• Né à Berlin en 1922, Lucian Freud est le petit-fils du fondateur de la psychanalyse. Pendant la montée du nazisme, sa famille migre en Grande-Bretagne. Indifférent aux modes et tendances artistiques de son époque, n'usant que de moyens traditionnels, Lucian Freud consacre sa vie à la peinture. Les différents ateliers qu'il a occupés à Londres servent de cadre aux portraits qu'il met en scène. Ce sont surtout des " portraits nus ", non pas de modèles professionnels aux proportions idéales, mais de gens ordinaires, souvent liés à son entourage immédiat. Le regard impitoyable qu'il porte sur eux transcende leur disgrâce et nous les rend étrangement familiers. Dans une société qui fait du corps jeune, beau, aux formes lisses, le seul corps digne d'être exposé, l'oeuvre de Lucian Freud, dans son réalisme sans concession, apparaît comme l'une des plus lucides et des plus subversives de son époque.

  • Aucune question n'a occupé autant d'art occidental que celle qui touche à la représentation du corps, à ses conventions et à ses licences.
    Scandée par des querelles, des ruptures, des crises iconoclastes, la transmission d'un savoir sur le corps, sous forme de règles de proportions, de modèles anatomiques, de poses de référence, est une des missions majeures que se sont données les écoles d'art. À cet égard l'École des beaux-arts de Paris, forte d'une tradition de près de quatre siècles, est exemplaire. Le fonds patrimonial qu'elle conserve est d'une richesse exceptionnelle, et même unique en Europe.
    Il montre que l'École, depuis sa création en 1648,a été au centre des enjeux esthétiques les plus importants. De l'Écorché de Michel-Ange à celui de Houdon, des dessins anatomiques de Géricault aux premiers films d'Étienne-Jules Marey, à travers plusieurs centaines d'oeuvres qui traversent le champ de l'histoire de l'art et de la science, voici un panorama inédit des instruments pratiques et des outils conceptuels qui ont servi à élaborer les représentations du corps.

  • Peau de femme

    Philippe Comar

    «Pour toi, l'amour n'existe que dans les romans, lesquels, c'est bien connu, sont la distraction des femmes et des oisifs. Alors si je te suis parfois infidèle, pardonne-moi, c'est pour ne pas être tout à fait infidèle à ce que je suis, pour maintenir une petite porte entrouverte par où laisser filer et cabrioler mes rêves ou ce qu'il en reste. N'en déplaise à ton orgueil, aujourd'hui je me sens plus vivante entre les bras d'un inconnu qu'entre les tiens. Je n'y peux rien. Je ne recherche même pas l'amour, juste la sensation retrouvée de ma nudité, quelque chose comme le sentiment d'avancer sans savoir où l'on va, d'avancer sans assurer ses arrières, sans garde-fou, avec une insouciante absence de prudence.» Une femme de vingt-neuf ans dissèque sa vie sentimentale. Elle vit depuis plusieurs années avec un grand séducteur qui lui a appris le plaisir et la liberté sexuelle. Elle se raconte et s'analyse, en relatant avec une minutie particulière tout ce qui relève de la sexualité.
    D'une écriture juste et précise, ce roman observe avec une très grande finesse la vie intime d'une jeune femme d'aujourd'hui, ses désirs, ses sensations et ses attentes.

  • Jusqu'ici, aucune exposition n'a été consacrée au nu masculin. Attribut des divinités mythologiques dans les grandes compositions historiques et la sculpture classique, il est ensuite représenté aux XVIIIe et XIXe siècles dans les proportions idéales héritées de la Grèce. Malgré les remises en cause parfois radicales du XXe siècle, comme la révélation prosaïque du corps dénudé dans toute sa vérité ou même certaines violences faites au corps, ces valeurs sont toujours en vigueur chez les artistes d'aujourd'hui.
    Cet ouvrage est publié à l'occasion de l'exposition "Masculin-masculin : l'homme nu dans l'art au XIXe et XXe siècles", présentée au Musée d'Orsay, du 24 septembre 2013 au 2 janvier 2014.

  • Dessins contre nature

    Philippe Comar

    Le dessin pratiqué par Philippe Comar semble, à première vue, appartenir au genre classique. Mais vite, quelque chose en trop vient troubler et déranger la surface tranquille des choses, des êtres, du monde. Ce monumental et insistant travail du regard nous plonge en effet dans une multiplicité de points de vue quelque peu effrayante et peu facile à classer. Ce long, lent et quasi anonyme travail chemine en effet à contre-courant de toute mode esthétique, ce qui fait sa force, sa séduction.

  • L'histoire de l'art nous a livré beaucoup de ses secrets. mais pas tous.
    Dans la Genèse, Adam et Ève n'ont pas honte de leur nudité, mais, à peine ont-ils goûté au fruit défendu que « leurs yeux à tous deux s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus ; et, ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des pagnes ».
    Pour répondre à la censure imposée par l'Église, les artistes ont rivalisé d'imagination pour cacher l'indécence proclamée : le sexe. Si la feuille de vigne est habituelle, d'autres motifs se révèlent à l'oeil attentif, à la fois surprenants, drôles et raffinés : un papillon, le froissé d'un drap, le sang du Christ, une chevelure ondoyante, un coquillage, une oie caressante... De Botticelli à Dali, de Dürer à Magritte, Cache-sexe dévoile, à travers vingt siècles d'histoire de l'art, toutes les possibilités mises en oeuvre.

  • Aucune question n'a occupé autant l'art occidental que celle qui touche à la représentation du corps, à ses conventions et à ses licences.
    Scandée par des querelles, des ruptures, des crises iconoclastes, la transmission d'un savoir sur le corps, sous forme de règles de proportions, de modèles anatomiques, de poses de référence, est une des missions majeures que se sont données les écoles d'art. a cet égard l'ecole des beaux-arts de paris, forte d'une tradition de près de quatre siècles, est exemplaire. le fonds patrimonial qu'elle conserve est d'une richesse exceptionnelle, et même unique en europe.
    Il montre que l'ecole, depuis sa création en 1648, a été au centre des enjeux esthétiques les plus importants. de l'ecorché de michel-ange à celui de houdon, des dessins anatomiques de géricault aux premiers films d'etienne-jules marey, à travers plusieurs centaines d'oeuvres qui traversent le champ de l'histoire de l'art et de la science, voici un panorama inédit des instruments pratiques et des outils conceptuels qui ont servi à élaborer les représentations du corps.

  • Dans un service d'urgence, un homme, abandonné sur un brancard, a mal. Sa souffrance est son seul point fixe. Perdu dans cet univers hospitalier qui a tôt fait de le réduire à ce qu'il est vraiment, un corps douloureux, un patient parmi d'autres, il est livré sans défense au bon vouloir de ceux qui l'examinent. Étrange plongée en soi-même, où plus rien ne compte que ce langage oublié du corps qui, tout à coup, resurgit violemment, recouvrant tout, et d'abord la raison de sa présence ici. Nous l'apprendrons, au fil du récit, mais si l'explication rationnelle de l'agression qui l'a mené à l'hôpital nous est donnée, là n'est pas l'essentiel. Peu à peu, par bribes, nous découvrirons qui il est. Scientifique atypique, éthologue convaincu, qui préfère définitivement l'âpreté du terrain aux confinements abstraits des laboratoires, le narrateur renaîtra sous nos yeux, comme si cette récapitulation allait de pair avec sa guérison. Le récit circonstancié de sa mésaventure s'entremêlera avec celui de sa vie, et nous mènera du Muséum d'Histoire naturelle aux dunes d'Ambleteuse, quelque part sur cette côte d'Opale, où les ciels chahutés se confondent avec la mer. Les dunes d'Ambleteuse : lieu en dehors de tout, lieu de l'amour, de la simplicité retrouvée et choisie, où tout est rythmé par la lumière changeante, le frémissement du vent dans les touffes d'oyats, la cohabitation respectueuse de l'homme et de l'animal. Les dunes d'Ambleteuse : la liberté et la vie en vrai, loin du temps arrêté du Muséum, où la poussière et le formol gardent de bien obscurs secrets. C'est ce choix de la chair et du vivant, contre l'expérimentation sèche de ce qui ne l'est plus, qui contient à lui seul le vrai propos de ce livre. Réflexion sur la science, cheminement personnel, intrigue quasi policière, tout cela se mêle avec brio pour donner, in fine, le récit d'une renaissance, d'une fuite apprivoisée, le choix d'un homme.
    Dans un style absolument personnel, où se mêlent sans effort le classicisme et l'humour, Philippe Comar, professeur de morphologie à l'école des Beaux Arts, nous donne ici à lire un premier roman d'une maîtrise peu commune.

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