• La philosophie de Claude Henri de Saint-Simon (1760-1825) est à l'origine de nombreuses disciplines comme la sociologie ou la science politique. Elle est à la source des grandes idéologies contemporaines, socialisme, libéralisme, positivisme, anarchisme, technocratisme, communication. Chevalier d'un monde industriel nouveau, ce pionnier veut changer la société, faire l'unité européenne et promouvoir « l'association universelle ». Il pense une nouvelle société qu'il nomme « la société industrielle » et qui demeure la matrice de la vision occidentale du monde. Les disciples saint-simoniens contribuent ainsi aux Révolutions de 1830 et 1848. Certains deviennent de grands financiers et des capitaines d'industries, réalisant les grands travaux de chemins de fer ou du télégraphe, créant les maisons de crédit et les entreprises françaises de réseaux. Les utopies sociales et technologiques saint-simoniennes continuent aujourd'hui de se réaliser et de faire rêver.

  • L'industrie est une vision du monde et pas seulement un phénomène historique. Avant d'être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle. Nous vivons et nous croyons dans les « Révolutions industrielles » qui se multiplient depuis deux siècles.
    Cet ouvrage porte un regard anthropologique et philosophique de l'Occident sur lui-même. Cet Occidental selfie met au jour sa puissante religion industrielle, jamais vue comme telle.
    L'industrie absorbe tout. Elle fait tenir l'architecture culturelle de l'Occident. Car l'Occident a bien une religion. Il ne s'est produit aucune « sécularisation ». La religion ne peut disparaître : elle se métamorphose. Avec la « Révolution industrielle », un « nouveau christianisme » technoscientifique a été formulé.
    Cet ouvrage donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne, d'une religion rationnelle qui est désormais notre croyance universelle. L'esprit industriel s'est emparé du plus grand mystère de l'Occident chrétien, celui de l'Incarnation, et l'a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l'Humanité et de l'Ordinateur.
    Pierre Musso explore la généalogie de la religion industrielle et met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (XIe-XIIIe siècles), la manufacture (XVIIe-XVIIIe) puis l'usine (XIXe), avant de constituer l'entreprise (XXe-XXIe). Son élaboration s'est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la « Révolution managériale », la cybernétique et la numérisation.

  • Comment se métamorphosent les relations de l'Etat et de l'Entreprise à l'heure de la mondialisation, de la crise du politique et de la technologisation généralisée et accélérée des sociétés ? L'Etat et l'Entreprise sont producteurs de normes, mais aussi de cultures, de signes, de symboles et de représentations sociales, telle que la dichotomie "privé/ public". Ils portent notamment l'opposition entre "intérêt général" et "intérêts particuliers", aujourd'hui remise en question.
    Ces deux grandes institutions de l'Occident sont fondées en légitimité et contribuent à "penser" et à organiser la société. Toutefois, ne faut-il pas sortir de ce face-à-face institutionnel entre Etat et Entreprise pour redonner toute sa place à la "société civile", au secteur de l'économie sociale et solidaire et au(x) commun(s) ? D'autant que ces deux institutions majuscules portent des imaginaires très diversifiés selon les pays et les systèmes culturels.
    Cette problématique est ici explorée par un collectif de chercheurs de diverses disciplines, des responsables d'entreprises privées ou publiques et des hauts fonctionnaires, dans le cadre des séminaires de l'Institut d'Etudes Avancées (IEA) de Nantes, lieu de recherche et d'échanges pour penser le monde autrement, par la confrontation et la concertation des civilisations, notamment entre Nord et Sud

  • Nous assistons à la montée en puissance de la grande Entreprise, rivale de l'Etat, depuis plusieurs siècles. Cette fois, elle semble en mesure de rivaliser avec sa puissance et d'opérer un basculement en sa faveur. Sans cette « grille de lecture », il est impossible de comprendre la « crise du politique » qui s'étire maintenant depuis plusieurs décennies et de comprendre les dernières évolutions locales aux Etats-Unis et en Europe dont sont symptomatiques les présidences de Donald Trump et Emmanuel Macron, et la résurgence de Silvio Berlusconi, entre autres.
    Personnages ayant surgi comme par effraction à la présidence de leur pays, perçus comme des « politiques » improbables, Berlusconi, Trump et Macron ont été bien rapidement étiquetés « populistes », « élitistes », « néo-libéraux ». Si ces trois figures, pourtant en phase avec l'époque, restent incompréhensibles, c'est qu'ils méritent que l'on formule d'autres hypothèses d'interprétation du phénomène qu'ils représentent.
    Berlusconi, Trump et Macron, antipolitiques en politique, sont des figures pionnières de l'État-Entreprise. Cette institution double se manifeste et apparaît aujourd'hui, tandis que l'État est plus affaibli que jamais, et à sa suite la politique et le système de la représentation.
    L'Entreprise, en premier lieu la grande Entreprise (big corporation), triomphe. Elle est à l'apogée de sa puissance.
    Ce livre met en perspective, sur la longue durée, la mutation profonde du politique en Occident et donne à voir ce qui se joue à l'arrière-plan, entre l'État (institution de la religion du politique) et l'Entreprise (institution de la religion industrielle) : un lent processus de neutralisation de l'État qui s'accélère depuis la fin du xxe siècle et semble tendre à son démantèlement, au profit de l'Entreprise... À tout le moins assistons-nous à un transfert d'hégémonie.
    Le temps de l'État-Entreprise advient, temps de la mutation du pouvoir et du rapport de force entre les deux institutions désormais hybridées.

  • Au moment de la crise d'une forme d'industrie, qualifiée de «désindustrialisation», P. Musso invite à revenir à la source de nos croyances sur ce processus d'industrialisation pour en faire la généalogie. L'industrie n'est pas qu'une affaire d'économie et de technique, elle est aussi une affaire philosophique, parce qu'elle porte l'imaginaire de l'Occident. Les industries contemporaines multiplient la fabrication de dispositifs destinés à produire et à développer les imaginaires grâce aux technologies du virtuel, du numérique, ou des technobiologies: robots, clones, avatars ne cessent de proliférer. A partir de ce constat peut-on définir les nouveaux imaginaires de l'industrie?

  • L'entreprise contre l'Etat

    Pierre Musso

    • Manucius
    • 21 Septembre 2017

    Les relations de l'Etat et de l'Entreprise se métamorphosent. Considérée sur le long terme et d'un point de vue anthropologique comme une institution, l'Entreprise semble imposer sa vision et sa normativité managériale à l'Etat. Elle incarne l'économie, l'innovation, et étend son emprise dans les domaines culturel et politique. L'Entreprise pense, l'Etat dé-pense, pourrait-on résumer.
    En France, l'Etat semble sacralisé même s'il tend à s'affaiblir et la grande Entreprise est l'objet de critiques alors qu'elle se renforce à l'échelle mondiale. L'Etat incarne «l'intérêt général», le service public, tandis que l'Entreprise défend l'efficacité, le profit. Dès lors l'entreprise est-elle une institution, une organisation ou plus simplement l'incarnation de la liberté d'entreprendre?

  • Qu'est-ce qu'un «  régime réellement humain du travail  »  ? Quelles sont les significations philosophiques, religieuses et les représentations artistiques du travail ? Cet ouvrage traite des concepts et des conceptions du travail humain, des images, des rythmes et des régimes contemporains du travail.
    L'Organisation internationale du travail fut créée il y a un siècle, sur le constat «  que la non-adoption par une nation quelconque d'un "régime de travail réellement humain" fait obstacle aux efforts des autres nations désireuses d'améliorer le sort des travailleurs dans leurs propres pays  ». Il s'agissait alors d'instituer une police sociale de la concurrence internationale, propre à empêcher que celle-ci ne détériore les conditions de travail des hommes. Avec la «  globalisation  », le régime du travail dépend des échanges internationaux, provoquant une extension du travail salarié, mais aussi la déstabilisation de ses formes traditionnelles, la montée en puissance du chômage et d'un travail dit «  informel  ». La révolution numérique et les nouvelles formes de «  rationalisation  » du travail donnent jour à des types inédits d'aliénation et de risques pour la santé, mais peuvent ouvrir des opportunités nouvelles pour une plus grande liberté dans le travail.
    Ce colloque a examiné les grandes évolutions depuis un siècle, au regard des formes nouvelles de déshumanisation du travail.

  • 2008 : Les formes de conquête et d'exercice du pouvoir par N. Sarkozy en France et par S. Berlusconi en Italie suscitent bien des interrogations. Elles présentent des similitudes identifiant un phénomène original : le « sarkoberlusconisme ». Ce nouveau modèle politique euro-méditerranéen combine l'autorité de l'État, la révérence à la catholicité et la référence à l'entreprise. Il manie les technologies du néo-management et de la néo-télévision, pour déréguler l'Étatprovidence et le politique.
    Fin 2010 : Qu'en est-il de cette nouvelle forme de pouvoir ? N. Sarkozy et S.
    Berlusconi semblent en fin de règne. Leur capital confiance est au plus bas, la crise les a rattrapés et les « affaires » qu'elles soient de moeurs, judiciaires ou d'argent semblent prendre plus d'importance que la politique menée. Est-ce pour autant la fin du « sarkoberlusconisme » ?

  • Saint-Simon (1760-1825) qualifié tantôt de " socialiste utopique ", de fondateur de la sociologie, de père du saint-simonisme et de la pensée managériale, est en fait le théoricien de " l'industrialisme ", terme qu'il invente. L'industrialisme célèbre à la fois l'esprit d'entreprise et les " industriels " (les abeilles) qui créent les richesses, alors que l'Etat et " ses frelons " s'emploient à dominer les hommes par la force et la ruse. Le " post-industrialisme " permet de penser les mutations du capitalisme contemporain. Toutefois si la politique de Saint-Simon se réalise de nos jours, c'est sous sa forme inversée, celle du gouvernement des choses et de l'administration des hommes.

  • Silvio Berlusconi est au centre du débat public en Europe.
    Sa politique, qui mêle libéralisme et néopopulisme, est devenue un modèle pour certains, un anti-modèle pour d'autres. Mais trop souvent, le " cas italien " a été réduit à un nouveau césarisme télévisuel allié à des forces de droite extrêmes. Cet ouvrage propose une autre lecture du " phénomène Berlusconi " et de son rapport au pouvoir et aux médias. L'auteur y défend l'hypothèse que le " Cavaliere " inaugure une nouvelle forme du politique.
    Aussi, comme le souligne Giuseppe Richeri dans sa préface, " le livre de Pierre Musso se distingue d'une grande partie de la littérature qui, en Italie ou à l'étranger, a été jusqu'ici produite sur le phénomène Berlusconi. Le parcours suivi aide à dépasser définitivement les reconstructions et les interprétations idéologiques qui ont prévalu jusqu'ici, déformant ou banalisant un phénomène plus complexe et plus problématique que beaucoup ne le croient.
    " L'analyse minutieuse de la lente accession au pouvoir de Silvio Berlusconi que nous propose Pierre Musso nous entraîne au coeur même de la construction du champ politique. Au fond, la question qu'il pose et analyse est celle-ci : dans le vide de sens laissé par la disparition du mythe révolutionnaire, l'aventure italienne n'est-elle pas la première prise du pouvoir par un reality show qui a su transformer chaque Italien en personnage d'une série télévisuelle dont Silvio est le héros ? Une interprétation passionnante et terrifiante.

  • L'imaginaire du reseau Nouv.

  • La notion moderne de réseau a été inventée par Saint-Simon, par la suite les saint-simoniens ont transformé cette notion de réseau en culte des réseaux de communication. Cette dégradation du concept s'est amplifiée actuellement de nos jours, tout est devenu « réseau » chargé d'une symbolique indiquant un futur social meilleur, promettant à tous une société transparente et égalitaire. Inventé pour penser le changement social, ce concept est devenu une prothèse technique d'un changement social à venir.

  • La collection est dirigée par Lucien Sfez, professeur à l'Université de Paris I. Les ouvrages sont des analyses du pouvoir et de la politique.

  • La collection est dirigée par Lucien Sfez, professeur à l'Université de Paris I. Les ouvrages sont des analyses du pouvoir et de la politique.

  • La collection est dirigée par Lucien Sfez, professeur à l'Université de Paris I. Les ouvrages sont des analyses du pouvoir et de la politique.

  • Il s'agit ici d'engager une réflexion de fond sur les métamorphoses profondes du politique. Celles-ci sont trop vite identifiées à la victoire du néo-libéralisme, à l'effacement de la gauche depuis la chute du mur de Berlin, aux populismes, à la télécratie. La crise de la représentation politique résulte selon l'auteur d'un processus de désymbolisation qui conduit le politique à une triple métamorphose : psychologisation des leaders, technologisation des processus de décision et de leur légitimation, et « économicisation » du politique soumis au management et aux critères de compétitivité importés du monde de l'entreprise. L'État, usé, cédant face à une nouvelle institution « innovante » : la firme mondiale productrice d'une hégémonie culturelle, voire d'une religion industrielle.

  • Nicolas Sarkozy a lancé une « réforme histo­rique » de la télévision publique, en supprimant la publicité et en nommant, de l'Élysée, son président. En Italie, ­Silvio ­­Berlusconi concentre tous les pouvoirs, confond politique et télévision, et a même créé un « télé-parti ». Pour Pierre Musso, ces deux évolutions sont à rapprocher, la réforme française et l'anomalie italienne illustrant les nouveaux liens entre pouvoir et télévision.
    Pour comprendre ces évolutions, il faut admettre que les mises en scène du talk-show et de la télé-­réalité sont en train de coloniser la théâtralisation politique. La captation émotionnelle du public l'emporte dorénavant sur sa brutale « manipulation », et ainsi s'impose la télé-politisation, à l'heure où la néo-télévision est devenue la servante et la maîtresse du politique.
    Cet ouvrage questionne les relations renouvelées du politique et du télévisuel à partir de l'analyse comparée des deux pays. Réfutant les approches simplificatrices du télé-populisme ou de la télécratie, il offre au lecteur une réflexion approfondie sur le sarkoberlusconisme et sur l'évolution, et la nature, de la télévision. Une réflexion essentielle pour l'avenir même de nos démocraties.

  • L'explosion du téléphone mobile et d'internet, l'accès au très haut débit, la convergence multimédia et la multiplication des services résultent de la rencontre entre les télé-communications et l'informatique.
    Cette révolution numérique provoque un big bang amplifié par les politiques de dérégulation. pour éclairer cette mutation, cet ouvrage présente les techniques, l'industrie, les marchés et les acteurs du système mondial des télécoms. il met en perspective historique la régulation construite sous la forme de monopoles et souvent de services publics. il analyse la dérégulation qui a conduit à la formation d'oligopoles mondiaux et à l'arrivée de nouveaux acteurs comme les autorités de régulation, les collectivités territoriales et les consommateurs.
    Début 2000, les télécoms ont connu une grave crise financière dont les effets pèsent sur l'emploi, l'investissement et l'innovation. depuis, la " finance high-tech " s'impose au monde des télécommunications.

  • Partout, en Occident, triomphe une religion scientifique et industrielle : religion de l'utilité et de l'efficacité, dogmatique du management, technologisation du politique, mariage du progrès technique et du Sujet-roi. Le gouvernement des choses est ainsi devenu l'administration des hommes.
    Or cette religion laïque moderne a une origine et même un fondateur, il s'agit de Claude Henri de Saint-Simon (1760-1825) qui l'élabora en observant les Révolutions américaine et française et la naissance de l'industrie. Revenir sur son oeuvre, c'est aller à la source de notre religion contemporaine, à l'heure où le grand récit du progrès technologique est remis en chantier et où l'industrialisme - mot qu'il a inventé - serait dépassé en post- ou hyper-industrialisme.
    Une pensée-carrefour, une charnière, telle est, en un mot, la pensée de Saint-Simon. Elle synthétise les savoirs du siècle des Lumières à son crépuscule et prépare toutes les grandes pensées contemporaines dès leur aurore. Le présent ouvrage propose une lecture critique de l'oeuvre de Saint-Simon, pour la décrypter et l'interpréter à l'heure de l'épuisement du métarécit du progrès.

  • La philosophie de claude henri de saint-simon (1760-1825) est à l'origine de nombreuses disciplines comme la sociologie ou la science politique.
    Elle est à la source des grandes idéologies contemporaines, socialisme, libéralisme, anarchisme, positivisme, technocratisme, communication. chevalier d'un monde industriel nouveau, ce pionnier veut changer la société, faire l'unité européenne et promouvoir " l'association universelle ". il pense une utopie sociale qui demeure la matrice des utopies modernes. les disciples saint-simoniens contribuent ainsi aux révolutions de 1830 et 1848.
    Certains deviennent de grands financiers et des capitaines d'industrie, réalisant les grands réseaux de chemins de fer ou du télégraphe, créant les maisons de crédit et les entreprises françaises de réseaux. les utopies sociales et technologiques saint-simoniennes continuent aujourd'hui de se réaliser et de faire rêver.

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