Payot

  • Le Joueur d'échecs est l'un des derniers écrits de Stefan Zweig et a été publié en 1942, après sa mort au Brésil, où il s'était réfugié pour échapper aux persécutions de l'Allemagne nazie. Il y raconte l'histoire d'un homme qui n'a survécu à l'enfermement (arrêté par la Gestapo) qu'en imaginant des parties d'échecs, jusqu'à épuiser littéralement sa mémoire...
    Un des récits les plus célèbres de Zweig, étudié aujourd'hui dans les lycées.

  • "Je n'ai jamais oublié ni n'oublierai aucune seconde de cette nuit." Une seule fois Mrs C. a cédé, surprise, à l'envie subite d'aimer un inconnu. L'homme était jeune et se noyait dans les jeux d'argent. Elle voulut le sauver. Son histoire, magnifique, incandescente, est celle des pulsions et des passions qui nous forcent, nous portent ou nous dévastent, celle aussi des blessures intimes, des culpabilités, des hontes qu'une parole, parfois, peut soigner dans la pénombre d'une chambre d'hôtel. A sa lecture, Freud n'aura qu'un mot : "Un chef-d'oeuvre."

  • Subjugué par son professeur de philologie, le jeune Roland devient son ami. Mais certains comportements du professeur, avec sa propre femme comme avec lui, commencent à l'intriguer. Bientôt remué par une mer de sensations confuses, de sentiments ébauchés qu'il tente de cerner, Roland cherche à percer le secret de son maître... Chef-d'oeuvre de Zweig, «La Confusion des sentiments» est le grand roman de l'ambivalence, de la haine et de l'amour, de la passion refoulée. Traduction inédite, avec une préface de la romancière et psychanalyste Sarah Chiche.

  • "C'est pour toi seul que j'ai vécu".
    Chaque année, le jour de son anniversaire, un écrivain reçoit des fleurs d'une inconnue. Une année, c'est une lettre. L'inconnue se dévoile... Cette histoire tragique de passion possissive, de deuil impossible et de vengeance, probablement le plus populaire des récits de Zweig, est suivie de La Ruelle au clair de lune, qui raconte de manière saisissante jusqu'où peut nous entraîner la souffrance quand on aime sans retour...

  • Zweig aimait Freud ; Freud appréciait Zweig. L'auteur de «La Confusion des sentiments» lui rendit hommage en 1932 avec ce portrait saisissant qui célèbre la puissance de l'esprit.

  • Six textes inédits de Stefan Zweig sur la poésie et les poètes, et en premier lieu Charles Baudelaire, dont on va célébrer le bicentenaire, mais aussi Victor Hugo, Paul Verlaine, Rainer Maria Rilke, etc.

  • Quiproquos amoureux, complexité des sentiments à l'âge où s'éveille le désir : les deux nouvellles qui composent ce recueil, "Une histoire au crépuscule" (1911), sorte de marivaudage gothique, et "Petite nouvelle d'été" (1906), qui évoquera certainement quelque chose aux lecteurs de «La Pornographie» de Gombrowicz, parlent de cruauté, d'aveuglement et d'emprise. Brillant et psychanalytique, Zweig y montre qu'aimer et être aimé coïncident beaucoup plus rarement qu'on le croit...

  • "Car c'est ainsi, avec ce regard terrible, avec cette obsession, que je me suis précipité à la poursuite de cette femme".
    Un médecin raté. La moiteur et le racisme des Indes néerlandaises en 1912. Une femme hautaine, mais fragile. Le secret qu'elle porte. L'ensorcellement du désir. Et l'amok. Ce récit où l'enfantement, la jalousie et la paranoïa s'entremêlent jusqu'au drame nous offre une puissante illustration du poison des normes sociales et de la charge brutale, aveugle, de la passion lorsque soudain elle nous étreint.

  • Qu'est-ce qu'un héros ? Deux textes de Stefan Zweig à redécouvrir, dans la veine du «Wagon plombé». Deux textessur deux explorateurs, deux moments de l'Histoire, deux lieux cruciaux pour aujourd'hui (les océans, les pôles). Le premier, qui donne son titre au livre, raconte la découverte du Pacifique, en septembre 1513, par Vasco Nunez de Balboa (cette « fuite dans l'immortalité » renvoie au fait que Bilboa, sorte de bandit rebelle dont la tête risquait d'être mise à prix, n'avait pas d'autre issue pour s'en sortir que de devenir un héros). Le second, intitulé « La lutte pour le pôle Sud », raconte la dernière et tragique expédition de Robert Falcon Scott en Antarctique, en janvier 1912.

  • Edgar a douze ans. Un secret brûle en lui, le secret de la sexualité, mais l'enfant ne parvient pas à le percer. Sa mère va l'y aider. " Il est facile de tromper les enfants ", écrivait Zweig, qui n'aimait pas sa propre enfance, et ce récit poignant de 1911 en est une magnifique illustration. La nouvelle de Zweig fut au centre d'une triste histoire. En 1933, Robert Siodmak l'adapta à l'écran. Le 27 février, le Reichstag brûlait. Un tract fut distribué contre Hitler avec ce titre. Dans toute l'Allemagne, le film fut interdit. Trois mois plus tard, lors des grands autodafés, toute l'oeuvre de Zweig fut brûlée.

  • L'antisémitisme, le judaïsme et la guerre : deux nouvelles de Zweig, écrites l'une alors qu'il a vingt ans, l'autre sur la fin de sa vie, explorent l'ambivalence à l'égard de ses origines de celui qui se disait volontiers "juif par hasard". Dans un shtetl d'Europe centrale, au moment de fêter un mariage, les juifs doivent soudain fuir dans la nuit et la neige une bande de tueurs : «Dans la neige», récit peu connu de 1901, livre comme une préfiguration des persécutions nazies. Il est suivi du «Chandelier enterré», longue nouvelle écrite en 1937, alors que les persécutions sont devenues réalité. Zweig y dépeint, à travers les pérégrinations du chandelier à sept branches du temple de Jérusalem aux Ve et VIe siècles, le désespoir du peuple en exil, l'oppression, l'injustice et la détermination des juifs à retourner en Terre sainte.

  • Ce wagon plombé qui fera « voler en éclat l'ordre du monde », c'est bien sûr le récit du fameux retour de Lénine en Russie, fin mars-début avril 2017, raconté ici par Zweig à la fois comme « un passionnant roman d'espionnage » et comme l'un des moments clés de l'histoire mondiale. Ce récit est suivi de « Voyage en Russie », où Zweig relate son voyage de 1928. Pour lui, la Russie est d'une importance cruciale - moins politique et plus littéraire que, par exemple, chez Walter Benjamin, qui, exactement au même moment, séjourne à Moscou (voir son Journal de Moscou).
    Le livre comprend également « La plus belle tombe du monde » (sur Tolstoï, pages figurant notamment dans Le Monde d'hier), ainsi que « Sur Maxim Gorki » (1931), inédit en français.

  • Rédigés pour la plupart en pleine guerre, les quatre textes réunis ici «(Le monde sans sommeil», «Episode sur le lac Léman», «La contrainte» et «Ypres») restituent l'extraordinaire gamme d'émotions et de sensations qui secouèrent toute l'Europe durant et juste après le premier conflit mondial. L'insomnie globale, le dépaysement radical et le suicide, le refus d'obéir et la désertion, la marchandisation du traumatisme et la vertu thérapeutique des traces de guerre - tels sont les "terrains" explorés par un romancier dont certaines intuitions se sont révélées prophétiques. Traduction inédite, avec une préface de l'historienne Sabine Dullin, professeure à Sciences Po.

  • Ce recueil offre les meilleures nouvelles de Zweig sur les deux grands thèmes de son oeuvre : les secrets et les passions. Les secrets ? Oui, ceux que se partagent les enfants quand ils espionnent les adultes et ceux que ne veulent pas partager les adultes, mais aussi ceux qu'on se tait à soi-même. Tels sont «Brûlant secret», «La Gouvernante», et «La Confusion des sentiments». Les passions ? Oui, celles qui rendent fou, qui consumment, qui engendrent la violence, ou autour desquelles nous tournons le reste de notre vie. Tels sont «Amok», «Lettre d'une inconnue», «Destruction d'un coeur», et l'inoubliable «Vingt-quatre heures de la vie d'une femme». Les textes sont proposés dans nos traductions nouvelles et sont précédés d'une note de l'éditeur.
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    Nouvelles traduites par Leïla Pellissier, Nicole Casanova, Olivier Mannoni et Aline Oudoul.

  • C'est l'été. Les Salomonsohn et leur fille séjournent à l'hôtel, sur la Riviera. Une nuit, le père voit sa fille de dix-neuf ans sortir de la chambre d'un inconnu. Le choc est brutal. Incapable d'en rien dire, il glisse dans l'obsession et le délire, entame une lente destruction intérieure, tandis que sa fille et sa femme jouent, dansent, minaudent avec de jeunes gens également en villégiature.
    Destruction d'un coeur a été publiée en 1926 par Zweig dans le même recueil que Vingt-quatre heures de la vie d'une femme et La Confusion des sentiments. C'est l'une de ses nouvelles les plus surprenantes, violentes, étranges. Freud en avait d'ailleurs été très dérangé, contrairement à Romain Rolland qui y voyait du très grand art. Zweig nous y parle sans détour de la virilité des hommes et du désir des femmes ; des pulsions sexuelles et de l'agressivité ; des rapports troubles, de possession ou de rivalité, des pères et des filles, des mères et des filles ; du naufrage d'un couple qui ne partage plus rien ; et des conséquences physiques du secret quand il ne parvient pas à être dit.

  • Le 27 février 1918, à Zurich, eut lieu la première représentation de Jérémie. Cette pièce, à laquelle Zweig travaillait depuis 1915, est sans doute l'oeuvre qui lui sera toujours le plus cher. Deux thèmes la traversent : la guerre, avec une apologie de la défaite, qui est une autre façon de réclamer la paix ; la religion, avec une réflexion sur la résilience des Juifs, peuple toujours vaincu qui semble toujours survivre grâce à un pouvoir mystérieux... Le drame de Zweig est suivi de deux textes publiés en 1915, après un séjour en Galicie, où le jeune romancier, pour la seule fois probablement, joue les va-t-en-guerre. L'ensemble est préfacé par l'historienne Annette Wieviorka.

  • Un riche en bonne santé joue les mourants pour escroquer d'autres riches dans la Venise du XVIe siècle. Telle est la trame de ce Volpone inédit en français, adaptation très libre de la pièce de Ben Jonson, Volpone ou le renard, que Zweig avait découverte en travaillant à La Confusion des sentiments. La pièce - une comédie, genre inhabituel chez Zweig - fait un triomphe sur les grandes scènes de l'époque à partir de 1925 : Vienne, Léningrad, New York - et Paris, où Charles Dullin met en scène, en 1928, au théâtre de l'Atelier, une « adaptation de l'adaptation » par Jules Romains. Si l'argent est le ressort du comique de Volpone, Zweig a glissé dans son oeuvre d'autres ingrédients qui lui donnent une nouvelle dimension, celle d'une pièce plus profonde sur l'ennui qui contamine les existences, l'art de pimenter sa vie, le jeu social de la réputation et de la manipulation, l'image que nous donnons de nous-mêmes en société.

  • Quatre textes de Stefan Zweig pour dire le pacifisme et la Première Guerre mondiale, l'effacement des frontières, le mélange des populations, le dépaysement absolu. Le monde sans sommeil, halluciné, d'une incroyable modernité ; La contrainte, ouvertement autobiographique, sur le départ d'un mobilisé ; Au bord du lac Léman, qui fut un énorme succès international, sur le thème du retour ; et Ypres, qui dénonce le tourisme de guerre.

    " Il y a moins de sommeil aujourd'hui dans le monde, les nuits sont plus longues et les jours aussi. Dans chaque pays de cette Europe qui s'étend à perte de vue, dans chaque ville, chaque rue, chaque maison, chaque logis, le souffle tranquille du sommeil est raccourci et enfiévré, tel une vaste nuit d'été torride et étouffante, le temps enflammé brille dans les nuits, incandescent, et plonge les sens dans la confusion. Toute une humanité a désormais la fièvre nuit et jour, un état de veille effroyable et tout-puissant fait courir ses étincelles à travers les sens excités de millions de personnes, le destin pénètre, invisible, par les mille fenêtres et portes, effarouchant le sommeil, chassant l'oubli de chaque lit. Nul n'est seul désormais, tout seul avec soi-même et son destin, chacun regarde au loin. [...] Mille pensées cheminent sans répit, des villes silencieuses jusqu'aux feux de camp, de la garde solitaire sur le champ de bataille jusqu'à l'arrière, du plus proche au plus lointain, planent d'invisibles fils d'amour et d'inquiétude, un tissu de sentiment, un réseau sans fin, recouvre désormais le monde, toute les nuits, toutes les journées. " Le monde sans sommeil.

    Sabine Dullin, historienne, est professeur à l'université de Lille III.

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