• Vauban

    Simon Surreaux

    « Vauban, dont il suffit de prononcer le nom ». Alors qu'ils utilisent plusieurs lignes pour présenter les sept autres grands-croix originels, en mai 1693, du nouvel ordre royal et militaire de Saint-Louis, c'est par ces mots uniques qu'Alexandre Mazas et Théodore Anne présentent Vauban dans leur histoire de cet ordre au milieu du XIXe siècle. Un nom ayant valeur de talisman national, 150 ans, alors, après sa mort. « Vauban » : six lettres débutant par le V, symbole churchillien de la victoire ayant avant tout la forme qu'il donna à sa contre-garde dans son système de fortifications. « Vauban », un nom qui claque comme le fouet d'un cocher sur un attelage soulevant des nuages de poussière sur les routes du royaume, pour joindre une place forte à une autre. « Vauban », un nom aux vertus quasi prophylactiques comme la formule royale thaumaturgique du toucher des écrouelles après le sacre du souverain : « le roi te touche, Dieu te guérisse ! », quand lui, Vauban, semble intouchable tant il est vénéré sur l'autel des héros de la nation et qu'il ne saurait y être sacrifié alors même que tout ce qu'il touche deviendrait inaltérable. « Vauban », deux syllabes dont l'écho résonne et se réplique telle une formule magique tant son titulaire a oeuvré pour la grandeur du pays et la construction, par son « pré carré », du sentiment national. Un nom dont la transmission et la mémoire semblent faire l'unanimité.

  • Dans la France d'Ancien Régime, être maréchal, c'est avoir reçu la dignité la plus importante de la hiérarchie militaire. Grands officiers de la Couronne, membres de la noblesse d'épée, les maréchaux sont des hommes de guerre qui doivent tenir leur rang en temps de paix comme sur le champ de bataille. Et cette obligation se manifeste par un train de vie spécifique : importante domesticité, religiosité démonstrative, dépenses somptuaires destinées à affirmer la puissance du lignage et à exprimer sa supériorité sociale. Des comportements et des préoccupations révélant une réelle conscience de classe.
    Pour la première fois, les moeurs et les représentations du monde de cette caste nobiliaire sont analysés de l'intérieur, grâce à des archives jusqu'alors inexplorées.

  • Dans la société d'Ancien Régime, les maréchaux de France avaient pour fonction la conduite des armées du Roi. Au XVIIIe siècle, la plupart des quatre-vingts officiers généraux distingués par le maréchalat le furent à un âge avancé. Cette thèse montre dans une première partie l'évolution d'une dignité accordée à l'origine pour commander à la guerre vers une faveur décernée en période de paix. Les parties suivantes sont consacrées à la place de cette élite dans la société.

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