• La bonne conscience des Européens à l'égard desmigrant-e-s et des réfugié-e-s varie selon les circonstances;
    Ainsi, lorsque les atrocités de la guerre en Syrie apparaissent dans toute leur crudité, elle s'éveille et s'affirme au grand jour.Malgré le poids des clichés et la déliquescence politique généralisée d'une Europe où les opinions vacillent aumoindre séismemédiatique, un peu partout en France et dans d'autres pays des gens semobilisent pour accueillir ces fugitifs toujours plus nombreux, qui passent nos frontières avec, pour seuls bagages, leurs tragiques épopées. Face à cette situation inédite, certains gouvernements, plus oumoins timorés, cherchent - ou font mine de chercher - des solutions d'aides, d'autres verrouillent leurs frontières et n'hésitent pas à lancer leurs cerbères armés contre cette populace désorientée - tandis que l'Allemagne, à la surprise générale, se pose en toute magnanimité comme État providence.
    Mais les attaques terroristes de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015 changent soudainement la donne, et renvoient à la case départ le sort des déplacé-e-s, déporté-e-s, réfugié-e-s, migrant-e-s. Il n'est plus question d'hospitalité. Désormais, pour la grande majorité des gouvernements européens (dont la France), ces personnes, hier victimes à plaindre, deviennent indésirables assimilées à des terroristes : des jetables. Les frontières, à l'instar des opinions publiques, se referment. On « peut » désormais les renvoyer au pire d'où ils viennent, à l'eau ou ailleurs. Qu'importe ce qu'ils et elles deviendront, on entretient et nourrit l'amalgame :
    Ils et elles paieront pour les terroristes.
    La mémoire historique est courte.

  • Si la différence sexuelle était une différence ontologique, comment le saurait-on ? La philosophie place la différence, de même que le féminin, par-delà la raison. En établissant un dualisme involontaire, on se ramène au seul monisme masculin. Pourquoi ne pas penser la pluralité dans un universel humain concret et différencié ? Cela permettrait à la philosophie de ne pas continuer à nier la sexuation de la pensée et de ne pas refuser la raison aux femmes.

  • La question qui s'est annoncée en France, d'abord dans les banlieues lors des émeutes en 2005, pour s'élargir aux centres-villes et aux jeunes en général en 2006, est aussi celle des générations. La question des banlieues, sans être simplement une « séquelle », « une conséquence », « une suite » du colonialisme, sans être non plus le colonialisme historique (terminé pour la France en 1954 et 1962 - mais que faire des « îles » ?), est néanmoins aussi la question coloniale qui se présente à nous aujourd'hui en tant que postcoloniale. En elle converge la question du projet de société qu'on se donne ici, en France, avec celle du projet de société et de construction politique de l'Europe et du monde. Le tout se passe après la chute du mur de Berlin, dans le cadre de la mise en place d'une Europe faisant partie de la mondialisation. S'y rencontrent les conditions post-coloniale, post-socialiste et les générations.
    Ce livre traite des mélancolies coloniales et impériales, plus ou moins déguisées. De ce que raconte les émeutes des jeunes des «quartiers», et de l'obstination des observateurs, qu'ils soient de droite comme de gauche, de nier la portée politique des ces émeutes ; de la mise à l'écart des quartiers, et de la stigmatisation de ses habitants...
    Ce livre est un outil indispensable pour mieux comprendre la mise en marge par le gouvernement français et, plus largement, les gouvernements européens, des populations issues des anciennes colonies et, plus généralement, des migrants et demandeurs d'asile ; et du combat mené contre eux lorsque ceux-ci demandent des comptes sur cette mise à l'écart de la société.

  • Ce livre, rédigé pendant un séjour de l'auteur dans la magnifique ville de Bénarès, se fait promenade musicale. Par delà les stéréotypes, l'Inde y est ce lieu qui permet de se découvrir subitement en tant qu'autre. Partant des fêtes traditionnelle, les courts chapitres présentent un événement, une rencontre, un personnage, ou quelque interrogation philosophique : l'initiation, le langage, le maître, le " jeu ", le temps, le son.

  • Sexe de la nation (le)

    Rada Ivekovic

    Au carrefour de la philosophie, du féminisme, de la politique et de l'anthropologie, Rada Ivekovic forge une pensée singulière et puissante qui, de l'analyse des rapports sociaux des sexes à celle de la violence du pouvoir, de l'histoire de la Yougoslavie à celle de l'Inde et à l'actualité la plus brûlante de l'Occident, ou du tiers monde, donne à entendre, d'une manière radicalement neuve, l'idiome que le monde parle désormais et qui est tout entier à déchiffrer : la mondialisation.

  • This collective book proposes to re-examine and explore the paradox of modernity through the triad structure of biopolitics, ethics and subjectivation, as it has served as an effective analytic tool for Western cultures (Foucault, Agamben, Negri...). The authors ask themselves if this framework can be tested on as varied cultural conditions as those in Asia, South Asia, Africa, Latin America or Eastern Europe.

  • Ernesto Laclau (1935-2014) est reconnu aujourd'hui comme l'un des philosophes politiques principaux pour le XXIe siècle. Cet ouvrage poursuit les débats entrepris avec lui, et réunit quelques-uns de ses principaux interlocuteurs en France (Étienne Balibar, Toni Negri, Jacques Rancière), aux États-Unis (Judith Butler, Nancy Fraser) et en Argentine (Horacio González, Leonor Arfuch, Emilio de Ipola, Senda Sferco). Laclau a écrit des ouvrages devenus des références sur l'hégémonie, le populisme et l'émancipation. Longtemps ignorées par la philosophie institutionnelle et méconnues du grand public, ses thèses originales ont su perturber la scène contemporaine de la pensée politique. Son activité citoyenne en Argentine a fait de lui un intellectuel familier du public hispanophone. Ce que disent ici les penseurs argentins éclaire d'un jour nouveau la contribution des épistémologies du Sud aux débats politiques français et européens, mais aussi au-delà, portant sur la question d'un populisme de gauche que Laclau appelait de ses voeux et qu'il nous laisse en héritage.

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