• Recueil des textes et articles écrits par l'historien du cinéma Prosper Hillairet, Passages du cinéma retrace un parcours à la fois historique et théorique consacré principalement au cinéma d'avant-garde et expérimental. Découvrant ce cinéma dans les années 1970 à l'Université de Vincennes, Prosper Hillairet accompagne l'apparition de toute une génération de cinéastes français des années 70 et 80.
    L'ensemble des textes de cette époque donne une image complète de ce qu'on peut appeler "l'Ecole de Vincennes" dont les inventions formelles marqueront l'expérimentation de ces années là. C'est à travers l'intérêt pour ce cinéma que Prosper Hillairet s'intéresse aux avant-gardes des années 20. La naissance du film abstrait (Leopold Survage, Hans Richter, Viking Eggeling), le cinéma pur (Henri Chomette), le cinéma dadaiste (Man Ray), surréaliste (Bunuel/Dali), impressionniste (Germaine Dulac, Jean Epstein, Marcel L'Herbier), sont, entre autres, autant de thèmes qui dessinent un tableau de ces avant-gardes, et qui dialoguent avec le cinéma d'aujourd'hui.
    Porteur de ce regard, Prosper Hillairet s'est aussi intéressé au cinéma narratif, au gré de l'actualité ou des rééditions. Cinéma qu'il a abordé comme avant tout des oeuvres visuelles et formelles en écho avec les avant-gardes historiques ou contemporaines. Ainsi se tissent, au long de ce recueil, des liens d'une époque à l'autre, d'un genre à l'autre. Chaque texte cherchant et expérimentant son style en accord avec l'objet abordé.
    Créant ainsi une expérimentation dans l'écriture de cinéma.

  • Film des amours au bord de l'eau, coeur fidèle, un des premiers chefs-d'oeuvre de jean epstein, est caractéristique de la grande école française des années 20.y apparaissent des thèmes, des lieux, une esthétique, qui se retrouvent chez gance, dulac, delluc, l'herbier ou renoir.
    Resté dans l'histoire du cinéma par sa fameuse séquence de la fête foraine, au montage rapide, ce film déploie d'autres mouvements et figures. le flou, la surimpression, les déformations sont autant de manifestations d'une matière-cinéma plastique et visuelle qu'epstein résuma sous le nom de " photogénie ". fortement photogénique donc ou cinégénique, tel est bel et bien le monde créé dans ce film, décrit et parcouru dans cet ouvrage qui en constitue comme la cartographie.
    L'auteur fusionne ici avec epstein, sa vision enflammée du cinéma (titrant cet essai " le ciel et l'eau brûlent "). où la poétique est une physique : surfaces, matières, mouvements, plis, vitesses. non sans lyrisme.

  • Epstein et le cinéma Nouv.

    Cinéaste, théoricien, écrivain, Jean Epstein est une des figures marquantes du cinéma d'avant-garde des années 20. Avant même de réaliser des films, il publie, en 1921, une étude La Poésie aujourd'hui, un nouvel état d'intelligence, dans laquelle la poésie est abordée dans sa modernité de création/dynamisme. Il poursuivra, à travers films et textes, sa réflexion sur une poétique du cinéma. Refusant les formes de la narration d'un côté et l'abstraction des films de pure plastique de l'autre, il cherchera donc un cinéma qui produit, même de manière fugace, un rapport concret et incertain, suspendu, en mouvement, avec le monde. Il le nommera Photogénie.
    Nous partirons à la recherche de cette photogénie epsteinienne : photogénie du cinéma, photogénie de la nature, comme un « poème de la mer raconté par le vent », comme un chant du monde.

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