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  • Par son histoire et son esthétique, le tatouage japonais est unique au monde. À travers une approche historique et anthropologique, des références littéraires et des entretiens avec des maîtres tatoueurs au cours des trente dernières années, l'ouvrage replace cet art populaire dans l'histoire sociale de l'archipel, depuis son âge d'or (mi- XVIIIe - mi-XIXe siècles), époque au cours de laquelle la mode pour les "peaux de brocart" (tatouage intégral) s'est apparentée à une sorte de revendication d'identité plébéienne, jusqu'à l'époque contemporaine. En ce début de XXIe siècle, le grand art du tatouage traditionnel, apprécié à l'étranger, est sur son déclin et perd de son authenticité, mais le tatouage béné?cie néanmoins d'une popularité croissante chez la jeune génération japonaise.

  • Philippe Pons cherche à renouer, dans son foisonnement sensible, les fils épars d'une «culture ordinaire», prégnante et perdurable, qui sourd d'une «petite tradition» et s'exprime dans des attitudes, des pratiques, des «riens» du quotidien. Une tradition qui forme le substrat de la modernité japonaise contemporaine, dont il faut situer les racines non pas dans l'époque Meiji, moment du basculement dans l'ère industrielle, mais dans celle qui la précéda : le règne des Tokugawa (XVIIe-XIXe siècle). Deux siècles et demi dominés par la culture des marchands d'Osaka puis d'Edo (ancien nom de Tokyo), qui furent en quelques sorte la période d'incubation de la modernité japonaise.
    Partant de Tokyo, de son histoire et de ses moeurs, il s'est agi de mettre en valeur certains héritages pour tenter d'en discerner les échos dans le Japon moderne. Plus le sujet s'élargit et plus Tokyo s'éloigne pour n'être qu'une référence, le point d'ancrage d'une mémoire populaire réfugiée dans les gestes apparemment les plus insignifiants, les savoirs intériorisés des corps : un temps des peuples qui ne correspond pas obligatoirement à celui des élites.

  • La Corée du Nord est le pays le plus haï, mais aussi le plus mal connu de la planète. Comprendre les mécanismes d'un système totalitaire sans équivalent par son monolythisme idéologique, l'inscrire dans son espace et dans son temps pour en saisir l'ancrage et décrypter le fonctionnement d'une économie émergente : tel est l'objet de ce livre.
    Kim Il Sung au pouvoir a élevé la lutte de libération au rang de récit fondateur. La résilience de cet «État-guérilla» est à chercher moins dans son caractère stalinien que dans un nationalisme invétéré. La Corée du Nord évolue néanmoins vers une économie de facto de marché, ce qui génère de profondes mutations sociales. Cette évolution ne va pas elle-même sans enjeux géostratégiques majeurs du fait des ambitions nucléaires de Pyongyang, des visées hégémoniques du voisin chinois et du retour de la Russie dans le grand jeu diplomatique.

  • Une histoire des bas-fonds et des marges de la société japonaise, aux franges de la criminalité et de la misère.
    Sur les profondeurs de ce " sous-bois social ", l'histoire s'est souvent refermée. des parias d'autre autrefois, " gens souillés " et " non-humains ", aux laissés-pour-compte aujourd'hui des " cités du non-retour ", en passant par les soutiers du grand japon et par ce personnage du voyou (yakuza) qui, depuis plus de quatre siècles, fait régner un ordre marginal aux confins de la société admise et étend ses réseaux jusqu'aux milieux de la finance et du pouvoir : c'est tout un pan impressionnant et peu connu de l'histoire sociale du japon qui se dessine.
    Misère et crime ne sont pas que les fleurs empoisonnées d'une civilisation. ils sont aussi des formes d'une culture populaire, de son " fantastique ". criminel ou miséreux deviennent de grandes figures du désenchantement du monde, de cet homme du refus qui hante la mémoire collective d'un peuple dont l'occident célèbre trop souvent les vertus de soumission et de respect de l'ordre. le japon n'est pas seulement une société homogène et consensuelle.
    Son histoire montre, au contraire, qu'il fut, et reste, une société complexe et diverse, tiraillée de contestations, de conflits et de révoltes. une diversité que l'histoire des habitants des espaces liminaires permet de mettre en lumière. les marginaux du japon ne sont pas de simples " exclus " de la modernisation industrielle. ils forment des communautés héritières de sous-cultures séculaires. philippe pons en fait revivre les traditions et les métamorphoses au rythme des mutations de l'histoire du japon moderne.
    Loin d'offrir de ces " peuples de l'ombre " une vision désincarnée, l'auteur dresse, en jouant sur les registres de l'historien et du sociologue, auxquels il mêle une familiarité personnelle de ces milieux, un tableau coloré de leurs moeurs. une plongée originale dans un japon inattendu qui nous conduit jusqu'à l'actualité la plus pointue.

  • Il est des villes dont le simple nom est un tremplin pour l'imagination.
    Des villes ou des lieux aux noms incantatoires, porteurs de mythes, de légendes et d'histoires. Macao, la petite enclave portugaise en terre chinoise, en faisait partie. C'est là, sur un isthme au sud-ouest de la rivière des Perles, qu'il y a plus de quatre siècles l'Est et l'Ouest se rencontrèrent. Ville de saints hommes, de marchands et d'aventuriers, d'exilés et d'esclaves à la peau d'ébène amenés d'Afrique, Macao fut aussi une cité sentant le soufre : jeu, fumeries, villas aux plaisirs secrets et contrebandes.
    Le temps semblait avoir suspendu son cours en ce lieu suranné où les saints de pierre brandissent leur croix vers le ciel d'Asie tandis que des temples montent les effluves d'encens, Confetti d'éternité, Macao avait la sérénité divine de l'instant qui passe : une page d'histoire n'en finissait pas de se tourner. Puis elle le fut sans ménagement. Avant même le retour à la " mère patrie ", le 20 décembre 1999, le vieux Macao où le passé contaminait si bien le présent aura disparu, englouti sous les coups de boutoir du " développement ".
    Au fil de promenades, se dessine une ville évanouie qui sut si merveilleusement cristalliser une mémoire historique en imaginaire.

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