• Qui ne connaît pas Balthasar Klossowski de Rola, dit Balthus? C'est peu de dire qu'il y a un «mythe Balthus», ce peintre qui a traversé tout le siècle dernier (1908-2001): «peintre le plus cher du monde», «le dernier des classiques», «l'ermite de Rossinière»... Pour beaucoup, le peintre de La leçon de guitare incarne par excellence l'artiste hors du temps à l'oeuvre rare. L'exact opposé d'un Picasso. En même temps, il flotte dans son sillage une odeur de soufre, du fait de la jeunesse et des poses équivoques de ses modèles féminins. Délaissant les idées reçues, revisitant en toute liberté la vie et l'oeuvre de Balthus, Raphaël Aubert brosse le portrait d'un artiste en rupture non seulement avec la peinture de son époque, mais aussi avec celle du passé. Un artiste profondément antimoderne. Ce qui est une autre façon d'être... moderne!

  • Se déroulant sur près d'un demi-siècle en Suisse, en France, au Cambodge et au Vietnam, La Terrasse des éléphants est le roman de la rencontre et du destin.
    Un homme et une femme, qui se sont connus dans leur enfance et ne se sont plus jamais revus durant de longues années, peuvent-ils demeurer liés? Qu'est-ce qui, en dépit de tout, unit les êtres? Est-on maître de sa vie ou n'est-ce encore qu'une illusion ? Le héros de La Terrasse des éléphants, Raphaël Santorin, a été correspondant de guerre au Vietnam où il a assisté à la fin du régime de Saigon. Malgré les années écoulées, ce passé continue de le hanter alors qu'il a atteint un âge où l'on dresse le bilan de sa vie.
    Un rêve le ramène aux Hautes Terres, la maison familiale qui a tellement compté dans sa vie, où il est conduit à une étrange découverte. Celle-ci fait ressurgir du néant la figure de Laure, le grand amour de son enfance. Dès cet instant, les événements vont s'enchaîner mystérieusement jusqu'à lui faire remettre ses pas dans ceux du passé. Avec ce livre constamment envoûtant, au style étincelant, Raphaël Aubert a écrit le roman de la maturité.

  • Chronique des treize lunes est le journal d'un retour à la vie. En 2008, son auteur a été atteint par une grave maladie. Frappé d'un mal étrange, Raphaël Aubert relate dans son journal comment, après être passé très près de la mort, il a lentement repris pied dans le monde des vivants. Et c'est d'abord en écrivain et en artiste qu'il s'interroge sur la signification morale et métaphysique du curieux mal qui l'a fait longer le gouffre. Car la littérature et l'art sont constamment présents au fil des pages de cette Chronique des treize lunes.
    Dans son journal, Raphaël Aubert nous parle de ses admirations ; il nous communique sa passion pour les écrivains et les artistes qu'il révère. Il nous fait partager ce qui l'aide à vivre, la nature, l'écriture et l'art. On l'accompagne au MOMA à New York, en traîneau au Québec, dans l'atelier de Delacroix à Paris, sur les traces de Napoléon à l'île d'Elbe. En observateur averti de l'actualité, on le suit commentant jour après jour la marche triomphale de Barack Obama jusqu'à la Maison Blanche.
    Dans ce livre riche en considérations sur notre époque, en écrivain jamais « dégagé », en témoin toujours fraternel et passionné, Raphaël Aubert déroule le grand récit du monde. Le sien, qui est aussi le nôtre.

  • Avec celle de Charles de Gaulle, la figure de Pablo Picasso (1891-1973) domine le second volume des Antimémoires d'André Malraux. Et pourtant, le romancier et le peintre ne se sont guère fréquentés. Un peu avant et pendant la guerre, plus du tout ensuite. De la part de l'écrivain du XXe siècle qui s'est le plus intéressé à l'art et de l'artiste qui révolutionna la peinture moderne, on aurait pu s'attendre à de tout autres liens. Il n'en a rien été. Que s'est-il passé ? Et pourquoi Malraux n'écrit-il sur Picasso qu'après la mort de l'artiste ? Ce livre répond à ces questions, guère abordées jusqu'à présent, en éclairant d'une manière nouvelle un chapitre essentiel de l'aventure artistique et littéraire du XXe siècle.

  • Si le travail de graveur de Pierre Aubert (1910-1987) est bien connu, celui du dessinateur virtuose, qu'il a été également, l'est beaucoup moins. Il représente pourtant un aspect marquant de son oeuvre, qu'illustrent des dizaines de carnets. C'est l'un d'eux, daté de la fin de l'année 1968, qui fait l'objet de ce livre. Un peu à la façon du Paris sans fin de Giacometti, cette suite dessinée raconte, avec la même liberté, le voyage à Paris si souvent accompli par le Vaudois. Depuis la fenêtre du train, Pierre Aubert saisit les paysages brièvement aperçus, les gares traversées, jusqu'à l'arrivée dans la capitale. Puis, c'est la plongée dans le métro, les quais, Vavin, qui fut son quartier de prédilection, la brasserie du Dôme à Montparnasse, où l'artiste avait ses habitudes.
    Pour commenter le carnet du Voyage à Paris, il fallait un témoin privilégié, qui a bien connu Pierre Aubert, l'a accompagné dans ses pérégrinations parisiennes, l'a vu dessiner: Raphaël Aubert, le fils de l'artiste. Dans le texte rédigé tout exprès pour l'ouvrage à partir de documents souvent inédits, il raconte ce qu'a représenté pour le Vaudois cette ouverture parisienne, ses premiers voyages avant et après la guerre. L'écrivain nous livre des souvenirs sur son père, nous dévoilant un peu de son intimité. Raphaël Aubert nous fait pénétrer en quelque sorte dans la «salle des machines» de la création. Où l'art et la vie, plus que jamais, ne font qu'un.

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