• « himmel und erde c'est un plat qui mélange le ciel et la terre, dans la même assiette la pomme de l'arbre est cuite à côté de la pomme de terre. »

  • Pour Sabine Macher, danseuse et poète, la phrase est un élément organique. Elle constitue sa méthode dans son travail de récolte, de retranscription et de tri progressif à partir de multiples cahiers. À l'illisibilité du monde, elle oppose le travail de la sensation, objet tangible d'un langage sauvé ou rapporté. En surgit le présent absolu du souvenir, de l'élégie, voire de l'épopée des mondes de la danse et de la poésie, à sa manière.
    Le « je » fantomatique qui mène ce livre fait le pari d'éclater la forme traditionnelle de l'autobiographie et se concrétise par son retrait. Herbe coupée sous le pied de la syntaxe, il libère dans l'espace du sens et du mouvement la ténuité d'une voix juste.
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    Accompagné de Mon morceau de Polina Akhmetzyanova, danseuse et auteure, dans le prolongement d'une séance auto-hyptnotique induite et transcrite par Mélanie Mesager, chercheuse en danse contemporaine.

  • (...) léondine trouve qu'elle ne (...) et eleonore (...) Un livre de scrabble, jeu auquel joue le couple dans la chambre à côté de la mienne. Pas la chambre 224 du Grand Hôtel et des Palmes à côté de celle de Charlotte Dufrène. Entre deux coussins curieusement placés entre Sainte Rosalie et Ustica. À Palerme, ville qui vénère les morts, les ruines, le pain à la rate, où j'ai chaud et vis au frais de la France. En doublure.

  • A l'origine d'Adieu les langues de chat, la commande d'un livre érotique pour une collection de poésie.
    Oubliée la commande, reste la poésie, c'est-à-dire l'invention d'une langue et d'une syntaxe pour tenter de dire le temps qui passe, la géométrie du quotidien et de l'intime. Une érotique, ici, se met en place, les mots affrontant les pensées et les gestes qui généralement se passent de mots. Ce qui se fait, sans paroles, ou avec des paroles relevant d'une autre logique que celle qui soutient la langue, l'amour, par exemple, voilà ce que ces pages cherchent à dire.

  • Dans ce qui se présente comme une mosaïque intime ou une succession d'instantanés, Sabine Macher capte l'essence volatile de la vie quotidienne.
    Les motifs d'un tissu, un atome de poussière, une plante verte, un insecte, la présence fugitive d'un enfant, la trace d'un voyage : telles sont les minuscules captures de cette chasse poétique qui, ou gré des errances du regard ou des associations de la mémoire, restitue, entre un " carnet du matin " et un " carnet de l'après-midi ", toute l'épaisseur et l'étrangeté du temps qui passe.

  • Portraits inconnus

    Sabine Macher

    Je t'écris à la machine, parce que mon écriture est devenue difficile à lire.
    C'est pour te prévenir que mon projet a trouvé un éditeur. Je ne t'ai peut-être jamais dit que l'idée était de pouvoir rencontrer une personne inconnue (de moi) et qu'elle accepte de me donner une heure de sa vie, pendant laquelle on ferait une photo. Et qu'en regardant cette photo, parfois des mois plus tard, j'écrive un texte qui parle de cette heure. Et que le texte porte le nom de la personne rencontrée en titre.Si tu n'y vois pas d'inconvénient, et j'espère qu'au contraire cela te fera plaisir, tu trouveras on portrait parmi quinze autres dans un livre lui s'appellera : Portraits inconnus.

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