• Une anthologie imprévue ? Oui, car elle n'a pas été imaginée pendant sa genèse. Et la plupart de ses vers sont fortuits : dus au hasard des rencontres sur les réseaux sociaux entre mes états lunatiques et des textes qui apparaissaient dans le feed selon les humeurs des algorithmes et la liste d'amis. Depuis sept-huit ans, en fonction de l'écho provoqué par un poème repéré çà et là, j'ai transvasé en français et parfois librement adapté ces pépites lyriques roumaines. Il n'y a pas de calcul ou de hiérarchie dans la poésie : il n'y a que l'émotion et le plaisir qui m'ont conduit à ce livre. Les partager avec vous serait une fleur de rêve ou bien une épopée. Un vieil adage (qu'on doit à l'écrivain Vasile Alecsandri) dit que « le roumain est né poète ». Vous pouvez le vérifier dans cette anthologie, à vos risques et périls : la beauté des images peut être contagieuse. Radu Bata.

  • "« Le blues roumain » ne finit jamais : sa source ne peut tarir qu'avec la fin du monde. Car la poésie est chez elle en Roumanie : la personnalité la plus admirée du pays est un poète, Mihai Eminescu, il y a des rhapsodes à chaque coin de rue, du Cimetière Joyeux de S?pân?a dont les drôles d'épitaphes ne manquent pas de poésie jusqu'à la statue d'Ovide, le chantre des amours exilé au bord de la Mer Noire. La densité des rêveurs au mètre carré n'a pas d'équivalent sur le globe : au fin fond des Carpates, on fait des plans avec des comètes.
    La première anthologie était « imprévue », un enfant arrivé par hasard. Ce deuxième volume est « désiré » : auteur.e.s et traducteur se sont plu et l'ont conçu en s'accordant les mots et les méridiens, en s'aimant entre les lignes.
    Une anthologie désirée ne peut être représentative ni rigoureuse : en amour, on transgresse les règles, on est régi par la passion et le plaisir.
    Puissiez-vous les ressentir comme je les ai perçus en les transposant, parfois librement, en français !
    Radu Bata « Comme ils sont malins de vie nos Roumains poètes Qui ont tout compris Au sang au vent à la biographie À la route et aux souvenirs Au firmament et aux rires » Éric Poindron ."

  • IN LOVE WITH A CLOUD / il est naturel d'avoir des idées noires / la nuit / des songes lumineux / en plein soleil / et le coeur bleu / sous un ciel d'azur / mais pourquoi tu pleures / mon amour / quand il ne pleut pas ?
    Auteur franco-roumain d'une douzaine de livres divers - roman, conte, journal, proses courtes, traductions -, Radu Bata est l'inventeur des poésettes (poèmes sans prise de tête), espèce lyrique bricolée pour réconcilier les lecteurs avec la poésie. Son premier recueil, Le philtre des nuages et autres ivresses, a été « Prix du Salon du Livre des Balkans ». D'autres ont suivi, en français et en roumain, lui apportant la reconnaissance d'un public séduit par ses textes actuels, joueurs, pleins d'empathie. Le fou rire de la pluie est comme un orage d'été qui donne aux poumons la fraîcheur salvatrice, un alambic de sujets et de styles jubilatoires qui contient bien des pépites. Comme traducteur, Radu Bata s'est illustré en publiant deux anthologies de poésies intitulées Le blues roumain aux éditions Unicité. « Les poésettes font un effet de chouquettes sous la langue : on en redemande juste une petite, avant de passer à une autre. » - (Babelio) « Malgré leur air léger, les poésettes de Radu Bata ont la substance et l'intelligence des poèmes qu'on n'oublie pas » - (Sens Critique)

  • « Le sommeil est un musée de poupées de cire dont je suis le proxénète à la retraite » Radu Bata ouvre des brèches dans la nuit pour en retirer des réflexions libres. Ses petits textes, de nature et genre différents, reconstituent le parcours solitaire d'un narrateur qui préfère les fantômes aux humains. Famille, exil, désamour, langage, mort, les sujets zappent en contrepoint pour refléter une réalité éclatée. Du conte à l'aphorisme, du pastiche à la fable, de l'histoire rêvée au jeu lexical, tout est prétexte pour zébrer la nuit d'éclairs poétiques.

    Cette fiction autobiographique habillée en journal est un puzzle étonnant. L'auteur y déploie une mosaïque d'écritures qui tient en haleine jusqu'au clap de fin. On n'est pas explorateur de rêves sans laisser des plumes.

    «Poisson d'amour Pendant que je trompais ma femme, entre trois heures et trois heures trente, avec une nymphette aux cuisses d'écailles, à l'autre bout du lit, dans la chaleur de la nuit, elle se laissait séduire par un hippocampe plus entreprenant. Au réveil, on avait du mal à dissimuler les nageoires qui nous avaient poussé.»

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