• Ouvrage où deux thèmes sont étroitement liés : la démarche hitlérienne et le vécu d'une enfant qui traversa la deuxième guerre mondiale entre neuf et quatorze ans. Si tous les génocides sont monstrueux, celui perpétré par l'Allemagne est unique : pour la première fois des hommes ont décidé de supprimer une ethnie non sous l'emprise d'une rage guerrière mais froidement et de manière industrielle en prenant exemple sur les abattoirs. On identifie le cheptel, on le marque, il est ensuite parqué en résidence forcée où il n'y aura plus qu'à puiser au rythme des capacités de transport et d'abattage. C'est sur ce canevas que d'étape en étape l'auteur a suivi le parcours d'une famille entre 1939 et 1944, un périple raconté par une enfant animée d'une constante révolte à l'égard de l'étiquette juive, source pour elle de souffrance, de frustrations et de discrimination injustifiée. On n'y évolue pourtant pas en pleine tragédie puisque l'inconscience côtoie l'humour, témoin l'histoire d'amour avec un lapin blanc, le désir de se faire friser les cheveux ou « les potirons de Sisteron ».

  • "C'est quoi au juste un visiteur médicaloe Tous en ont croisé dans les salles d'attente. Viennent-ils vendre leurs spécialitésoe Est-ce un vrai travail ou une sinécureoe En fin de compte ces représentants font perdre du temps à tout le monde ! Beaucoup d'entre nous se sont formulé ces réflexions. Cet ouvrage se propose de suivre le parcours d'une V.M. tout en glissant au passage les anecdotes relatives à plus d'un millier de médecins côtoyés. Avec en prime les savoureux entretiens d'embauche et la description des séminaires au long desquels il est bon d'afficher une pêche d'enfer vingt heures sur vingt-quatre. "" La formeoe -LA FORME !! "" Il n'y a pas de bons ou de mauvais vendeurs: il y a les vendeurs et les autres."

  • Raya

    Thérèse Piernik

    Raya Rubinstein a été éjectée à sa naissance. Ceci est à préciser en tout premier lieu car cette éviction justifie le récit. Et a conditionné toute sa trajectoire. Elle fut reléguée à la campagne où elle demeura huit ans durant chez une nourrice, sans une visite, sans une lettre, en triomphant d'une angine à streptocoques en dépit de l'insalubrité de l'isba et de l'absence de thérapeutiques. En 1904, fatiguée, la nourrice la ramena chez ses parents où elle ne fut pas la bienvenue. Décidée toutefois à se forger une place au sein d'un univers hostile, elle alla jusqu'à entamer une grève de la faim pour se voir scolarisée. Devant les murmures de la ville les parents cédèrent.
    Elle est née en 1896 à Bialystok, ville polono-russe axée sur le textile où son père, ayant voué son existence à l'usine qu'il dirigeait, attendait impatiemment un fils. Raya fut la troisième fille. Une existence de mal aimée, des années d'humiliations et de luttes pour survivre.
    Le temps passait ; malgré son intelligence et sa beauté elle voyait se profiler le statut de vieille fille désargentée. Jusqu'à ce qu'en 1924 sa route vînt à croiser celle de Meyer Pernik qui la voulut avec ou sans dot. La détestation dont elle était l'objet les poussa à émigrer et en 1928 ils débarquèrent à Paris. Ce furent les années bonheur, elle devint maîtresse de maison, hôtesse, patronne, et par-dessus tout mère puisqu'en 1930 elle mit au monde un être à aimer, SA fille. A laquelle elle donna sans compter son temps, ses forces, ses biens, sa complicité, son honneur, un amour démesuré assorti d'une exigence démesurée, exclusive, dont son enfant chercha parfois à s'évader jugeant le tarif exorbitant. Toutefois, la force du lien qui les unissait rend légitime la présence quasi constante de son enfant dans ce qui représente sa biographie.
    Sa famille ayant péri en déportation à Bialystok, elle fut la seule à survivre à la deuxième guerre mondiale de sorte que le rejet qu'elle avait subi lui sauva paradoxalement la vie. Elle mourut en 1989, dans sa quatre vingt quatorzième année, laissant derrière elle la famille à laquelle elle avait aspiré.

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