Clinamen

  • Un essai sur les stratégies de réédition (de reenactment, d'appropriation ou de réinterprétation) de livres d'artistes devenus inaccessibles.
    Le livre d'artiste, qui a par le passé permis aux artistes d'échapper à l'ingérence des institutions et des galeries dans la production et la diffusion des oeuvres d'art, est aujourd'hui dans une situation paradoxale. D'un côté subsistent de très rares premiers tirages ou, plus largement, l'édition originale de livres précurseurs, et de l'autre circulent des éditions en fac-similé venues remédier à la rareté des originaux en offrant un reenactment ou une réinterprétation de livres célèbres.
    Cet essai souligne l'intérêt que portent certain·e·s artistes et éditeur·rice·s aux pratiques d'appropriation, et vise à rendre compte des méthodes et des discours propres à la production de fac-similés de livres d'artistes.

    « Le fac-similé est une incarnation particulièrement fidèle du reenactment de livre d'artiste, tandis qu'un bootleg autorise l'éditeur·rice·s ou l'artiste à se (ré) approprier un livre et l'interpréter. Nous n'irons pas plus loin dans la distinction entre le fac-similé et le bootleg. Les degrés d'appropriation et les outils de reenactment au centre de cette étude sont sans équivoque. De quels modes d'appropriation les livres d'artistes issus d'un reenactment attestent-ils, et comment les éditeur·rice·s et les artistes peuvent-elles et ils obtenir le droit de republier des livres datant des années 1960 et 1970 ? Une question connexe à celle de la reconnaissance des auteur·e·s est le rôle des graphistes dans la conception du livre. Quel peut-être aujourd'hui l'apport matériel et conceptuel d'un·e graphiste au reenactment de livres d'artistes ? »

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