• Le choc du glam

    Simon Reynolds

    Cette histoire exhaustive du glam rock par l'auteur de Rétromania (Le Mot et le reste) réussit, alors même qu'elle revient sur des artistes des sixties et seventies, à nous propulser dans une réflexion d'une actualité totale sur la culture et la société. Il y est question du genre et de sa performance, évidemment, puis, très vite, de la « queerisation » des formes instituées, de la pratique camp de l'ambiguïté et de la distanciation, et de la passion - au sens étymologique de pathos, « souffrance », « maladie » - du glamour, du fétiche, du halo, tant sonore que visuel.

    Le Choc du glam a également l'immense mérite de savoir à la fois parler aux vieux « rockistes » et aux jeunes « poptimistes » : il reprend l'histoire du rock (principalement anglais) à l'extrême fin des années 1960 pour éclairer les ambiguïtés d'une époque et, en particulier, le potentiel politique du rejet de l'authenticité.

  • L'histoire du rock s'apparente désormais à une gigantesque archive dans laquelle quasiment chaque recoin du passé est accessible à tous.
    [...] On pourrait comparer ces archives à un placard à vêtements où les nouveaux groupes puisent à loisir.
    Ceux-ci peuvent opérer des "surimpressions nostalgiques" en superposant des habits soniques provenant de différentes époques, revêtir des rôles comme on essaye un costume. Le placard du rock est effectivement plein à craquer, et les nouveaux artistes résistent difficilement à la tentation d'essayer différentes combinaisons ou d'effectuer des altérations mineures au lieu de créer des modèles totalement originaux.
    Revivals et remakes, culture pop revisitée, mode et musique vintages, retro ou hipster, samples à l'infini, recyclages à gogo et nostalgie écrasante. Il semble que la rétromania soit une des caractéristiques principales, si ce n'est le phénomène central, de la pop culture d'aujourd'hui, de la musique en particulier. Si la culture de la citation a toujours existé, à l'heure de YouTube, de l'IPad et de l'Internet 2.0, elle a pris une importance jusqu'ici inégalée.
    Telle est la thèse présentée ici par Simon Reynolds. Et de s'interroger : ces formes de la nostalgie bloquent-elles le chemin à toute créativité ou bien nous retrouvons-nous nostalgiques précisément parce que notre époque viendrait à manquer d'élan créatif ? Rétromania est un ouvrage de référence pour repenser un rock qui s'épuise à force de se parodier. Né à Londres en 1963, Simon Reynolds est un des plus grands critiques de rock actuels.
    Après son immense Rip It Up and StartAgain, Déchire tout et recommence, consacré à la décennie post-punk, il donne ici un ouvrage majeur dans lequel il passe au crible la musique de ces trente dernières années qui elle, plutôt que de faire table rase du passé, s'en inspire jusqu'à se vider de toute substance.

  • rip it up ans start again (déchire tout et recommence) raconte l'histoire de la musique " post-punk " entre 1978 et 1984, soit entre la séparation des sex pistols et l'explosioin de mtv.
    ce sont des artistes comme pil, devo, joy division, talking heads, gang of four ou cabaret voltaire. c'est l'histoire d'une angleterre où émerge, après la tornade punk de 1977, une multitude de groupes qui veulent à tout prix s'écarter du chemin " rétro-rock " pour s'ouvrir aux musiques noires et électroniques. c'est aussi l'histoire de villes américaines en résistance, new york, san francisco ou cleveland, où les musiciens viennent souvent des milieux artistiques d'avant-garde et envisagent leur travail comme un instrument de lutte contre l'idéologie culturelle et esthétique qui domine leur pays.
    ce sont des groupes qui, des deux côtés de l'atlantique, jouent le jeu de l'expérimentation sonore, graphique, vestimentaire, théorique, voire économique lorsqu'ils en viennent à prendre un virage pop. c'est d'ailleurs autour de ce crucial problème de " compromis " commercial que s'articule rip it up and start again. la première partie, intitulée " post punk ", retrace l'itinéraire de groupes adeptes indépendants, tel l'emblématique rough trade, et de producteurs aussi géniaux et furieux que martin hannett (factory records) ou encore brian eno.
    la deuxième analyse la " new pop ", qui voit les groupes tels que madness, human league, siouxsie & the banshees, new order ou frankie goes to hollywood s'orienter vers des sphères moins austères, plus dansantes ou plus spectaculaires. mais au-delà du passionnant récit qu'il constitue, l'ouvrage semble également procéder à une subtile contre-expertise de l'histoire du rock fournie par la vulgate. et si les principes d'autogestion et de liberté créative préconisés par le punk avaient été mieux intégrés par les non-punks et les " dissidents " que par les punks traditionnels ? et si la véritable résistance culturelle passait plutôt par l'infiltration et l'ambiguïté que par l'agression directe et l'opposition systématique ? rip it up and start again constitue le premier document exhaustif sur une des périodes (si ce n'est la période) les plus riches et les plus excitants de l'histoire du rock, qu'on a jusqu'ici trop souvent résumé aux tubes pour minets et à quelques succès éphémères.
    il s'agit d'un ouvrage de référence pour repenser le rock qui s'épuise à force de se parodier.

  • Taking a big-picture view of the post-punk period, this book recreates a time of tremendous urgency and idealism in pop music. It presents many anecdotes and insights, and features the likes of Joy Division, The Fall, Pere Ubu, PiL and Talking Heads. It is of interest to fans of post-punk music.

  • From Morrissey and Nick Cave to The Streets and Kanye West, this book explores the links between hip-hop and rock. It focuses on two strands: white alternative rock and black street music. It identifies the strange dance of white bohemian rock and black culture, how they come together at various points and then go their own way.

  • SHOCK AND AWE

    Simon Reynolds

    As the sixties dream faded, a new flamboyant movement electrified the world: GLAM! In Shock and Awe , Simon Reynolds explores this most decadent of genres on both sides of the Atlantic. Bolan, Bowie, Suzi Quatro, Alice Cooper, New York Dolls, Slade, Roxy Music, Iggy, Lou Reed, Be Bop Deluxe, David Essex -- all are represented here. Reynolds charts the retro future sounds, outrageous styles and gender-fluid sexual politics that came to define the first half of the seventies and brings it right up to date with a final chapter on glam in hip hop, Lady Gaga, and the aftershocks of David Bowie's death. Shock and Awe is a defining work and another classic in the Faber Social rock n roll canon to stand alongside Rip it Up , Electric Eden and Yeah Yeah Yeah .

  • Iggy Pop a déclaré un jour, à propos des femmes : « Aussi intimes qu'on puisse devenir, je les laisserai toujours tomber. C'est de là que vient ma musique. » Cette férocité masculine, cette répulsion vis-à-vis du féminin, c'est le rock'n'roll à son paroxysme. Que l'on songe aux hymnes machistes des Rolling Stones, au punk et sa glorification de l'abject, ou au culte que Can et Brian Eno vouent à la Terre Mère, la rébellion rock masculine s'est souvent ancrée dans un imaginaire où les femmes étaient sinon absentes, du moins allégoriques ou reléguées à l'arrière-plan.
    Sex revolts est le premier ouvrage à faire l'analyse des multiples « misogynies rebelles ». Depuis les premiers rockeurs jusqu'au gangsta rap, en passant par le jazz, le psychédélique, le glam et le postpunk, il dresse un impressionnant panorama de la culture et des artistes rock dans leurs relations au « féminin ». Parallèlement aux généalogies d'une contre-culture qui, depuis les années 1960, s'est attachée à déconstruire certaines formes de masculinité tout en demeurant profondément misogyne, Sex revolts retrace aussi l'histoire de la rébellion des femmes dans le rock ; celle de musiciennes qui, telles Patti Smith, Siouxsie Sioux ou Courtney Love, ont dû composer avec cet héritage majoritairement masculin pour créer leur propre répertoire et libérer leur propre énergie.

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