités difficiles.
    Loin de l'image facile d'un christianisme ascétique et intransigeant, Foucault définit l'originalité chrétienne comme la reconnaissance et l'institution paradoxale d'un rapport précaire à la vérité.

  • La nouvelle édition d'une chronologie de l'histoire du monde contemporain signée Bescherelle. Un ouvrage complet, fiable et attractif, pour mieux comprendre les enjeux du monde d'aujourd'hui.

    Le récit de l'histoire du monde, de 1914 à nos jours.
    L'ouvrage commence le 28 juin 1914, avec l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand et se clôt en mars 2019, avec la bataille de Baghouz en Syrie. 142 dates emblématiques sont ainsi présentées, de manière vivante et rigoureuse, permettant de revivre l'histoire des XXe et XXIe siècles et d'en percevoir les enjeux majeurs.

    Une organisation claire, une mise en page rythmée - Au début de chaque partie, une grande frise chronologique, permettant de repérer visuellement les dates clés de la période.
    - Puis au fil des doubles pages, le récit de chaque événement, en textes et en images.
    - À intervalles réguliers, des dossiers sur des phénomènes clés de la période.

  • Les aveux de la chair, dernier volume de l'Histoire de la sexualité, fruit de près de huit ans de travail sur le christianisme ancien, est le livre auquel Foucault aura consacré le plus de temps, sans parvenir à l'achever complètement. Le détour par les Pères de l'Eglise (Tertullien, Augustin, Cassien, etc.) devait contribuer à éclairer le rapport que l'Occident entretient au corps et à ses plaisirs, au croisement de la subjectivité et de la vérité. Publiés posthumément en 2018, déjà traduits en plusieurs langues, Les aveux de la chair révèlent l'étendue des recherches conduites par Foucault sur les premiers siècles chrétiens, que les textes et les cours jusqu'ici connus laissaient à peine deviner.

    Le présent ouvrage organise une rencontre inédite : les lectures "chrétiennes" de Foucault sont ici interrogées par seize historiens, philosophes et théologiens internationaux, spécialistes de cette période ainsi que de la pensée de Foucault. En quoi l'approche de Foucault renouvelle-t-elle la manière de lire les Pères? Permet-elle d'aborder autrement la question de la nouveauté apportée par le christianisme dans la culture antique ? Et comment cette nouveauté peut-elle faire sens en philosophie aujourd'hui ? Questions cruciales, non seulement pour l'histoire des idées, mais d'abord et avant tout pour la compréhension de notre actualité.

    Les auteurs James Bernauer, Philippe Büttgen, Philippe Chevallier, Elizabeth A. Clark, Agustin Colombo, Frédérique Ildefonse, Laurent Lavaud, Laurence Le Bras, Paul Mattei, Bernard Meunier, Sébastien Morlet, Michel-Yves Perrin, Jean Reynard, Michel Senellart, Arianna Sforzini et Johannes Zachhuber.

  • Penser avec et par le cinéma, celui-là même qui nous émeut, nous effraie ou nous ravit : tel est le principe fondateur de ce travail collectif dont le titre résonne comme un manifeste. L'audace de ce Dictionnaire est de rassembler, de rapprocher et de susciter des passages entre des notions, des champs et des auteurs que nulle discipline académique n'a encore réussi à fédérer. A travers plus de 400 entrées rédigées par plus de 70 spécialistes, on arpente ici en autant de courts essais stimulants cette place centrale du film dans nos existences.
    A quoi pensent ou font penser les techniques ("Caméra", "Montage", "Travelling"...) ? les critiques ("Bazin", "Daney", "Zizek"...) ? les films ("Blow-Up", "2001", "Still Life", etc.) ? les stars ("Bardot", "Bogart", "Charlot", "de Funès"...), les navets, qui ne sont pas des nanars ? les jeux vidéo, qui sont des films comme les autres ? les zombies, les vampires et autres monstres surgis du cinéma bis ?...
    Installez-vous, livre en mains devant les yeux. Réalisé sur l'écran croisé de diverses disciplines (histoire, philosophie, psychanalyse, psychologie, sémiologie, etc.), ce Dictionnaire s'adresse autant aux cinéphiles qu'aux cinéphobes, à l'amoureux qu'à l'érudit, parce que la mise en mouvement de la pensée n'a jamais nui au plaisir esthétique, bien au contraire. Trois index (des noms, des thèmes, des films) offrent de précieux panoramiques sur cette entreprise inédite en français.

  • Entre 1979 et 2000, Serge Chevallier a photographié la France des "isolats paysans" dans lesquels ont vécu des agriculteurs selon un mode de vie qui n'avait pas changé depuis des siècles. Au fil de 300 photos, les auteurs nous ouvrent l'album de leur voyage dans un pays qui a, aujourd'hui, définitivement disparu. Ils nous montrent également comment les paysans ont été les premiers protecteurs de la nature.
    À travers des thématiques comme l'homme et le cheval, les Grands causses et les brebis, les transhumances, les boeufs attelés..., cet ouvrage invite à découvrir un monde paysan qui s'est éteint plus tardivement que ce que l'on pense communément.
    Qu'avons-nous perdu de cette époque et surtout, qu'avons-nous gardé pour l'avenir ?

    Serge Chevallier est photographe animalier.

    Philippe J. Dubois est écrivain, ingénieur écologue, auteur d'ouvrages sur la biodiversité domestique et l'environnement, de même qu'éditeur.

  • Entre 1979 et 2000, Serge Chevallier a photographié en France des « isolats paysans » dans lesquels ont vécu des agriculteurs selon un mode de vie qui n'avait pas changé depuis des siècles. Au fil de 300 photos, les auteurs nous ouvrent l'album de leur voyage dans un pays qui a, aujourd'hui, définitivement disparu. Ils nous montrent également comment les paysans ont été les premiers protecteurs de la nature.
    À travers des thématiques comme l'homme et le cheval, les Grands causses et les brebis, les transhumances, les boufs attelés., cet ouvrage invite à découvrir un monde paysan qui s'est éteint plus tardivement que ce que l'on pense communément.
    Qu'avons-nous perdu de cette époque et surtout, qu'avons-nous gardé pour l'avenir ?
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    Serge Chevallier est photographe animalier.

    Philippe J. Dubois est écrivain, ingénieur écologue, conférencier, auteur d'ouvrages sur la biodiversité domestique et l'environnement, de même qu'éditeur.

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