• Ni transhumain, ni posthumain ou inhumain, le « presque-humain » désigne un nouveau domaine : celui qui se dessine en deçà ou au-delà de l'humain, là où notre condition devient une question plutôt qu'une évidence. Que nous disent-ils de ce que nous sommes devenus, ces êtres (zombies, mutants, robots, cyborgs, goules, etc.) qui, sans être nos semblables, nous ressemblent cependant, au point parfois de devenir des caricatures de nous-mêmes ? Qu'ils soient amis ou ennemis, ces êtres fictifs hantent notre imagination, nous promettent un avenir souvent inquiétant, remettant en cause notre autonomie. Ils nous rappellent qu'être humain, c'est toujours être susceptible de faillir. Entre menace de chute et rêve de plénitude, les presque-humains interrogent de manière originale ce que c'est qu'endosser un costume de femme, d'homme, ou simplement d'humain.

    S'appuyant sur de multiples personnages de fiction aux marges de l'humanité, cet essai explore ces figures aujourd'hui populaires pour questionner leur désir d'être simplement humaines - aspiration souvent contrecarrée par la nature, la technique ou la société. Si nous fantasmons parfois d'outrepasser notre condition et de nous arracher à nos origines animales, les presque-humains nous rattachent à l'idée d'humanité - que celle-ci constitue une promesse, une déchéance, un stade à dépasser ou une émergence à venir.

  • La vie

    Thierry Hoquet

    Fécondations in vitro, greffes, clonage, modifications génétiques:le temps est venu de la manipulation de la vie et de l'hybridation du vivant et de la machine. Mais que cache ce mot, «vie», qui dit le plus intime et le plus mystérieux? Et qui a autorité pour en parler? Relevant à la fois du champ de l'éthique, du droit, de la science et de la métaphysique, la vie est tantôt décrite par les biologistes comme une somme de phénomènes quantifiables, tantôt assimilée par les métaphysiciens à l'âme, à l'esprit, au souffle. Suis-je en vie parce que mon coeur bat ou parce que j'exerce ma pensée, libre et autonome? La vie se manifeste d'abord parce qu'il y a des êtres qui se forment, croissent et dépérissent. Est-elle donc toujours la durée qui s'écoule entre la naissance et la mort?

  • La réussite aux concours et aux examens passe souvent par les redoutables épreuves de l'explication de texte et de la dissertation philosophique. Comment s'y préparer au mieux afin de les réussir ?
    Le pari de ce manuel est que les exercices proposés aux concours, loin d'être de purs problèmes rhétoriques, requièrent, pour être réussis, qu'on mette en oeuvre une authentique réflexion philosophique. Or celle-ci nécessite un entraînement régulier et la mise en oeuvre de techniques variées.
    Ce manuel invite donc à décomposer la difficulté, en abordant une grande diversité de notions. Ce pourquoi on trouvera ici une gamme complète de cent exercices corrigés.
    Ces exercices accompagnent l'étudiant dans la mise en oeuvre progressive d'un raisonnement philosophique, depuis l'analyse des concepts jusqu'à la mise en oeuvre d'un raisonnement complet, aboutissant à la rédaction d'un devoir complet.
    On trouvera dans ce volume une décomposition des règles à suivre, étape par étape, et des fiches récapitulatives.
    Les différents types de sujets y sont abordés. Pour les explications de textes : lettres, dialogues, traités... Pour les dissertations : sujets sous formes de question, notions simples ou doubles, citations...
    L'approche développée par ce manuel s'applique aussi bien aux étudiants de premier cycle universitaire (Licence) qu'aux étudiants de classe préparatoire ou à ceux préparant les concours.
    À cet effet, le livre comprend des extraits commentés de différents rapports des jurys de concours, ainsi que des annales corrigées.

  • Combien y a-t-il de sexes ? « Deux ! », répond l'opinion. « Deux ! », répond la science. Heureuse concordance : c'est donc que l'opinion a raison, conclura-t-on.
    Mais est-on si certain que l'opinion et la science disent, sur la question du sexe, la même chose ? Quand l'opinion affirme qu'il y a deux sexes, elle soutient qu'il existe, dans chaque espèce, deux types d'individus et seulement deux. Il y aurait alors le masculin et le féminin comme il y a le Soleil et la Lune ou Mars et Vénus. Mais quand la science avance qu'il y a deux sexes, que vise-t-elle ? Quelle est, pour un biologiste, la signification des termes « mâle » et « femelle » ? En tentant de compter les sexes, on doit bientôt se risquer à distinguer le normal du pathologique.
    Offrant un riche panorama des connaissances biologiques sur le sexe, Thierry Hoquet barre la route à toute récupération hâtive visant à transposer aux humains ce que l'on pense savoir de la « nature ». Croisant des outils empruntés à l'épistémologie, à l'histoire des sciences et au féminisme, cet essai brise le cercle des questions : le genre précède-t-il le sexe, ou le sexe précède-t-il le genre ?

  • Conte philosophique contemporain, Sexus nullus, ou l'égalité décrit l'irrésistible ascension d'Ulysse Riveneuve, doux rêveur propulsé à la tête de l'État sur un unique engagement : ne plus mentionner le sexe à l'état civil. Lancée lors d'une morne campagne présidentielle, l'idée fit son chemin. Et si le grand problème de l'égalité femme-homme tenait à un si petit détail ? À la fixation sur une identité sexuée de fait accessoire, sans pertinence pour les actes de la vie civile... Les médias avaient besoin de nouveau grain à moudre, ils se jetèrent sur la proposition. Et c'est ainsi qu'au terme de débats passionnés, le vieux pays, arraché à sa morosité, s'engagea sur la voie de l'égalité universelle.

  • ÿþCyborg hante la culture contemporaine, au cinéma (Robocop, Terminator) ou dans les mangas. Il s'incarne dans les sportifs dopés, dans les prothèses médicales et dans les fantasmes d'" humanité augmentée ", voire immortelle. Mais Cyborg est aussi - et surtout - une figure philosophique. Cet hybride d'organisme et de machine bouleverse en effet les dichotomies fondamentales de notre pensée : nature/artifice, humain/non-humain nature/culture, masculin/féminin, normal/pathologique, etc. À partir d'une lecture personnelle des travaux de Georges Canguilhem et de Donna Haraway, Thierry Hoquet explore, dans ce texte très original par sa forme et son style l'énigme de cette figure : Cyborg est-il un instrument susceptible de nous conduire vers une humanité libérée des dualismes, colombe platonicienne rêvant d'un ciel sans air, où elle pourrait voler plus librement ? Ou, au contraire, marque-t-il notre asservissement à un système technique de contrôle et d'oppression, est-il l'incarnation d'une humanité perdue dans le cliquetis mécanique de l'acier ? Penser philosophiquement Cyborg, c'est réfléchir sur les rapports de la machine et de l'organisme et sur la possibilité de les composer. Mais Cyborg invite aussi à penser la différence des sexes en rapport avec la nature et la technique : Cyborg est-il le neutre ou l'androgyne, ou propose-t-il une autre manière d'articuler le masculin et le féminin ? On l'a compris, Cyborg vient troubler la philosophie. Il décrit notre condition et ses - insolubles ? - contradictions.

  • Quel rôle la biologie joue-t-elle dans l'affaire sexuelle  ?
    Le concept d'«  instinct  » s'impose d'abord comme la notion clé pour aborder les comportements animaux  : instinct sexuel, qui mène les individus à la pariade, mais aussi instinct parental qui assure la survie de la progéniture. Dans ces instincts, plusieurs penseurs ont voulu voir les racines de l'instinct social  : dans la cellule familiale, c'est tout l'État qui serait en germe.
    Au-delà de la question générale des «  instincts  », la biologie s'efforce de naturaliser les comportements sexuels de différentes manières : ils seraient indexés au fonctionnement des hormones qui traversent le corps et irriguent le cerveau. L'intelligence elle-même se verrait influencée par le sexe des individus. Mais du cerveau au crâne et du crâne à l'intelligence, quelles corrélations  ?
    Enfin, la biologie du sexe nous suggère qu'une irrépressible téléologie attire les individus d'un sexe vers ceux de l'autre sexe afin d'assurer la reproduction et la survie de l'espèce. Pourtant, il existe un ensemble d'exceptions à cette loi d'airain de la reproduction  : lapin amoureux d'une poule, étalon sadomasochiste, jument nymphomane, couples de hannetons gays, etc. Il semble que la nature regorge de copulations hédonistes, dépourvues de finalité reproductive. Que penser alors des comportements sexuels, vus depuis le prisme de la biologie  ?

  • Peut-on penser le sexe sans penser à nous ? Cette anthologie propose un itinéraire à travers le monde vivant qui permet de prendre la mesure de la diversité des modes du « sexe » chez les animaux, les végétaux, mais aussi les bactéries. Ce volume, Femelles et Mâles ? Histoire naturelle des (deux) sexes, examine deux niveaux de définition du sexe : le sexe comme forme corporelle enveloppant des gamètes (des cellules reproductives : le spermatozoïde et l'ovule) ou des gonades (des organes de fabrication des gamètes) ; et le sexe comme mélange génétique, pouvant servir à la reproduction lorsque deux gamètes s'unissent. Confrontant des textes historiques, des travaux de biologistes contemporains et des analyses historiques et critiques issues notamment de la tradition féministe, cette anthologie est un outil indispensable pour se demander ce qu'il en est de la différence des sexes, et en particulier de la distinction mâle/femelle, chez les vivants. Le volume 2 du Sexe biologique a paru aux éditions Hermann au printemps 2014.

  • Que désigne-t-on en biologie par le mot « sexe » ? Partant de la pluralité des acceptions du mot « sexe », cette anthologie s'intéresse à la manière dont la biologie explique l'origine, l'évolution et la détermination du sexe. Comment le mode de reproduction sexué est-il apparu et se maintient-il par opposition à d'autres modes de reproduction (asexués) ? Comment l'histoire évolutive explique-t-elle l'existence dans une même espèce d'individus de sexes différents, reconnaissables par leurs caractères secondaires distincts ? Comment la génétique tente-t-elle d'expliquer les différences entre les individus ? Ces questions apparition et maintien du sexe dans l'histoire des vivants, évolution par sélection de caractères distinguant les individus d'une même espèce, facteurs déterminant la différenciation sexuelle des individus seront traitées successivement dans l'ouvrage. Confrontant des textes historiques, des travaux de biologistes contemporains et des analyses historiques et critiques issues notamment de la tradition féministe, cette anthologie est un outil indispensable pour se demander ce qu'il en est de la différence des sexes, et en particulier de la distinction mâle/femelle, chez les vivants.

  • Deuxième conte philosophique de Thierry Hoquet, Déicide ou la liberté fait suite à Sexus nullus, ou l'égalité. Et nous rappelle, avec la même ironie, que si la loi de 1905 organise la séparation de l'Église et de l'État, elle ne s'applique pas à tout le territoire de la République « une et indivisible » : de la Guyane à Mayotte à l'Alsace-Moselle, huit régimes différents s'accommodent tant bien que mal des grands principes de la laïcité. Dieu étouffe Marianne, il n'a pas sa place dans l'espace public clament les partisans du déicide. Oui mais, ricanent les croyants, vouloir tuer Dieu c'est reconnaître son existence...

  • Mystère mishima Nouv.

    Mystère mishima

    Thierry Hoquet

    Thierry Hoquet voit Mishima comme l'alliance des contraires, mettant en pratique (dans sa vie comme dans son oeuvre) la dialectique du pur et de l'impur ; les liens entre beauté et décadence, perfection et destruction, ivresse et angoisse, jouissance et mort, homosexualité et hétérosexualité, tradition et modernité, Orient et Occident. Un parfait mélange d'Apollon et de Dionysos. Tel est le « Mystère Mishima » que l'auteur nous invite à découvrir. Bien au-delà du simple exercice d'admiration ou de l'essai biographique, ce texte est un essai de philosophie incarnée, ancré dans l'oeuvre de ce grand auteur.

  • Darwin contre Darwin

    Thierry Hoquet

    • Seuil
    • 22 Janvier 2009

    Alors qu'on célèbre le 150e anniversaire de L'Origine des espèces, il n'est pas inutile de s'interroger sur les lectures philosophiques qui en furent faites dans les années qui suivirent sa parution. Que l'oeuvre soit brandie comme étendard ou comme repoussoir, c'est autour des notions de sélection naturelle et de variation aléatoire que se nouent les débats, faisant apparaître qu'il y a plusieurs façons d'être darwinien ou antidarwinien. Au point de susciter des positions paradoxales : certains se proclament darwiniens tout en rejetant les thèses centrales de Darwin. Au fil de l'analyse on constate que darwiniens et non-darwiniens composent une palette si complexe qu'ils finissent pas se rejoindre dans une commune posture : tous jouent Darwin contre Darwin pour défendre leurs positions.

  • au milieu du xviiie siècle, le français buffon et le suédois linné ont cherché, chacun à leur façon, à mettre de l'ordre dans la profusion des espèces vivantes.
    formidable entreprise qui eut pour résultat deux classifications différentes. la nomenclature de linné, qu'il utilisa pour décrire quelque 8 000 espèces dans son species plantarum, fait encore référence aujourd'hui. quant à buffon, il ébaucha une théorie de l'évolution dans son histoire naturelle générale et particulière. ces deux hommes aux personnalités très différentes, ont eu chacun leur propre façon d'exercer la science, et nous ont proposés deux visions du monde.
    ils se sont toujours opposés, sans jamais se rencontrer. cet ouvrage nous explique quels ont été les apports de chacun à l'évolution des idées et nous fait comprendre comment la science avance, de controverses en découvertes.

  • qu'est-ce que la virilité ? est-ce une caractéristique réservée au sexe masculin ou faut-il justement la distinguer de la masculinité ? comment s'exprime-t-elle et quelles sont ses représentations, ses codes ? peut-elle s'acquérir et, si oui, comment ? et en quoi intéresse-t-elle la philosophie comme concept ? sont notamment abordés : les traits de caractère traditionnellement associés à la virilité (force, courage, esprit de compétition...) le corps de l'homme, son comportement la crise contemporaine de la masculinité

  • Genève 1901- Un groupe d'étudiantes, de toutes provenances d'Europe, se retrouve pour dîner, sortir, discuter entre elles... Elles se sont conquises comme lesbiennes, comme appartenant à un troisième sexe, selon la théorie de Krafft-Ebing. Elles évoquent leurs conditions de femme, l'éducation qui les a libérées, le mariage, la fidélité, leurs relations avec les hommes... et le droit au bonheur. Comme ''Maurice" de Forster, comme "Imre" de Prime-Stevenson, ce récit connaît un dénouement heureux. Manifeste lesbien et roman sentimental, "Sont-elles des femmes ?" est un véritable OVNI en 1901, traduit pour la première fois en français.

  • Un panorama de la recherche contemporaine en philosophie de la biologie.

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